II. Z
M SBCORIIB PAHTil« UWÊM 1* CBtf . II.
oéreuses mères de famiUe qui ont coaeourtt à la réaliser (1)« M., Fabbé Ferrante Aporti , de Grëmone ^ M* Pietro Zesi » curé de SanUirMaria Seereta, à Milan, M. Fabbé Raphadi Lambmschiniy de Fiarence, se sont dévoués pour faire joi^ rjtalie d'une bonne œuvre, lui en ontrévélé le mérite* « L'idée « de commenGer rinstruction des enfans , à partir du moce ment où on les sèvre du lait maternel « frappa le premier } U çc la réalisa d'abord pour les enfans des familles riches. L'é^ « preuve ayant réussi au-delà de tout espoir , l'abbé Aporti et « les bienfaiteurs qui le secondaient, retendirent aux pauvrea* (cll y vit la base de l'édifice de l'éducation publique \ il plaça ce dsfns ses salles d'asile une puissance inconnue qui accrot* ce tra celle de l'institution primaire. Cet bomme évangé* ce lique , simple avec le peuple , enfant avec les enfans , sage « au milieu des sages, s'est élevé sur ce sujet aux plus hautes ce considérations, dans un écrit qu'U a publié sur l'instruction ce élémentaire en Lombardie (2). 3> Tel est le témoignage que lui rend son. digne émule (3). Celui-ci, à son tour, invita les amis du bien , en Toscane , à appliquer une pensée aussi heureuse, et bientôt éclaira l'Italie entière sur les avantages qu'on en doit attendre, sur l'esprit dans lequel elle doit être mise en action (^). D^à M. Louis Rassi avait doté la ville de Pise ^mh^ école enfantine (jScîU>la infantile)^ nom adopté par l'Italie. D'après ce modèle, une réunion de souscri);)teurs , sur l'appel du com^te Guicciardini, fonda celle de Florence. En peu de temps, Sienne, Prato, Livourne, la Toscane entière, suivirent ces exemples. Le gouvernement avait autorisé les essais ; frappé des heureux effets qui déjà
(1) bn dite «tire «ntiw It oomteia» BtUiiui k I9cnraiv0« k eomtene Tempi, etc.
(2) La création de Tabbé Aporti remonte à 1829 ; il pubU* en mteie temps en Manuel à Tiisage dei.foadatcuCTy nui a été tnaduit en frangaîii
(a) Bans son rapport nir les éooki da Crtaunie* (4) Ses premières notices iîixenC liies en laao «1 16Sa« Soa Gmdé M 9ikh catore, parait depuis 1830.
en ëiatent le fruit, il voulut féconder les fondations, concourir aux dotations \ on vit le Grand-duc et la: Grande-duchesse ve^ir eux-mêmes visiter inopinément Técolé enfantine de Pise, assister* aux exercices des enfans, s'associer à Tadmi^ ration générale. Lq curé d(m Pietro Zesj, de Milan , vint 4 Crémone, étudier l'œuvre de Tabbé Aporti, et c'est dan^ son presbytère même qu'il ouvrit Vécole de tmfynee $t él charité; se complaisant à être ainsi entouré de ces innocentes créatures , et dirigeant lui-même l'éducation qui leur était donnée. L'Archiduc vice-roi, le Cardinal archevq ne jde Milan , les principaux citoyens de cette grande ville , en^ couragèrent la fondation et voulurent y prendre part. Le cardinal légat de Bologne environna d'une protection bienveillante les écoles de la Providence, fondées par des dames charitables de cette ville. La Lombardie entière, le Piémont (i), les états de l'Église , le royaume de Naples , presque toutes les villes de Tltalie s'approprièrent celte institution, avec une louable émulation. Les observateurs ont spécialement remarqué dans les salles d'asile de cette contrée de l'Europe, des soins particuliers et une direction bien entendue pour les premiers élémens de l'éducation religieuse et morale. (2)
Pendant ce temps, l'institution traversait aussi les mers. Des tles Britanniques, comme d'un foyer, elles se répandaient aux États-Unis (3), dans les colonies anglaises.
(1) M. le comte Petid de Roreto, nous signale les 8 salles d'asile existantas an» Turin, dont la première a été fondée en 1830, par le marquis FalleU^ d^ Barrol» et les deux autres par des bienfaitrices particulières {Saggio sul buon governo deUn inendicUà , ^tc^ tome ii j pag^ 157.)
