‹ De la bienfaisance publique; (volume 3)Chapitre 34 sur 90 · S8.«S 7,MS,ST · texte numérisé non relu

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102 PREMIÈRE PAETEE. LIVRE I. CHAP. lY.

L'enquête faîte en 1833 par les Commissaires royaux n'a point fourni de nouvelles données sur le dénond)remeDt de& indigens dans la Grande-Bretagne. Elle n'était pas destinée à en procurer. Mais die a achevé de répandre une vive lumière sur la condition des indigens et sur leurs mœurs. £Ue prouve que l'admission^aux secours publics n'est nulle part soumise en Angleterre à des règles fixes et générales ; qu'une extrême fecilité préside à ces admissions; quHine foule d'individus, en itat de subsister parleurs proprés ressources, participent largement à ce banquet (mveçt par la charité publique, et que, si FadministratioB locale leur refuse des libéralités dont elle ne juge pas qu'ils aient besoin , ils obtiennent souvent du magistrat un arrêt qui leur accorde le droit d'en jouir.

On regrette que les informations recueillies pai^ cette enquête soient rarement tenues et rédigées dans une forme qui les rende comparables. Un exemple montrera l'utilité que ces résultats eussent otfert à l'étude, si les renseignemens de ce genre eussent été plus nombreux. Nous choisissons celui de la paroisse d'Eassbounii dans le comté de Sussexl .

Son territoire comprend.'. ••.... 4)597 acres.

/1801 de li«68\

• ' • S,pûpulation.étail,en }|^[ J ÎÇo?^^^

(l831 de 2,726/

Les iudigl^ps se classaient comme il suit, à l'époque de Xen-* quêté. , » v

1^ YieiUar4», infirmer, malades 43 ]

2» Valides..' ^''^Uafi

3*^ Enfons illégitimes entretenus par la parusse. ..." 27 i

4^ Pauvres reçus dans la maison de^travail. ....... 87 )

(Test-à-^ire qu'ils ccHnposaôefat un peu plus du teptièine de la population.

; sa-

%* Irlande.

Située à côté de l'Angleterre^ sous le même climat , sous le même gouvernement , (|uoique malheureusement sous des lois et des influences fort diverses, l'Irladue, on le sait, corn-

parée à TÂngleterre , pffre le cooiraste le pluç frappant avec ce royaume, relativement à Tindigence. Non-seufemant lea inaijpens y sont beaucoup plus oomlH*euK ; mais ils y sont aussi beaucoup plus misérables : et cependant Hrlande n'a point s|ibi les effets de trois causes auxquelles diflEérens écrivains oot attribué tour-àrtour raccroisseinenl des i^^igeus ea An^ glet^re : la tai/e des pauvres» Le#veloppeinenl de Tindustrie manufacturière, la réforme religieuse opérée.s^w Hewti VIII; l'Irlandais d'ailleurs çonspimaoe. beaucoup moim que l'Ani;iaÂs : des pomm^ ^ terre et da laiiage siiiBseat à m nourriture ordinaire.

Ce contraste est Tnn des scùets le> plus féconds en méditalions. Bornons-nous en ce moment à rappeler certains faits ôiabUs par les dernières enquêtes dressées d'après rordre du Parlement. .

Ces recherches ont conduit ^ établir qfV^.l^ cpudlUond^ Tlrtoade, considérée dans son ensembJ^it s'est am^iorée progresjiivemeni pendant le cours des 30 dernièfies stonéeB. On estime que da^ ce progrès elle a li^M^é d'un pas i^al avec l'Angle terre. Il n'en est pas moins vr^i qiie la wsère et le dénùment se sont accrus, pendant, te même iniarvalle, dans. une partie de. la population irlandaise* C'est que ^'augmentation du capital total du pays ne s'est pas étendfete sur chaque individu, ni même sur la ins^orité. L'inverse au contraire est arrivé, et tiuè portion des habltâms ont vu diminuer leur aisance, au milieu de cette prospérité qui devenait comme le privilège de quelques autres. Ainsi des villes superbes sont environnées de faubourgs formés de cabanes hideuse» où s'abritent des troupes de meudians couverts, de haillons. NuUe pài't la mendicité ne se déploie avec plus d'étendue et de confiance ; elle a|ïiche éesmaun souvent eiusigérés , .qnejlquefois supposés. Il est digne de remarque , que les districts manufacturiers et commerçans du nord et de Test de L'IrlandC; à mesure qu'ils se rapprochent de l'Angleterre •, par le voisinage et Ta similitude de l'industrie, sont m^oias aSUgés par la mis^e qui désole le

