‹ De la bienfaisance publique; (volume 2)Chapitre 27 sur 80 · IRLANDE · texte numérisé non relu

IRLANDE

parée à TÂngleterre , offre le conlraste le plus frappant avec ce royaume, relativement à Tindigence. Non-seulement les indigens y sont beaucoup plus nombreux ; mais ils y sont aussi beaucoup plus misérables : et cependant llrlande n'a point subi les effets de trois causes auxquelles différens écrivains ont attribué tour-à-tour Taccroissement des indigens en Angleterre : la taxe des pauvres, le développement de Tindustrie manufacturière, la réforme religieuse opérée sous Henri VIII; rirlandais d'ailleurs consomme beaucoup moins que l'Anglais : ides pommes de terre et du laitage suffisent à sa nourriture ordinaire.

' Ce contraste est l'un des sujets les plus féconds en méditalions. Bornons-nous en ce moment à rappeler certains faits établis par les dernières enquêtes dressées d'après l'ordre du Parlement.

Ces recherches ont conduit à établir que la condition de TIi^ lande, considérée dans son ensemble, s'est améliorée progressivement pendant le cours des 30 dernières années. On estime que dans ce progrès elle a marché d'un pas égal avec l'Angle terre. II n'en est pas moins vrai que la misère et le dénûment se sont accrus, pendant le même intervalle, dians une partie de la population irlandaise. C'est que l'augmentation du capital total du pays ne s'est pas étendue sur chaque individu, ni même sur la majorité. L'inverse au contraire est arrivé, et une portion des habitans ont vu diminuer leur aisance, au milieu de cette prospérité qui devenait comme le privilège de quelques antres. Ainsi des villes superbes sont environnées de faubourgs formés de cabanes hideuses où s'abritent des troupes de mendians couverts de haillons. Nylle part la mendicité De se déploie avec plus d'étendue et de confiance ; elle affiche des maux souvent exagérés , quelquefois supposés. Il est digne de remarque , que les districts manufacturiers et commerçans du nord et de l'est de l'Irlande, à mesure qu'ils se rapprochent de l'Angleterre , par le voisinage et la similitude de l'industrie, sont moins affligés par la misère qui désole le

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midi et l'ouest , quoique ceux-ci soient situés sous un climat plus doux, (i)

Les derniers rapports présentés au parlement britannique sur la condition des classes pauvres en Irlande, en confirmant le triste tableau de la misère qui afflige une portion de ce royaume, nous donnent le nombre des indigens qui, à divers titres, y reçoivent l'assistance dans les établissemens publics de bienfaisance.

Nous y voyons que dans les infirmeries de comté , dans les hôpitaux de fiévreux, et dans les dispensaires, il a été traité » savoir :

Internes Extemei. Tor&i...

En 1832 32,914 1,286,864 1,819,7781 ^r^^ Kn 1833 30,034 1,243,314 1,273,948) ™***"*^

En 1817, le nombre total des malades, assistés sous Tune ou l'autre forme , s'était élevé jusqu'à 15,000 sur une population totale d'environ 7,500,000 habiians.

Nous y voyons également que le nombre des mendians vagabonds , dirigés par les magistrats sur les 9 maisons de travail qui existent seules en Irlande jusqu'à ce jour, a été

en 1831 , de 1,539 ;

Le nombre des enfans trouvés, en nourrice , en pension ou en apprentissage, était, en 1833, de 6,793 externes,

et de 1,337 internes.

Total 8,130 Enfin 9 hospices d'aliénés renfermaient, en 1835 , 980 individus. (2) Comme Tlrlande n'a point encore d'institution légale pour

(1) Report ofGeor§e Nicholls, esq, to Uis Majesty principal secretary oj State for the home département, Loudon, 1837, parag* 2, 6, 7, 10.

(2) Second Report oftlie commissioners for inquiring into the condition oj tlie p<forer classes in Ireland. London , 1836, iu-folio.

^ ÉTATS- unis. 105

les seconrs à domicile , on ne peut apprécier le nombre d'indîgens qui auraient droit à y participer, que par des inductions d'analogie. £n supposant que ce nombre ne s'élëye qu'à la moitié de celui des indigens assistés par les établissemens pnblics ci-dessus désignés , on aurait un total de près de 3 millions; c'est-à-dire une porticm qui excéderait le quart de la population entière. (1)

ARTICLE V

ÉUiii'Uiits.

La yaste carrière que les Etats-Unis ouvrent au travail , la haute rémunération qu'ils lui accordent , la rapidité prodigieuse avec laquelle s^accroît la prospérité du vaste continent des Etats-Unis , ne le garantissent pas autant qu'on serait porté à le croire du fléau qui désole la vieille Europe. Il a aussi ses indigens , mais il en a de deux espèces qui y provenant de deux origines, ne doiventpas être confondues : l'une comprend les indigènes, mdsère seule propre au pays; l'antre, les immigrans , misère importée d'Europe.

