MAISONS DE TRAVAIL, BN ITALIE
gue. On cite à Cantiagnole, Y-hospice de charité, oh les pauvres des deux sexes apprennent à fabriquera toile; àNovare, Ytnstttut dès pauvret, dont la création est due au chevalier Gaudence de Pagare, on 120 indigens des deux sexes sont distribués dans des ateliers; à Vigevano, la congrégation de charité'. Vhospice Saintes-Hélène, fondé à Chambéry par le général de Boigne, entretient et occupe 90 indigens des deux sexes, qu'il arrache à la mendicité. Gênes, aujourd'hui réunie au Piémont, possède un asile, justement renommé par sa beauté, sous !e nom ijtAlbergo depoveri (1). Cel établissement dont la fondation remonte â 1539, réunit jusqu'à 1800 indigens valides, savoir : 500 hommes et 1300 femmes. On a l'intention déporter ce nombre jusqu'à 2000, à l'aide de nouvelles constructions projetées. Les indigens sont employés à tisser la iaine, le coton, le fil, le chanvre, et à fabriquer des tapis, des bas, des rubans de sole, etc. La maison fournit les objets nécessaires à sa propre consommation; à celle des hôpitaux et hospices, une partie des objets fabriqués; elle tient ■ nn magasin ouvert pour la vente de ses produits; elle vend aussi à des marchands de la ville. On loue la manière dont cet établissement est tenu et dirigé. Des médailles d'or et d'argent, et d'autres encouragemens sont décernés, chaque année, aux travailleurs des deux sexes qui se sont particulièrement distingués. La maison jouit d'un revenu d'environ 300,000 livre» de rente, dont plus de la moitié provient de fondations pieuses;
Cette institution est généralement répandue dans le Milanais, sous la dénomination de maison* pieuses d'industrie. Leurs ressources se composent de quatre élémens: leurs propres dotations, les subventions de l'état, celles des communes, les dons des particuliers.
(1) Emmanuel Brignole en est considéré comme le fondateur, à raison des bienfaits qu'il a. versés dam cet établissement, et du détournent avec lequel il l'a organisé.
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hllU TBOIS1IME PAHTIB. LIVM I. CSA*. II.
Elles admettent des pensionnaires payans, moyennant âne rétribution de 48 centimes par jour. .
La maison de travail de Milan se compose de deux édifices séparés, l'un pour les hommes, l'antre pour les femmes. Elle renferme habituellement 380 à 400 Internes des deux sexes; mais elle reçoit aussi mille externes qui viennent y chercher du travail. Enfin, elle fournit du travail à domicile à environ ! 4,000 personnes par année. Trois élémens divers se réunissent aussi dans cet établissement.
Les ouvriers internes travaillent on à la journée, ou à forfait.
La paie des premiers est de 40 centimes pour les hommes, de 30 pour les femmes.
Celle des seconds n'est que de 35 centimes pour les hommes, 25 pour les femmes; mais ils y joignent tout le produit du travail qu'ils peuvent faire en sus de leur tâche.
Les externes sont payés selon la. qualité de leur ouvrage, et d'après les échantillons adoptés; le prix est fixé chaque année.
Les internes reçoivent le logement et l'habillement; on distribue aux internes et aux externes une soupe à volonté, pour le prix de 9 centimes par ration.
La maison de dieu et det mendiant, érigée à Brescia en 1677, recueille près de 250 vieillards indïgens, des deux sexes.
La maison d'industrie dé Venise occupe environ 500 indigens; le gouvernement lai a attribué un privilège pour la fabrication des nattes de roseaux.
