INFLUENCE DE LA MORTALITÉ
la société , uoe plus grande intensité de vie semble respirer dans le sein de la société,, et avec elle une plus grande chaleur dans le foyer de toutes les forces fécondes. ' Lors donc que la population d'un pays s'accroît par suite delà diminution survenue dans- le nombre des décès, cet accroissement, loin de faire craindre un développement de Tindigence , se montre au contraire comme le favorable indice d'an plus grand bien-être.
Nous n'avons pu cependant en conclure avec un célèbre écrivain (1), que la mortalité doive être généralement et constamment l'indicateur ceriain dli degré de pauvreté ; car, toutes les causes qui font éclore l'indigence n'agissent pas au même degré sur l'abréviation de la vie , et plusieurs causes indépendantes de la mortalité agissent sur l'étendue de la Misère. D'ailleurs, la plus ou moins grande mortalité dépend de circonstances diverses ; elle se déploie sous des conditions / différentes , et ses rapports avec le phénomène de la pau- . Treté se modifient en conséquence.
Cinq circonstances principales parais^nt influer sur la aiortalité des habitans d'un pays :1e climat, le régime de ykf la constitution des habitans, l'exercice de l'art de guérir, et les naissances. Suivons les eifets de chacune.
Le clim'»t,>>selon qu'il est plus ou moins salubre, plus ou moms doux, devient plus ou moins ikvorable à la conservation des forces humaines. L'insalubrité, en multipliant les maladies, miilllipliera les pauvres. La rigueur du climat se fera davan- Uge sentir aux pauvres, et multipliera aussi les indigens en BKrilipliant les besoins. Dans les pays où le climat accélère le développement de l'organisation, les forces s'épuisent plus tôt; il y a moins de vigueur, plus de disposition à la fainéantise, et "pur. conséquent plus de tendance à la pauvreté. L'insalubrité locale affecte le s^our des indigens de préférence à celui des riches.
1(t) V. Francis d^Ivernois, voyez la lettre déjà citée.
29Q PEEMliaB irAAVIB. U\fU II. ou». lY.
Les écarts de régime abrègent la vie de deax Bia|iières opposées : par l'excès des privatiops , ou par l'eiGàs desjooitr sances ; ils épuisent les forces par un excès immodéré , ou les laissent dépérir par Tinaption. L'excès des privations et oelni des fatigues n'atteint guère que les personnes mabûséesi il propage rindigence. L'abus des plaisirs, raffai^lissement né de rindolence , atteignent de préfiérenoe les riches , et lai babitans des grandes cités.
La constitution physique des babiians dipend en partie, sans doute, et du climat et du régime de vie) mais elle se r$ittacbe aussi k dès 4ispositions héréditaires. En géséiai, oa trouve plus de gens robustes dans la ola^e laborieoie et parmi les babitans de^ pays de montagnes.
Dans Tinfluence exercée sur la mortalité pao l'urt de giji^Ffar, il fout comprendre le degf é de perfection auquel ia sdenea est parvenue , le nombre de ceux qui l'appliquent , la police relative à Fexercice de Tart , le coocpprs de tous les soins nécessaires aux traitemens des nialades. La classe nudaisée est généralement moins à portép de recueillir ce genre de secours, et de jouir des progrès des sciences médicales.
Lorsque, dans une population donnée, le nombre des nais» sances augmente le rapport du noadire des enfans en bas âge proportionnellement à celui des adultes^ cet âge encore si faible, étant plus pariicuiiàrememt exposé aux maladies, étant frappé par la mort dans une proportion beaucoup pli» forte , la mortalité générale eu sera inévitablement ae^fie. Les coiiditions malaisées s'ep ressentiront davantage , p^t^è que oe sont celles où les enfans reçoivent plus difflcilemeot tous les soins nécessaires à Igconservation de la vie.
