INTRODUCTION. IX
d'aussi abondanSy à son tour? n'est-elle pas, à quelques égards , et l'une des plus vastes , et Tune des plus nécessaires? n*est-elle pas, hélas! aussi, Tune des plus positives?
Pour être solide et fructueuse , une telle étude doit donc être embrassée avec quelque étendue. Elle se présente sous un grand nombre de faces; elle se complique de* vues différentes. Il est nécessaire de l'envisager dans tout son ensemble y si on veut , en s'y livrant , servir utilement la sainte cause de l'humanité. Les diverses branches de secours ne peuvent être bien appréciées que par leur coïncidence dans un système commun, par leur relation avec les maux qu'elles se proposent de guérir. En présence de ces maux , on se demande si, avant de les soulager, on n'eût pas pu les prévenir; on se trouve ainsi conduit à en rechercher les sources; on suit de la sorte le cours entier de la vie humaine ici-bas, avec le concours des accidens qui la menacent, des secours qui la soutiennent; on envisage l'infortune dans ses tristes et nombreuses formes, dans son commerce avec la richesse j dans ses rapports avec la société entière, qui agit sur elle en plusieurs manières , et sur laquelle elle réagit à son tour.
Tel est le point de vue dans lequel l'ouvrage qu'on va lire a été conçu et exécuté. C'est dire assez que son auteur, quels qu'aient été ses soins et ses efforts, ne peut se flatter d'offrir, sur un tel sujet, qu'une trop faible esquisse. Mais , enfin , il a essayé de le saisir et de le traiter dans son entier , d'en coordonner toutes les parties, d'en proposer les classifications, les méthodes, et d'en tracer au moins le cadre, s'il ne lui était pas doûné de Iç remplir.
Dans cette science, comme dans an grand nombre d'autres, l'action a, dès long-temps, devancé la théorie, et nous devons nous en applaudir. Car, ainsi, celle-là a préparé celle-ci, et elle lui a servi de fondement; les faits ont fourni les meilleurs enseignemens, ceux de l'expérience. L'infortune a trouvé toujours et partout, de généreux conso-
X IHTRODUCTION.
lateuTS; elle ne pouvait attendre, pour être aidée, qu'on eût disserté, dans les livres, sur les règles dé la bienfaisance. La bienfaisance a agi ; ses œuvres sont notre lumière. Alors même que nos recherches , aujourd'hui , se borneraient à en retracer le taMeau , quelle ne serait pas Futilité d'une telle histoire? quel intérêt n'inspirerait-elle pas à tous les cœurs? Combien de grandes et belles actions ne rappellerait-elle pas, en racontant la fondation des établissemens d'humanité ; actions trop souvent tombées dans l'oubli, ou que la mo* destie de leurs auteurs a laissée^ dans l'ombre! que de beaux exemples elle ferait revivre ! que de touchantes vertus elle nousferait admirer ! quel riche héritage! quelles saintes tra* ditions conservées! quelles leçons offertes ! quelle émulation excitée ! et par là , quelles nouvelles semences de bonnes oeuvres ! quel honneur aussi pour la nature humaine ! quelle joie pour les g0ns de bien ! Oh oui ! puissent-ils , en effet , reparaître un jour à nos yeux, dans dès récits fidèles, ,cès héros de la bonté, sortant de leur obscurité volontaire , nous expliquer et les inspirations qui les ont guidés , et les plans qu'ils ont conçus , et les obstacles qu'ils ont rencontrés , et les moyens de leurs succès ! Puisse-t-on, en consacrant leur mémoire , vouer à leurs noms la gratitude de la postérité ! Puisse-t-on , en disant ce qu'ils ont fait , leur préparer de dignes successeurs !
