CHAPITRE m
* • ll« la classification des îndîgeDS.
* principe de cette classification.
La classification des indigens repose sur les circonstances spéciales qui occasionnent sa détresse, en délermineht le ca-
(1) Le rouble vaut enTÎron 4 fr. 50 c.
CLASSIFIGATION DES IUDIOEHS. 45
ractère. A combieç de vicissitudes n'est pas en effelsi^ette icibas la frêle existence dé rhomme? Les'deux périodes qni commencent et finissent sa carrière terrestre, sont marquées par l'impuissance de se suffire à lui-même ; les accidens de tout genre le menacent d'infirmités plus ou moins graves et durables; les fléaux, Tintempérie des saisons, les caiM*ice8 de la
fortune, les oscillations du commerce et de Tindustrie, la ma-
lignite ou l'imprudence desliutrés bommës~ conspirent à-lafois, contre lui ; et comme si ce n'était pas assez de tant d'ennemis extérieurs , l'bomme se crée souvent encore les plus grands maux à lui-même.
Jérémie Bentham range sous deux grandes catégories les cas qui exigent des secours : Tune comprend ce qu'il appelle les causer personnelles on internes; l'autre, les eatises externes, v^
La première catégorie se partage en trois divisions, d'abord ce sont les indigens dont l'état est perpétuel. L'auteur les divise en deux classes : l'une comprend ceux qui sont frappés dPune infirmité d'esprit ou de corps; l'autre, les travailleurs; parmi ceux-ci, il distingue les travailleurs imparfaits, les travailleurs débiles, les travailleurs tantôt malades et' tantôt bien portans, les travailleurs délicats. /
Une seconde division comprend les indigens dont la situation est supposée avoir une longue durée, mais un terme , en s'affaiblissant graduellement; Bentbam y place l'enfance et les travailleurs non formés^ distribués en 21 espèces.
Dans une troisième diyision qui comprend l'indigence accidentelle et d'une durée incertaine, Bentham forme deux classes : l'une qui est fondée sur l'incapacité de travailler et qui comprend les malades et les familles chargées d'enfons ; l'autre qui est fondée sur la répugnance à travailler.
La seconde catégorie n'offre que des indigens dont la situation, dit Bentham, est toute temporaire et d'une durée incertaine. Cette catégorie se sous-divise en trois classes. '
La première comprend ceux qui manquent d'oocupation,
c est-à-dire
/i5 PREmÂRB PARTIS. LIYRIS I. CHAP. III.
1° Les travailleurs sans place,
2* Les travailleurs oisifs par suite dHine stagnation périodi(]ue I
3^ Les travatli€(urs renvoyés ,
h"* Les travailleurs neutralisés,
Formant en tout vingt-six espèces ;
La deuxième, fondée sur Timpossibilité de S6 procurer du travail, comprend les travailleurs :
1^ Flétris par la justice,
â"" Suspects,
y Sans aveu, ' ^
4" Paresseux ,
5*^ Impudiques,
6*" Etrangers,
T Emprisonnés ,
Formant trente-cinq espèces ;
La troisième, fondée sur la perte déjà fortune, se compose de vingt-deux espèces, exprimant autant de cas fifférens.
Il convenait sans doute de citer cette nomenclature, comme offrant la plus vaste énumération, qui ait encore été offerte, comme aussi par égard pour la réputation de son auteur. Mais il suiBt de la citer aussi, pour faire reconnaître qu'elle est à plusieurs égards inexacte et incomplète, en même temps qu'elle est exubérante. Incertain nombre d'espèces rentreut d'ailleurs les unes dans les autres.
La classiftcation des indigens nous paratt devoir reposer sur des principes plus simples et plus utiles dans l'application. Nous la déduirions de trois circonstances principales. L'indigent invalide et l'indigent valide constitueraient d'abord deux grandes classes, dans lesquelles viendraient se ranger tous les cas possibles. Dé ces classes'on réparerait Tindigence provenue de causes étrangères et celle qui est de la faute même de l'individu. Enfin, on examinerait si l'indigence est temporaire ou durable. A ces distinctions se rattaèhent.des considérations importantes , fournies par l'observation pratique et qui ,
CtASStFICATION DES IlfûIGBNS. 47
par là même, influent d'une manière essentielle sur les applications. Elles feront plus d'une fois modifier les règles tracées par la théorie* Les sou»-diTisions se présenteront ensuite d'ellesHoémes ; elles conduiront à faire distinguer les cas où llndigence est plus ou moins complète.