Il n'est pas indifférent aussi d'examiner quels sont les âges que la mortalité fi*appe, ou ceux qu'elle ménage depréfér rence. En effist ^ la mortalité n'est pas un fégolateup certai» et uniforme de la. vie moyenne. La vie moyenne se détermine par la somme des années auxquelles atteignent tous les babi^ tans d'un pays , diyi^. ppr l^ pofl^rQ (te P^ t^i^j». Sa
m! NOMBRE DES NAISSANCES. Ml
diii^ sera' moindre, si la mort se hàle d'étendre principalemmt ses ravage&i sur les enfans ) elle sera plus considérable, si la mort attend pins tard pour dévorer ses victimes. Or , ^est sui^out la durée de la vie moyenne dans un pays qui atteste le bien-être général de ses habitans, comme elle augmente la masse de leurs f(Nrces. Malheureusement, les doca« mens officiels, à Taide desquels on établit les mouvemens de la pq>ulation dans les contrées de TEurope, en offipant le nombre des dëeès , négligent trop de faire cranattre dans quelle piHH portion ce nombre se répartit sur les différons àgei. - La mortalité plus où moins grande, qui règne on dans une région ou à une époque , ne saurait donc être un signe égal et constant de Tétat de bien-être ou de malaise qui domine ehei ses fasriiitans ; la valeur de ce signe varie en beaucoup de mstn Bières. Une réduction donnée dans la mortalité, quoique toujours fsivorable , peut F^tre dans un degré plus eu moins nuurqud , suivant les combinaisons qui la produisent ou Tac- •ompagnent
ARTICLE V
Du riombre des naissances.
^sk 0§nér^, et au premier e^p^'oil, VîLi^^vm^mlk du nomlnre des naissances da^ft une (K^ulaiiOQ doww^o, iwr Bmee eoi^me le siymptôw^ ^wm wtonMm dM» Ift V^vfe0.
ye^péri^aee prouve qu'il uatt qfdimt^wmi plui d^wfMM
dans 1^ classes malaisées $ phénomène qui n'^ pas d'aeestd»
il es| vfMf ^^^ ^ principes de la doetrise de |f . Malltas,
qiais qui n'en e^t pas moioi; eertaia , et dom twUràrl'lieiiPa
I iMMiS chercberons l'explication.
(^ WiU^iiie des fl^miUe^ gêni&es ^'accfoisMiil « Mnon-d*
392 PEEHIÈEE PARTIE. UYBE II.' CHAP. IV.
nombre de leurs enfans, lorsque les naissauces semullipUeiilt ua plus grand nombre de familles, chargées d^enfans en basàgç, doîvenl être précipitées de la gène dans rindlgence.
La multiplîcationvdes naissances accroît la charge Impoiée aux familles ; Tenfant en bas-âge devient pour les Ênnilki laborieuses y non-seulement une occasion de dépenses, mail une distraction obligée ; la mère surtout est détournée de son ouvrage par les soins qu'il réclame. Le nombre des orphelins augmente avec celui des jeunes créatures qui sontôt posées à ce malheur.
Les enfans nés dans l'indigence, à leur tour viendront augmenter par la suite le nombre des pauvres. Peut-être ilshérh teront des habitudes qui ont conduit leurs parens à la misère;, peut-être ils seront attemts par la contagion du déconngement qu'elle répand autour d'elle ; leur constitution sera afti* blie dès le berceau ; leur éducation restera incomplète.
Lorsque les progrès de la population résultent plutôt d'os multiplication dans les naissances que d'une diminution dm la* mortalité , ils ont manifestement pour résultat de remplir les rangs de la société d'une nouvelle classe qui consômine sans produire. Ils ajoutent aux besoins, sans étendre la pro* duction , parce qu'ils n'ajoutent rien aux forces.
N'exagérons point cependant l'influei^ee qu'exercera cette circonstance sur les développemens de la pauvreté; ne loi attribuons pas surtout un caractère trop absolu ; ne noiB persuadons pas trop facilement que tous ces nouveau* nés vont devenir autant de misérables.
Distinguons d'abord deux hypothèses fort différentes : celle, où l'accroissement du nombre des enfans résulterait seulement de la multiplication des mariages, et celle où il aurait pour vause une plus g^çinde fécondité dans ces mariages.