Il n'est aucun de nous qui , en visitant lés établissemens créés par la bienfaisance , en recueillant une foule d'observations utiles, au milieu d'un profond attendrissement et d'une «vive émotion , ne se soit senti engagé dans une suite de réflexions sérieuses , ne se soit même quelquefois élevé à un ordre de vues qui ont contribué à sa propre amélioration; n'ait éprouvé le besoin de servir aussi , suivant ses forces, la sainte cause de l'humanité, que dis-je, le besoin même de s'y consacrer tout entier ; qui n'ait appris là , en présence d'une scène déchirante et lugubre, qu'il existe, même sur cette terre, un bonheur sublime , le d^voùment
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pour le malheur. Alors donc que nos recherches se borne* raient à obtenir et à présenter la description de tant de monumens la plupart inconnus, combien ne seraient-elles pas fécondes en résultats ! Que de comparaisons Instructives, soit par les analogies, soit par les différences et les contrastes! Que de lumières nouvelles sur les mœurs, sur l'effet des institutions! quelle autorité pour confirmer certaines vérités, pour justifier certaines règles! Quel guide pour pWparer les améliorations, sans courir la chance des essais ! Quel avertissement pour se garantir du danger des théories purement spéculatives, des systèmes conçus dans le cabinet, des illusions auxquelles le zèle même est trop souvent exposé !
Des travaux semblables , s'ils pouvaient être convenablement exécutés , se résoudraient donc en conséquences éminemment pratiques , autant que salutaires. Ils deviendraient par eux-mêmes un service envers l'humanité. Ce ne .serait pas un de leurs fruits les moins précieux , que de contribuer ' à l'amélioration des mœurs : tous en deviendraient meilleurs, et ceux qui les auraient exécutés, et ceux qui les étudieraient, et ceux auxquels leurs effets viendraient s'appliquer.
Malheureusement, les matériaux qui pourraient servir à former l'histoire qui vient d'être indiquée , à présenter les descriptions désirables , sont encore rares parmi nous. Un petit nombre d'écrivains se sont livrés à ces recherches. Un petit nombre de documens a été publié. On ne parvient à découvrir les faits anciens qu'avec peine ; il faut les puiser souvent à des sources qui appartiennent à d'autres sujets. Les archives des administrations publique? ne renferment que des renseignemens incomplets. Lés informations transmises à l'autorité ne sont pas suffisantes pour faire pénétrer dans le fond des choses. Ceux qui veulent entreprendre ces recherches doivent voir par leurs yeux, s'ils désirent vérita blement s'instruire. Il leur faut donc parcourir eux-mêmes les diverses contrées , visiter les établissemens , observer, interroger, s'enquérir de tous les détails. La yi^ d'un seul homme
Xij IlfTRODUCTIOIC,
n*y pourrait suffire , et il n'y a pas trop du concours d'un certain nombre d'investigateurs éclairés , pour recueillir une moisson qui puisse satisfaire adx besoins de la science.
Un second ordre de matériaux lui a été fourni avec plus d'abondance par les écrivains qui ont traité cette matière soûs le point de vue dodtrinal. Ils promettent un nouveau genre d'utilité , mais des fruits qui sont aussi achetés bien chçr. Ils se partagent en trois classes principales. Les uns ont traité d'une manière théorique et générale les grandes questions que suscitent et les besoins de l'indigence, et l'ef-* ficacité des institutions imaginées dans le dessein d'y pourvoir. D'autres ont conçu des projets, proposé des plans pour le régime d^s secours publics. D'autres se sont livrés à la critique des institutions existantes , en ont signalé les inconvénîens , les abus, les dangers, avec plus ou moins de fondement. Grâces soient rendues à tous les hommes de bien qui ont successivement travaillé à cette œuvre difficile ! ils nous ont facilité la tâche qui reste à remplir; nous leur devons des vérités que nous chercherons à faire fructifier. Les erreurs même qu'ils auraient pu commettre, avec des intentions pures, serviront à faire avancer la science^ si nous savons y trouver le moyen de compléter nos recherches. Les controverses qu'ils ont provoquées , celles auxquelles ils ont pris part, fournissent le sujet des investigations les plus importantes à la prospérité sociale et aux intérêts de l'humanité.
