‹ De la bienfaisance publique; (volume 5)Chapitre 20 sur 132 · SECONDE VA&TIK. LIVU II. CHA». II · texte numérisé non relu

SECONDE VA&TIK. LIVU II. CHA». II

enfaus, s'il y en a. Les agens de la société visitent chaque semaine le sociétaire malade.

La maladie contractée , ou l'accident survenu par suite de vice, de débauche, on dans une partie de plaisir, ne donnent aucun droit à l'assistance. La maladie on l'infirmité feinfe, celle dont la cessation n'est pas déclarée , si elle est réelle , entraînent l'exclusion. Le sociétaire détenu pour dettes est exempt de cotisations, mais ne peut participer à la société. Des règles de police sont instituées pour maintenir l'ordre la décence, les bonnes mœurs, dans les réunions. '

Ce qu'il y a de particulièrement digne de remarque et d'éloge, dans cette société, c'est qu'elle s'est donnée elle-même, pour administrateurs , quelques-uns des principaux propriétaires et des ecclésiastiques, qui y versent des dons ; elle s'est placée ainsi sous le contrôle de personnes éclairées, impartiales. (1)

L'Ecosse a aussi ses sociétés de prévoyance. Sir John Sinclair (2) cite un club -établi à Galfton, dans le comté d'Ayr, sur le principe le plus simple : il porte le titre de Pfltmy or flalfpcnny club ($); il est composé d'environ 50 membres; il n'a pas de caisse; maïs, lorsque un sociétaire est malade , il reçoit de chaque membre un penny, s'il est alité ; un demipenny , s'il est seulement empêché de travailler. On voit an grand nombre de ces sociétés à Edimbourg , sous le litre de Yearly nodetiet. Les 3;'4 de la population laborieuse y sont inscrits. Le nombre des membres varie de 50 à 1000. On n'y admet que des personnes de 18à 50 ans, et d'une bonne santé; les femmes y sont reçues. La rétribution est d'un shilling, pour l'admission, et de S ou 3 deniers par semaine; mais ces so-

(1) Voyei l'Histoire Je Ttiomai BuggUi dejï citée; lettre 41', les mtntx de cette Mcîélé tout itueriU daw le t lf> de» amwlet d'agriculture d'Aagle

(2) Notice lUtiitique ait l'Écoue, t. 2, p. 383.

(S) Société de m1i ou demi-*ob: vojet l'eau wr \e% Friaidtjr socieiia

SOCIÉTÉS AMICALES lit AUGI.BTUUU. 77

ciétés ont cela de particulier, qu'elles font, à quelques égards, la fonction'de caisse d'épargnés; chaque associé verse, par semaine, 2 ou 3 shillings destinés à payer son loyer, et' qu'il en retire à l'échéance du terme ; idée ingénieuse et utile.

Douze commissaires visitent les malades : ces derniers reçoivent six shillings, par semaine, pendant les treize premières semaines; 3 shillings par chacune des treize suivantes; 2. par chacune, pour le reste de l'année. La famille du sociétaire reçoit, à sa mort, h livres sterling, pour ses funérailles ; lui-même reçoit 2 livres sterling et 10 shitings, s'il perd sa " femme ou un enfant. La société est purement annuelle, comme son titre l'indique , et c'est une grande imperfection sans doute ; à la fin de l'année , les sociétaires se distribuent le restant en caisse; souvent, la société se prolonge pendant plusieurs années; mais on ne rend pas de compte, et c'est une imperfection plus grande encore. .

Les sociétés amicales formées en Angleterre, par les habî- t-"" tans des campagnes, reçoivent ordinairement, le dimanche, les V rétributions de leurs membres , et ont ainsi l'avantage de les préserver,, ce jour-là, d'aller dépenser leur argent au jeu ou à la taverne. On cite avec éloges celles de l'Evôché de Durham,. et spécialement celles de Winston, de Blshops Auckland. La dernière, fondée en 1798, est^cxdujsiyemerit. formée de vieillards; son jsut est éminemment religieux et moral; elle assure aussi des Recours à ses membres, et, après leur décès, à leurs familles : ces bonnes gens réservent un dixième de leur coti- % sation^pour assister Jes indigène étrangers à leur société.