La séparation des indigens en deux classçs principales, celle desioTalideset celle des Talides, est généralement admise. EUe est lumineuse en elle-même, féconde en conséquences. Elle suppose chez le premier, incapacité pour le travail; chez le second, absence d'emploi, à défaut de ressources propres. EUe appelle deux régimes d'assistance entièrement différens : pour le premier, des secours qui pourvoient directement à ses besoins ^ pour le second, autant qu'il se peut, une protection qui lui procure les moyens de s'occuper utilement. Elle réagit d'une manière grave sur les intérêts de l'ordre public et sur ceux de. l'industrie. En remontant aux causes, les deux genres d'indigens se montrent comme provenant d'origines égalemeni distinctes.
Mais ici déjà dan^ la pratique, la limite que la théorie avait tracée, ne se reproduit plus d'une manière aussi précis ; car, comnoe nous allons le voir, il est une foule de malheureux qui flottent en quelque sorte entre ces deux classes, participant à-la-fois de toutes deux.
AKTICLB IL
Des irutigtns invalides.
Les indyigeiis peuvent être privés de leurs forces, ou par l'âge, ou par les infirmités.
La première de ces deux catégories se sous-dtvise en deux espèces : toi, &Sèm» et les vieillards .
Ici, plHSieursçwsidératîons se j^fj^ntent
/|8 PREMIÈRE PARTIE. LIVRF I. CHàP. III.
Jusqu'à quel âge d'abord Tenfant esi-il incapable de subsister par son propre travail? l
On fixe généralement à 12 ans l'époque à laquelle la subsistance de l'enfant n'est plus une charge pour . ceux qui doivent y pourvoir. Ce n'est pas qu'à cet âge précisément le produit de son travail lui suffise. Mais un maître contracté avec lui, se charge de son entretieui en retour, l'enfant engage ses services pour une période de temps plus étendue que celle qu'exige son apprentissage. Uenfanl, par cette combinaison, emprunte à son avenir pour suppléer à l'insuffisance des ressources présentes. Il s'assiste lui-même. Il consomme par anticipation une partie de ce qu'il gagnera lorsqu'il sera devenu un travailleur indépendant. L'adolescent de 18 à 21 ans rembourse encore ce qu'a coûté l'enfant de 12 ik 15 ans. Maintenant, soit pour stipuler ce contrat^ soit pour en assurer l'exécution, l'enfant a souvent besoin de l'assistance d'autrui. Il lui faut un guide, une protection, c'est-à-dire encore un secours; non pas un secours pécuniaire, mais un secours encore plus précieux peut-être.
Ce n'est pas tout : l'enfant qui enlre à douze ans dans la carrière du travail j non-seulement engage son avenir, mais peut le compromettre. Ceci arrivera de deux manières: ou si le mattre au service duquel il entre , en exige un travail audessus de ses forces, qui ruine sa santé et le rend incapable dans la suite d'acquérir une entière indépendance ; ou si le travail mécanique , exigé par le maître, ne laissant plus à l'enfant la possibilité d'achever son éducation intellectuelle •et morale, 1e prive du légitime développement de ses facultés , de celui qui est nécessaire à la dignité de Thomme et à la vie sociale. Dans ces deux cas , l'enfant , ainâi sacrifié , quoiqu'il ait du pain aujourd'hui, est unindigentdigne de pitié; il est dépouillé par anticipation de ses ressources futures. . Nous n'admettons donc pas l'âge de douze ans comme 'la limfte qui termine la première cat^orie deis indigens, celle de Tenfance, mais seulement coàime séparant deux espèceis
DES Ii!«DIGEllS llfVXLlDBS.
d'indigence auxquelles doivent dorrespondre deux natures de secours. La Hmite véritable n'est guère qu'à dix-rl^uit ans pour les garçons , et à quinze pour les filles.
