CHAPITRE I
Bcf éuMiiiwmi qui MU pour otri^t- l*allailenM»l àH «nfans.
AUTIGLB 1".
Considérations préliminaires.
De tous les modes de bienfaisance, celai qui prévient l'indî-* geoce à ses sources est le plus fécond et le plus salutaire.
Or, la bienfaisance préventive ne peut s'exercer d'iine ma-
Bière plus certaine et plus utile, qiie par l'éducation du pau^
ne. Les deux caractères de la bienfiaiisance se réunissent
même ici ; car, elle aide dans le présent, en créant un avenir.
SBCOITDB PARTUB. LÏVEE I. CHAP. I.
Le pauvre ne vit que de ses propres ressources; si elles lui mafiquent, il doit recourir à rassistance d'autrui. L'éducation le dotera des forces iporales, inteUectuelies, physiques, qui sont la richesse propre de Thomme, qui lui prociSfreront Tindépendance, ei\e mettront en état de lutter contre radversité.
Nous entendons ici V éducation dans le sens le pluâ étendu ; nous y comprenons toutes les influences qui développent dans la créature les dons du créateur, qui donnent à Thonim^ toute la valeur qu'il e$t susçepUUa cl'acqtiérir , et qui s^gissent sur lui pour le perfectionner, pendant le cours entier de sa vie.
Preoûns d'abord Tepfaat du pauvre au berceau t 9Q4^ 1^ suivre d'année en année, aux diverses périodes qui detman^e* ront tour-à-tour de nouveaux soins. Ceux qu'il Aclame au jour de sa naissance, seront un bienfait pour ses parens, pour sa mère surtout, comme pour lui-ménie.
Le moment qui devait; dans les desseins de la nature, porter au sein de la famille la plus doiice des joies, commence précisément l'embarras du pauvre : un enfant vt)it le jour-; de nouveau^ devoirs sont imposés à ses parent; les charges de la famille aussi sont augmentées ; elles s'accroî^ont "à «chaque naissance nouvelle. Peut-être au sourire du npuveau-né répond un regard d'inquiétude. Amisr de l'humanité! ce moment éveillera donc aussi votre sollicitude. Quoi de plus propre à exciter votrà ^mpailiie qti^ la vuedafieberoeatiott semblaient éclore de douces espérances, et que déjà uq sombre nuage vient entourer? Les remèdes propres à jsoulàger l'embarras de cette famille ne seront-ils pas les premiers. préservatifs contre l'indigence? Combien de parens sont hors d'état d'élever leufs enfans, en ignorent les moyensjxue savent ou ne veulent pas les employer ? Coiiij)ien de parens, a^ec on égo'isme barbare^cberdienl à s'affîranchir d^ in charge, eo violant le de»voir, et outragent la nature pour évi^r la misère? Le$ détourner de l'horrible pensée d'exposer leurs eofans, c'est prér venir un malheur plus grand que l'indigence ; e'e$t prévenir leerime..
COKSIDÉKATIONS P&ÉLllrflNAiRBS. * S
En assistant une famille chargée d'enfans en bas âge, dans l'éducation de ses enfans, on ne se borne pas à la soulager; on peut la rékabiliter encore, si elle était tombée dans la misère ; on la rendra à l'indépendance. Parvenez à faire en sorte que i'exiatence de Tenfant m soit plu» un fardeau qui excède les forcesdes pareps , sa présence deviendra pour eux une aide ut^e. Les deux tiers des persûmiies admises à Taum^ne publique ne sont mscriips au i*egistre des tndigens, qu'à rai* mk du nombre de leurs enfans eu bas âge. En attendant qu'ils ' écoutent les conseils de ceux qui les engagent à né pas se don*» ner une si nomI)reiise famille, aide^es à remplir les obliga-* tiens qu'elle leur impose. Alors ils seront préservés, par ces obligations ^llfes-mimes* de ceue aveugle insouciance qui les exposait à avoir plus d'enfs^u^ (g'ils n'en peuvent entretenir.
