MAISONS DE TRAVAIL, LS SUISSE
une existence plus confortable que celle de l'ouvrier indépendant, n'a pas été véritablement remplie, surtout dans1 certaines contrées; que les améliorations apportées dans le régime, la salubrité, la propreté, la sécurité deviennent un attrait qui fait désirer d'y être admis; que les pauvres y sont mieux logés, mieux couchés, mieux vêtus et mieux nourris, que s'ils eussent vécu du travail de leurs mains, et qu'ainsi on sollicite comme une faveur de venir y passer ses jours. (1)
Maisons de travail, en Suisse.
La Suisse a mis à profit les exemples de l'Allemagne et de l'Angleterre. Les maisons de travail s'y sont multipliées; elles se sont même étendues dans les communes rurales; elles ont pris un caractère essentiellement municipal. Lés cantons de Berne et de Zurich en ont surtout augmenté le nombre, et perfectionné le régime, dans ces derniers temps. On y a introduit une sage classification, un régime sévère. Dans le canton de Zurich, on a réussi à former et a faire prospérer, de petites maisons de travail, occupant seulement 60 pauvres.
La ville de Zurich, où règne une si active industrie, n'a pas ressenti le besoin d'une institution de ce genre.
La commission de travail de la direction charitable de Baie, réunit daus le Klingenihal, à côté de l'école d'industrie ouverte aux enfans, une quarantaine d'hommes et de femmes.; les occupe à carder, à filer du chanvre et de la laine, à décorder de vieux câbles, à nettoyer du crin, etc. Ce sont en général, des vieillards, des infirmes, ou des indigens, qui manquent d'ouvrage. Ils ne sont ni logés, ni nourris; ils gagnent de 30 à 60 cent, par jour.
(0 Ihid., Appendice, circulaire, page 497, . ,-.i
538 THOISIÉMX PABTIE. UYM I. CHAF. II.
Maiwni de travail, en Italie.
On pourrait supposer que l'institution des maisons de travail n'a pas été favorisée en Italie par les mœurs locales; cependant le zèle de la charité religieuse a aussi apprécié la nécessité d'un mode de secours qui prévient la fainéantise, et qui, par là,, est aussi utile aux mœurs que propre à soulager l'indigence; cette institution remonte même quelquefois aune époque assez reculée; elle a pris naissance en Italie, long-temps avant qu'on en eut senti l'importance dans les autres contrées de l'Europe.
La compagnie, de Saint-Paul, qui, dans son zèle infatigable, a doté la ville de Turin, de si utiles éiablissemens, fonda on'1582, VAtbergo di Carità; elle y recueillit les indigens pour les vêtir, les nourrir, les occuper aux manufactures de laine; mais cet établissement a été converti depuis en une institution d'apprentissage pour les adolescens pauvres, lin 1618, elle érigea dans la même ville, l'hôpital de la Charité, avec nne destination analogue,, et en 1717, cet établissement reçut la forme qu'il conserve encore aujourd'hui. 3520 indigens en recueillent les bienfaits. 1640 sont reçus dans la maison, y compris 500 invalides. On a formé, pour occuper les valides, diverses manufactures, au compte de la maison; comme de lainage, de draps ordinaires, de tapiade pied, de toiles, de cotonnades; différens métier» y sont aussi exercés; il y a môme été organisé une école de musique, et le roi y prend des sujets pour sa chapelle. Une sage classification est établie entre
. les pauvres, et la séparation convenablement tracée et maintenue. L'établissement jonit d'une dotation de 70 mille fr.; 200 mille fr. y sont ajoutés par l'eut ou par les souscriptions des babiians, pour couvrir les dépenses. D'autres maisons de
travail ont été formées dans le Piémont, sur un plan analo-