Aussi reraarque-t-on que, sur les points qui reçoivent les immigrans à leur arrivée , le nombre des indigens suit une proportion correspondante à celui des immigrans. A New- York, par exemple, depuis 1829, le rapport a été comme il suit :

Année*. finmigrans. Indigens.

(1) Les papiers-publics ont fait connaître qne dans le seul intervalle d'un mois, du 3 janvier au 3 février 1838, il est mort de froid en Irlande, savoir :

Hommes. ... 61 \

Femmes .... 42 | Total : 134 personnes.

Knfans 41 )

II est peu de symptômes aussi manifestes d*une extrême misère.

(2) American Abnanacky 1837.

Les ports qui , après New-York , reçoivent le' plus d'immigrans, comme Baltimore, la NouvelleOrléans, Boston, Philadelphie, Portland, comptent aussi un plus grand nombre d*indigens.

En 1836, à Boston, sur 1,270 indigens, il y avait 673 étrangers, à PhUadelphie , sur 2,781 , — 1 ,266 —

M. Balbi évaluait la population indigente de quelques-uns des étau de llJnton , pour Tannée 1836 , dans la proportiou suivante avec la population totale.

Etal de New-York. 1 «ir 74 . j

Ville de New- York. — 18

MassacbusaiBtts. ... — 28 , , . 'ji

Connecticut — 50 k

New-Himpihire ... — S3 \^

Delaware ; — 78 '

Peasylvanîe ' — 88 (1)

Il suffira de choisir ici, parmi les états de TUnion , Tex^em- dq pie de celui de Massachussets, oji, comme on vient de le voir,

rindigence semble avoir le plus d'étendue. ^

Le rapport fait à la législature de cet état en 1833 , {lar les ^

commissaires de la loi sur les pauvres, établit de la manière ^

suivante le dénombrement des indigcns pendant Tannée pré- 1

cédente. Les indigens appelés pauvres de Véiaty sont les -i

étrangers; ceux qui y sont désignés comme pauvres de ville ^ -

sont les individus domiciliés dont Tassistance est à la charge ^ de leur commune :

Population totale 216,881 habitans.

Paurres Pauvres de « . i

d. '^ » •Il ToMl.

ctnt. Tilles.

Pauvres assistés dans la maison de diarilé, savoir : 2,097 2,438 4,635

Sur 2032 indigens qui recevaient cette assistance, lors de la visite, se trouvaient :

813 hommes.

769 femipes.

(1; Documens communiques à l'auteur par Tobligeance de M. itaibi.

fi

BTATS-UKIS. 1U7

450 eoÊuis.

144 aliénés.

87 idiou.

28 aveugles.

253 seiagéiiaires.

202 septuagénaires.

99 octogénaires ou nonagénaires.

Mais , iDdépendamment de ce nombre , l'assistance étaît donnée sons diverses formes, savoir :

Pauvres Pauvres de T«i«i d'éMt. villes. *""'•

A un nombre de familles 813 713 1,526

A des individus isolés 106 216 322

La proportion du nombre des indigens à la population totale, pour cet état, était ainsi environ comme 6 est à 100; mais, en n^ comprenant que les indigens appartenant à Tétat lui* même , elle n'était que de 3 sur 100.

New-York seul renfermait, sur une population de 61,392 habitans ,

Pauvres PauTret de m . ■ d'état. rlllm. '^°^'**-

UigensasBités à la maison de charité... 913 516 1,428

Ytanilles assistées hors de la maison de cliarité. . . . 741 494 1,235

Et en calcuLant cinq iudividus par £unille 3,705 2,470 0,176

Ce qui donnerait un dixième à-peu~près de la population

I totale ; mais le rapport pour les pauvres étrangers aux pau-

vres domiciliés serait de 3 à 2 ; en sorte que ces derniers ne

I seraient , relativement à la population totale, que comme 1 est

En 1836, sur une population totale de 62,162 habitans, New-York entretenait dans la maison de charité , savoir :

Adultes. Enfans. Total.

Nés dans Tétat lui-même 315 78 393

Dans d'autres états de l'Union. . . 163 41 204 Etrangers à TUnion 451 222 673

Les hommes de couleur y étaient

compris au nombre de 78 (1 )

(1) ^'oyvi le rappori des commissaires, public à Bostou, eu 1837, cl K:>

lOft PRSHIÈRE PARTIE. LIVRE I. CHÀP. IV.

ARTICLE VI. ^ France,

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