Dans la première hypothèse, l'accroissement des naissances contribuera moins sensibtement à l'extension de ta pauvreté ; car, il est reconnu qu'un père de famille, vivant du travail de ses mains , ne commence à être atteint par l'iih'
DU IfOMBBE DES IfAISSANCES. 29^
i digence qae lorsqu'il a trois enfans en bas-âge. La pauvreté il s'accroît moins par la multiplication des familles, que par le r trop grand nombre d'enfans incapables de s'aider euxf • fliémes , dont se composent les familles. Distinguons enk inlte les naissances légitimes et les naissances naturelles. &; Si les premières imposent de nouvelles charges aux pair feus, les secondes rendent la destinée des enfans' plus fàjf cliense : les premières ajoutent momentanément à la gêne de p. quelques familles ; les secondes créent une nouvelle classe d'indigens pour un certain nombre d'années, et peut-éire pour g: la vie entière.
j û)n»dérons enfin quelle est la portion de la société dans g[ laquelle les naissances se multiplient de préférence: si l'ac- 9 croissement se fait sentir parmi les riches, il amène une 9 plus grande répartition dé la richesse ; il est favorable aux ^ producteurs, parce qu'il encourage la production. La préi{ sence d'un enfant dans une famille malaisée , en devenant ^ me consommation nouvelle, une dépense plus grande, va y devenir un ferdeau poui* le père de famille , il est vrai; mais ^ n'y a-t-il donc ici qu'un calcul de consommation et de dé^ I pense? N'y a-t-il qu'un concours de circonstances matérielles ? la présence de ce nouveau-né n'éveillera-t-elle pas, n'entree tiendra-t-elle pas l'esprit de famille? n'excitera-t-elle pas t Factivité ? ne rendra-t-elle pas capable de plus grandes fati- ^ gnes ? n'inspirera-t-elle pas la prévoyance ?
Ce qui prouve que les familles laborieuses ne considèrent pas toiyours comme un fardeau la présence des enfans , c'est faniMressement qu'elles montrent sous nos yeux dans un grand nombre de. contrées , à se charger, même d'enfians étrangers. Près de 40 mille orphelins et enfans trouvés, confiés à la diarité publique, sont placés chaque année dans nos campagnes^ sur toute la surface de la France, sans aucune difilculté. Ces placemens se font moyennant une indemnité extrême- ■leot modique; la moyenne de la dépense est de 70 francs par an, pour un enfant au-dessous de douze ans ; a douze , le
19ft PREHiiAB »AmTlS. LIYRS II. CHAP. IV.
plac^nent a Heu sans ancune indemnité. Ces infortunés, pour obtenir cette espèce d'adoption dons les familles^ renoontt«nt cependant un obstacle naturel, la répugnance qu'inspire leur situation , et l'origine de la plupart d'entre eux , accrue encore par la constitution ordinairement débile , souvent viciée^ dont ils sont atteints. Quelquefois ménie, dans certAlnes localités, on demande , comme un avantage t>onr le pays, l'envoi d'enfans qui y seront mis en placemebt. Qu^ quefois il se trouve des gens qui les achètent ; on en voit des exemples en Italie.
On a mis à contribution l'histoire naturelle et la physiologie pour évaluer la fécondité de la femme ; en renfermant entre âO et 40 aiis la période dans laquelle cette fécondité est circonscrite , en supposatit qu'une femme met au mondé un enfant tous les deut ans, on a considéré dix enfans comme la moyenne de la fécondité de la femme. On a supposé que, livrée à son cours naturel ^ la reproduction de Vespèce ho* maine suivrait ainsi une progression extrêmement rapide. Qd a cité l'exemple des Etats-Unis de l'Amérique , où la population double en peu d'années. Mais cette question ne saurait se résoudre par les seules lumières de la physiologie. Diverses circonstances morales influent d'une manière plus ou moins sensible sur la fécondité des mariages. Le luxe, le relâchement des mœurs , le goût des plaisirs , la vanité elle-même, concourent à restreindre le nombre des enfans datis les iàmilles opulentes ; une grande partie d'entre elles s'ëleint successivement. La débauche iluit à la reproduction de l'espèce humaine. Dans les conditions laborieuses, une vie plus austère, des mœurs plus pures, rapprochent davantage les époux; souvent les enfans sont désirés comme des aides. Parmi les pauvres même , l'insouciance, l'Imprévoy^uice donnent fréquemment aux mariages Une fécondité excessive. En comparant le nombre annuel des naissances dans chacun des arrondisfeemens de la capitale, on remarque qu'il est beaucoup plus élevé dans- les quartiers qui comptent le plus d'indigens.
m NOMBU BES MAmi40M. 195
L'ooeroifisement de la popylation aux Étau-Unis m un pàéBomène exiraordiflaire, dont on ne saurait gëndrallaor loa Applications. Les immigrations annuelles y contribuent puiih aammenti les circonstances locales réunissent d'ailleurs tout €6 qui peut encourager la fécondité des mariages.