L'enfance est pour l'homme une période de préparation et de culture ; en présence de cet âge , on se méprendrait d'une manière funeste si Ton se bornait à apj[)récier l'Indigence d'après les besofns actuels. Il y a , pour l'enfam audessous de douze ans, une autre nécessité que celle de sut)s;ister : c'est celle d'être convenablement élevé; le^ semences de l'avenir soàt pour toi le premier des biens. Ce besoin moral reçoit aussi une évaluation positive et pécuniaire $ car il exige des loisirs enlevés au ti*avail manuel , des services empruntés d'autrui. C'est même sous le rapport de ce besoin moral, que la situation de l'enfant invoque surtout une assîl&tance ; car, ' dès l'âge de sept à huit ans , il peut déjà ga^er quelque / chose«]^r son travail manuel; mais l'éducation, Une peut / ; l'ohttair qu'avec l'aide de ceux ^ui sont capables He la lui / / donner.
Ainsr, ce qui constitue à nos yeux J'indigence du premier âge , c'est moins encore la faiblesse actuelle des bras, que le besoin d'unç éduq^tion dont les semences doi^ient fructifier un^ jour, et pour le cours entier de la vie.
Or, l'enfant peut se trouver privé de deux manières de la protection naturelle que lui destinait la Providence, celt^ de sesparens : ou ses parenslui ont été ravis, ou ils l'ont délaissé.
L'orphelin. nous apparaît donc à la tête du long et lugubre* cortège des infortunés, et, de toutes les infortunes, il ji'en est aucune de plus sacrée, de plus touchante, soit que l'on considère son passé , ^n présent oii son avenir.
L'orphelin peut être privé Ou de son père , ou de sa mère, ou de tous les deux à-la^fois ; mais il convient de savoir aussi s'il conserve on non des ascendans , des frères déjà indépendans , des proches parens dans l'aisance.
L'enfant délaissé peut appartenir à des parens connus , ou à des parens inconnusi ^ '
5U . PREMliiœ PAIITIE. UVBE. I. CHAP. III.
Bans Je premier cas-, ses parens peuvent l*avoir délaissi^ volofitalremeiit, ou par nécessité : cette seconde hypotb^ a lieu pour les enfana dDnties^parena s<)ut détenus, on malade» dans Ie& hôpitaux.
Quelquefois c'est dans Tiiilérèt même de Tenfam qu'il se trouve séparé d'esa.fenûUe : Trop souvent, en effet, la pre>mière nécessité pour lut est.de fuir le séjour de Is^ corrup^ lion et du vice que recèle le toit domestique; le l^ieufait le plus mile pour lui est alors de l'aôcueUltr dans un asile où il soit préservé de la contâigloiL
QuelquefitH^ les pac?ns sont absens : marins , voyageurs , ils ont négligé de {)ourvotf aux soins qu'exigent leitrs enfons , ou leur retour est ret^é.
Les enfàâsi iil^itTmes ml^i^oiisiituent point une classe d'in*^ digenç à ceiStre seul. Bentham ici a étéJnduit eit elf^ur pr les méprises de la législation an^ai^^i mais , plq^ facileinent qu'un aMre, l'enfant illégitime yeut être délaissé » et, par là tomJiei^'àans l'indiip^ce.
En^nous ttansportant à l'autre extrén^té de la vie humaine* un autre s[)ect^cle s'offre à nos regards , analogue souâ,j|u^^ ' ques aspects j^.#ontrifa^ sous d'autre^. Le caractère, physique . de rin(]jgence est cl^ezie Vieillard, commis elfQz.renfaut9 la débilité corporelle ; mais les forces vont e» croissiaat chez ruig en décroissant chez l'autre. Le premier fait desi provi- ' sions pour l'avenir, le second . consomme celles qu'il avak rassemblées dans le passé» Si doua, en assistant le premier^ il faut prévoir; il n'y a guère, hélas ! pour le second, d'âlpôur que la tombe ', mais il y a des années écoulées à interroger.