(2) On peut consulter sax les salles d'asile de l'Italie, l'écrit publié ien 1894 par leur générei» £cmda(eur^ sous le titre Des écoles et des salles d'asUe d'Italie, écrit qui été traduit en françiûs (Paris , cbez Hachette) ; et le Gmdê, de M, l'ab)^ Laml^ruscbiai,
(3) Une fiOGJiété de daixiâs, formée k Boston, a imprimé le moiiT«meiit à wi|e création bienfaisante , et bientôt à sa voix les infants schools se sont pH?eK|«s dans j^usienrs ^piajrtiers de cette gn^ide ville*
La même marche a été suivie dans les autres états de rUoipii,
M SfiCONBB PA&TIS. LIVaB I. €HilP. II.
Un vif intérêt s'attache au spectacle qu'offre Torigine d'une institution aussi bienfaisante. On s'étonne quelquefois de voir combien une pensée salutaire a tardé à éclore, à se réaliser, à se transmettre. On aime à étudier les circonstances qui lui ont donné. le jour, les influences qui l'ont fécondée, les moyens qui en ont favorisé là propagation (1). C'est pour ce Motif que nous avons essayé d'en esquisser l'histoire.
AKTICLE II.
De i'esprtt qui doit présider à torganisaiion et à la direction des salles d^asUe.
Comment se fait-il qu'unie institution qui , s'adressant au ppemier âge et préludant à l'éducation , semblait devoir occuper le premier rang dans Tordre des créations de la bienfaisance, soit cependant celle dont la formation est la plus récente? C'est que son utilité ne pouvait être bien appréciée qu'à la suite d'ob:ervations et de réflexions qui ne frappent point l'esprit au premier abord ; c'est que, en organisant |/les diverses branches de secours publics, on s'est avanftoïïf -' préoccupé des besoins présens, des maux les plus sensibles. \ Long-temps on avait méconnu l'importance de l'éducation du premier âge. Par une heureuse rencontre, précisément à ia même époque où cette institution prenait naissance , une nouvelle' et abondante lumière était versée sur ce sujet par le bel ouvrage de madame Necker de Saussure; et, parmi tant d'heureux fruits qu'il a portés , ce n'est pas un des moindres,
' (1) Un observateur exercé, comparant les infants sckools d'Angleterre aux j aaHes d'asile de France , résume ainsi le palrallèle : « Sous le rapport de la cha- « rite, les salles d'asile sont supérieures; sous le rapport delà direction mo* m raie et de renseignement, les infants schools sont à leur tour fort supé- « rieures » ÇL^jimi de t enfance, 1837, page d74}. Ces rapprochetnens sont fort utiles pour enseigner à ceux qui déjà font bien, le moyen de mieux foire encore.
Nous avons emprunté à V^mi de l'enfance, une grande partie des faiU qui fienneat d'être rappelés.
OROAlilISA'nOlV DBS SJkLLBS d'aSILB. 37
que d'avoir révélé tout le bien qui se trouvait renfermé, comme en germe , dans Téducation donnée par rinstitution des salles d'asile, et de lui prêter ainsi à son origine l'ai^Hii de la meilleure recommandation.
Les avantages qu'offrent les salles d'asile aux familles malaisées n'ont rien de commun avec l'anmâne ; elles ne sont point un seeours direct ; ces fhmilles peuvent les accepter sans rougir ; elles en recueillent une plus grande liberté pour leurs travaux , une plus grande sécurité pour leurs enfans(i) ; la santé des cnfans s'en améliore d'une manière sensible; leur constitoiion se fortifie; les affections morbides de la peau auxquelles ils. sont sujets sont prévenues ou dissipées; une transformation surprenante s'opère dans l'existence physique de ces petits êtres, par le régime de vie qui leur est donné (2). Mais, les bienfaits moraux qui se répandent sur les familleSf sont plus abondans encore. Les enfans dès leurs premières années contractent, sans efforts, des habitudes d'ordre et de propreté ; ils acquièrent le sentiment des convenances , se forment à la sociabiUté ; leur attention se fixe ; iJs s'accoutument à observer, commencent à remarquer les phénomènes 'de la nature ; leur âme s'ouvre aux affections pures; déjà, ils ^mmencent à pressentir, à goûter la plus noble prérogative^ de notre nature, le sentiment religieux. La gatté, la scréoité qu'ils respirent, contribuent heureusement elles-mêmes au développement de leurs facultés. De la sorte, ils arrivent bien mieux disposés à l'éducation plus sérieuse qui les attend vers la sixième ou septième année. Leurs parens, les voyant
' (1) On a eonstaté qa*à Londfes, plos de 100 jeuncf entes ont péri brûlés en 1895, pour avoir été laides seuls par lears parens et renfermés dans des chambres avec du feu ; les 4/6* appartenaient au sexe féminin , ce qui sVxpUque par la nature des vètemena. Nous avons eu occasion de connaître à Paris , un certain nombre d*accideiis semblables survenus dans les femiUes pauvres.
