EMPLOI DES TABLES DE MORTALITÉ
a bases également dangereuses, dictées par le caprice, el « sans aucune notion des principes d'après lesquels doivent «être calculées les. valeurs des annuités en réversion. Les (i motifs qui ont inspiré les fondateurs de ces institutions « peuvent être louables; mais je pense qu'ils auraient dû « prendre des informations plus sûres.
* Plus ces institutions durent dé temps, plus est grand le « mal qu'elles produisent. H y a fotie à former un établissei ment de ce genre, en s'imaginant que son sort sera bientôt a déterminé par l'expérience. Si ses gérans ne sont pas plus « extravagans que la plus épaisse* ignorance peut les faire, * ils prospéreront pendant vingt ou trente ans , et, pour peu a que leur administration soit seulement passable, ils se s soutiendront pendant quarante ou cinquante ans, et trou- « veront enfin devant eux une ruine inéviufble. Tout système « erroné fonde l'utilité.du présent sur les désastres de l'ave- « nir, et vient en aide à un petit nombre d'individus, aux k dépens d'une foule-oombreusa de malheureux. » "
Après avoir évalué le nombre des hommes mariés qui entrent dans une société de prévoyance, et l'époque présumée de leur décès, on aura recours aux recherches sur la fécondité des mariages, pour évaluer approximativement Te nombre d'enfans en bas âge qui pourront, comme orphelins, avoir droit aux secours de la société après le décès de leurs pères; et les tables de mortalité indiqueront la proportion du nombre de ces pensionnaires qui s'éteindront d'âge en âge;
Au milieu de ces incertitudes, en présence d'éventualités si diverses et si difficiles à soumettre au calcul , il est deux règles, du moins, que les sociétés de prévoyance doivent s'imposer, et qui pour elles affaibliront les périls, si elles ne peuvent entièrement les prévenir :
1" Dans le doute, ou adoptera toujours la supposition qui conduit à exiger les mises et les contributions les plus élevées. Ce n'est pas seulement parce que l'erreur, en cas d'événement qui rendrait les ressources insuffisantes , serait la plus
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lâcheuse ; c'est aussi parce que diverses chconstane es imprévues peuvent amener également un des résultais plue défavorables ; une épidémie peut accroître le nombre des malades , multiplier les veuves et les orphelins.
2° Le fonds destiné aux secours extraordinaires, en cas de maladie, et ceux qui doivent servir les pensions, doivent former deux caisses distinctes. L'emploi des premiers étant naturellement soumis à des éventualités plus incertaines, ce fonds doit élre calculé d'une manière plus large, afin de pouvoir subvenir à tous les besoins; l'excédant, lorsqu'il s'en trouvera , sera versé dans la seconde caisse ; celle-ci sera une caisse de réserve; les pensions allouées aux veuves et aux orphelins seraient fixées seulement quant au minimum, et pourraient s'accroître si la caisse se trouvait en mesure d'en élever le montant
Les sociétés de prévoyance doivent éviter de recourir à des contributions extraordinaires sur leurs membres ; si cependant elles s'en réservent la faculté par leurs statuts , ce ne doit être que pour des circonstances, imprévues quant à l'événement, mais expressément déterminées quant à leur nature.