Nous devons donc ranger seulement la multiplication des Dâissances illégitimes^ et celle des faoUlles malaisées ou Indigentes^ parmi les causes actives de Textension de la pauvretéy quels que soient d'ailleurs les progrès de la population sur rensend^le du territoire.
▲anCLBYi.
Ai mtmbf deê mariages, eansidéré sauê UpoiiU do i)iée éc0nomqu9,
\m fittaaéè et diflteile queetion de rinfluenee qo'exi$ree sur riMeroiaeement de la pauvreté TaugmeatatioD du nombre àm Miriages demande à être traitée, soua deux poinla de vue dif^ téfem i tfÊSk parement économique ^ ravtre MielilielleMeiH menl.
Botuaiia aoas an prraiier en ce mommli rauire •• préee»lent de isi-aiéme dans le diapitre siilvaiiL
La MBliiplictkwi des mariages coBlribne-lreUi direeléi*' iMseatet par eHe sente k rextensioo de la p&a^mé'i au Met s'y emUÉDwie t elle ipw par Kntaeaee qtt'elte ex«m aur la ■ritipliaMiM des aaiasaBcea?
BcMUPqpMni q«e le ■omliro des naiaiÉpgèf oe mA peiHl
le mmArt ém meriigfa (1). Cem^^ci pei^ % aaaa qee €elke4i dgviwffsi pipe nom-
(1) « £c HHepi faiil dci MMipa ne panii I mMmtm «riai d» Mi«nns» il m j^nmitkt^ an Ofa^wnr» «a mw tmmmf « mU ^mt Tuai amsiàiTt k» «pu9ut«» J» mwm mi 1«» Imsm. « i:^Mc/ mt /W
SoïcM i$«aie :« C«it dMT «M «mar ér Mirr. <iaMM lef 1^
breoses. On sait que la fécondité des mariages subit des modifications sensibles^ non-seulement suivant les localiiés, mais suivant les conditions : les mariages des riches sont beaucoup moins féconds que ceux des pauvres; l'expérience prouve que la plupart des familles qui occupent le premier rang dans la société s'éteignent promptement. En jetant
, les yeux sur le mouvement de la population dans les différens départemens de la France, on est frappé de voir que si un certain nombre d'entre eux se trouvent placés à-la-fols audessus des deux termes moyens dû rapport des naissances et d-es mariages avec la population, il en est un certain nombre aussi qui^ bien que placés au-dessus du terme moyen des naissances, ont cependant moins de mariages annuels que la moyenne de la France entière; en sorte que les deux rapports y sont en sens inverse J'un de l'autre. C'est ce qu'on remarque en pailiculier dans le Lot-et-Garonne, Tam<^t-Garonne, là Gironde, Seine-et-Marne, l'Oise, la Dordogne, la Crème,
• Seine-et-Oise, Indre-çt-Loire, la Vienne, l'Yonne, la Sartbe, la Meuse, l'Aube, la Corse, l'Hérault, la Marne, départemens placés cependant sous des climats divers et dans des cdndi- | tiens diverses de richesse et d'industrie. En même temps, si | quelques .départemens sont à-larfois au-dessous de la moyenne sous les deux rapports , il en est qui, bien que voyant célébrer annuellement un nombre de mariages supérieurs à la moyenne^ figurent cependant parmi ceux où il nait le moins d'enfans. C'est ce qu'on observe dans les départemens des ' Hautçs-Alpes, du Gard, du Nord, du Bas-Rhin, de Yaucluse. Il est rare que les deux proportions marchent ensemble.