L'antiquité ne nous a légué aucun écrit sur ce sujet, la chose s'explique d'elle-même , puisque l'antiquité ne connaissait guère d'institutions de secours publics. Le christianisme parut, releva la dignité du pauvre, prit sous sa protect^on la cause de l'infortune, enseigna la charité; les in-* stitutions de secours publics se formèrent sous ses inspira- . tions; elles eurent des fondateurs , non des historiens. Ses œuvres devinrent comme un livre immense et sublime, ouvert aux méditations des gens de bien. Les discours, les écrits
INTROBUCTlOIf. Xiij
des Pères de TEglise furent des exlioriatiohs élequentes à faire le bien 3 ils s'adressaient essentielJement à la charité individuelle; ils éveillaient les sentimens généreux : noble et touchante mission, qui, dans des temps de calamités publiques, fut éininemment salutaire! Saint Augustin (1), saint Jérôme, saint Cyprien , saint Grégoire (2) , saint Isidore (3) , Tertullien , saint Basile , saint Jean Chrysostôme (4) , saint Âmbroise(ô), saint Bernard , saint Thomas (6^, etc., revendiquent successivement les droits du pauvre , au nom de la loi divine ; ils recommandent à Tenvi le devoir de Taumône; il^ rappellent que ce devoir est imposé, avant tous, aux ministres de la religion , qu'il lie spécialement chaque cité envers ses membres. Ils retracent aussi l'obligation du pauvre; ils proscrivent l'oisiveté et le vagabondage. C'est une première période , pendant laquelle les questions relatives à la bienfaisance soit publique, soit privée, sont traitées exclusivement sous le point de vue religieux. Pendant la même période, les conciles, par leurs canons, consacraient les mêmes devoirs , en réglaient l'exercice.
Pendant les dures années du moyen âge^ c'était bien assez de venir au secours de la souffrance ; on ne dissertait pas sur sa nature et ses causes. Âuxvi'' siècle seulement, s'élevèrent, pour la première fois,, des discussions raisonnées sur le mérite des divers genres de secours considérés dans leurs rapports avec la police civile. Il est remarquable que ces discussions aient commencé en Espagne (7) , l'un des pays ou la mendicité était le plus répandue , et que la mendicité
(1) Sur saint Mathieu, chap. vi, livre contre les lier. — Sur les ps. 61,
(2) Homélie 9. Sur les évangiles.
(3) 1. Question. 1. Sur les pauvres.
(4) Sur saint Luc, homélie 26, 37, 43 ; 2'^ sermon sur le Gazaredt (6) Sur saint Luc , etc?, etc; livre de Nabotz , chap. 8.
(6) 22. Question. 32. Contra Gent, lib. 3. cap. 133, 135.
Ç3) Autant du moins que nous avons pu le découvrir par nos recherches.
XiV INTHOBUGTIOIT.
en soit devisnue Toccasion ; comme, dans tous les états de FEurope, elle adonné lieu aux premières mesures législatives sur le régime des secours publics.
D'après les conseils et les prédications d'un moine de Tor-^ dre de Saint-Benoit, du frère Jean de Médina, abbé de Saint- Vincent, à Salamanque , la ville de Zamosa avait adopté un règlement pour réprimer les abus toujours croissans de la mendicité ; celles de Yalladolid et de Salamanque avaient suivi cet exemple. Un autre moine, le célèbre prieur Dominique de Soto, de Tordre des Dominicains, professeur de. théo^ . logie à Salamanque, critiqua ces réglemens et les motifs qui les avaient suggérés. Le frère Jean de Médina défendit son œuvre. La critique et Tapologie ont été imprimées à Salamanque, en 15&5. (1)
Les deux auteurs s*appuient également fiur la loi natu-, relie, sur les préceptes divins, sur Fautorité des saints pères et des conciles, sui* les citations empruntées à Platon, à Aris<tote, à Cicéron, sur les lois civiles, suivant l'usage du temps.