(2) La ville de Rouen s'est apér^ie d*une dnninntion considérable duis la norlalité des enfans de sa population , depuis qu*eQe possède des salles d'asile. Il serais intéressant de faire la même comparaison d^ins les autres villes.
SCOOÏTDlt PAKTtC. LIVBB I. CHAP. II.
revenir contens , dociles , bien portans , remarquant leurs premiers progrès, sentent redoubler pour eux leur ten^ dresse , et peut-être même , édifies par l'exemple de ces pe**J tits enfans, en deviennent meilleurs à leur tour.
Grâce à cette institution , on voit s'étendre aussi le patronage des familles aisées sur les fomilles pauvres. Elle donne à ce patronage les formes les plus favorables pour exciter^ entretenir la 'bienveillance réciproque. Elle devient salutaire aux personnes riches elles-mêmes, en ^es conviant par un attrait puissant à Texercice de la bienfaisance. Combien de ,fois n'a-t-on pas vu, à cette occasion, s'éveiller, dans des cer*des jusqu'alors mondains ou frivoles , un intérêt vif et nouveau pour les pratique^ d'une charité active , pratiques qu'oft ne saurait essayer^ en effet, sans les goûter bientôt, sans s'y attacher toujours davantage?
C'est ah cœur des mères qu'il faut demander les dh-ections nécessaires aux salles d'asile. Les inspirations de la' tendresse maternelle révèlent l'esprit qui doit y présider. Dans un âge si faible^ encore, la voie du bonheur est celle qui doit conduire l'enfance à l'instruction. L'art de la plier à la discipline consiste <}ans l'art de la foire jbuir. Les leçons seront donc des jeux variés , animés, mais réguli^*s. L'autorité s'y dégui«> sera sous les formes de 1,'affection; les enfans se trouveront soumis, en se sentant Qroté^ésj l'obéissance elle-même sera chez eux un sourire. • -^
Gardons-nous donc ici d'un écueil : n'écoutons pas trop le désir de donner dans ces établissemens à l'instruction une marche rapide, une sphère étendue. Quoique ces aimables asiles portent souvent le nom tte'éotes, ils se dénaturent s'ils en prennent l'aspect sérieux et grave, si l'enseignement y est prodigué outre mesure, s'il est accompagné d'un appareil 'méthodique. L'enseignement ici ne doit être qu^uné récréation continue. Ia joie servira de maître. Evitons que les enfans ne se fatiguent; évitons même que leur intelligence ne «e développe d'une manièï« trop précoce. Il faut le dire*, ces
OfiOAHItAVIOir M8 «lUUM b'aSILI. M
Maximes sont aovrettt méconnues dans des établissetnens que Ton s'est trop hâté d'orgalriser, et où 1 -ardeur de bien faire a oondoit à dépasser les limites. Là , on retient les enfans im^ «utiles sur iles bancs dans des salles sombres et tristes $ on les exerce sans rel&cbe an travail $ on les tient soos un régime n«stère« On leur fait éprouver par anticipation T^nui qui les attend un jour dans les dasses. (1)
Les petits enfans auxquels ces aûles sont desdnés se partagent en deux classes, dont les besoins sont distincts, et qui demandent pouroe motif àétrarangéesaussi dans deuxdivisioais différentes. La premiàre comprend ceux qui sont en ^mciagS»^ et qui n'ont paa encore ac^owmJi lettr troisièBié année $ laaacoBde compi^nd eeu de trois à six mst* On s'est, jusqu'à ce UKmMnt, tnpp peu occupé de caix de la première classe, éans qudqMS-ans des étaUissemens qiû ont été formes. Le réfime<|u\îUe dmnandeest plus simple; il se borne presque uêx soins physicpieS, à la f»r<^elé et à laboaae tenue, à quelques jeux ceavenablenieat ch^fiii^ et i^égiés ; il demande mrtout ^'«&e lendffe biennUlance respire âtans tous les rapports 4tt'on entratieatavec les en£uisç c^pendani; , on cammenoera ^ éé^ à f ifiiTDdnffie qiidiqpireDtneticto liiaiiiieBS ^ qjaeiiiHei^ 'conseas adfectjieax, et qaehpmscxeedkaes da mém^iwÊ»
Caatàilifled0S«ii4aM que débme «ne aorte d'iiiatmcliaa prëiimiaaiffe destinée à Mte éclore rialeUigeAC^ des «a- Ama» EUe^caiaipiiepd «saMiiieliamtttt deux braadtoii .: tos cà»ses , et les signes des^hcaes.