La vieillesse ne devient un cas d'indigence complète^, qu^autant qu'elle se confond , par l'affaiblissement des organes, avec une véi^ltable infirmité. Maic^ , pour les personnes qui ne subsistent que par le travail numuel., l'époque de> l'incapacité commence dès que les membres s'engourdissept, dès que les muscles perdent leur ressort ; elle çonimauce d'autant plus tôt que le travail est plus pénible. U n'y a donc pas
DBS IIVPIOEHS lAYALIVES. H
d'âge déterminé qui puisse donner une limite précise pclur llndigence née de la vieillesse : tel homme est aussi vigôi»* r^ux à quatre-vingts ans que tel autre à seixa^te. Mais il se présente ici à l'ami de rhumanité-une considération mo^ raie qui ne ^saurait le trouver iodifiërent : dans les. vues de la Providence , le repos est aussi un besoin de Thomme ; il est surtout un besoin pour le vieillard $ il peut même être pour lui une 4*écompense méritée. U est donc juste dé ne pas fixer ici la limite la pUfi rigouremûi, et d'avoir égard s^oxlout à la conduite antértore^ d'un autre çùlé^il est nécessaire au vieillard d^exerper encore les facultés qui luirestept ^ préd-< sémçttt paur en, prc^ow^^* ^^ jouissance»
En co^aidérant la d#iUté de l'Bifi^ce » la pensée 4e f ob* servateur cherobe d^abord ks piri(^(ecteurs naturels y ses pa^ reos; CAUe le rang^^i^rmi les indigéns, que si on l'en voit privé. Pourquoi n'ag|arécie-t-on pas dej(pé{ue la shuation du vieillard? Pourquml ne recbfirciie-t-on pas,* avant tout, se» enfans?'Le devoir de la reconnaissance .n'Q^-*il pas aussi sacré pour ceux-K^i qfie le devoir de la proteçtîCMi po«r lea premiers? Le vieillard âéla||s4»appartient seul à la classe indigente. ^ \ <*• .
Jlne suiBt pds à la vieillesse d'un secours matériel qilelcoiique , àl'aide duquel elle puisse languir encore quelques jottris de plus ; il y a pour elle un autre ordre de besq^ns. Bien moing dans son intérêt que dans celui de la morale pwblkpie , if est néces^îre. qu'elle soit honorée , respectée. EUepeutéire-rësn pectée encore au sein même de Findigence , pourvu qu'on M épargne sous jles dehors de ia nusère tout ce qui pourrai! l'exposer à des humiliations. Les secours pour elle doivent aussi ê^e des égards.
La secondé catégorie des indifens invalides se divise au«lt en deux grandes classes : Tune, comprend ceux chez les«iiierB la capacité pour le travail se trouve seulement suspendue ; l'autre,. ceux cbex lesquels elleest plus ou moiiis perdue par l'altération radicale des organes dont elle emprunte le s^vice.
52 , IVREKIÂRE PARTIS. LIVKE I. CHAP. tll.
Datis la première de ces deux classes, nous; apercevons fès malades , les.bl6ssés et les convalescens.
Parmi les malades, ilinfporte xie distinguer ceux qui sont alités V et par là même empêchés d'une manière absolue de s6 livrer à. une occtfpati<)n quelconque, et ceux qui, bien que soumis à un traitemeot, peuvent encore agir, vaquer à leur emploi , ou se rendre utiles dte quelque manière.
