CHAPITRE Y
Desmœurs^ dans leurs rapports avec Tindigeiuse.
ARTICLE I"
Pes mœurs populaires»
P)us on étudie l'ado^ir^ble économie des deoseins de lu Providence sur l'homme , plii$ on est frappé d^ r£^c<H>r4 coi9? 8taDt qu'elle a établi entre ie3 d^voira qu^elle lui prescrit p;nr le code iuguste de la morale, et les bienfait!^ qu'elle Ivti pP9mM dans la sphère des intérêts soit sociaux , soit ipdlvidtt^t^* \^ vertu qui a pour toutes les conditions bum^iAeii das ^YJ^ntages communs , pour cbacune d'elles des secours spéciaux , vient avec une sorte de prédilection euvelopper 1^ classe lar borieuse d'une protection salutaire. Elle couvre, 4^ so^ égide celui que menace Tindigence ; elle porte des remèdes à celui qui en est atteint ; elle fait jaillir des ressources inattendues et des leçons utiles du seiu d^ I4 pauvreté elle-ménie. Bieufaisahte messagère , en apparaissant dans les plus bumblei» d^ meures , elle y isXx luire des joies vraies et pures \ en cousor* vant la sérénité à celui qu'éprouvent les rigueurs dtt sort, elle lui conserve les forces nécessaires pour triompher de Tepreuve. En imprimant le sceau religieux du devoir aux apUons utilQSy elle les anime d'une uouyelle yie^ leur prête v^ pluifgie inconnu, en tempère ainsi les fatigues , en féconde les efforfi. Vous coBseillea avec raison Téconomie à ce père de AHoillie malaisé 5 mais qui la lui enseigne mieux que la vertu ^ ia vertu' qui l'exerce à prévoir, qui lui fait de la modérjatian une habitude, qui lui inspire le dédain des plaisirs grossiers,
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qni Ittî révèle le mérite des priyationi» yplontairea? Vous rOd commandez Tesprit d'ordre; mais, Tesprit d'ordre n'est-il pas la reflet même de la vertn , jpette règle yiyante et universelle , cette raison appliquée et pratique, ^ la voix de laquelle cha-r que choae trouve ^ plaqe, reçoit sfi iQesure? Ypii^ )ui presr^} erivM la prudence $ 1^ vertu répriqie en lui les aiqdbitions f^ méraires *et les iJlusiQps d^ la vanité. Voiis lui dites : « Sotfl H vigUaftt : 3> bi vertu lui apprepd h Çte iQattriser , à se fff'^ eueilHv , à réflép|iir j h o))8erv^r. Vous Iqi ^pétes ^urtouf \ <^ Sois courageux, sois infatigable, sacl^e ygiucrp lesi pbsf;^ <( des, br^ve les périls; apprends à £upport^f >u besoin ^ ce sQuttrfmaé ; Acquiers de tous len ppurages le plus dUBcile , « celui de l^ patience. » Lg vertu saus Pffprt, saus ost^t^n tion , met.dau^ son cœur au besoin le véritable héroïsuie : ellf lui lowl^*^ l^i^ sentimens nobles et les réso^utionsi gépéreqses; 6^^ ^utF^tient en lui ce calme^et cette égalité qui constitueuf la.p^v^éFaupè ;.elle lui fait découvrir ^^% la souffrance ^^ prix, fmréi plie le défeud cdhtre 1^ présompUou» contre Ip 4Ài eonrageu^eut. Quel obstacle ne s^ur^ pas vaiupre celui gpt sait se vaincre luwnéme? La vertu seule à le privilège d'iu^i? -rar ce Ofw^ge modale et 4<^§iutér^s§é, qui s'pi^rpe loin ^ 9Ui{ap4 de^ )u>mnies , parce qu'U pui§e ses iforç^ ^ la sourçu vérit^le , k W^ souf^ce sul^ime.
Qfféi ohqmm fa^ks èfr^ 9fmW 4^ W* ^P^/i ¥oi}à P^Hlêpre;!^ waip cppdiiîpp dc| l'ûrdrp social eoiftuie'du hiep-^tW iu4ividti^l, Or , qui satisfera à cette couditign ^ si ce f^'psf 1^¥«WÎ }* çpnteutemfUJ i}'éteiut pqiuj; le léglUiue, (leilp d'am^Upref* $4 posi^^n } il rend au coqtf'^ii^e plu!^ capable ^'y puryiçpir \ mais il enseignp ^ jouir (]e ce qu'p^ po^ède, e( ^ pi^Ql^ ^ toutes fp^ rpi^purçe^* Jl (Ji^pp^e |(.çons|d^reF ^ai^ e^yifl jps sijuatipu^ eu apparence plfi^ hpurewsea ; \\ présis^^ ^ VÎWPft)^P^9 4(^ V^imertttfupi de cettp vague, phagri^e pf ilf itffiie inquiétude, qui tr^|e lp§ id^ pt pprte Ip dpçprdK d»m le? étions} il engpplienf l'activité, eu pjod^^f |pi
30& PREHiàRK PARTIS. LITRE II. CHAP. \.
tables : il est à Texistence entière de rhomme ce qu*un jour serein est à la terre.
Tons Tavez vu, admiré , vous qui visitez le pauvre, ce sage modeste , sous uo toit de chaume ou dans un atelier igooré! Il n'a pas eu sans doute le loisir d*étudier les hautes doctrines des philosophes ; mais il connatl Fart d'accepter la destinée qui lui est échue; il remplit sa vocation'; il conserve une sorte de dignité naturelle et simple dans le rang obscur où il est placé. Sa raison est lucide, parce que son cœur est droit et pur ; toute Téconomie de sa vie est bien disposée , parce qn*il cherche avant tput à remplir ses obligations; il goftte la véritable indépendance, parce qu'il sait triompha de ses passions; il goûte au besoin la résignation qni conaole en affermissant , parce qu'il se confie à la Providence.