(1) si Ton rencontre quelques exemples de celte exagération dans les éta« ÉfisflinBaiUdwPdlleiiient érigés ,'on MNxmtre -nnsi dans «quekpns kttililés de f AUflonfline, nm'^mapkt «enlrave. ILà, *o« a ^w^des maffHÊieits4fÊÊaÛ!Lmiivm yti ■ . mmm âmefolte), sej^aMr 4le itm -privilège, p«ur énre ànÊtr/lku^ ààm ies ëwfar fftfw kt p0tiês -enfims, «mt <aac««icc aitoe if^ëàtÛBakmAe^tilm» et , d'écriture, comme portant atteinte aul droits dont ils se ipaèÈaaâstàt ^pm-
On s'étonne que des instituteurs de Tenfiince puissent être aussi
— I ywpwiÉfctirt»;, wami léèHmgwiJWi ;vèitaUe«i|ritiâe|piirmiliistère.
60 8SCOH9B PAATIB. UVAB I.eRÀFi II.
Les leçcHis de choses roulent principatenieiit s«r descdqeto sensibles, déjà connus des enfans et propres à les intéresser; elles ont pour objet de leur en faire disbemer les proMietëSi les formes^ les dimensions, les usages. On emprunte les sujets ou aux œuYres de la nature, ou aux produits de l'industrie. On étend cette étude familière aux phénomènes les plus re* marquables , aux rapports les plus simples de situation ou de causalité. j3n procède par dialogues , par questions, en tâchant d^exciter la curiosité et l'émulation, en évitant de fatiguer l'esprit. On s'aide ou de la présence même des objets, ou de leur image, ou de leur description. Pour mettre les -objets eux-mêmes sous les yeux des enfans, on les apporte dans la salle, ou bien on les lisur montre au dehors ; heureux si l'on peut joindre à l'établissement un jardin où les enfans voient croître les plantes , épanouir les fleurs, et mûrir les fruits , ou si la situation des lieux permet de leur faire faire quelquefois des promenades dans les champs ! (i) • Pour montrer aux enfans les iniages des objets, on recourt à des estampes : la comparaison de ces images avec le souve- ' nir que les enfans conservent des objets réels exerce leur jngeih^t et leur mémoire , et les divertit agf^blement. Mais ces estampes doivent être exécutées avec fidélité. Il faut aussi que le choix des siyets qu'elles reproduisent soit le plus convenable; or il est rare qu'on trouve aujourd'hui de seinblables collections toutes formées. Il devient nécessaire de les appFoprier aux besoins des salles d'asUe. (2)
(1) Im écoles pour les petiu enfans y ouvertes en SuÛM, paraissent èpre celles où remploi de ces moyens a été jusqu'à ce jour le mieux conçu et le plus étendu. Nous avons remarqué à Genève , une sa^e d*asile parfûlemeat tenue, où Ton fidsait d'un jardin y annexé Fusage le plus heureux pour les exercices des enfiems.
'(2) C'est ce qui a été fort bien compris et exécuté à Genève, en particulier^
> A Paris, ufi choix de gravures a été publié depuis peu , poiir aooonqpagom* les premières leçons données dans ces établissemens.
OBOAKISATIOlf HBS SAI^LkS D*A8ILB. &1
' Les leçons des signes embrassent les premières ébauches de la lecture , de l'écriture , de la numération , du dessin, de de la musique. . •
Les exercices de lecture s'exécutent à l'aide de la ptanehe noire ; ils ont pour but, non pas seul^onent d'apprendre aux enfaos à connaître et à grouper les caractères de Talphobet , mais aussi à prononcer intelligiblement , nettement et correctement.
L'ébauche de l'écriture ou du tracé , dans un âge encore si tendre , ne pent guère être essayée que sur l'ardoise, à l'aide d'un crayon ; elle a aussi pour but de former les enfans à rhnitation régulière.
Les notions élémentaires de la numérotation et du calcul se transmettent à l'aide d'un instrument qui porte le nom de Boulier eoiQeàS^S^Îilui .a été emprunté à des nations demi barbares (i) ; il a pour but d'appliquer à cet enseignement élémentaire] la méthode de Pestalozzi et le principe de Fintuition. Quelques figures simples tracées sur unef planche noire , et comparées aux objets réels , en transmettant les notions élémentaires de la géométrie , ont pour but aussi de faire apprécier à l'^ofànt les grandeurs, les dimensions et les formes. Dans ces petites études , comme dans les précédentes , l'attention et le jugement s'éveillent: la mémoire s'essai(gul*uiie manière insensible.