Le^maiade alité, comme Tenfant en^bas âge, comme le vieillard décrépit, invoqué, non pas seulement une assistance matérielle, mais une protection et les soins d'autrui. Les consolations lui seront quelquefois aussi nécessaires que les médicamens, et pourront seules rendre les médicamens efficaces, A laidernière heure encoi^e, il est des secours ûu% au mourant t secours sublimes, et que la bi^egjËîsaBcg publique s'honorera de lui assurer. \l en 0St encore d'ime antre sorte i qui sont di|s à sa dépouille mortelle , et que commande un juste respect pour la dignité humaine. ' \^
La distinction introduite par Tart médical encre les maladies aigyës et les ]paaladies chroniques doit être adoptée dans la classification des indigeqi^, $n tant qu'elle influe sur ¥a durée des secom^. fl en est de même de çeU^ qui est introduite entre lés maladies sporadiques, épidémiques et contagieuses, éïi tant qu'elle influe sur la forme «et le mode des secours. . >
Uanslar seconde classe, nous rencontrons les Indigens -qui ont perdu un ou plusieurs membres , un ou plusieurs organes des sens ; tels sont les estropiés , les paralytiques , les épilepliqués, les aveugles : espèce d'exil dodloureux, qui commence quelquefois dans la jeunesse et même dans Tenfance, et qui relègue le malheureux hors du théâtre de l'activité humaine , cuvent niéme , par une crudle< séquestration , hors du eommerce de S6& semdilables. »
Si les convalescens n'occupent aucune place dans la plupart xles dassiftcatiims proposées jusqu'à ce jour, si leur situation parait exciter en général peu de sollicitude,: il fout Tat-
DBS tNDlGBlfS IIIYALIDBS. d^
ribuer à ce t te disposicioa irop ordinairequi s^ laisse exckisivewent préoccuper par le spectacle des maux présens, et qui né-, ^lige de [irévoirles besoins de Ta venir. La convalescence est uu éîat de passage , sans doote ; mais elle doit assurer le bienfaitlk de la guérison ; elle doit préparer le retour d'une situatlonl indépendante. EUe est encore pour l'indigent une véritable crise pendant laquelle il doit ménager ses forces, épargner ses ressources, et recevoir, pour cette double fin , une. assis- / tance opportune.
Les infirmités intellectuelles font naître, à quelques égards^ les mêmes besoins que celles du corps; elles en font naître aussi ^iHm ordre diiférent»
La jouissance des facultés intellectuelles peut n^étre que suspendue, comme dans le délire et dans la plupart des cas d^aliénation mentale; elle peut être entièrement perdue, comme chez les idiots.
L'infirmité intelleetnelie a cela de propre, qu'elle exige toujours la protection et les soins d'autrui : c'est surtout sous ce rapport que Findigent qui en est atteint ne peut se suISre à lui-même.
L'aligné est le-ptus souvent caprtfle d'un travail manueh, actif, assidu, productif: cet exercice est mêtne -nécessaire pour guérir ou sËlténuer son infirmité.
La privation de certains organe^ des" sens peut , à l'aide d*uné éducation toute spéciale, être suppléée ï^elativement à la capacité de travail. L'nrt; éclaii^é du flambeau dife la philor sopbie a institué cette éducation pour lesq,urd^muet et pour l'aveugle de naissance. L'ind^nce de.i'âveugle 6t du sourdmuet dépourvus de ressources n'est done pas' caraciéftsée par une Ittcapadté absolue. Le vrai secours qui leur con-t vient n^est pas l'aumône, mais l'éducation.
L'incapacité t^ laquelle Tindigeniést condamné par une infirmité corporelle ou Intetleçuielle n'embrasse pas toi^ours lousr les genres de travaux ; le plus souvent elle n'est que spéciale : le p&falytiqiie peut eucore tricoter étendu sur son lit;
5Â ^altHIÂEB PABTIB. LIVHB I. CKAP. III.
celui qui est estippié des pieds peut exéeuter un travail manuel. ,Uay€ugIe et le sourd ne sont pasr propiN!$$<à 4ôus les igenres de inétier&, même après leur éducation ; lâais avant :d6 arecévoîr ce bienfait , ils' penvent%ft*é9êiti]^yés de diverses aiànlèt'ès : Favengle tourne la j^oue : le s(ôurd porte des ^Tai^' deauiL. Quelqtiefbis Fidiot IttMsKnîe peut rendre encore quelques services méeaniqu^. * .
