MOUYEBEST DE LA POPULATION
Le progros de la population représente donc et exprime, à quelques égards, celui de la civilisation elle-même. (1)
Assez d'obstacles naturels tendent à modérer, à arrêter quelquefois ces accroissemebs : les guerres, les disettes, les épidémies, le défaut d'industrie, les vices de la législation. On- a judicieusement remarqué d'ailleurs, que les mariages deviennent généralement d'autant moins féconds, que la popuIation est plus considérable (2). On a également cru remarquer que l'accroissement de la population devient moins sensible,, en raison de sa plus grande densité sur une surface
(1) Voj.Ylëlini, Principtej of population and production, Londres, 1819,
Grahame, An iaquiry into tke principle and production. Londres, 1610.
Purwer, sur le mèa» sujet. Londres, 1818.
Everelt, Ne» idées on population. V Édil. Ballon, 1828.
Poulet-Scrope, Prinàplti ofpolilieal economy. Loudres, 1833.
Loti, Handouch dtr Slaatiwirihicltafiilehre.
Rail, Lehrbueh dtr poùiitcken O£conomïct 2" édit.
Ces écrivains, entre autre», ont, sous divers rapports, signalé les avantages qui sont la tuile d'une population abondante.
(3) Cette remarque appartient spécialement à Sadler (tke law of population, Londres , 1830) , et a tiick.es , dans l'ouvrage déjà cité, suivant ce dernier, Isa «Ut* de l'Europe peuvent être distribués en gelasses, relativement à la fécondité des ni
Première claiie. Plut grande fécondité sur mille ménages. Royaume des Deux-Siàlej, 6,004 Province de Bergsune, 5,534
Province de Venise. 6,464 Royaume de Portugal. 6.187 '
Royaume de Wurtemberg. 6,433 Province de Milan, 6,007
Royaume de Bohème. 8,296
Deuxième claise. Fécondité moyenne.
Grand-duché de Hesse. 4,818 Gr.-duchédeMecklemuçiirg. 4,639 .
Monarchie autrichienne. 4,725 Rovaame de Prusse. 4.670
Royaume des Pays-Bas. 4,670 Empire de Russie. 4,637
Troisième clailc. Fécondité plus restreinte. •
France. . 4,148 Grand-duché de Sehlewig et
Hanovre. 4,121 { Holstein. 3,189
Suéde, 4,122 Royaume de Danemark. 3,498
Norwège. 3,985 Angleterre. 3,645
Gr.-duc de Brème et Berden, 3,884 Zélande. 8,496
258 SECOHDB PARTIE. LIVRE III. CHÀP, I.
donnée (1), quoique cependant ce second rapport subisse de nombreuses exceptions. Il semblerait donc que, d'après les
(1) D'après les calcul de H. de Prony (dans VAbnanach du bureau des longitudes), Us départemens de France peuvent être distribués en deux catégories , suivant que la densité de la population surpasse la moyenne de la France entière (80,288), ou lui est inférieure ; et en comparant cette densité spécifique au progrès plus ou moins rapide de la population dans les mêmes départemens , on troure les résultats suîvans :
Première classe
DéparUn
lent où la densité de po plus forte.
la population de 1801 à :
ulation cstla
uemem de
Nom A»Dép«t.
ir *,»,.«.
ITanb. SA.
Seine.
Seîne-et-Oisc.
Nord.
Finistère.
Rhône.
Puy-de-Dôme.
Seine-Inférieure.
Sar'the.
Bas<Rhin.
Vaueluse.
Haut-Rhin.
Oise.
Pas-de-Calais.
Enre.
Somme.
Mayenne.
Manche.
Saône (Haute-)
Calvados.
Vosges.
Cdtes-dn-Nord.
Haute-Garonne.
llie-et-Tilaine.
Loire -In férié lire.
Loire.
Moselle.
Deuxième
cloue.
feiuitè moyenne.
Meurt h c.
Ardeune*.
Lot-et-Garonne. ,
Hérault.
Isère.
Seine -et -Maine.
Maine-et-Loire.
Lot.
53,907 R. inc
Morbihan.
Dordogne.
•ïera-et-Gai'Minc.
62,914 R. inc.
Oharent:-In(érieure
Gironde.
Jura.
Haute- Vienne.
Ardèçhe.
Charente.
Hautes-Pyrénées.
Saône-et-Loire.
Bouches-du-Rhôiie.
Gard.
Dam-Sèvres-.
Tarn,
Ain.
Gers.
Haute-Loire.
Basses- Pyrénées.
Indre-et-Loire.
HOimwXKT SB LA POfrVLÀÎftHt. 309
lois mêmes de la nature, les générations humaines tendent à se développer en proportion de l'espace qui leur est offert, et à s'arrêter dans leur extension précisément lorsqu'elles deviennent plus nombreuses. Toutefois, ces deux remarques
Troisième classe. Deniilé la plus faible.
Eure-et-Loir.
Allier. .
Haute-Marns.
Loir-et-Cher.
Gantai.
Py rénées-Oriéntales.
Drôme.
Vw.
Cher.
Cote-d'Or.
Nièwe. j
Ande.
SU
Hautes-Alpes.
in
Marne,
Basses-Alpes.
in
Corse.
Aïeyrbn. 3
Moyenne de la France
Aube.
entière.
D'où l'on Toit qu'en France, l'accroissement de la population, est loin d'être généralement en raison de la densité, mais obéit encore a plusieurs autres circonstances.
Appliquons les mûmes rapproche mens à l'Angleterre.
Première classe. Comté* oit la densité de la population forte.
Mouvement de la population sur 100 liabitant,
l. MsrilB». i
■ est la plus
Kent
Herarord 261 /
Deuxième classé. Densité moyenne,
Nortingham 328 j i
Lester ■■■ 22t ( - - „„.
Sommerset.,. 320 °>™ *"*
Derby.,..-:.' 213 J
3iQitized oy GOOglC
KECOHBE FABTII. LIYtt HI. CHAT. I.
ne sauraient s'appliquer d'une manière absolue. Les rapports qu'elles semblent indiquer se modifient d'après le climat, les mœurs, le degré d'aisance et d'industrie. La densité de la population ne saurait être mesurée sans doute, d'après la seule superficie géométrique du territoire; il convient d'avoir égard en même temps à la fécondité du sol. Hais le sol, a son tour, invoque là présence de l'homme, pour acquérir toute sa force productive; il devient d'autant plus fertile, qu'il est plus habile. Voyez ces vastes régions de l'Asie et de l'Afrique, jadis couvertes d'abondantes moissons, aujourd'hui transformées en déserts stériles depuis que la race humaine s'en est retirée ! près de non», la Sicile, une portion même de l'Italie, en partie dépouillées de cette richesse agricole dont la
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■ Tro'uième claisc', Dsmits la plu) faible.
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