C'est peu encore : s'il était vrai, comme nous aurons bientôt occasion de le reconnattre, que, là où il y a moins de mariages, il natt plus d'enfans naturels, non-seulement en obtenant cette réduction si désirée dans le nombre des mariages, on
« plier la population, et c*est une erreur ehcore plus grande de supposer, a^ec « quelques économistes anglais, qu'on puisse arrêter les progrès du paapèriflM « en intcinlisaiU te markg* aux disses pauvres. .!>
hli KOMBAE D£fi MAIUAQSS. 297
ta'y trouvera point d^obstacle contre Faccroisseoient de la po* pulation dont on s'alarmait ) mais, en voyant nattre le même nombre total d'enfans, on verra seulement remplacer les enfans légitimes par ceux qui ne le sont pas; c'est-à-dire qu'on verra se produire un résultat plus funeste encore pour la société. Les enfonsy nés hors de la famille, auront moins de ressources, seront voués à une existence plus débile, plus misérable.
Quelque éloquentes que puissent être les recommandations adressées à la classe laborieuse par les adeptes d'une école récente, pour la détourner de la vie de famille, en Moignant du mariage, il est donc permis de douter que, même en réussissant à opérer une pleine conyiction, on atteignit ainsi le bulqu'on se propose. . '
En général, les mariages deviennent moins féconds à mesure que la civilisation atteint un degré plus élevé, et que la population s'accrott avec elle. U semble qu'une loi de la nature arrête ainsi l'excès redouté. L'agglomération de la population, . qui semblerait devoir multiplier les mariages, donne lieu à un résultat tout contraire ; l'expérience du moins montre que, en France, les départemens de la Haute-Garonne, de la Gironde, de la Loire-Inférieurê, de la Moselle, de la Seine- Inférieure, du Bas-Rbin, du Calvados, de la Gôte-d'Or, du Nord sont du nombre de ceux qui renferment les villes où la population est la plus forte, et figurent parmi ceux où les mariages sont le moins fréquens. Les mariages sont tout ensemble et plus nombreiuL et plus féconds dans les campagnes, et cependant les-^campagnes ont moins de pauvres. Où les mariages sont-ils plus abondans que dans la Creuse, la Corrèze, la 4Iame, Lidre-et-Loire, contrées essentiellement agricoles? £s^ il une région où les mariages soient plus féconds qu'en Russie?
On a remarqué (1) que l'état de mariage prolonge sensiblement la durée de la vie humaine. Ce fait, d'une très haute im-
(1) Voyez entre auUes TiiitéraBniit Emoà sur la population de UàrHt'Cher» par M» de Pétisoyi pafe 134.
)98 PREHIÀKB f AâtlH^ ilVAË II. CHAP. IV.
portàDce, renferriie des toâsëquem^e^ de plttii'd'riii ^ënlte. Il Ibontré que la tnnUiplicfltloii des mariages eototriboe à intriH daire dans la poptilàiioti, là conditioÈ la' plus fetorablë à la Vigueur et à raisànce des babîtâHS; Il rëtèle sttissi la salu^dre hiflueiice que Tétàc du mariage exet*cè siir le biën-êtt« du ceiil qu'unit ce lien bacrë. S'ils titétit plus long-temps^ e'eèt qu'ils ont plus de santé, plus de force, c'est qu'ils sont plus hetl^edit. La société entière profite donc alors de la moltipli- * cation dès mariages, loin d'en souffrir;
Ce (JUe nous disons ici dti ftiariage ne doit s'emeiidrè MM ddttte que des uâlonë contractées ayec la réflexion èonVèifa- Eile^ et sous l'empire dés M»glés qui gdttVei^fiènt tdatea Ma ae^ tions humaines. L'hymen n'est pas plus exempt que tedUr Mh ti^ Institution des ftchëësè» éttités qtti aècdnlpëgiMnt lea erreurs de l'ttôittme et èes font^; Qttë éèunqtii s'IttlfioSeBl d'adëèl grands devoirs soient àoho eA effet capables de les ècMpMtt^ drèj dé les remplir, par leur àge^ leur elpëriencé^ lèttl* sa^ gesse $ qu'ili» y apportent leë dispositions coÈTenabieè : la mfrtnrité dans leiii* choik ^ le sériëtii dans iedr dëteMinatMlii un juste sentittient dlss obligatlotii^ qu'ils contraeteAtz Alori Seront prëventies les unions ithprudentés fbhnées parla lé^ ^èreté, et, avec elleSj les malhenrs qu'elles entraînent.