Dès le premier jour, ilfaurdes soins à la mère; une layette, un cpucher a l'enfant. Si la mère l'allaite elle-même, elle sera détournée d'une partie de ses occupations; elle sera même souvent contrainte de suspendre les travaux qu'elle faisait au dehors. Si l'enfant esfplacé en nourriqe, il faut payer les frais de voyage, acquitter les mois de nourrice. La d^nse n'est pas tout ; il est d'autres intérêts encore pour le pauvre comme pour le riche. L'enfant au berceau demande des soins assidus i l'allaitement peut exercer une infiuencç durable sur sa con*" stitotion physique et son tempérament, pendant la vie entière. Comment s'assurer du choix d'une bonne nourrice, et surveiller la situation de l'enfant qui lui est conÇé, lorsque la mère le remet à des inains étrangères ?
Peux sortes de moyens peuvent donc être employés pour prêter au pauvre un utile «ppitf, lorsque ses enfans sont eneore au berceau- Le premier eons^te à faciliter l'allaitement 4e l'enfant par la. mère elletmdme ; le second à faciliter le plaoem^ilt de renfipml en nonrrtee.
4 SECOKBC PABTIE. LIYRÏ I. CHAP. I^.
ARTICLE U
De faliaitement des en/ans pauvres par leurs mères, et de^moyens de Ven*
courager.
On le sait, rallaitement de l'enfant par sa mère est de beaucoup préférable , toutes les fois qu^il est possible. Vous enqouragez la mère à remplir un devoir; vous le lui rendez plus facile \ et l'accomplissement d'jin devpir porte toujours avec lui des fruits de toute espèce. Les liens de famille sont resserrés^ les affections domestiques entretenues, par la présence du nouveau-né; la vue du berceau ^xciteFactivité, enseigne la prévoyance, récompense la môdérs^tion. L'enfant reçoit des soins plus tendres et s'attache mieux à ses parens, comme ses parens s'attachent mieux |Jlui. G'estùn avantage pour tous.
Celle qui lui donne le jour redeviendra mère moins promptement, en même temps qu'elle connaîtra mieux toute la valeur de ce titre. '
L'une des institutions les plus dignes d'être citées comme niodèle, parmi celles qui tendent à ce but, est la Saciété de charité maternelle^ qui fut fondée, à Paris, vers la fin du siècle dernier, sous les auspices de la reine Marie-Antoinette. < Rétablie par un décret impérial, (lu 5 marslSlO, elle est régie par un règlement qu'a homologué un décret du 25 juillet 1811, et dont les principales dispositions sont empruntées aux statuts primitifs. Elle est exclusivement administrée etdirigée par des dames, et c'est là un de ses principaux méiites ; il ne pouvait être confié à des soins plus généreux et plus éclairés , le touchant ministère exercé aupi:ès des mères de famille ', pour les aider à remplir les devoirs de la maternité.
Un tableau fidèle, quoique succinct des services que rend une institution aussi sagement dirigée qu'util^entconçue, est à nos yeux le meilleur enseignement du bien qu'il est poè-» sible de faire dans la sphère qu'elle embrasse.
Cette institution prend sous ^a protection deux classes de mères. *
AtliÀlTEHBXCT DBS SUFAICS PAR LBUBS WÈRBS. ,i
La première classe comprend :
. 1** Les femmes qui, ayant perdu leur mari pendant leur grossesse, auraient au moins un enfant vivant ;
2** Celles qui, ayant w moins un enfant vivant, auraient un mari tout-à-fait estropié, où attaqué d'une maladie qui ne lui permettrait pas de se livrer au travail nécessaire à la subsistance de sa famille ; ^
y Celles qui , étant infirmes elles-mêmes , auraient deux enfous vivans.
* La s^jj^de classe se compose de toutes les familles chargées aimoins de deux enfans vivans dont Fatné sera en bas âge. Mlds, on commence par celles qui ont un plus grand nombre d'enCsins en bas âge.