Pavie, Venise, Bergame, Lodi, Trieste, la ptnpart des villes du royaume Lombard-Vénitien possèdent, sous le nom de maisons d'industrie, des ateliers publics et permanens, pour occuper les indigens. Un juge éclairé ne regrette que leur insuffisance. (1)
(1) Voj. M.Schizzi : Salta ptièlica btitrficmza net rtgno Lombatdi-Fe,
MAISOKS DB TBATAIL, RM ITALII. 5/ll
La pia cota âiLavoro de Florence est citée comme l'un des plus beaux établîssemens de ce genre; elle reçoit à-lafois des valides, des invalides, des mendians envoyés par 1* autorité, et des indigens qui y viennent volontairement chercher du travail. Le nombre total varie de 600 à 900. La classification et les séparations qui doivent en être la conséquence, y sont établies. On y fait apprendre divers états. Il y a des ateliers pour des tisserands, des tailleurs, des cordonniers, des cardeursde laine, soie, coton; pour des fabrïcans de-tapis en laine, d'étoffes de soie, de rubans, de bonnets ronges pour le Levant, une partie des produits est vendue pour le compte de la maison; une antre partie est exécutée sur la commande des marchands. Les 2/3 de sa valeur sont réservés à rétablissement, l'autre tiers est délivré aux travailleurs, ta discipline est sévère.
L'établissement de la mendicité de Sienne a été fondé, est maintenu par le concours des bienfaits particuliers; il recueille les indigens valides des deux sexes, les occupe pendant le jour seulement, de huit heures du matin jusqu'au soir; leur donne en retour la nourriture, le vêlement et une petite rétribution. Un semblable établissement'reçoit et soutient à Averro près de 100 indigens valides.
Uhospice apostolique de Saint-Michel, à Rome, magnifique monument élevé par la charité, indépendamment des quatre grandes familles de malheureux auxquelles il donne asile, renferme une vaste manufacture de laine qui occupe 800 personnes, et qui fabrique jusqu'à 30,000 aunes de drap, qui jouit du privilège de fournir les draps aux palais apostoliques et aux troupes pontificales. 'Le cardage, le tissage, la
nr,io, page 40. M. le comte Peliti deRpreto, tome n, pige 130 et suivante, □'■près les renseignemens recueillis par les commissaires royailx , chargés en Angleterre île l'enquête de 1838, les résultais de ces maisons seraient peu satisfaisons soni le rapport du produit du travail. Mais cet reroeignemeiu punissent manquer 'de certitude. Sur plusieurs points ils sont en contradiction is authentiques.
SA3 TBQISIBBE PARTIE. LITKK I. CtUP. II.
teinture s'exécutent dans les ateliers intérieurs; la laine est filée au-dehors par des femmes. Une chaire de chimie est annexée à cet établissement, et l'enseignement y est dirigé vers l'application aux arts, spécialement à la teinture. (1)
L'hospice de Sainte-Marie de» anges, dans la même capitale, remplit également en partie l'office d'une maison de travail; sur cinq centuries d'hommes, et autant de femmes qu'il recueille, quatre sont employées à des travaux divers. Un tiers du produit est réservé à l'établissement; un tiers est donné à chaque individu ; le dernier tiers forme une masse commune qui se partage entre eux. Cet hospice renferme 350 hommes et 550 femmes. (2)
JVaples présente avec orgueil aux regards des amis de l'humanité son célèbre Aihergo de Povert (3) fondé par Charles III, en 1764. Quoique essentiellement destiné aux vieillards et. aux enfans, cet établissement renferme aussi un certain nombre d'adultes valides, surtout des filles qui n'ont pu * encore trouver à se marier. Celles-ci s'occupent aux travaux de l'aiguille, à lisser, à filer; une fabrique de corail en emploie près de 300.
Du reste, la plupart des conservatoires érigés à Rome et dans les autres villes d'Italie, sont de véritables maisons de travail libre, pour les personnes du sexe qui y sont admises.
Maison* de travail , caEtptgne,
L'hofpioe de Saint- ffernando, fondé a Madrid, en 1668, par Anne d'Autriche, alors régente, a contenu jusqu'à 1200
(1) Voy. l'intéfesiant «rit que vient de publier Mgr. Moricliiûi , sous h litre: ÙegV hutitu^ di publiai caritii, in Rama, 2' pirtie , chap, 3.
f1\ II,!.! nhm H
(2) Ibid., chap. 8.
(8) Regittm toti lit Èio- le portique
(8) Rsgium totiui ngni paupenm bospitiim. Idle est l'ioacription qu'un
l' le DortimiR.