Le révérend Jh. Smith, pasteur delà paroisse de Wendover, imagina en 179$, d'engager les ouvriers et les cultivateurs de ce village à faire, pendant la |belle saison, des épargnes hebdomadaires, et à les verser, le dimanche matin, avant l'office, dans une caisse commune, pour former ufl fonds qui serait distribué ensuite à Noël ; il s'engagea avec plusieurs riches propriétaires de ce village , à joindre un tiers en sus à la masse de cette accumulation ; chaque consignataire de 3 shùV

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J8 SSOOilM PASTIB. ITfM II. 0HÀP- II.

liDgs recevait de la sorte fcsbittings àNoël, et dès te^ début, H obtint plus de 80 souscripteurs. (I)

- Sir Mortoii Eden fait mention de deux on trois sociétés, qai prêtent à leurs membres, d« dix à quinze livres sterling, sur de bonnes sûretés, pour leur donner les moyens d'acheter une vache, des provisions, etc. L'une d'elles, en 1795, a soulagé par un prêt de 100 liv. sterl. des malheureux cultivateurs qui, sans cette assistance, eussent été entièrement ruinés. (2) Nous avons eu déjà occasion de citer une toeie'te" amicale ■de vieillard», formée à Winston, dans le comté de Durham, d'après les indication s- de l'évêque de Durham, par le révérend Thomas Burgess, et qui a pour objet d'entretenir parmi être l'esprit religieux, l'amour de la frugalité, de l'union, et de les occuper à l'étude de l'Écriture suinte , et à de bonnes lectures. . Cette société met aussi en commun des épargnes hebdomadaires. En souscrivant pour un penny par Semaine , ses mem-

1 bres, de 60 à 70 ans, reçoivent à la fin de l'année le double de leur mise; de 70 a 80 ans, le triple; de 80 à 90 , le quadruple; etc. Les aveugles sont assimilés aux sexagénaires. Si le sociétaire meurt dans l'année, sa famille a droit à.reçevoir la souscription ; la société se compose aussi de membres honoraires qui contribuent d'une gninée, sans prétendre aux

avantages, (3)

Quelques sociétés amicales ont pour objet unique d'assurer nn secours aux veuves, après le décès des sociétaires. .

Les-sociétéa amicales composées exclusivement de femmes, se contentent de souscriptions moins élevées ; le genre jd'assisfance y est à-pen-près le même. Dans presque tontes, aucun secours n'est accordé aux femmes en couche, si ce n'est à raison d'une maladie extraordinaire qui serait la suite des

(1) "Vnyez le 8* rapport de la,Mciété pour améliorer le tort das pauvre».

(2) État des pauvres, t. u. "Voyez le rtcutU du établissement d'humanité, t. 8, p. 270,

(3) Voyez le 7* rapport de la société fonnée à .Londres pour améliorer k ■art d« pauvre». W 47.

&QCLÉÏÉS AJIHUdUHS BF ABOLWMMB». !)$

couches ou viendrait s'y joindre. M. James Cave, dans son essai sur les sociétés amicales n'approuve point entièrement les motifs qui ont dicté une semblable interdiction. Mistris» WakefieM a fait connaître un club amical de femmes existant à Tottenham, dont les statuts renferment quelques particularités intéressantes. Ce club joint à l'assistance accoutumée, une sorte de banque pour des prêts jjratujts, destinés à procurer des matières premières ou tout autre objet productif, et qui sont ensuite remboursés de mois en mois par petites parties. La conduite morale des sociétaires est, dans ce club, l'objet d'une attention toute spéciale. Des' dames bienfaisantes le protègent de leur présence, de leurs conseils, de leurs dons. Il reçoit aussi de petites contributions versées par des enfans.

II est digne des amis du bien de participer ainsi aux in- . stitutions de prévoyance formées par les hommes laborieux; les exemples en sont fréquens en Angleterre : souvent un grand propriétaire crée et dote l'institution, pour l'avantage des habitans de la localité. On a vu lord Harcourt joindre une somme égale à la cotisation hebdomadaire du paysan dans sa terre de Nuhemara, comté d'Oxford ; les deux mises réunies appartiennent au sociétaire qui en dispose à volonté, sous la seule réserve que le bienfaiteur approuve ses motifs, I\ n'est pas rare que des ouvriers laborieux, avec leur seule mise d'un sou par semaine, aient en niasse, 5 à 6 guinées. La société d'agriculture de Bath a encouragé ces établissemens par des prix, mais, sous des conditions sagement imposées, telle, par exemple, que celle qui exige qu'aucune partie des fonds ne soit jamais exposée dans des placemens en billets de loterie, ou autres emplois soumis à des Chances.

SO, SECOflMt PARTIE. UTKK II. CH*P. II.

ARTICLE m.

Société) de secours mutuels en d'autre* contrée* de V Europe.