Le^ mères se présentent dans le dernier mois qui précède leur accoucbement ; elles justifient de leur mariage, de leur bonne conduite , de leur pauvreté. Elles prennent l'engagement d*allaiter elles-mêmes leurs enfians, ou de les élever au laitySi, par quelques causes extraordinaires, elles ne pouvaient pas les nourrir. Lorsque d'après une vérification scrupuleuse de leurflpitres, elles sont admises à la protection de la société, celle-ci pourvoit aux fFais dé leurs coucbes, fournit à l'enfant une layette; à la mère, pendant quatorze mois, une petite endemnité, et les secours que les circonstances pourraient rendre nécessaires (1). Les mères, qui abuseraient de cette assistance, perdent l'appui de la société. Maïs 'si l'une d'elles vient à moufir pendant le temps que l'enfant est placé sous l'adogtion de la société, celle-ci continue de le soigner jusqu'à l'expiration de ce temps. Mais, ce qu'il y a de plus utile et de plus louable, c'est *que les dames qui font partie de cette généreuse association,\isi(pnt elles7mêmes assid ûment les familles, X portent leurs eiicouragemens et leurs bons conseils,
(1) Cette dépensg est évaluée comme il suit :
Lajrette ( ^ . . . ^ . . . 26 fir.
Frais.de couches 16 »
14 mois à 6 fr 84 »
Petits secours suivant les circonstances. ... 13 »
138 fr.
% SBGONBE PARTIE. LIVBE I. CHAP. I.
en même temps qu'elles exercent une surveillance éclairée et bienveillante (l).Tout, dans les effets d'^ne telle institution y» favorise les bonnes dœttrs, améliore le caractère et la con* * duite des m^es de fdniille$ c*est répandre sur les familles entières de salutaires influences; c'est préparer «aux enfons, par la suite, une éducation plus fructueuse.
La Société de charité tnaternellé, telle qu'elle existe en France, ofl^e encore une autre avani^ge dans son mode d'organisation. • ' ' ^
Lès aft8<yciationftlodale6,doot elle se composa, sont.réunies par un lien consmun, reçoivent une direction comipune (2), peuvent afossi s'éclairer mutuellement par leurs communications; elles agissent comme autant de sœurs etd*émules. Le revenu d*un<e dotation accordée par l'état, et les dons de la £amille royale, se répartissent proportionnellement entre elles (3). Trente^sii vUlçs y participent en ce mojnent ; c'est le nombre de celles où 0Ê sont formées les associations locales. Les souscriptions indi- <vidtt,ette8 âeé dames de l'association elle-même, les offrandes 46S personnes génàreuses complètent les ressoùfees 4oflieHes disposent. (4)
En étudiant la inarche de cette institution^ on n'éprouve tfo^xm seul regret : c'est qu'elle soit restreinte dans des limites
(1) yoyez les articles 37, ^8, 39, 40, 41, 42, 43, du règlement annexé au décret du 25 juillet ISH.
(2) Là société est présidée par S. M. la Reine des Français. * ^
• (S) La sobYeutiôn de l'état en faveur de cette institution , qui iivaif êiè - fixées 600 mille francs, par léâ décrets précités, a été réduite à 100 milieu ,^us la restauration, et reste aujourd'hui fixée à ce taux. Répartie entre trente-six villes^ c'est pour chacune 4'elles une sorte de prime d'encouragé^ ment pour la formation des sociétés locales*. Sur xette sonmie sont accordes ordinairement à Paris, 40,000 fi^.; à lyonj'ftlôO fr. ^
(4) A Paris, lés dons et sonscriptionï s'élèvent à 18,000 (rancMnviron. * . En 1837, la Socîété^de charité maternelle a admis , à Paris , 787 mères et a protégé ainsi 718 enfans mis au jour par celles des merél? qui sont accouchées la même année ; 677 enfans jouissaient , a cette époque , des bienfaits de son « adoption ; et pïus de 70*000 francs étaient dépensés par la Société en lecours^ de tous genres^ pour )»ê mères et les enfiiDS (Voir le compte-rendu de 1837)* ^
ALIiAITBKBBTT BES BUFASTS PAR LBUHS hArES. 7
frop étroites , et que le bien qu'elfe opère ne puisse ainsi &« «répandre sur un plus grand nombre de famitles. Le nombre des mères admises ne s'ëlève. guère annuellement, à Paris, qu'à 7 ou 80^ ; à Lyon, qVà 150 environ, et dans les autres vil-^ lès à proportion. L'Insuffisance des ressources ne permet pas d'étendre davantage les bienfaits* Par sa nature , d'ailleurs , elle, n'est guère applicable qu'aux villes; les femmes de la campagne sont rarement détournées d'allaiter leurs ^ifiuis pat les travaux qui les occupent. (1)
Il serait facile , au reste, d'agrandir la sphère de ce genre de bienfaisaifce. Il suffirait d'ajouter une branche au système des secours à domicile. On retrouverait avec usure^ dans l'é* o<moinie obtenue sur d'autres hiodes d'assistance, le supplé<meut de dépensé que célle-ci pourrait exiger^ C'est ce qui se pratique déjà danjs plusieurs ailles , avec succès. Les mères indigentes reçoivent, sous la t!ondition de nourrir les enfans
La société de charité maternelle de Lyon a obtenu, en 1837 :
l" Deft fonds de l'état è 4,150 \
2» Ba dé^. d« k viUc et des 3 commun^ des fiiubOar|;s, . S,660 1 . c> «174 f.