SAISONS SB TRAVAIL, 15 BSPAfllW. UfZ
1 indigens. lies réglemens ont été institués par le cardinal Mo~ lina. Il renferme des ateliers pour les broderies, le tissage de la toile, des tissus de laine, etc. Un magasin de vente est ouvert dans la maison, pour les produits de la fabrication; ils sont achetés par des marchands ou des consommateurs du dehors. Un quart de la valeur des ouvrages est laissé aux indigens capables de travail et occupés dans les ateliers; les trois autres quarts sont réservés à rétablissement; on distribue aussi aux pauvres le dixième des sommes obtenues par les quêtes et les aumônes. On va jusqu'à leur accorder, en argent, la valeur des rations qu'ils ne consomment pas, soit par défaut d'appétit, soit par spéculation. Les indigens amassent ainsi un petit pécule qu'ils emploient à se procurer ce qu'on appelle des douceur* dans le langage des hospices, ou qu'ils conservent pour leurs enfans.
Le refuge de Saint-Bernardin a été fondé dans la même capitale, en 1836, par les souscriptions particulières; il n'a pas d'autres revenus, Il est très bien administré. Les ateliers dans lesquels les indigens sont répartis et occupés, sont conçus et dirigés avec- intelligence. Pendant les trois premières années de son existence, il est entré dans ce refuge, à titre de volontaires :
793 garçon! adoletnau, 883 filles.
Au mois de février 1838, rétablissement occupait :
336 femmes, 343 gWfOU»
6fiÛ TROISIÈMK PARTIS. LIVRE I. CHAP. II.
Le prix de la ration est fixé an commencement de chaque année; pour 5 888, il était réglé a Al centimes, monnaie de France; les alimens sont abondans et de bonne qualité. . Ce refuge sert anssi à recueillir les raendians envoyés par l'autorité; et le travail forcé s'y trouve ainsi réuni an travail libre. (1)
Plusieurs 'grandes villes d'Espagne : Cadix, Tolède, Barcelone, etc., ont suivi l'exemple de la capitale, et ouvert aussi des asiles destinés à occuper les indigens à des travaux utiles.
Maisoni de travail , en France.
Quoique les maisons de travail libre dont nous nous occupons eu ce moment, diffèrent des dépôts de mendicité, par le mode d'admission desindigens, ou ne voit guère ces deux ordres d'institutions dans les mêmes lieu s. LaFrancequi, depuislerègnc de Louis XIV, avait généralement adopté le système des dépôts de mendicité, ne connaissait guère celui des ateliers fondés sur le principe du libre travail, lis avaient cependant été décrétés par la convention, et il n'eût certes pas manqué de malheureux pressés du besoin d'y recourir, s'ils eussent été réellement ouverts (2). Plus tard, et en même temps que les depuis de mendicité s'élevaient à la voix de l'empereur Napoléon, on recommanda la création d'ateliers libres dans les départemens; on invita les manufacturiers et les fabricansà en former pour leur propre compte, près des éiablisî de travail forcé, par des traités avec l'administration
(1) L'auteur eat redevable de cet détails à l'amitié de H. : Sogra.
(3) Loi du 24 vendémiaire an n.
. MAISONS DE THAVAII,, EN IBAHC1E. 545
publique (i). Ces recommandations eurent peu d'effet. Quelques essais tentés pour réunir librement les indigens dans des ateliers sédentaires ne se sont pas soutenus, parce que les produits ont trompé les espérances qu'on en avait conçues. Ils se sont renouvelés, mais avec des moyens différent, et avec de plus heureux résultats, depuis que les dépôts de mendicité ont de nouveau disparu sous le gouvernement de la restauration.
Plusieurs hospices des villes de département recueillent un certain nombre d'indigens valides, outre les vieillards, les incurables, les aveugles, les infirmes. Ils les occupent soit aux divers ouvrages relatifs au service de l'établissement , soit aux travaux dont les produits s'écoulent au dehors. Tel est, en particulier, l'hospice de Rouen ; les travailleurs y ont de la viande tons les jours. .
Trois élablissemens principaux, érigés spécialement dans ce but, et dont les destinées ont été diverses, méritent particulièrement l'attention. Tous trois out du essentiellement leur création ù des associations bienfaisantes. Le plus important a pris naissance au sein de la capitale,; les deux autres se sont formés dans les villes de Bordeaux et de Strasbourg.