Les sociétés d'assistance mutuelle de la Hollande sont fondées sur un principe analogue à celui des friendly todetiet de l'Angleterre 7-comme elles paraissent être nées de causes analogues. Mais elles se composent chacune d'un bien plus grand nombre de sociétaires; le terme moyen de leur nombre et de 2000 environ (1). En 1827, on comptait plus de 34o de ces élablissemens; la seule ville d'Amsterdam en possédait 65, celle de Botterdam 89- Cependant, des provinces entières ne les avaient point encore adoptées à celle époque (2). Près de 72 mille individus faisaient partie des sociétés de la Hollande entière. Les revenus se composaient, en partie du produit des propriétés, en partie de mises, de contributions et d'amendes. Plus de 12,000 individus avaient' été secourus pour maladie; 2400, pour inhumation.

Les sociétés hollandaises mettent aussi les frais pour les funérailles de leurs membres, à-peu-près au même rang que l'assistance pendant la vie, et elles se rencontrent en cela, sans le savoir, avec les confréries de la capitale du monde chrétien. Non-seulement la première de ses dépenses s'élève presque à la moitié de la totalité des frais; mais on trouve une province, celle de Zélande, où les sociétés n'ont d'autre objet, que de pourvoir à la sépulture des membres qui les composent ou dés épouses de ceux-ci.

Les frais d'administration sont assez considérables,- ils montent à près dsun dixième des dépenses totales. Le montant total des secours distribués dans l'année s'élevait au-delà de 300 mille florins.

(I) C'est environ liDgt-deux fois le terme moyen dea sotiété» amicale* de f Angleterre.

(3) Celle de Groningtie, de Drenthe.

SOCIÉTÉS DE KCOCU MOTCILS. 81

Une société hollandaise d'assistance mutuelle fait pour ses membres un véritable office de dispensaire; elle envoie au malade un médecin ou nn chirurgien; elle lui fournit les médicamens; elle y joint souvent un secours en argent.

Plusieurs de ces sociétés possèdent un patrimoine, des propriétés foncières ; elles s'alimentent d'ailleurs par des mises, par des contributions ordinaires et extraordinaires, et par des amendes. Les contributions ordinaires sont ou hebdomadaires, eu mensuelles ; leur montant pour l'année entière, est, terme moyen, d'environ k florins par sociétaire.

A Amsterdam, en 1827, sur 9000 sociétaires, 2500 avaient

été assistés à titre de maladie; 230 avaient été inhumés aux

frais des sociétés; la masse entière des secours distribués

' par elle , dans cette ville , ne s'élevait pas à moins de 67,000

florins, pour l'année.

Les caisses de veuves sont, en Hollande, une classe spéciale d'établissemens de prévoyance ; elles y sont très anciennes et multipliées; ou en comptait, en 1827, vingt-six, dont la plupart ont une sphère d'opération assez étendue; car, leur correspondance s'étend souvent dans d'autres villes que celle où siège leur administration. Le plus grand nombre est fixéà Amsterdam. Le nombre des personnes auxquelles elles prêtent leur assistance dépasse treize mille. Leurs capitaux réunis montent à près d'un million de florins dont la presque totalité est placée dans les fonds publics. Elles acquittent annuellement pour plus de 225,000 florins. Le gouvernement s'occupe de leur destinée avec nne juste sollicitude, et les soumet à une surveillance qui est aussi une protection, parce qu'elle est une garantie pour les intérêts dont elles sont dépositaires. .

La Belgique a adopté les associations de secours mutuels, mais non les caisses spéciales pour les veuves. , '

On comptait en Belgique, vers 1827, plus de 120 caisses de secours mutuels, pour les cas de maladies et les frais d'enterrement. 12,000 individus au moins y participaient : sur ce m. 6

82 8ECOM>E PAKTIÏ. tlVKE fl.'CHCT. II.

nombre pins -de ùÛftO avaient reçu le secours de maladie; le' 'secours d'inhumation avait été accordé pour environ' 300 ; te montant des secours s'élevait à -près de 30,000 florins; les charges -et frais d'administration, à 6060. 'Mais les secours pour inhumation ne représentaient ^guère que la septième partie des secours pour maladie.

La province de Liège ne possédait alors- aucune de ces sociétés ; on en comptait seulement quatre à Bruxelles, aucune dan? la province du Brabant méridional.

ARTICLE IV

Des iaisse$ des ternes et des orphelins , et des caisses pour' les malades, en Allew*g*e i *fl Siùsse-tt en Italie,

Depuis les travaux atatbématîqves 'd'Euler, Hjs-caisses de. veuves se sont fort .multipliées dans le nord de 'l'Allemagne. L'exemple a été donné d'abord par les classes les plus éclairées de la société. Les pasteurs de Berlin avarient déjà établi une caisse de veuves pour leurs (enraies, dès 1635; les professeurs de GoïUingue en fondèrent une semblable, en 1748. Les gouvernerions ont favorisé et quelquefois doté ces établissemens; c'est ainsi qu'en Prusse, on a affecté les produits delà loterie à la -caisse des militaires.