d^ -'^'Mib ^^'« souscriptions, quêtes, etc. .....*... 10,470 |
4*^ lot^ndes capitaux. . . ^^ .802 j
Elle a assisté savoir : Mères admises en 1836 143 ) ^^^ ,
. 498 Aères
— . en 1837, 286)
Ces M5 mères ont mis au monde 297 enfiias. Silr lés S97 enftiité, il Hi «et mort dans Tannée 40 (Voir le compte-r^du de 1837).
(1) Des sotSétés de charité maternelle existaient, eu 1937, dans les trente-six
villes Aùitantes :
Aagoalème.
Arles.
Auxerre,
^Tigncm.
Bordeaux.
Bourg.
Bourges.
Garcassonne.
Châlons-siir-Marne .
49iartres.
Châteaurotit. .
ï^ijon.
Dragnignan.
La RocfaeUe.
Le Mans»
Lille.
>^ Limoges.
Lyon.
Marseille. Montpellier.
Metz.
Montauban.
Moulins.
Nantes.
Xbrbpnne.
Niort» '
Orléans.
Poitiers.
Keims.
Rennes.
Ibouen^
Strasbourg.
Toulqjn.
Toulouse.
Tours.
Troyes,
8 SECOHDB rAETIB. UVAB I. iSHAV. U
auxquels elles ont donné le jour, une layette, un berjceau étl quelques secours mensuels, pendant les premières années. [
Mais , ce ne serait point asse^^. Il est un grand nombre de familles malheureuses, qui ne peuvent remplir, les conditions prescrites pour être portées au rdie. des indigens. On les trouve parmi les ouvrières, dont le modique gain suffisant à peine aux besoins ordinaires du ménage, ne suffit plus, lorsque la naissance d'un enfant, les couclies d'une mèr6| ' souvent sa maladie, exigent de coûteux sacrifices. Les faibles épargnes du travail sont absorbées ; des dettes se contractent ; la misère en est la suite.
Le désir de prévenir ou de soulager ces infortunes a suggéré, en 1836, à Paris, la création, sous le nom iiAsioeiaHon des mires de famille ^ d'une institution à laquelle, on ne peut donner assez d'éloges.
Les daines qui la composent ont joint à leurs souscriptions des dons^ en vétemens, en layettes; et la plupart des effets par elles distribués sont leur ouvrage. Des chirurgiens et des sages-femmes ont concouru avec zèle à les seconder.
Cette institution a déjà secouru, en 1836 : 133 familles $ en 1837 : 353 : en tout 486.
L'association s'est imposé la loi de n'accorder que des secours en nature, et d'acquérir, par une active surveillance, la ' certitude que les familles assistées ont des besoins réels. .
Elle a fait plus encore : elle a pu en retirer quelques-unes du désordre , et les préserver des suites qu il entraîne. Elle a souvent réussi à faire réhabiliter des unions illégitimes. (1)
Puisse une institution que nous aimons à citer ici comme un modèle, se propager dans notre patrie ! sauver une femme au moment où elle devient mère, c'est soulager à-la-fois et
prévenir plusieurs maux. '
' (1) Voyez le compte-rendu publié par V Association des mères de JamUle, pour 1836 et 1837. Nous en avons presque littéralement extrait les détails i|u*on vient 4^ lire.
