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faire connaître les besoins et les moyens d'amélioration des manufactures, fabriques, arts et métiers} mais elles ne sont point appelées, à s'occuper spécialement de la destinée des classes ouvrières. Les conseils de prud'hommes exercent une juridiction d'arbitrage entre les fabricans et les ouvriers ; ils sont chargés d'une certaine surveillance sur les ateliers ; du reste, ils n'ont aucun moyen d'améliorer la condition de ces derniers; ils ne sont point appelés à leur servir de guides. D'ailleurs , cette juridiction n'existe que dans un petit nombre de localités ; elle est spéciale à certains genres de fabrications;
D'autres institutions se sont formées spontanément, en France, par les seules inspirations du zèle, et par la réunion d'amis de l'industrie: Dans leur nombre, se distinguent spécialement les sociétés industrielles de Nantes et de Mulhouse. La société de Nantes a pour but direct et essentiel , comme nous avons eu déjà occasion de l'indiquer, l'amélioration morale, intellectuelle et physique de la classe ouvrière. Elle propage l'instruction primaire chez les enfans des ouvriers; elle dirige et favorise leur enseignement secondaire et leur apprentissage dans l'état qu'ils ont choisi; elle administre une caisse de secours mutuels instituée en faveur des ouvriers adultes ; enfin , elle a érigé une bibliothèque d'ouvrages appropriés aux besoins des ouvriers de tout âge et de toute profession , dont elle met les volumes en circulation parmi eux, au moyen de prêts successifs. Quoique la société de Mulhouse ait principalement un but technique, l'avancement d'une branche d'industrie importante dont l'Alsace est le théâtre, elle s'occupe aussi avec une généreuse sollicitude de la destinée des ouvriers ; elle cherche à les éclairer sur leurs vrais intérêts; elle concourt à leur soulagement. La société de Nantes admet dans son sein, nonseulement des chefs d'établissémens , mais des hommes bienfaisans, quelle que soit leur condition; elle y admet aussi de simples ouvriers; car on devient membre de la société en
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déposant une somme de 15 francs. La société de Mulhouse est formée de manufacturiers. Les commissions temporaires qui, à diverses reprises, lorsque les travaux de la fabrique étaient frappes de stagnation, ont été chargées, à Lyon, de pourvoir aux cruelles nécessités <de la classe ouvrière ; les réunions* d'hommes distingués qui , dans an grand nombre de villes, i l'exemple de Paris et de Metz , se sont dévoués pour en- , soigner , à la classe ouvrière , dans des cours gratuits , l'application des sciences aux arts industriels, offrent pussî, sous plusieurs rapports, de nobles exemples des bienfaits qu'on peut attendre d'un patronage établi en faveur de cette portion intéressante de la société.
Quelques institutions de ce genre existent dans les autres pays de l'Europe; niais sont généralement peu connues. Telles sont, par exemple à Londres, la société instituée pour encourager l'industrie et faire diminuer la taxe de» paw vres,- les sociétés coopérative»; la soeie'te' pour supprimer la
-mendicité, érigée eu 1818; la société' amicale de Westminster, etc. (1). Eu, Allemagne, on peut compter anssi parmi les institutions formées dans un but analogue, la soeie'te' de bienfair mnce du royaume de Wurtemberg, dont souvent nous avons rappelé les utiles travaux ;, la société d'encouragement au travail formée à Aix-la-Chapelle, et dont nous avons déjà fait connaître l'existence. On peut même en signaler plusieurs en Italie, comme la société économique de Chiavari; la société d'encouragement de Varallo, en Piémont, etc. (2) Il ne s'agirait donc, pour réaliser l'institution que nous
■proposons ici , que de compléter ces premiers essais, de les généraliser, de donner un caractère plu» large et une organisation plus étendue, aux services qui viennent d'être rappelés.