Krhter, à Gceltingue, a publié les résultais obtenus par l'expérience dans un grand nombre de caisses, spécialement en Prusse, en Danemark, dans te Hanovre (]); il a exposé les avantages de ces- établissemens ; il a signalé les dangers auxquels ils 'sont exposés quand "ils- reposent- sur de fausses bases; il a essayé de résoudre les questions, qu'elles font ; naître, et a contribué puissamment à leur propagation (2). Ce sujet a élé traité également par Teteas à Leipzig, par

(1) Dans divers mémoires publiai en 1777, 1179 et 17S0, ■(2) Mémoires publiés -en 1708-

C^UMSS.DflS .WD^9, «UIIMH,1TC. $1

Guntuer à Ilamfeourg, par Karslen (1), par Fusa (a) et par ;Su»e»iIch, dans son célèbre ouvrage sur les lots assignées parla Providence à l'espèce humaine. (3)

Les caisses des veuves sont alimentées, comme celles des sociétés de prévoyance, par des capitaux versés et par des cotisations. périodiques.

.L'assistance est proportionnée.:

.A^Atige diiiBïtriet de la femme, au moment de la souscription ;

XA la probabilité du décès de l'un et de l'antre;

3° A la quotité des verseuens.

L'expérience a montré quq l'application des tables de mor- .tatité s'y treuve.modifiée,

:;iu:Bn ce que les femmes en faveur .desquelles l'institution est formée, jouissent généralement d'une bonne santé;

2? En ce que, chez les femmes, la mortalité s'affaiblit, après le temps de la fécondité ;

S0 En ce qu'au' contraire, souvent l'apparence de santé du Biarl est trompeuse ; son prédécès, ainsi, plus fréquent.

Kritter a proposé la base suivante :

Supposant une caisse formée par 2000 ménages souscripteurs,

Où l'âge moyen des maris soit de 40 ans; " Celui des' femmes de 32 ;

Et qui reçoive annuellement 200 nouveaux souscripteurs ;

Des que le premier aura atteint 50 ans, on aura trois fem- . mes pensionnaires, sur 5 souscripteurs.

Les caisses- des veuves ont été aussi exposées à quelques critiques ; on a révoqué en doute leur utilité ; elles ont beaucoup souffert en Allemagne, au milieu dcs-désastres qu'ont

(1> Théorie des caisses des i/euvet: 17S1.

(3) Éclaircissement sur les établissement publies, calculés sous la djreclion deLéonEuler: 1783.

(3) Die gœttlUhe Ordpung des mcnscfdkhen Gescldechts,

3i9,t,zedo, G00gle

: g/| * SECOKBX PAKTIB. LITRE II. CHAP. II.

■ entraînés les guerres du commencement de ce siècle, et leurs fonds n'ont pas toujours été respectés. Le mérite de relie institution est sans doute subordonné au choix des bases adoptées ; mais il ne saurait être contesté, lorsque les conditions en sont sagement combinées.

L'Allemagne méridionale n'a pas tardé à s'approprier ces vues d'une prévoyance inspirée par les sentimens de famille.

■ Une caisse générale des veuves et des orphelins avait été fondée, dès 1756, à Slullgard, pour le grand-duché de Wurtemberg; après avoir subi les suites fâcheuses des circonstances, elle a été rétablie en 1817. Des caisses spéciales ont été érigées pour diverses classes de la société dont les membres se sont à cet effet associés entre eux ; les ecclésiastiques protestais, les instituteurs, les militaires, les employés ont principalement adopté ce mode d'assistance mutuelle : au 30 juin

; 1830,1a caisse des employés payait des pensions à 334 veuves, et à 413 orphelins. Une caisse privée avait été ouverte la même année à Rotteinbourg ; elle était formée par actions; elle comptait 452 actionnaires, et possédait un capital de 78,573 florins, et pensionnait 15 veuves, par une somme an-

. nuelle et totale de 740 florins.

Le grand-duché de Bade possède aussi des caisses pour les veuves et les orphelins des employés civils (1) , des minisires du culte évangélique, des maîtres d'écoles et des instimteurs. (2)

(1) La société est volontaire; la pension est indépendan'é. de celle qui est pjêe par l'étal ; elle est correspondante à la mise. Sur 1 00 florins de traitement :

ta mise annuelle est de 1 flor. S0 kr. et la ™i« reçoit 19 flor. 30 *'•

Sur 1000 • ISflor. ' lfS

SurïOOO .45 «5 «rtainide

suite. — Moyennant une mise supplémentaire, on assure aussi un se ours aux

(S) Los pensions des veuvea sont de 30 à 40 florins.

Un rescript du grand-duc du 1S juin 18*2, a fondé une nmivrdlsj ctUs*

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