La maison de refuge ouverte à Paris, en 1829, datas la rue del'Oursine, n'était point destinée, comme quelques personnes l'ont cru, à devenir un dépôt de mendicité ; e|le n'était point destinée non plus à servir d'asile permanent' pour les indigens qui y étaient admis. Elle était conçue dans un but spécial t sur un plan nouveau , qui demande à^être exacte- . ment défini. ,
La maison de refuge était proprement un établissement d'épreuve, de préparation, de passage, d'attente; une station, une sorte de portique placé à l'entrée des divers genres d'établissemeus qui reçoivent, assistent ou occupent les pauvres
(l^Yoj. l'instruction ministérielle du 19 décembre 1808. Recueil des circulaires du ministère de l'intérieur, tome 2, page 132.
8M trgiîibme fastii. lithx i. chip. h.
d'une manière constante , pour- en faire la séparation et le
, et les diriger en conséquence.
La distinction fondamentale qui existe entre l'indigence réelle1, victime du malheur, et l'indigence apparente-, suite de l'inertie] entre celle qui provient du manque de travail, et celle qui dérive do la répugnance du travail, cette distinction sur laquelle reposent les conditions de tout bon ré* ghne de secours publics , est aussi la pensée qui avait inspiré le projet de la maison de refuge. Là devait se dissiper le nuage dans lequel ces deux classes d'indigehs restent confondus ; le doute devait être éctairçl. Les indigens eux-mêmes sa faisaient connaître ( en se soumettant au régime de l'établissement; leurs dispositions étaient jugées par les faits.
La maison de refuge était encore une sorte d'établissement d'éducation pour le travail; les indigens étaient appelés à y prendre le goût, à y contracter l'habitude d'une .occupation réglée , à y faire l'apprentissage de quelques professions utileB. " -~"~~r~""
L'établissement admettait des externes et des internes. Les premiers y trouvaient seulement des allmens , dont le prix était imputé stir leurs salaires ; les seconds y résidaient, étaient vêtus La durée de leur séjour était' fixée à quinze jours au moins, six mois au pins ; toutefois , on a vu souvent des malheureux venir y chercher un asile seulement pendant un on deux jours. Des ateliers de divers genres offraient des occupations' variées pour les deux sexes, pour les dîflerens degrés de force et d'habileté. Les uns étaient employés à des travaux de terrassement ; d'autres au cardage, au tissage , à la conection des vétemens , à la reliure, à la préparation de la géatine.etc.
'frois élémens constituaient rétablissement :
Le premier consistait dans un bureau d'interrogation, d'examen, d'investigation continue, sur la capacité et la moralité des pauvres reçus.
Le second consistait dans l'essai , à titre d'épreuve, de la
HAISOKS Dl TKAVAIL, *K VeUTOl. »47
bonne volonté et des moyens propres à chacun , il se divisait en deux sections : l'une pour les indigens à l'état d'interrogation, l'autre pour ceux admis à travailler
Le troisième consistait dans un système de secours , ayant pour objet d'exercer l'indigent à un travail productif, de lai préparer quelques économies, de le seconder dans la réforme de ses habitudes. Pendant ce temps, on reconnaissait la capacité réelle de chacun , - le genre d'assistance ou de remède que sa situation lui rendait plus nécessaire. En coe* séquence des résultats de cette épreuve, les indigens devaient* en sortant , suivre la destination qui leur était relativement convenable : les uns entraient dans les hospices ouverts pour les vieillards et les infirmes ; d'antres étaient envoyés dénalti*vement aux dépôts de mendicité de Saint-Denis on de Villena- Cottereis; d'autres , enfin , étaient rendus à la vie ordinaire* mais avec des ressources et des habitudes nouvelles.
Les ateliers du refuge n'étaient point établis au compte de la maison ; ils n'étalent point entretenus au moyen d'un traUé avec un entrepreneur général. Le système par lequel Ut étaient mis en mouvement consistait à offrir des travailtean à tous les fabricans qui voulaient les occuper, et à fournir aussi le local pour les travaux. Le fabricant lui-même cea* ., servait la faculté de proportionner le salaire au travail.
Un tiers de ce salaire était remis immédiatement' au tra*vailleur ; un tiers était mis en réserve pour lui former un petit pécule à sa sortie ; un tiers était retenu par l'établissement pour compenser une partie de la dépense.