^LLAfTBltBlfT lb«S KNTAKS PAK LUPB8 WiEES. 9
Les étiiblifseimBns de ce genre sont assez multipliés en Angleterre.^ Londres seul, renferme dans son sein* plur sieoTB sociétëif de charité niateraelle {Lying-m chanUet) , qui , sons diverses dénominations , en même temps«qa*eUes assistent les femmes en- couchCi racouragent les femmes accoadiéês à allaiter elles-mêmes leurs enfans. Ainsi les femmes qni sont admises à fHâpiial de la maternité' dp la Retne^ fondé en 1752, dan|||a même capitale, sont astreintes â allaiter
elles-mêmes leurs enfans, à moins que le médecin n'en ait anfrement ordonné. Il éb est de même de ceHes qui sont reçues au nouvel Hôpital de la maternité de fFestminêter,
fondé en 1769, et de celles que ces deux établissemens assis* tent à domicile, lorsqu'elles préfèrent rester au sein deleùfs^ familles. Les souscripteurs peuvent, moyennant une modique contribution annuelle, y faire recevoir une femme enceinte, on la faire secourir à domicile. Plus de cent miHe femmes ont recueilli les bienfaits de ces associations depuis leur instini lutioû (!)• L'Infirmerie royale et Société de charité mar * temeUe de FOuestde Londres, fondée en 1818, fait soigner enconcUesles femmes indigentes^ à Jeur propre demeure, par des sages-femmes expérimentées, leur distribue des layettes pour leurs enfans; favorise la propagation de la 'vaccine; et place comme nourrices les femmes de bonnes moayrs, qui , après avoir été soignées par elle, s'oifrent pour cet emploi. L'expérience a prouvé combien cette protection bienveillante, assurée aux mères et aux enfans, devient salutaire pour la ' conservation de la vie de ceux-ci. Ainsi, par exemple, la mortalité des enfans dont les mères recueilleiit les bienfaits de Vffàpiial britannique pour les femmes marines ^ fondé en 17&9^ a graduellement diminué de 1 sur 15, â 1 sur 9S. (2)
(1) Moyennan^noe souscripticm d*une guinée par an, on peut foire assister denz inèrés à domicile; et moyennant une souscription de 3 on de 6 guinées» <n peut faire admetUv 2 ou 6 femmev enceintes, pour être jaccottcliées dam rinpital.
(S) Tojex le TM$au des Socié^ et des Insti^uUons religieuses, chmiteilu
.10 SBGOir{E PABTIE. UVRB I^ CHAP. I. ^ * '
Dans 'quelques villes de France aussi-, rs^dmipistratioa des hôpitaux a institué des eocourageûiens an faveundes mèresi qui, après avoir fait leurs couches dans ces a^les, consenti* raient 4 conserver leurs enfansi à les nourrir et à les élever elles-mêmes 4 dans ce but^ elleil accordent àces mères nour^ ri€es une subvention mensuelle pendant un temps déterminé. vde me^re aussi louable prouve des avantages marqués.
L'aditiinistration des hospices de Pans a, depuis quelque temps, redoublé d'efforts pour obtenir le même succès dans la maison de la nmternité. Les femme^ qui se présentent pour faire leurs couches dans cet établissejnént, sont averties en y entrant qu'elles devront allaiter leur enfant; on leur rappelle tous les motifs qui leur en font un devoir; on répète les exhortations, appuyées par la présence du houveau-né, lorsque celui-ci a vu le jour. Il s^en trouve malheureusement un certain nomlH'esur lesquelles ces tentatives restent sans effets ^ en est aussi qui, soit par des raisons de santé , soil par la* si>- * tuation où elles sont placé&s^ se trouvent dans l'impossibilité .réelle de remplir le rôle de nojurriee; mais, il en est aussi qu'on aie bonhenr de persuader, et qui se félicitent ensuite d'avoir obéi à de sages conseils (1), et à la voix de la nature.
