JI6 PREMIÈRE PARTIE. LIVRE I. CH.AP. III
Dans le second C9S, la privation d'emploi se rattache à quelque obstacle que le travailleur rencontre dans le.s circonstances qui lui sont, personnelles , et qui rempéchent de concourir avec des avantage^ égau^, dans le marché où se stipule le prix des salaires. U aura mal choisi , par exemple , te théâtre où ii veut exercer $a profession ; il maâqùera d'ap-
^ puis Et de relations pour trouver de remploi. Telle est souvent la situation des étrangers, des nouveau -vç^aus, des voyageur^, surtouit loi^u'ils ne parlent pas la langue du pays et qu'ils y sont entièrement inconnus. Quelquefois le travailleur se sera Vu enlever le petit capital des. avances nécessaires à Texerciee. de. son industrie ; un fei^mter aurA peniu ses bestiaux et son capital d'exploitation , par. suite d'un fléau destructeur ou des pavages de T^nnemi; un petit marchand aura été victime d'une faillite, et son fond lui sera eiiiévé par ses« créanciers ; un ouvrier sera dépouillé de ses instrumens, de son métier et hors d'état de se procurer la matière première qu'il élabore à son propre compte, lin incendie, tin vol , un procès, une guerre d'invasion oc-
. easionnent mille désastres de ce gei^. ^ '
En général; rien n'est plus funeste au bien*4tre des classes laborieuses, que les rariations fréquentes et sensibles qui surviennent, soit dans te prix dtsol^ets de consommation , soit. dans le taux des salaires, soit dans la quantité du travail, à moin^ que les unes ne correspondept exactement aniK sat^
' très et que les effets ne se compensent. Ces irré^larités tvxyto^ peut les calculs de la prévo^^ncef dérangent l!éqiiiltbre sur lequel repose lë bien-être du travailleur; Alors même qii'êllies amènent momentanémeâ't un état de^cboses plus avantageux pourliii, elle cachent sous cette prospérité passfiigère un dan-> ger réel \ le travailleur contracte , sous l'inflnénce de cède prospérité, ^es habitudes nouveUes,. auxquelles il s'attache d'autant plus qiîYIles sont plus douces, et qui lui rendr<ant plus ' pénibles les privations auxquelles il sera bientôt exposé par des variations en sèps inverse.
DBS IlfDIGBJfS VALIDES. Ô7
Cest aussi toujours pour les travailleurs un désavantage certain, que de se voir contraints à cbanger<1^6ccupation pendsuit le cours^ de leur carrière, et ce désavantage est d'autant phis considérable qu'il y a moins d'analogie entre les deux4genres d'occupation. D'abord, à l'époque de ce cbangement, il y a ordinairement un intervalle d'inaction; ensuite le travailleur perd en partie le fruit du noviciat qu'il avait rempli, des habitudes qu'il avait cojitriuctéea., de l'expé* rience et de rhabi|ei^ gn'll avait acquise^ des relations ^gliLavait formées. Il lui fout recommencer sur de nouveaux frais, à une époque de sa vie ou Fou apprend plus difficilement; il lui fautienterun second apprentissage: Le même ioconvéni^it peut s'attacher aussi j quoique d*une manière moins sensible, aucbangement de résidence.
L'insuffisance du produit du travail peut dériver de denx ordres de circonstances : les unes qui ont p(Hir effet de réduire les salaires à un taux trop faible ; les autres qui occasionnent une augmentation dans les dépenses auxquelles les salaires doivent subvenir.
L'existence de l'iiidividu qui vit uniquement d® son labeur journalier repose sur l'équilibre qui existe entre le salaire qu'il en retire et les charges qu'il supporte. Le moindre changement qui diminue l'un de ces deux derniers ternues, ou qui aggrave l'autre y le réduit à l'indigence.