L'tnpi^paclCé n'eâil que panieUe ,iBi elle condamne Pindigent à n'exécuter qu^une cache plus Umilée^ à d^6^ccuper/que SQ)à% jsertaines conditions. Dans le premier cas, rincapstoité agit suj( la natum du travail ; dÉaslèsécûnd, sur sa quantité. Dans les deux, cas y le résultat est le méiâe pour FinSigent : c'est nô r^e der <^pacité, si Ton Veut , mafii une impacité insiiffl- $aiite.
ARTICLE Hf.
Pet indi^itf vaUées. , . ,
Les indigens valides sont de deux sortes : as^ uns manque pu eibploi 'y pour les autres , l'emploi ne donne qd'uJEi produit ittsHffi^nt. Les premiers restent forcément inactîb , les seconds s'éguisent de travail, mais ii'obtt«n!ftilH qu'un salaire lorop faible pour sufer^ieujRl^ & leurs besoins.
Ces deûi^^ihtations ne doivent, pas tire toAfondHes , i^r elles exigent des reifièdes fort diSërens. €é^eltdaÉiit elles ont quelque analogie : elles dérivent stavent de la même origine. Le travail miahi}' déïftandé ? les Mks trouvent pha focilement à s^eAplojrer, fe^ autres sont mieux rénumérés. La de^iande-de travail 8'àiT6te^ti«Ue ? les uns resijleiit oisifs , les auti^s voient réduire leùrsaîâlre.
Nous supposons que^ dans les deux cas, rindigéiuvalide est viotiine des circonstances, et îrion (^it par sa propre volonté..
Le manque de -travail peut protl%nirde circonstances plus ou moins i^nérales , plus ^)i},Hioiris indivrduellçs;
DBS I9B1GBII5 yjL|.I«tS. &I»
Dans le premier cas , la privi^M d'emploi pour les travailfeBurs est^elqpififiife la suite d*iioe naguailioa qui embrÀsse loates les braiK)iM($ <fiiHli»sirîe et totfte retendre du pl^s^ qa^^pBfoift elle o'auaiAt. i^ir^uiie branclie détermiiiée dfuidnstritb mie cerUinebealiié, on jnéme w ceitain éialbllsaeiweitfvBMs coite dmrinère hyi^tikè^e» ce ^i ttuuMiiie à Vindigeitt^ otf n'est pas one oci^siiD fvejconqae de h'omtper mitonatt^ c'«t ^eeUe de s'employer dans là professioa pattic«iMreÀIaqaeH&i} estpfQpre» et ^LIq! promet par là de plusf^andaatamages. ^
La^staf^atioa dont wtffre alors le trâiratHear peut être fim i €m ^ofans-ftaftsagèrô oudoraMe i elle est quelqiielbîs pério*- f (iiqtie.
Il est d^ pnrfbssiona qutm pMfent gu^ être çieroées que dans certaines sàis,0&s. de l'ai^née; il est des travaux qui sos^iaternmpns poistespIaieS|Npar lesfrràds, par la nuit; il est quelques besok» des consommateurs qui se manifestent spécialement à certaineft époques. Il y a donc alors intercu^ iion ou dsmioutioa d'emploi pour un certain nombre d» Vt^- ▼ailleups i mais en m^e temps leurs salaires tendent k s'élever davantage aux périodes pendant lesquelles ils sont occupés : tels sont les batefien&i les jardiniers , Igs m94?pnB ^ les couvreurs , les ramopeu^sit ^tc.
Des circonstances accidentelles peuvent modiUer le taux des pilaires dans une profession^ ^ neutralisant l'emploi des ou-' i^iers* Ainsi iiuo fabrioaiicm cesse par un c^pgf^çnt ide mode; u&.cagat est terminé; ime mine, une carrière sont épuisées y les soldats , les matelots sod^ liçf^cîé$ ;. des faillites suspendent les ppérationa des maisons de eQmmerQe, l'activité des maniifiietttres; riotroduction subite de macbjiies, le cbangement de procédés ou de modes d'explçttaiion , rendent inutiles ce^Hains travaux $ les js^tations ]}plitîques , le d§gordre, les-émeutesi menacent la tranqurftité de tous , inleii^ompettt le cours des transactions, ^spendenj les irayaux qu'entretenaient là paix- et la confianq/s générale.