Ainsi Tenfant est conservé au sein de la famille, et croii sous les yeux de ses parèns. Ainsi l'on prévient, à sa source, l'une deâ causes qui multiplient les enfans trouvés parmi les nouveaunés. En e^et, la plupart des enfans trouvés sont abandonnés paf leurs mères au {)reàiier moment de leur naissan*ce , et avant que eelles-ci leur aient'donné le sein; mais, à peine la mère at^e|le commencé ir remplir les devoirs q\ie ce titre lui impose, qu'elle commence à en mieux comprendre l'étendue ; elle pe sei^détaphe plus* aussi facilement de l'enfant qu'elle a nourri^
ei des biens pMics de la *vUU'de Londres, par M. GuaUive d6 GérandOi; 'Parb^ 1824»paf[e28/
'* (1) Nous aimoQs à rendre ici le témoignage d'estime qui leur est dâ, ail directeur de cet éCabtiflaeme&t, et aux dames qui sont tefaai|péto )de ia anr^flùQfttice.
^NiAgeusht des eit^ahs * pâvtrbs bit hovrrice.' ^11
de son lait ; la vôîx de la nature éveille celle de la conscience^ s'unit à elle pour empêcher Tâb^indon. Aussi , en plusieurs ' villes, a-t-on employé ce moyen avec succès, pour évitpr que les enfans nés à Thdpital soient déposés , et restent à la c)iarge du public ; en obtenant de la mère qu'elle essaie d'al* laiter le nouveau-né , on obtient biéntdt d'elle aussi qu'elle se charge définitivement de lui, ouplutât c'est elle-m^me qui ne veut plus s'en séparer. (1)
ARTICLE III
Du placement des enfans pauvres en nourrice.
Toutefois, il est des mères qui ne peuvent avouer ce titre , et que cette circonstance empêche de devenir nourrices ; il en ^st d'autres aussi, qui sont tellement indignes de ce titre qu on doit féliciter leurs enfans de ne pas les avoir ppur nourrîcels, et d'être élevés loin de leurs regards. Ces deux classes de personnes ne sont que trop nombreuses dans les grandes villes. Il est aussi, pour d'autres qières, nous l'avons dit, des ob^ stades réels : pour les unes , la faiblesse de leur constitution ;^
♦pour les autres , certaines professions dont elles ne peuvent suspendre l'exercice, parce qu'elles en tirent leur subsistance,
^^ui ne peuvent s^ concilier aVec les soins de Tallaitetnent. B devient utile alors, sinon indispensable , <}e confier l'enfant i une nourrice étrangèVe. L'allaitement artificiel réussit peu^ du moips^en France, pour les enfans des copditions pauvres. • n exige, d'ailleurs, la présence assidue de la mère ou d'une' personne qui la remplaoe. Or^ le.choix d'une nourrice n'est pas iÉhose facile, pour une famille pauvre; 'elle a rarement lejK ïiioyey d'obtenir les garanties qu'elle doit désirer à . l'ogard
(I) Ce résultat remarquable a été en particulier réalisé et constaté à Rouefa, ' & feoulogne-stir-Mer, etc. Ob âe peut assez a'étonner que Texempie ne 8eit|N» ' plia génârfiâetnMit sdivi. ' ^ • ^