Le prieur Dominique de Soto , tout en plaidant la cause des mendians , et spécialement celle des pèlerins de Saint- Jacques, s'élève a^ac énergie contre le vagabondage. Mais , à ses yeux , Ai l'évangile , ni les lois civiles ne permettent de restreindre la liberté naturelle du pauvre, ni de l'empêcher de chercher des secours 6ù il espère en trouver, a Lfexil est <c une peine qui ne peut être infligée qu'au coupable. Les ré^
(1) Tous deux sont dédiés à D. Philippe, fils de Charles-Quint; le premier sous le titre suivatit: Delibemcion en la cqusa de los pobres. Imprimé le 30 janvier.
Le 2« est intitulé : De la Orden que en algunos Pueblos de ^pana se ha puesto en la Umosina, para remedio de lot *verdaderos pobres. Imprimé le 20 mars.
L'auteur est rederable de ces deux documens très curieux et juaqu'à ce jour inconnus, à Tobligeance de M. Temaux Gompons, qui les a rapportés d'Espague, et qui a fait lui-mâne des recherches si.neuves et si intéresNoites sur l'Espagne et ses colonies.
IHTBODUCTION. KV
(L glemens doivent être faits, non en haine des indigens, mais a dans nn sentiment d^amour pour eux; non contre eux, ce mais en leur faveur. Cependant , plusieurs autorités (c municipales semblent plutôt animées par le désir de s*en (c débarrasser, que par celui de les secourir. L'auteur veut , ((qu'en examinant le pauvre, on se guide par Ik charité, (L plus que par la justice; il craint que les magistrats ne soient ce à leur égard trop sévères ; il pense même qu'il faut avoir pia tié de celui que la pauvreté force à feindre des infirmités , a comme seul moyen de toucher les cœurs. L'autorité publicc que ne doit pas subordonner pour les indigens, la permission ce de demander l'aumône à raccondplissement des devoirs relia gieux. L'autorité ne peut interdire au pauvre de mendier^ a qu'en pouryoyant à sesbesoins; ce serait le dispenser de via vre. Mais elle n'a pas le droit de taxer le riche pour le cona traindre à donner ; car alors la charité ne serait plus un (c mérite. Elle n'a pas non plus le droit de limiter les besoins «c du pauvre ; car la subsistance n'est pas la seule nécessité. » *
L'abbé Jean de Médina, après avoir dépeint le fléau de la mendicité et les maux qu'il entraîne , après avoir rappelé les autorités religieuses qui la condamnent , les' lois civiles qui depuis Jean II, en 1387, l'ont prohibée en Espagne, explique et justifie le réginie qu'il a établi. « En assurant à chaque in- Cl digent un secours proportionné à ses besoins, on délivrera ce la société de ces bandes de faux pauvi^es qui dérobent aux d véritables l'assistance qu'ils surprennent,, et qui ne sont que a des bandes de voleurs ; on assistera les pauvres que leur ce infirmité ou une juste pudeur empêchent de mendier. Il > vaut mieux mettre un indigent en état de gagner sa vie, que ce de lui jeter un maravedis. Chaque pays doit soutenir ses ce propres indigens, il le peut; dans la Galice et la Biscaye, a où cette règle est suivie , on ne voit pas un seul mendiant. « On fera élever les enfans abandonnés et les orphelins, et on « leur procurera un état. Il y aura une aumône publique a et une aumône secrète ; toutes deux seront volontaires. La
XVJ INTEODUCTIOK.
<c distribution des secours sera confiée à des personnes aisées, <c consciencieuses , choisies par les bourgeois. En adoptant <c un tel système , on assurera aux pauvres un secours régua lier , leurs enfans recevront une bonne éducation, ils évitea ront et rhumiliation , et les tentations ; les fainéans seront a obligés 'de travailler; les vagabonds ne porteropt plus, de <c lieu en lieu, la contagion des maladies et des vices; les perce sonnes charitables auront la certitude du bon emploi de <c leurs aumônes. )>
Ainsi, dès le milieu duxvi"" siècle, s'agitaient.déjà entre deux moines espagnols , précisément les mêmes controverses qui occupent et partagent encore aujourd'hui les moralistes, les économistes et les administrateurs , et gui fixent l'attention publique, sans être encore définitivement résolues.