L'affaiblissement des salaires peut être générai , ou spécial, ou local; il dépend, en partie, comme aous venons de- le dire, de la* réduction dans la demande du. travail. Mais lê^ux du salaire corresp<»id aussi au mérite de Tœu* vre; il esrdSnic des geiîres d'emploi moins xéniunerés que d'autres à raison de leur nature elle*méme. La perfection de l'ouvrageTTes difficultés dont l'ouvrier a du triompher , la fidélité et. la promptitude dans l'exécution contribuent bien plus encore que la force et le temps au mérite du travail.
L'accroissement des dépenses peut dériyer cgaleinent de
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deux ordres de circoDfttances fort disilfictes. Le premier af^ fecte à^la^fbis la siciiation de tous les habitans d'une 'même localité : tel est le rencbérlssemeiit des objets de consommation ; telle est mie saison rigoureuse qui contraint à un pilns gnmd emploi de combustible y qui exige des vétemens phis chauds. Le second est personnel à llndividn ; il dépend surtout du ttombre de personnes dont cet individu est chargé. On estime généralenenl qu'un ménage composé d'an mari et d'une-femme exige une dépense plus forte de moiti#en sus, que ofrile d'un célibataire; on su{^[»ose.que chaque enfant ea. bas.àge, c'est*à^dire au-dessous de .douze ^aos, ^ome encore un tiers environ à la charge du ménage composé de deux personnes , cependant ce calcul nous parait «cagéré ^ le ménage de deux personnes coûte moins que n'eusseiit dépensé les deux individus vivant séparément dans le célibat ; l'accroissement de dépense ne suit pas dans la- même pP0*« portion l'augmentation du nombre des enftms ; la vie corn** munci la vie de fomille surtout, procure unenotabl6éoonoaiie« L'expérience conduit à reconnaître que les diarges d» père de famille ne commencent à excéder les , produits de son travail , d'après le taux le plus ordinaire des salaires , que lorsqu'il a trois enûms en bas &ge. Dans les iravaux les moins productifs, le taux des s:daires dépasse peu le montant de la dépense nécessaire à un adulte i mais l'entretien de la femme., celui, des deux premiers enfims doit être couvert en partie par le travail de la fommé même , en partie par l'économie résultant pour tous de la vie corn* mnne , en partie par un surcroît de diligence , de soins , d'ordre, de sobriété dans les deux époux; le dévoùment allège pour eux les privations, et rend la modération plus fiicile. f
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A&TIGLE lY.
Cmiûnuusion du précédônt, — DéifimmM iadigwU^s,
QaMl nous soit permis, dans cet affligeant et rapide dénoiiH' brement des misères bmnaines , de nous arrêter un moment avec une^ttention particulière sur la situation des femmes qui, bien que valides, sont atteintes par Tindigence. Cette sitnaiion mérite le plus vif intérêt; elle est mal appréciée peut-être.
La^-femme n'est pas destinée par la Providence à une existence solitaire : fille , sœur, épouse , mère, amie > membre d'une communauté qufdconque, ministre de bonté, elle est destinée à vivre pour autrui ; le besoin d'affection qui remplit flon eœur, annonce assez haut cette mission de dévoùment. Elle se )rend utile dans le sein de la comnm* nauté ou de la famille par mille services de détail , par miUe soidâ délicats , dont on ne tient pas conq[>te , qui ne se prêtent pas à une évaluation précise , mais qui ont un priii réel. Condamnée à vivre isolée, la capacité qui lui était propre reste stérile; elle en perd les avantages, la société en perd les fruits; les services «qu'elle rendait ou ne sont pas remplacés , ou ne le sont qu'à plus grands fnu^.
La femme est appelée à une vie sédentaire ; les travaui^ manuels auxquels elle est plus spécialement pr^opre, ae concilient avec les soins qu'elle donne aux autres, avec ceux qu'exige un ménage. La réduire ^ux premières y en faire une simple ouvrière , un instrument de manufacture oi| de fabrique , c'est lui ravir l'im de ses avantages. Elle a des besoins qui sont particuliers à son sexe ; la faiblesse les occasionne en partie ; sa santé est plus foible. Il lui faut ua appui , et celte condition donne pour elle un nouveau prix à la vie commune.
Il est une dignité pmpre à son sexe , dont le maintien est