SEC05DS PÂETIE. LIVRE I. CHAP. I
que leurs enfanfi sont bien traités, qu'on ne les change même pas, qu'ils nfi sont pas exposés à périr. Les sages-femmes, les aubergistes , les logeurs , les messagers s'entremettent à l'envi pour y suppléer; mais, où est la responsabilité? sur quelles garanties peut reposer la confiance des familles? comment' sera fait le choif de la nourrice? qui veillera sur l'enfiint?. Que l'autorité publique. exige donc dé la part de ceux qill veulent remplir un semblable office , la justification^des cooditions;«qu'eUe leur impose des devoirs; que ses regards les suivSnt dans le cours de leur service! elle en a le droit; elle en a l'obligation. L'expérience cependant contraint à le reconnattre : les mesures de l'autorité, quelque sages Iqu'elles soient, parviendront difficilement à faire disparaître tous les abus auxquels le trafic du placement des enfans peut donner lieu sous l'influencée la cupidité. Il est utile, il est honorable que, par les soins d'une administration paternelle, des établissemens publics soient ouverts , sans aucune. espèce de spéculation vende, où leç familles peu fortunées, que leur gène condamne à se séparer d'enfans au berceau , trouvent du moins, au moment de cette séparation , la sécurité dont elles ont besoin dans un intérêt qui leur est si cher, et qu'elles' puissent déposer le nouveaurné sous Tabri d'une protection bienveillante. Tel est le caractère que doivent offrir les bu*reaux d'indication pour les nourrices. Pour qu'ils répondent aU but de leur Tnstitution , cinq conditions principales sont nécessaires : l"" quHls aient le moyen de faire un bon choix de nourrices ; 2* qu'ils puissent assurer à ces nourrices un paiement exact des sommes promises , et le remboursement des frais ; V* qu'ils aient un service de transport bien disposé ; &® que le service de santé soit convenablement organisé dans les lieux de placement; 5° enfin qu'une surveillance active, habituelle, soit exercée à l'égard des nourrices , desenfans et des médecins eux-mêmes. Cette dernière condition ne sera, à son tour, convenablement remplie qu'autant qqe kl surveillance sera confiée à des personnes rapprochées des
PLACEMENT DBS EIÏFANS PAUVRES EN NOURRICE. 17
localités y animées d'un intérêt généreux pour les enfans, et pénétrées de cet esprit de sollicitude et de zèle qui vivifie les établissemens inspirés par la bienfaisance.
Quelles que soient, au reste, les mains auxquelles est confié l'enfant nouveau-né, soit que sa propre mère l'allaite, soit qu'une étrangère la supplée, il est à désirer que celle qui. se charge de ce soin en comprenne bien toutes les obligations : or ces obligations sont, nombreuse^ et graves, aux yeux de ceux qui considèrent l'époque de l'allaitement comme étant pour le nouveau-né le commencement de l'éducation physique et le prélude de l'éducation morale. Combien de conseils utiles sont à donner aux femmes qui , dans toutes les conditions, acceptent ce ministère, le plus souvent sans en soupçonner toute l'importance 1 combien il est rare que ces conseils parviennent aux femmes qui appartiennent à la classe malaisée de la société,' et surtout aux nourrices dé campagne! L'instinct est presque leur seul guider lorsque l'expérience vient à leur secours, souvent il est trop tard. On ne peut, dans l'adolescence, les instruire d'avance de la conduite qu'elles auront à tenir un jour dans cette situation. Commeni donc répandre et accréditer parmi ces femmes les directions pratiques dont une nourrice a besoin pour bien s^acquittei de celle fonction? Trois moyens s'offrent pour lent rendre c( service, et pour veiller ainsi à l'intérêt ^es enfans. Le premier consiste à faire entrer cet ordre de directions dans leOv études imposées aux sages-femmes ; le second à initier aussi^^ à ces directions les maîtresses d'école, lorsqu'elles sont elïes-norémes mères dç famille; le troisième, à mettre entre les mains des nourrices un manuel qui renferme pour elles le recueil des conseils dont elles ont besoin, mis à la gortée de leur intelligence, et présenté en même temps de manière^nSïeresser leur cœur. Un ouvrage si nécessaire manquait, jusqu'à ce jour, aux bibliothèques populaires; il vient de leur être donné, et l'auteur qui, le premier est entré dan$ cette carrière Ta digneçi^nt remplfe ;