A-peu-près versla même époque, Weitz publiait, à Anvers, un écrit dans lequel il recommandait l'institution des secours à domicile, pour prévenir la -mendicité. (1)
En Angleterre, la nouvelle législation introduite par le célèbre bill de la AS"" année d'Elisabeth, lés modifications successives qu'elle n'a cessé de subir, les discussions parlementaires auxquelles elle adonné lieu, ont fait éclore, depuis deux siècles, un grand nombre d'écrits, où cette matière a été traitée avec développement, et des plans de tout genre sur le régime des secours publics. Nalle part les questions qui se rattachent à ce sujet n'ont été plus approfondies. Mais elles y ont été essentiellement traitées sous un ppint de vue local ; et les écrivains du continent qu^ les ont plus tard étudiées dans les ouvrages anglais, n'ont point assez tenu compte de cette circonstance; ils ont ainsi trop facilement généralise des considérations spéciales à l'empire britannique , et qui n'étaient applicables tout au plus qu'en partie, aux autres états de l'Europe.
Dans le tableau des auteurs qui ont tour^à-tour traité ces
(1) Dç çQntif^ndh et (ikndU domi pavperibus, 1502«
iirmoBucTioN. xvij
importantes questions, nons voyons figurer les plus grands noms de FAngieterre, parmi ses littérateurs, ses philosophes, sei^ hommes d^état, ses jurisconsultes.
A leur tête paraît Timmortel Shakspeare qui, à Tâge de 17 ans, publia un Examen tien re'etamaHom faites par quelques-^ns dei eompairiates de nos jours (tel est le titre de son écrit') (i) ; ce qui annonce que dès-lors ces questions agitaient les esprits. Il exprime le vœu de voir le travail encouragé par des rémunérations, plutôt qu'imposé par la c<mtrainte.
L'illustre chancelier Bacon, dont le vaste génie a embrassé toute la sphère des connaissances et des institutions humaines, et^n a prévu les progrès avecun coup-d'œil en quelque sorte prophétique, Bacon a, dans quelques lignes (2), indiqué le principe du perfectionnement dont le régime des secours publics serait susceptible, et dont Isi recherche a excité une si noble ardeur parmi Jes écrivains anglais de ces derniers temps. Lord Haie, vers le milieu du xvii« siècle, a, le premier, si nous ne nous trompons, esquissé et proposé un plan systématique pour attemdre à ce but; à-peu-près vers la même époque, Andrew Yarrington jeta quelques idées sur ce sujet; Thomas Firmin, dans-deux lettres à Tarchevéque Tillotson signala l'éducation du travail comme le meilleur pré-
servatif contre l'indigence ; Sir Josiah Child, en provoquant la réforme des lois anglaises sur les pauvres, conseilla d'instituer une magistrature ou un patronage qui, sous le titre de , pires des pauvres, aurait réuni à une tutelle protectrice, à une direction éclairée et bienveillante, une autorité analogue à celle des juges de paix de la Grande-Bretagne ; des sociétés
(1) PÎiblié en 1681, et réimprimé en 1761 , cet écrit a été cité par le Monthlf BevieWf et par Thomas Ruggles, dans son Histoire des pauvres; lettre 18.
(2) Ce passage se troave dans une lettre à Jacques V'^ renfermant son avis •ur la lettre d'un M. SuttOD (voyez X Histoire des pawresy par Thomas Ruggles; lettre 1, .
^^bliea àw^ Ips dive^B comités, eussent préaidé à la dispeiisation, des secours publics et à ré4ucàtion des indigens (1). Vers la ,fin du même siècle , le docteur Davenant proyo- ' q\iait aussi avec énergie la réforme de la législation anglaise, et appuyait ses critiques de f^its et de calculs qui jettent une précieuse lumière sur le nombre et la condition despauvres, à cetto époque, dans le royaume pour leqi^el il écrivait.