On est quelquefois étonné de voir se manifester lés plaintes les plus vives , les agitations les plus générales, précisément dans les lieux et dans les temps où l'amélioration da bien-être matériel des hommes a été plus* marquée. Ce phénomène s^explique par la disposition morale des esprits. Si les mœurs, si les croyances qui les protègent se sont altérées , il y a moins de bonheur- réel , et plus de cupidités sont excitées. On soufhre d'un mécontentement intérieur plus que d'un malaise extérieur. On s'agite pour changer de place, plus que pour triompher d'un obstacle déterminé ; et de là vient que cette inquiétude a quelque chose d'incertain et de vague. Eh ! n'est-ce pas au sein même de la richesse, daas les situations en apparence fortunées, que se produisent , sons ces tristes influences, le malaise, l'inquiétude , le trouble, qui s'exhalent ou en ambitions désordonnées, ou en injustes renommées? N'est-ce pas souvent dans les rangs sapérieurs de la société , au sein même de l'opulence , que régnent l'ennui, que se déploient les ambitions les plus actives?
La vertu est doQc pour l'homme la vraie gardienne do bien-être. Elle est Je régulateur de l'économie domestih qne« Il soit de là que c'est dans les moeurs populaires qoV
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faut chercher Tuiic des principales sources de l'aisance qui se répand sur les classes laborieuses, ou de la misère qui les afflige. Aussi, Vexpérience atteste-t-elle, par les plus éclatans témoignages, que partout les progrès de la corruption entraînent à leur suite un accroissement d'indigence. Qu'il sufiSse d*en citer ici un seul exemple, mais qui ressort du document le plus récent et le plus curieux sans doute dont la science philantropique (si on nous permet cette expression) se soit enrichie. C'est le résultat de l'enquête faite en Angleterre , par ordre du Parlement , et qui a servi de base- au bill porté en 18S&. Il n'est aucun pays où la législation se soit occupée aussi activement et aussi constamment qu'en Angleterre^ de la destinée de la classe indigente. Il n'en est aucun où des ouvrages plus nombreux, plus profonds, plus étendus, aient été publiés sur ce sujet -, il n'en est aucun aussi où les difficultés se soient montrées plus sensibles dans la pratique , où les discussions aient été plus graves. Les Commissaires royatix chargés de l'information que demandait le Parlement ont porté leurs recherches sur toute la surfoce du pays et rassemblé une masse énorme de faits , avec la plus consciencieuse persévérance. Ils ont même porté leurs regards sur toutes les antres contrées de l'Europe. Sept volumes in-folio renferment le texte 'de cette laborieuse enquête; elle est résumée dans vk rapport présenté au roi d'Angleterre le 20 février 183/i , et dont le parlement a adopté toutes les vues. Or, voici la conclusion textuelle de ce rapport.
Après avoir énnméré, apprécié toutes lés causes de la misère, Indiqué les mesures législatives et administratives dont ils espèrent le plus de fruit , les commissaires terminent par ces paroles solennelles : (page 362.)
ce Les commissaires reconnaissent et déclarent qu'il fiiut « moins compter sur un arrangement économique quelcon- « que,' que sur l'influence de l'éducation morale et reli- % gieuse,\ ,
ce 11$ espèi^t que les mesurés par eux proposées y con-
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a trîbueroDt indirectement, en favorisant, avec rinstroction, a tous les moyens qui peuvent servir à élever la condi^on <c intellectuelle et morale des classes pauvfes. »
Ils terminent en exprimant la conviction que , a gi une a bonne adnUnistration des secours publics permettait de m réaliser tout perfectionnement dans Tavenir, le plus impor^ <c tant devoii* de la législation est de prendre les mesures (c nécessaires pour améliorer ^éducalio^ religieuse et morale (c des classes pauvres. »
Répétons-lQ donci car oi^ ne saurait trop se pénétrer de cette grande vérité i les matnrs agissent sur le bien-ètrerd» la classe laborieuse, uon moins que la fertilité du soi. Qui sait bien vivre , trouve plus facilement à subsister. Mais à quels enseignemens recourir pour pénétrer dans le secret des mœurs populaires? Aux historiens ? Quels sont ceû qui) dans rhistoire des états ont considéré les destins de rboua* nilé , qui ont arrêté leurs regards sur la portion la plus nombreuse mais la plus humble de la société humaine? Les docih* mens , les monumens se taisent. La politique a dédaigné de descepdre à un sijget qu'elle jugeait peu digne d'elle, quoiqai) rintéresse profondément. Quelques philosophes, quelques phi-» lantropes ont cependant exploré ce sujet si digne d'intérêt*
Honneur aux amis de l'humanité qui ont, les premiers, ouvert la carrière de cette grande étude, aux Wagemaimi aux Gossïer (1), en Allemagne ; aux Macforland (2), anx Morton Eden (3), auxCrumpe (4), aux HU1(6) enAngleterrei à ces hommes de bien qui , pour améliorer la condition du pauvre, ont senti le besoin de vivre avec lui , de relever sQi
(1) Versuch iibcr dieiSitten des Folies (Berlin» 1814).
(2) JRecJierches sur les pauvres, traduites dans la collection de puquesQayL t. TI.
(S) Sut despmifres, etc. thid, t. vir.
(4) Essai sur le trapail du pétale, etc. Ibid. t. xt, n** 2. '
(5) Moy^ 4e rtformfr les mœurs dMsptmrei , etc. Aid, i, xu t w?%t