Le chant accompagne la plupart de ces exercices , ou se confond même avec eux* Ils en reçoivent pour les enfans un charme paissant et une sorte de vie nouvelle. Le chant fortifie chez eux la poitrine et les organes de la voix. L'harmonie, d^ailleurs , même dans ses plus simples accords , fait sentir à' -leursiennes cœurs ses secrètes et favorables influences : c'est
' (1) Cet instniment se oompofie'de boules mobiles, disposées par dix, sur une suite de tringles de fer placées dans un eadre. H est en usage chez les tri- \m 4pp deiceiident des anoifliis SeytbM, et nous Ta^Qs tu entre les inaini des Eusses et des Gosacpies,
IBD Chantant qif Us lisent, calouleiit et récitent (i). IM même, ipe «ons les enftins rëonis chantent en accord y leurs divers exercices, leurs mouvemens même s'exécutent avec nn en^ wmNe étonnant. On s'aide ainsi du ponv(rir de limitation^ ^aqne action devient pins fecile et se règle mieux$ les iiàageft de Tordbre frappent tes regards $ les habitudes de l'ordre se contractent, la sympathie mutable s*entretient.
 Bordeaux , on a eu l'idée ingénieuse de placer dans li 8sdi« mt petit orgue qui modnie le thème des chants. ,
Chaque exercice ne doit avoir qu'une dorée très limitée* •Les enfaus aiment le mouvement, le changement. En eôn^ descendant à ce penchant, on les-guide, on tes gouverne. Les «ndins changent de place et d'occupation | les petites évolutions qu'occasionne ce passage servent encore à les amus^, à régler leurs pas et leur maintien. Une sorte de gymna^iqne naturelte résulte de ceS^ évolutions. On y joint des jeux , des promenades , lorsqu'il est possible de les Aire fidre; on y joint aussi des mouvemens régulters des bra!S et des pieds qui s'exécutent en mesure, déploient les membres, firtiflent les muscles.
Dans quelques villes (2), on a introduit avec succès quelques appareils gymnastiques fort simples, nu moyen desquels les enfons peuvent se balancer, se suspendre, sans 'être ei^ posés à aucun effet trop violent , et l'on a remarqué que c^ exercices répétés avec modération, dissipaient certaines affections de la peau, auxquels sont fort sujets les enfens des tk^ milles pauvres.
Lé travail manuel est une sorte d'exercice gymnasliqtte^ Il sert à former les organes, à ^xer l'attention ! C'est donc avec «lîson (à notre avis du moins), que des peirsonnes expé-
(1) On a beaucoup perfectibuné en France, l'emploi de ces chants enfantins, Ip'âoe aux soins de madame Millet. On peut en ywt les modèles 4 k âuite du Manuel des fondMewrs et des direeteuts, par M. Cookia* /
(2) Odid d'Arras, «i nous ne novt trompott», ea a dMttS leffcadÉt exemple*
rimentées recommandent son introduction dans les sallet d V sîle. Toutefois, dans un &ge aussi tendre, le travail doit être simple et focile$ il ne doit pas exiger une forte application, ni se prolonger long-t^nps. Ilest utile de donner de bonne heure aux enfans l'habitude du travail; mais, pour cela, ilikoc leur en inspirer le goûtLe travail aussi peut prendre la forme d*un amusement i avec quels transports les enfàns ne s'occupent-^ils pas à la culture d'un jardin! Ce sera donc comme un prélude à l'apprentissage t ce sera encore un moyen d'em* pécher la dissipation, la mauvaise tenue* Le comte Guicciàrdini, en introduisant le travail dans téfooh enfantine de Flo* rence, y a vu justement aussi un moyen d'éducation morale.
La branche d'éducation la plus importante de toutes, celle qui forme le caractère et épure le cœur, doit, à nos yeuX) oc** coper le premier rang dans les salles d'asile. Sans doute, à cet âge, on voit à peine le germe des nobles facultés qu^elle est appelée Sl cultiver; cependant, déjà l'on peut en favoriser l'essor, en secondant les desseins de la Providence : t&che dS(ïâ[te7méritoire, qui exige des soins intelligens et assidus, ^ et (fûAj en plusieurs établfssemens, peut-être, n'est pas en* core assez bien connue.