12 SECONDE PiJ&TIE.UVl&S I. CHAP. I.
de la pet*sonne à laquelle elle confie le dépôt d'un edfant. Souvent aussi les ressources* lui manquent pdur faire les frais assez élevés du voyage, de la layette, des mois de. nourrice et autres. Aider la famille, dans une situation aussi critique , çst une assistance bien entendue et qui , cependant , n'est peut-être pas assez connue, ni assez généralement pratiquée. Il existe, à Paris, un établissement où depuis plusieurs siè^ clés celte assistance est offerte aux familles peu aisées : c'e&t la Direction des nourrices. Cet établissement a pour objet, d'un côté, de procurer aux parens des nourrices choisies, saines, honnêtes, à un prix modéré y des moyens de transport pour les enfans ; la garantie d'une surveillance habituelle et jéclairée, pendant le temps de l'allaitement; enfin, la certitude que, en cas de maladie, les enfans recevront les secours de l'art. Il a pour objet, d'un autre côté, de garantir aux nourrices le paiement régulier des indemnités qui leur sont promises, condition sans laquelle on obtiendrait difficilement d^ delles-ci , qu'elles se chargent des enfans, dans l'impossibilité OÙ elle& seraient de se faire payer directement par les familles. Cette instilution fut considérée pendant long-temps comme %tant d'ordre public, et à ce tflre investie d'un privilège ex- ' clusif; on estimait que le placement des enfans aux mains de nourrices inconnues et habitant au loin , daill^ les provinces , ne pouvant être fait par les parens eux-mêmes , lorsqu'ils appartiennent à des familles malaisées , l'intervention des agens qui se chargent pour eux de emplacement, seyait besoip d'être autorisée , reconnue , et soumise à des conditions dé- 'terminées. De là les Lettres-patentes de février 1615, les Déclarations des 29 janvier 1715 , et 1®' mars 1727, qui avaient réservé aux. U recbmmanderessesj le droit de remplir ce ministère; plus tard la Déclaration du & juillet 1769, leur subUstitua un Bureau, dirigé par une administration publique. Cett^ dernière déclaration a confié au bureau ainsi institué, le droit de dresser un rôle de recouvrement pour les mois.de nouri;ices, ^et a voulu que ce rôle fût rendu exécutoire par l'autorité,'
PLACBHSICT DESr BRFAN8 PAUVRES Blf NOCRRICK.* 13
comme celai des contributions publiques. La loi du 25 mars 1806 et le décret impérial du 30 juin de la même année , qui avaient remis ces dispositions en vigueur, ont en même temps confié la gestion de cet établissement au conseil général des hospices civils de la capitale. Des facteurs conduisaient des convois de nourrices, et servaient de messagers pour les re* laUons des familles.
En octobre 1821^ des préposés ont été institués, ^àns cha-* cun des arrondissemens de placement ; ils ont eu la mission de faire le choix des nourrices , de présider à leur départ, à leur retour, de visiter les enfans, au moins une fois tous les trois mois , et de s'assurer s'ils sont bien soignés, en même temps que d'acquit^r les dépenses. Des médecins et chirurgiens sont désignés, dans chaque localité, pour traiter lés enfans, en cas de maladie on d!accident. Des instructions détail-
lées tracent leurs devoirs à ces deux ordres de fonctionnai-
rest Chaque enfant a son livret qui raccompagne toujours, qui indique sa naissance, sa famille, son placement, et où sont consignées toutes les circonstances qu'il est dans son intérêt de faire constater ; le prix des mois de nourrices est convenu de gré à gré entre les parens et les nourrices ; mais la^direction ne garantit celles-ci qu'à raison de 10 fr. par mois.
L'administration municipale de la ville de Paris alloue enl[jron AO mille francs par année, pour faire face aux frais de cet établissement , ou pour combler les non-valeurs qui ont inévitablement lieu dans le recouvrement des mois de nourrices. (1)
Le bureau des nourrices, pendant le cours du siècle dernier, plaçait de la sorte par année , jusqu'à 10 ou 11 mille enfans nouveau-nés, qui étaient disséminés dans seize arrondissemens à-peu-près. Depuis quelques années, la sphère d'activité de. cet établissement, s'est rapidement et sensiblement
,t) Voyez le Cédé administratif des hôpitaux âçHs de Paris, et les Comptes moraux annuels, publiés par le conseil généra^ etc.
1& • - SBCOIVBE PABTIE. UTEE F. CfiAP. I.
restreinte (i) , par llfffqt de diverses causes : la cessation de son privilège , là suppression des facteurs (2), Tintérét des sages-femmes, Tactivité des entreprises privées. Ce*pendant, au milieu de cette concurrence, rétablîi»sei|iieiit fvtr blic a encore l'avantage d'offrir aux entreprises pairticulièref un modèle à suivre, pendant qu'il présente à la coi^fiance i^ familles des garanties qu'elles ne retrouveraient nulle part | il serait susceptible de quelques améliorations qui accrottraiept^on succès, en aiagmentant son utilité. (3)
Les non-valeurs sur le recouvrement des mois de nourrices ne s'élèvenfpas à moins de 20,000 franco par année, et ce résultat indique assez que la direction des nourrices de Paris prête en grande partie ses services à des familles voisines d^ l'indigence.
