A SECONDE PARTI*. LIVBJE III. CHA.P. I
individus; mais se comportant, à certains égards, comme une seule personne morale. Dans chacune de ces familles- régnerail l'nnité de la production et de la consommation. La puissance de l'association se combinerait avec la distribution du travail; l'exploitation agricole, avec les opérations manufacturières; le trava.il des mains, avec l'emploi des machines; l'exercice des forces physiques, avec la culture des facultés intellectuelles, et même avec les jouissances des beaux-arts. Les, fonctions diverses y seraient réparties sous une même direction; l'action de chacun convergerait au même but; l'être collectif s'animerait en quelque sorte du souffle d'une vie commune; les individus disparaîtraient; il n'y aurait plus que les membres d'un corps unique. Le bien-être générai serait assuré à-la-fois, et par une production abondante, et par une juste répartition des produits, et par l'amélioration morale, intellectuelle, technique, de chaque membre de la communauté.
Sir Owen fonde avec raison, sur l'éducation de l'enfance, toutes les espérances de l'avenir, pour la civilisation. Pour l'accomplissement de ses vues particulières, il a besoin, comme on. le comprend, de s'emparer de l'être humain dès le berceau, pour étouffer, à son origine, tout penchant empreint de personnalité, pour faire en quelque sorte respirer avec la vie elle-même, l'esprit qui doit animer son institution. L'adulte, élevé dans nos sociétés présentes, ne peut se soumettre aux lois de la société coopérative, sans abdiquer son indépendance individuelle. Mais l'enfant, né au sein de la société coopérative, ne concevra jamais l'ambition de s'appartenir à lui-même- (1)
(1) Indépendamment du programme présenté par M. Owen, au congre* d'Ak-la-Chopelle , on peut consulter ion écrit intitulé : lïttv vie» of ih» society; nui* surtout un ouvrage composé par ion ami le docteur Macnab , qui a été traduit en français , par H. Lafon do Ladebat, sous le titre de ; Examen impartial des vues de M, Owen, ele. Paris, 1821.