Les petits enfiuis sont tourmentés d'un besoin de mobilité,
d'activité , qui , s'il est contrarié ou abandonné à lui-même j
dégénère bientôt en impatience, en mauvaise humeur, en penchant à la destruction, et qui^ par la suite, deviendra une source de désordres. Les exercices de la salie d'asile vien^ dront régler ce besoin, en même temps qu'y satisfaire ; ils lui donneront une direction salutaire ; l'enfant se soumettra sans le savoir ; il sera captivé, sans être contraint.
L'enfant en bas-ftge est disposé à la personnalité ^ disposition toujours naturelle au sentiment de la faiblesse. Là com munauté établie au sein de la salle d'asile, entre des enfàns qui, mus par la même impulsion, agissant de concert, confondant leurs petites voiit, semblent vivre de la même Vie, fem naître dans ces jeunes cœurs , de douces sympathies ; des
tA SMcm^n partie.: livar i. cbap. ii.
services matuellement rendus leur ferout découvrir le prix des affections.
L'enfant en bas-âge connaît la crainte, non Tobéissai L'autorité qui se fait sentir à lui dans la salle â*dsile , est empreinte d'une bienveillaQce qui fait voir en elle une protèctioa^ plulât qu'un joug. Elle se présente à ses regards sous l'image de Tordre ; elle se produit ferme et paisible, par des lois générales et constantes. L'enfantapprend ainsi à obéir en aimant. Le respect se fortifie en lui par la confiance et la gratitude.
L'enfant en bas-âge est avide de bonheur ; il ne faut pas s'en étonner. Le bonheur' est pour lui ce que la rosée est aux germes des plantes. Que tout, dans la salle d'asile, inspire le contentement avec la bienveillance. Le bonheur de ces jeunes créaiiircs s^accrott par un commerce affectueux. La sérénité se répand dans leurs âmes, et y féconde toutes les semences du bien.
L'enfant en bas-âge est naturellement esclave des impressions sensibles^ cependant, déjà la plus vraie bienfaitrice de l'humanité, la religion, peut apparaître à son cœur. DansTes exercices de la salle d'asile, elle empruntera, pour se rendre accessible à ces petits êtres, des formes aimables et t6uchantes. Les voilà qui chantent en chœur, qui élèvent à Dieu leurs invocations ingénueset l'hymne delà reconnaissance! Ces prières,^ ces chants, sont pour eux aussi un enseignement; car, la religion parle au cœur des enfans, avant de se faire concevoir à leur intelligence. Ne comprennent-ils pas Ja bonté, entourés comme ilsle sont de ses soins? ne commencentils pas à savoir aimer? Qf, l'image de la bonté conduit au céleste bienfaiteur; l'amour introduit au culte envers Dieu. N'est-ce pas d'eux qu'il a été dit : Laissez venir à moi les ^petUs enfans ?Yous qui dirigez nos> modestes asiles, péné- ,trez-vous de cette parole sublime dans sa simplicité.
Le succès d'une salle d'asile dépend essentiellement du ca- ;ractèr^ 46S personnes aiixquelles la direction en est remise. IlfaM )f^ redire : ce ministère appartient exclusiv^wentaux
femmes i c'est un ministère de patience, de douceur, d'indulgence, de bonté, de tendresse même; il se compose de mille petits soins ; il embrasse les détails les plus minutieux et les plus fugitifs. Il exige aussi, par cela même, chez les femmes qui en sont investies , une réunion assez rare de qualités et quelque expérience dans Fart d'élever les entans. Ce serait une erreur de eroire que des personnes vulgaires puissent se trouver, dans ces fonctions, à la portée des petits enfans de la classe du peuple. Cette mission, obscure en apparence, demande, an contraire, une certaine' élévation de sentimens, qui en comprenne le but; une chaleur d'âme qui en anime l'exercice; une certaine dignité de manières, qui obtienue naturellement le respect; une certaine culture de l'esprit, et surtout une sagacité de jugement, qui mette la directrice en état de présenter les notions élémentaires, avec une clarté et une exactitude convenables. On voit des salles d'àsilés conduites par des veuves qui avaient auparavant joui d'une certaine aisance, occupé un rang dans la société, et il n'en est pas qui aient porté des fruits plus abondans.
Afin d'obtenir pour cette direction des sujets capables , il est bien d'appeler les personnes qui s'y destinent, dans un établissement modèle , où elles suivront pendant un ou deux mois les exercices, où elles se pénétreront de l'esprit qui doit les animer; il convient qu'elles subissent ensuite un examen accompagné de quelques épreuves pratiques.