Cette maison était conçue sur un plan qui lui permettait de contenir trois cents personnes. La plupart de ceux qui s'y présentèrent appartenaient à la condition de journaliers, c'està-dire, étaient du nombre des' individus qui, ne possédant pas une industrie spéciale et déterminée, se bornent à louer leurs bras pour le service mécanique le plus simple. Une partie d'entre eux se composait de pères de famille; ceux-ci formaient le plus grand nombre des externes. Oa trouvait panai
546 TBOHlfiHE PA.RTII. tiyil I. CHAF. II.
les Internes, des vieillards aspirans aux hospices, et capables encore de quelque occupation.
Sur 100 individus admis , on en comptait à-peu-pres 25 de 60 ans et an-dessus; 25 de SI à. 60 ; 33 de 30 à 50. Les premiers étaient ceux qui y faisaient le plus long; séjour. Les pins jeunes n'y faisaient guère qu'un séjour très passagw- (i)
Les boréaux de charité s'empressèrent d'adresser à la maison de refuge, des iodigens secourus à domicile; plusieurs infortunés qui erraient sans asile, exposés, aux horreurs de la faim, y furent admis dans les sept premiers mois. Mais la plupart des .indigens qui sollicitaient leur admission dans cette maison comme une faveur, n'avaient garde de prévoir qu'elle n'était réellement qu'une épreuve; ils croyaient j trouver une hospitalité douce , durable, une existence assurée, moins cruelle que celle à laquelle ils se trouvaient condamnés dans leurs demeures. Les bureaux de charité secondaient leurs démarches dans des vues analogues. On dut en refuser, pendant les sept premiers mois, plus «V700 qui demandaient a y entrer, par suite de cette erreur. T
Depuis novembre 1829 jusqu'en juillet 183), l'établissement admit, savoir :
Hommes. l'emmes. Tolnl.
'internas 324 164 B18
Externe* 318 13* 465
KadepAl 284 164 388
Tettl.j.... 874 487 1381
La durée moyenne du séjour fut de six mois.
Les résultats, l'investigation et l'épreuve firent constater que la fainéantise, l'ivrognerie, l'imprévoyance, la sottise et t'ineptie étaient les causes ordinaires qui avaient conduit les
(1) Voj. une notke nir celte iiuiton de refuge, tirée de» divers compta rendus , dans le premier vol. du Bulletin de la société da éiailisicmnt.s ehe~ litablti. Pages 460 et »ÙV.
MÀI80H8 DE TRAVAIL, ES IBAHCBs 549
indigens & la situation dont on cherchait le remède ; - qu'elles formaient comme l'expression de leur détresse ; mais il est juste de dire qu'il ne s'en est rencontré qu'un fort petit nombre dont les mœurs fussent dépravées.
Le terme moyen du produit du travail était de h$ cent, par jour.
La dépense ordinaire était calculée comme il suit, .terme moyen, par léte et'par'jour :
Dépréciation de-Kliterip fr. 03 c.
— du linge. ■• - 10 -
Nourriture » ■■ 43 1/3
Blanchissage » » 08 »
Tql«l fr. - 83 e.
L'habillement était soumissionné au prix de 19 fr. 75 cent. pour les hommes et 10 fr. 50 cent, pour les femmes , en sorte que la dépense totale s'élevait pour les hommes à environ 68 cent, et pour les femmes à 67.
Ce bel établissement dut le jour, comme on sait , au mouvement spontané d'une générosité qui fut invoquée avec confiance, et qui répondit noblement à cet appel. Une premier*! souscription fut ouverte; les amis du bien, les citoyens les plus distingues y accoururent à l'envi ; en peu de jours elle produisit un fonds de 732,000 fr. Une deuxième souscription porta ce capital à 827,000 fr. Cette somme fut employée en partie à couvrir les frais de premier établissement , qui se sont élevés à 587,000 fr. (1), en partie à pourvoir à la déT pense pendant les premiers temps.