(1) Blg/mUrtonpiiiUcCAoriilei sînce 1810, Londres, 1822. (2)Yoyet Saggio ml iaon governo delta memiicilà , etc., par M. le comte Pettili de Roreto, tome 2, pages 240-277,
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Les conseils ou comités de patronage . seraient composés, $d partie d'administrateurs et de magistrats, en partie de .chefs d'établissemens industriels, ou dé savana cultivant les .connaissances applicables aux arts, de syndics appartenant ■aux professions syndiquées. Quelques ouvriers distingués par leur caractère, leur instruction , leur expérience, y seraient agrégés.
Ces conseils seraient' investis des fonctions suivantes »
1° Ils guideraient, par leurs avis, la répartition dei travailleurs, entre l'industrie agricole et l'industrie manufacturière, le mouvement .des travailleurs de ville en ville, leur classement dans les différentes professions. Ils tadigne^ raient les lieux et les professions où se manifeste la demande d'us travail déterminé, ceux, où se manifeste un ex«ès d'offre de travail. A cet effet, un bureau de renseignemens serait érigé par eux,, et de temps en temps ils publieraient des avis pour la classe laborieuse,.
2° Ils présideraient à la création et à la direction d'écoles industrielles de divers degrés, depuis celles qui peuvent accompagner l'apprentissage ou en Caire partie, jusqu'à celles qui enseignent l'application des sciences aux arts utiles. Des eucouragemens seraient, par eux, décernés aux eufans , aux ftddlescens , aux adultes , qui auraient fait le plus de progrès, Ils réuniraient tous les autres moyens d'instruction qui pour-^ raient être utiles à la claBie ouvrière ^bibliothèques spéciales, collections de modèles, etc.
. S" Ils provoqueraient la formation de sociétés de prévoyance entre les ouvriers; ils guideraient ces sociétés dans la formation et l'exécution de leurs réglemens. G» associations, peur être autorisée» par L'administration publique, devraient être tenues de soumettre d'abord leurs, statuts aux conseils de patronage , de leur soumettre ensuite leurs comptes annuels de gestion; les conseils de palronage exerceraient sur elles toutes les fonction* de la tutelle.
ù° Un fonds de secours serait mis à la disposition de ces
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conseils ; il se composerait en partie d'allocations accordées par les provinces , départemens , cantons , communes j partie d'une -part dans le produit des patentes , partie de dons, offerts, ou de souscriptions annuelles offertes par des personnes généreuses.
Cette caisse servirait : 1° à assister , dans le cas de nécessite, les travailleurs obligés de changer de résidence ou de ■profession, ù cause des variations dans la demande de travail, pour subvenir en partie aux. frais de voyage, ou pour les soutenir pendant les intervalles d'inaction ; 2° à concourir pour les dépenses relatives à l'instruction de la classe ouvrière ; 3° à contribuer* aux dotations des sociétés de se,-. cours mutuels; W à former une réserve qui, dans les crises industrielle^ , offrirait un premier moyen d'assisté? les travailleurs les pins malheureux ; 5° à décerner des encoura-* gemcns et des récompenses.
L'institution du patronage industriel, telle qu'elle vient d'être conçue , se lierait â celle des comités de placement, à celle des syndicats qui ont été également proposés cl" devant. Elle se lierait aux institutions déjà- existantes qui viennent d'être signalées, telles qu'en France, les chambres consultatives des ans et manufactures, les comices agricoles, les sociétés industrielles, les cours d'application des sciences aux arts, etc., qui ont pour but le progrès de l'industrie et l'instruction des ouvriers. Elle pourrait se lier encore à celle des caisses d'épargnes, à celle des nlonts-de-plété, en supposant du moins que l'organisation des monts-de-piété fut elle-même modifiée de manière a être plus utile, tes fonds destinés à alimenter la caisse de l'institution du patronage , comme ceux qui serviraient aux assurances pour les besoins des ouvriers dans la vieillesse, la maladie, et pour ceux do leurs veuves et Je leurs enfans, seraient déposés au montde-piété, et y fructifieraient en attendant leur emploi.
Enfin , l'institution de patronage serait, pour le gouvernement lui-même , une lumière précieuse. Elle l'écloircrait sur
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les intérêts des classes laborieuses et sur les moyens d'ei améliorer le sort.