Le succès d'une salle d'asile dépend ensuite de la surveillance à laquelle elle est soumise. Cette surveillance, nous ne cesserons attssi.de la réclamer en faveur des femmes; il est peu de fonctions qui conviennent mieux aux dames de la classe «ïpérieuro; elles y associeront leurs filles, lorsque colces-ci seront en âge de les seconder. Cette inspection sera journalière et en quelque sorte continué, sans être jamais inqfiiète,trafiassière ou capricieuse. La présence des daipeS; inspectrices, les témoignages de leur, intérêt soutiendront le zi^e de la direcQ^ice, et encourageront puissammenMes en-
M SlflOni PAM». UVU I. GliA». II.
finis. Les soins de la surveiUaiice ne se borneront pas à eu-* miner la tenue des enfans, à suivre les exercices^ à faire reuF plir exactement les prescriptionSi à faire tenir les registres à jour; ils s'étendropt plus loin encore : ils accompagneront lea enfisns pauvres au sein de leurs famillesy pour s'informer des besoins que celles-ci pourraient éprouver, pour leur offrir de sages conseils, leur donner au besoin des preuves^de bien'** veillance.
Qu'en se succédant tour-à-tour dans l'accomplissement et ces fonoûons, les personnes qui en seront chargées se réu^ Dissent aussi quelquefois en comité. Elles se oommùniquA*ront leurs observations, elles s'inspireront de plus en plus par le commerce des idées généreuses et des sentimens él^ vés* L'expérience a prouvé que ces réunions ont autant d'utir lité que de cbarmes.' *
ARTICLE in.
Conditions matérielles et économiques de ces étMissemens,
L'admission entièrement gratuite des enfans n'est pas une condition nécessaire des salles d'asile. Il est même utile que les familles acquittent une légère rétribution (i), <H>nmie povr l'envoi de leurs enfans aux écoles primaires, lorsqu'^es en ont les moyens. Mais, il est ess^tiel qu'une fois admis, toute distinction apparente cesse entre eux. Les enCans des fomilles indigentes, pauvres ou aisées, doivent être entièrement confondus sous le régime d'une égalité parfaite; il fiiiit qu'ils ignorent réciproquement la différeiice de Içurs sitna- 'tions rospeetives* (2)
(1) Cette vètrilnitkMH peitt éire fitée à 1 fiMie par sois , m 25 ttntiittet pu , OQBUÉW on le fiutà Boedeauz.
coniraoïrs wêb SAi,ua p'àwa* 47
Lorsque le% eofiios^ au lieu de retourner dtuer dans leurs fa^ milles, versle milieu du jour, prennent ce repasdans TétabUfrment, Tassimilationque nous venons de recommander est plu9 difficile à maintenir au moment où chacun d'eux fait usage des petites provisions dont il a été muni. On y remédie quelques fois en distribuant les enfans en groupes séparés; d'autres fois et mieux encorci en offrant à tous des alimeus préparés dans rétablissement même, et qui sont livrés sur la présentatioii d'un Ullet ou £cmi. Les bilhu sont achetés par les ' familles aisées, distribués en secret aux familles indigentes.
Il est doux de penser qu'une institution aussi utile peut facilement s'étendre. liCS salles d'asile pour l'enfance peuvent s'établir comme annexes auprès des écoles primaires ^ leur direction se trouvera naturellement confiée à l'épouse , à la sœur ou à la fille de l'instituteur, De la sorte, elles se multiplieraient dans les communes rurales où elles sont souvent né* cessaires pendant les travaux des champs ) elles y remplaceraient avec un notable avantage ces espèces de dépôts d'enfans, confiés^ moyennant une rétribution, à des personnes tout au plus capables de leur donner des soins matériels.
On a vu que, à Paris, la moyenne de la dépense ne s'élève qu'à 20 fr. environ^ par année, et pour chaque enfant. Mais, dans les villes des départemenS| à Arras, à Bordeaux, à Lyon, à Strasbourg , elle est généralement moins forte ; elle ne monte guère qu'à 15 ou 16 francs pour les salles qui peuvent recevoir au moins 100 enfans. £st-il possible de faire plus de bf«i à moins de frais? Toutefbis ici, comme dans tous les établissemens de bienfaisance, on ne peut trop se garantir des exagérations d'une économie mal entendue. Des honoraires coQvenables doivent âtre accordés à la directrice,.pour obtenir une personne digne à tous égards de remplir cet eo-
moyeniiaiit une rétributioa oienAieUe > dam Tune, 4e 24kreutzer8; d|ui« l'autre, de 48 kreutzers (80 centimes, et 1 £ranc 60 ceolimef); ils sont d^tiiiés à deux cla«s^4'enâuD|, smmt 1» degi» dWisanos di» {uniUes.