(1) Savoir : portion du prit d'acquisition du local. . . 110,000 fr. c
Loyer, impositions . ■ • 02,382 - 60
Bâtiment, constructions 348,615 37
Achat de mobilier 17,164 08
Habillement et coucher. 49,286 86
Total 687,388 80
s.:kv,Googlc
£50 TBOISIÉMÏ PÀMIÏ. LIVRE I. CHÂP. n.
La dépense annuelle s'est élevée à environ 90,000 fr. (1) Far sa nature même, la maison de refuge se trouvait en rapport avec le système général des établissemens publics; son but se' liait soit aux mesures de police relatives à la répression de la mendicité , soit au régime des secours à domiciles, à celai des hospices. La direction et la marche de cette maison se trouvèrent donc, à plusieurs égards, subordonnées aux vues de l'administration départementale et municipale; elle eut besoin de leur appui, de leur concours. Tout semblait le promettre; un magistrat recomraandable , qui occupai! dans cette administration l'une des deux fonctions principales, avait été en même temps l'un des créateurs de l'établissement^), et contribua de tout son zèle .à^ en j>ré|parer la naissance. Mais bientôt, sous son successeur, quelques obstacles se présentèrent ; l'alliance nécessaire , mais déjà délicate de sa nature, ne s'opéra pas sans difficultés. Lorsque enfin elle fut consommée , on put espérer pour la maison de refuge, un avenir prospère et durable. Il n'en fut point ainsi. Les circonstances changèrent. L'établissement ne pouvait couvrir à beaucoup près ses dépenses, par les seuls produits
(1) Dépense totale depuis l'ouverture en 1829, jusqu'au 31 décembre 1832.
AIûncM fr. 81,669 46 c.
Combustible* ; 18,014 13
BumehiMDfiC 8,337 76
Dépeaae* diverses 17,866 30
Eeuriea. /... 2,828 10
Ateliers 29,833 88
Dépense» d'administration , savoir : , Appoint, et gages fr. 96,866 66 c.
Frai* de bureau. 31,983
Total. 277,048 16
Et «n y joignant l'intérêt du capital employé en frais de premier Établissem. 20,381 96
306,410 10 (2) Voy. l'ordonnance de police, du 30 octobre 1828.
WAMOHS DE TRAVAIL, BH FEAflCE. f&l
du travail ; une subvention était indispensable pour y suppléer; it n'avait jamais été supposé que rétablissement pot subsister par ses propres ressources, par le seul travail des pauvres. Lorsque les ressources offertes par les souscriptions furent épuisées,. il fallut entrer dans une combinaison nouvelle. A défaut de souscripteurs, l'administration départementale pouvait seule se charger de ce fardeau ; elle s'y décida. Le conseil général du département de la Seine vota les fonds requis pour acheter le matériel de l'établissement'et 50, 000 fr. pour l'entretien annuel1; mais ces derniers fonds sont restés sans emploi; le vote n'en a pas été continué; les admissions ont cessé, ta maison a été fermée ; l'édifice a reçu une destination nouvelle et différente. Il est aujourd'hui affecté à un hôpital de malades.
Les motifs qui ont amené ees déterminations administratives n'ont point été communiqués an public , et ne sauraient être discutés ici. Il nous suffit de remarquer. que la chute de' l'établissement a été l'effet de ces déterminations, et non la conséquence ou de la combinaison économique sur laquelle il était fondé, ou d'un vice quelconque inhérent à l'institution; et que, de ces évènemcns, on ne peut tirer par conséquent aucune induction légitime contre l'institution considérée en elle-même. (1)
Les vues dans lesquelles a été fondée la maison de travail et de refuge de Bordeaux, ont été conçues à-peu-près dans le même esprit. Ouverte en 1827 , ejle admit d'abord 268 indigens; elle était destinée a en occuper 300, mais elle a reçu progressivement une extension nouvelle. Le nombre des individus admis s'étant élevé jusqu'à 426, le local destiné à les
(1) L'auteur de la Charité légale, en reconnaissant qu'il n'o reçu sur la suppression de la maison de refuge de Paris , d'autre information ai ce n'est qu'elle n'existait plus (tome 1", page 268) , ne la range pas moins parmi lia exemples qui prouvent, selon lui, que ces maisons de travail portent en elles.mimes, tous le point de vue économique, les principes de leur destruction. Pages 245 el 363.
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