Si, comme rannonCeiit quelques économistes anglaié^ il hV lait s'en pretidre de l'exteliëiôn dn jplaitlyérismâ à la faéiiti^ des mariages j noilS Verrions les indîgens se mnltipliet* en riii^ sdn dé la multiplication des mai'tages. Les faifô vienUeii^ en** Core ici démentir le système.
En France, pa^ttii lès dépariètnens où les mariages s0nt lé moins nombreux j on signalé cetix du Nord , du Pàs-deMîîl** lais, de la Somme, de IsE Gironde, de la GËroniie, du GiM, qni sont annoncés comme étant an raiig de cfeux qui contiennent le plus de pauvreë; tandis quëlesArdentiés, les fiasses-'Afpes, la Corse, la Creuse, la Corrèze, la Dordogne, le Finistère, l'Indre, rinflre^t-Loîrej les Landes, le Lot-et-Gairônne, le Morbihan,, les Vosges, classés parmi fieui bù lés mâridgët
Btr NOMB< DBS HAilIAGB0j S9ft
sont le plus abondaiis, sont cependant signalés comme étant dans la classe de ceux qui soufflent le moins du paupérisme. (1)
Mais qu*est-ce quhin mariage imprudent? Quelles sont les conditions dans lesquelles deux personnes de la classe labo- Heuse peuvent s'unif sahs témérité ? Qriclles sont les cirt^onstancesdans lesquelles elles doivent s'interdire cette union, en ne considérant enco^e ici qtle les instin(;ts matériels et économiques? Le simple ouvrier qui ne subsiste que de sdn sBr laire pent-il être admis attx liens de Thyménée, on doit-il être coUdamhé aut lois du célibat ?
L'hyilien est une association ; la vie conjugale; , là tie de fomille est une existence collective , et , comme nous l'avons sotivettt remârqtié / Tasëociation est un principe de force ; la cOtntnttiiaîlté , tm moyen d'économie. Deux individus qui, chdcbti séparément, siibsi^taîent par letirs ressources personnelles , subsisteront plus facilement s'ils mettent en cointtnii letirs ressources et leurs dépensés. Cette écotidmie devient plus sensible encore daiis la communauté entre l'homme et là femme, parce qu'ils se prêtent mutuellement des services d'ordres ditférens : l'iin apporte la protection à là faiblesse ; l^atitr6 contribue par des soins de détails : letirs loisirs même déviennent fructueux ; ils s'aident encore dans le repos : ils se distHbuent les fonctions; ils alternent; rien ne se perd. Une Certaine partie de la dépense reste, pour les deux ensemble, ce quSélle eût été pour un seul. Cet avantage profile surtout à céltil des deux sexes dont le travail est le moins productif, à cëlili tiue ses dispositions appellent plus spécialement à la vie de fkmilie ; le ménage est un champ ouvert à son activité, il y emploie uue aptitude qui fftt restée stérile. Cet avantage est si seilSlble, que deux époux peuvent nourrir encore deux eii- Hlls eu bas âge avec l'économie résultant de. l'existence en comniùnauté.
(1) Le 12^ arrondissement de Paris, où les mariages ne sont que de 1 sur ld7 hàbitans, est celui qui contient le plus de pauvres. Ce rapport est ie 1 sur 100 (lais H: -2® àrroàdlHemcnt, Ttin de ceux qui compte le moins d'indlféiD;
300 ' JPAEMIÀEK PARTIS. LlVJiB II. CHAP. lY.
L'entretien de deux, enîans en bas^àge ne leur coûtera pas le double de l'entretien d'un seul. Un seul enfant en basâge igoutera peu aux dépenses de la famille, surtout si, à Taide des salles d*asile, la surveillance dont U a besoin pendant le Jour ne détourne pas les parens de leur ouvrage. Lès enfans croissent ; le moment arrive où ils dédommageront leurs parens par leur coopération de tout ou partie des frais de leur entretien.