SECoiros pA&TiB. Limas i. «ba». ii:
ploi. Rien ne doit être négligé i^onr que le local réunisse certaines conditions indispensables : un accès facile, une situation salnbre, une étendue suflSsante. Que la salle d'asile soit toujours située dans un rez-de-chaussée, mais en évitant l'humidité ; que la salle proprement dite, où s'exécutent l'es exercices, soit assez vaste pour que les enfans puissent y faire librement des évolutions, changer de place de temps en temps; que des gradins distribués en amphithéâtre en occupent le fond ; que la lumière y abonde ; que l'air s'y renouvelle facilement ; qu'on y maintienne la propreté la plus soignée ; qu'au dehors des portiques couverts servent de promenoirs aux enfans pendant le mauvais temps^ qu'une cour spacieuse, plantée d'arbres, et s'il se peut un jardin, offlrent habituellement à leurs jeux un théâtre riant et ombragé ; qu'une cuisine y soit annexée (1) ; qu'enfin rien ne manque au mobilier, et que ce mobilier soit convenablement entretenu. (2)
Un bienfait ordinairement est fécond ; il en amène d'autres. Dans plusieurs villes, les fondateurs ont imaginé de joindre aux dépenses de la salie d'asile, un fonds de secours pour les enfôns indigens; ces secours sontessentielïement employés en linge, vétemens, chaussures et objets analogues. De semblables distributions réunissent plusieurs genres d'avantages (3). D'abord, elles fournissent aux enfans indigens le moyen de paraître au milieu de leurs camarades dans une tenue décente, '
(1 ) Nous avons vu avec rbgrcst en i^iuîcun villes , des salies d'asile situées .à àf» premiers et des seconds étages, dans des pièces étroites, soinbresi sans antichambre ^ sans aucune dépendance extérieure.
(2) On trouve chez M. Hachette , libraire à Paris , des collections des objets composant le matériel des salles d*asile , savoir :
1* Pour la lecture, Valphabet en^ caraetères ronaint, destiné à ètrecM sur le mur;
2^ Pour la numérotation , les chifires arabes avec même destination ;
3** Des collections d'images, avec le texte et le questionnaire ;
4^ Les registres déS visites des dames surveUlantes;
ft* Les tableaux des absens.
(S) La société dés souscripteurs àé Bruxelles, dé Strasbourg, d*Aitas, àeoep-
coimiriovs dbs sailbs b^asils. ft9
qui voile leur indigence, qui est en même temps fort utile pour Ja bonne tenue, la propreté et Tordre de VëtaMissement. Ensuite, elles conduisent à examiner la situation des familles auxquelles ces enfans appartiennent, et à leur faire du bien sous uûe forme qui ne saurait entraîner d'abus. Enfin, par là ' on intéresse lesparens au sifccès de l'éducation que leurs enfams reçoivent et dont quelquefois ils sentent trop peu le prix. Aiors même que les salles d'asile sont fondées et entrete* ni|es aux frais de l'administration publique, il est à désirer que des inscriptions volontaires soient provoquées poursub* venir à une portion de la dépense. L'économie qui en résul- * tera pour les fonds publics permettra de multiplier ces établissemens, de leur donner plus d'étendc^e et de perfection. Le concours' des souscripteurs bénévoles a, de plus, l'avantage d'éclairer rq)inion sur le mérite de cette bonne œuvre, d'y intéresser le public; d'appeler, avec la coopération des bienfaits, le concours de la surveillance; d'inspirer à la directrice un redoublement de zèle; aux enfans, une plus vive ardeur; d'animer ainsi l'établissement d'une nouvelle vie ; de procurer des protecteurs bienveillans aux familles; enfin, et cet avantage sans doute n'est pas le moins précieux, de propager le goût et rhabitude de la bienfaisance. Conduisez à une salle d'asile les personnes les plus étrangères aux œuvres de la charité , il est impossible qu'elles ne soient pas touchées de ce spectacle, qu'elles n'éprouvent pas le désir de prendre part à une auàsî bonne œuvre : des jeunes personnes, jusqu'alors seulement occupées de choses frivoles et de plaisirs, comprendront qu'il y a sur la terre une plus noble destinée, et que, pour elles aussi, il y a des vertus à exercer. Douce conquête sur l'égoïsme et la légèreté ! heureuse séduction qui, en acquérant au pauvro 9e nouveaux protecteurs, étend aussi l'empire de la vertu, améliore les mœurs de la classe la. plus favorisée de la fortune!
MtvX les dons de matières premières , et d*habiUemens offerts par les biea<« fitttmirs.