10/i PRBMIÈaB PARTIE. LITRE I. CHAP. IV.

midi et Touest, quoique ceux-ci soient situés sous un climat plus doux, (i) >

Les derniers rapports pressâtes au parlement britannique sur la condition des classes pauvres en Irlande, en confirmant le triste tableau de la misère qui afflige une portion de ce royaume, nous donnent le nombre des indigens qui, à divers dtres, y reçoivent l'assistance dans les établissemens publics de bienfaisance.

JVous y voyoni^que dans les infirmeries de comté , dans les hôpitaux de fiévreux, et dans les dispensaires, il a été traité, savoir :

Interne» Externes. Total. '

En 1832 32,\)14 1,280,864 1,319,7781 „,.j^ En 1838 S0,d34 1,243,314 1,273,948 1 ™**"*'-

En 1817, le nombre total des malades, assistés sous Fune ou Tautre forme , s'était élevé jusqu'à 15,000 sur une population totale d'environ 7,500,000 habitans.

Nous y voyons également que le nombre des mendians vagabonds , dirigés par les magistrats sur les 9 maisons de travail qui existent seules en Irlande jusqu'à ce joui', a été

en 1831, de 1,539; 1832, 2,550; .%%li, 3,257; } 1834, 8,344;.

• 1835, 1,861. - . Le nombre des enfans trouvés, en nourrice , en pension bu «n appreùtissage, était, en 1833, de 6,793 externes,

et de 1|337. internes.

. Total 8,130

Enfin 9 hospices d'aliénés renfermaient, en 1835 , 980 individus. (2) Comme l'Irlande n'a poinUeacore d'institution légale pour

(1) Report of George Mcholls, esq, to His Majesty principal secretary oj State for the home departement/Lonàùn/lSZ'Jt parag. 2, 6, 7, 10.

(2) Second Bfportof the comnttssioners for inquirmg'into Hœ condition oj t^ie poorer classes in Ireland, London , 1 836 , iu-fblio.

ÉTATS- URIS. 105

les secours à domicile , on ne peut apprécier Iç nonibre d'indigens qui auraient droit à y participer, que par des inductions d^analogie. £n supposant que ce nombre ne s'élève qu'à la lAoitié de celui des indigens assistés par les établissemens publics ci-dessus désignés , on aurait un total de près de 2 millions, e'est-^-dire mie portion qui excéderait le quart de la population entière, (i)

États- Unis,

La Taste carrière que les Etats-Unis ouvrent au travail , la haute rémunération qu'ils lui accordent , la rapidité prodigieuse avec laquelle s'accroît la prospérité du vaste continent des Etats-Unis , ne le garantissent pas autant qu'on serait porté à le croire du fléau qui désole la vieille Europe. Il a aussi ses indigens, mai%il en a de deux espèces qui , provenant de deux origipès, ne doivent pas être confondues : Tune comprend les indigènes, misère seule propre au pays; l'auire, les immigrans , misère importée d'Europe.

Aussi remarque-t-on gue, sur les points qui reçoivent les immigrans à leur arrivée, le nombre des indigens suit une proportion correspondante à celui des Immigrans. A New- York, par exemple, depuis 1829, le rapport a été comme il suit :

Années. Immigrans. tndigfns.

(1) Les papia*s publics ont fait connaître quc^ dans le senl intervalle d'un mois, du 3 jaDvier an 3 février 1838, il est mort de froid en Irlande, savoir :

Hommes. ... 61 |

Femmes .... 42 | Total : 134 personnes.

Enfans 41 )

. Il est peu de symptômes aussi manifestes d'une extrême misère.

(2) American Almanack, 1837.

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