Cette formation «ilpne famille est^^Ue donc une témérité coupable? non ; c'est le vœu de la raison et de la nature^ c'est, comme nous le verrons bientôt, le vœu de la morale , toujours en accord :avec elles.
Qu'o(i ne s'étonne donc pas si l'bymen est plus fréquent dans la classe des personnes qui vivent du travail dé leurs mains, surtout parmi les habitans de la campagne. C'est qu'en effet les avantages de l'assc^iation se font plus vivement sentir à ceux dont l'existence est la plus précaire ; moins ils participent aux avantages de la société générale, et plus ils éprouvent le besoin de se réfugier dans la famille.
Cependant, en contractant les liens de l'hyménée, les époux forment un établissement qui exige un capital, modeste sans doute, mais suffisant pour fournir au ménage un mobilier, et de plus quelques approvisionnemens. En instituant une famille , ceux qui se destinent à en devenir les chefs s'imposent une grande responsabilité : ils doivent être en mesure de pourvoir, à l'aide soit d'un capital préexistant, soit d'épargnes journalières, aux frais des couches de l'épouse , à l'éducation des enfans , aux chances d'une maladie , d'un accident. Ils doivent jouir d'un juste degré de sécurité , compter sur la stabilité de leur existence. C'est donc seulement, après avoir déjà obtenu peudant quelques années , par leur travail , une situation indépendante qui leur ait permis de former une réserve par leur économie, après avoir acquis dans ieur4)rofession une position durable , qu'ils peuvent s'engager dans les liens du mariage, ^aiis commettre une imprudence coupable. Mais l'en-
DU nOMBRE DES MARIAGES. SOI
gagemenl ne sera ordînairenient téméraire que parce qu'il sera prématuré. Un adulte valide , ayant reçu une éducation industrielle , s'il est laborieux et économe, peut être attaché an célibat par Tégoîsme , mafis ne saurait guère y être condamné par la prudence.
Quelquefois même le mariage prévient Tindigence , au lieu delà produire : un aveugle se marie pour avoir un guide ; une orpheline, pour trouver un protecteur.
On voit, il est vrai, des indigens con*«açter des mariages avec une facilité déplorable, et on le voit trop souvent. Mais quels indigens! Ceux précisément, ceux qui tout marqués du sceau de Tapathie, de Tincurie , de l'imprévoyance. La même cause qui les a jetés dans la misère les précipite dans me situation qui aggravera encore leur sort, et compromettra siimmt la destinée de leurs enfons. Leur tort est avant tont de ne pas changer de vie , de ne pas triompher de leurs vicieuses habitudes.
ITacèasons donc point le mariage, considéré en lui-même, de propager et d'accrottre l'indigence ! Ne demandons pas des obstacles au mariage ! que le mariage seulement , ce contrat angoste et solennel, soit, comme toutes les actions hu* naines, somnis aux règles de la sagesse. (1)
(1) Noos nous référons pour les fûts diaprés lesqneb nous i ee ckipitre, tor la nortaUlé, sur les oiariages et leor {eeondité, sur les naî*» BÊBDÊtÊ, dans les diwn pays de l'Europe, ans dommcna ofikieb, trop îaecw» plelli CBfiore^ que possède k sckaoe, et prineipalcmect :
Vioor la France, à VJnmtaire du hmau des lomgUudes, et aux doeumens itatisliqnes publiés par le Himstère du conuneroe;
Pour la Prufie, à la Gazette d^élat de Pnuse;
-Plonr la Bdp^ne, à XJmmuàre de BruxeOes et aux préeieuiet rruhcirlies de M. Q^jalelet;
fiifin aaoL jwMfligneaMBs veeneOlis et pnbliés par les eaMMMÛras mjuax ftepét en Aa^j^tUat de rcnqnèle de 18M4, IcMpids renfanBcnt un taUcan eonparatif des méases rappoils dans les divers pays de rEorope» tds qulk Ici OMt obiorasparlenr eoire^ndance.
902 PBBHijte tuaa. uv» i|- CHAP. y.