La mortalité moyenne des enfans placés en nourrice par cet éiabUs&eoient, est d'environ 1 sxafk7 ou H sur lOQQj
ri
(1)11 ne phce guère maintenant que de 1000 à 1600 en&oft par an ; et lei * arrondissemens de placement sont réduits à 6.
(2) On a eu le tort de les congédier en 1821, et 4és-lor3 ils ont opéré pour leur propre fompîe/
(3) Il est digne defepiarqueque,de 1702 à 1700» malgré la "suspension du privilège, le bureau des nourrices continua à placer annuellement de 5 à 7000 enfans, à Teiception de 1706 où il n'en plaça que 1 160.
Le nombre des enfuis confiés à la direction en 1837» a été de 1204. ^
$iir ce nombre , ont fté envoyés à la campagne. , 1,100
-<— dnt été nourris sur lieux 82
— ' sont morts à la direction •• • 8
— ^ ont été repris par les parens avant le départ. 0 «
Total... 1,204
Au 31 décembre 1836 , il restait à la campagne. • • 1,424
Les enfan^ placés en 18à7^ ont été de .^. . .*. 1,100
Total des enfans surveillés en 1837 . 2,623 « jj^ '' ' A déduire:
En&ns morts "en 1887 ...• 806 1 x ^oJÊÊ -
Eiodans i«ndu3 à leurs femilles en 1837 080 ) i»^c^~
Il en restait, au 31 décembre 1887 • . . 1,338
PLAGEHENT DBS BNFANS PAUT&BS BN KOVBRIGE. 16
Au reste , les entreprises privées pour le plaeement des eiH fans en nourrice , depuis qu'elle^ se sont formées librement à Paris /sont demeurées cependant sous K^ surveillance de 1% police locale. (1)
" Quelques autres villes, en France, ont formé des établissemens analogues à celui de la capitale. Des, lettres patentes éh avaient créé un à Lyon en mai 1780. Il a été rétabli soii» Tadministration de M. Bureau de Puay ^ en Tan xi (2). Mais il a en Ba^e temps le caractère d'une entreprise individuelle» sous des ^nditions qui assurent la rei^ioosabilité du Aeoteur. £a 1853^ un second bureau d'indication s'est ouvert dans la même ville , avec Tagrément de Tautorité. On voit» par les comptes rendus du premier, qu'il place environ ^Wh eniàns, par année, dans les campagnes» et que la mortalité ne sV élève-pas à l/7«. (3) ^ '
Le danger dont ees divers genreis de masures préservent les fsiH^les , n'existe guère que dans les villes un peu co^* stdérables , et qpi renfermerai un grand nombre d'ouvriers* Les habitans des petites villes peuvent placer leurs enf^js^ dans les environs , et par conséquent connaître eux-mêmes les nourrices , les visiter , les surveiller. Mais, les habitana Bualaisés des grandes villes ne peuvent envoyer leurs enfans evt nourrice qu'à de grandes distances (4) ; ils ne peuveM acquérir psu* eux-mêmes aucune notion sur les nourrices qui viennent s'offrir, et moins encore s'assurer par eux-mêmes
(1) Le principe de cette stinreillance est écrit dans Farticle 38 de TarréMié eoDsulairedu 19 messidor anviu; elle a été organisée par une ordonnanoe di^ %9 aoÉt 1S28. Oa s'est proposé d«Qs oe règlement de prévenir les nombreux ahiis au&%oels donnerait Ueu le trafic clandestin du placement des enfailSc
(2] Arrêté du 9 ploriose an xi. Une ordonnance municipale, du 29 novembre 1824, renouvelle les interdictions prononcées contre les entreprises clandestines, ff^
(^ De 1809 à 1814, en S ans ^ sur 8805 enfiuur plaoé», oo a compté 174déeè8.
(4) iB9«rF«n$| à 40» 60 ou ttQ tteiies.