Ce fut alors aussi que le philosophe Locke, qui a été âu$^ l'un des foudateurs de Téconomie politique dans lesi temps modernes, fut appelé à traiter ce sujet au nom du comité de «onim^rce dont il faisait partie. Le comité lui confia le soin de rédiger son rapport sur les résultats de Tenquête ordonnée par le roi Guillaume à l'égard de la législation des pauvres ; i\ porta daus ce si^et des vues philosophiques conformes à #es études habituelles ; il lui imprima ei^ môme temps qe car raotère de sage^e pratique qui était daps la nature de so|i esprit. Il avait acquis par cette enquête, pfir un examen des f^its et par un grand nombre de preuves, la conviction que la cause la plus féconde de la pauvreté est dans les désordres de la vie et le dérèglement des mœurs ; il exprima énergiquement cette conviction; il indiqua, comme le préservatif le plus efficace , des améliorations dans l'éducation populaire. Il proposa donc d'instituer a des écoteê de travail, auxquelles a seraient tenui^ d^assister tous les enfaus des pauyres inscrits (L au registre des secours de la paroisse, au-^dessus de d ans « et au-dessous de lA, lorsqu'ils vivent chez leurs parens, et « lorsqu'il^ ue sont pas occupés d'ailleurs à travailler avec 9L ceux-'ci, toutefois, sous la permission de l'Inspecteur des a pauvres (S). » Locke supposait avec raison qu'un pèi^ et
(1) Ces 8 floivragea ont paru de 1970 à 1781. •— YoyBa VSîstoirâ eU dessus citée ^ lettres 11 et 12.
|g,(â) Cet intéressant Mémoire présenté en 1687 J était resté en partie ineoiinu. Il n'a été décQuyert en entier qu^un siècle plus tard ^ il a été cité dans quelques ouvrages sur les pauyres, publié à Edin^ourg, en 1787 y et dans
IHTBOBVCTIOnr lAt
une mère en bonne santé peuvent se soutenir eux-*mémes ave^ deux enfans en bas âge, par le seul produit de leur travail \ qu'il est rare de voir dans une famille plus de deux enfans au*dessous' de 3 ans. Ses écoles de travail, où les enfans auraient été nourris, étaient dans son plan un cadre auquel on eût fait entrer facilement toutes4es conditions d'une bonne éducation intellectuelle, industrielle, morale et religieuse,
Lesmémes vues se reproduisent dans un écritpubUéenl70t par John Cary (1). Il remonte aux sources de Tindigenee, tel découvre dans les vicieuses habitudes deis» pauvres ; il en vor voqlie la réforme, et se plaint de la faveur que le fisc accorde à la multiplication des cabarets. Il veut investir les inspeo* leurs des pauvres d*une autorité publique, d'une juridiction civile et de police. Kauteur de Robinson Crusoë, Daniel â« Foë, adressa au parlement, en 1704, un mémoire portant pour titre: Faire t aumône n^egtpM faire la ehariie'. Il signale aussi la fausse Indigence ; ce n'est pas le travail qui manque, suivant lui, c'est la bonne volonté de travailler. La foule des indigens, ou se prétendant tels> était alors très considérable en Angleterre. De Foë nous apprend que la reine" Elisabeth, frappée du spectacle que lui offrait une foule de misérables, s'écriait fréquemment : pauper ubiquejaceL
Il ne pouvait, certes, être conçu une plus noble et plus juste pensée que celle qui associait ainsi les intérêts des bonnes mœurs aux vues de la bienfaisance } qui charcbail dans l'amélioration de la classe inférieure de la société, dans
VBistoire des pauvres, par Sir Morton Ëden, et dans celle de Thomas Rugglei (lettres - xxxiii et xxxiv); U a été reproduit de nouveau dans les rapporte présentés en 1817etl818»àla chambre des communes d'4ngleterre| par le comité chargé de Texamen des lois sur les pauvres ( p. 44 et suivanteç)^
Ces deux doçumens ont été traduits en français ; le premier a été idijéré dans la collection publiée par Duquesnay, d'après les ordres de François de Neuchâteau. ' ,
(1) i&joi sitr le commerce de la Grande-Bretagne; cet ouvrage est cit^pUT Bum , par sir Morton Eden, par Thomas Ruggles.