DES TBAYAILXBUKS AUX SERVICES PUBLICS
gles générales et constantes s'appliquent mieux à l'organisation des premiers ; les mesures titulaires en faveur des ouvriers n'ont, dans les seconds, qu'un effet plus restreint.
Nous proposerions donc que les travailleurs employés aux différens services publics, fussent immatriculés, à ce titre, sur des registres indiquant s'ils sont ou non pères de famille, et les principales circonstances relatives à chacun d'eux ; qu'il fût opère" sur leurs salaires une légère retenue, placée dans les caisses d'épargnes; que, sur les deniers publics, un supplément y fût ajouté, pour former une caisse de reserve désir' 'l ' tinée à subvenir à leurs nécessités, en cas d'accidens, ouf f dans la vieillesse, comme aussi à assister leurs veuves et leurs f ( enfans; qu'ils fussent soumis à une discipline protectrice. M Nous voudrions que l'administration veillât à ce que leurs enfans reçussent une éducation convenable; que des éncouragemens vinssent entretenir chez eux une louable émulation, en un mot qu'ils formassent une sorte de famille, et reconnussent dans l'administration une prévoyance pater-v néïle.T)es commissaires et des syndics, nommés par elle, la représenteraient auprès des ouvriers, et présideraient à cette organisation. Les travailleurs qui ne seraient appelés qu'à un service temporaire, profiteraient d'une partie de ces avantages : on aurait soin de les prévenir de l'époque à laquelle ils cesseraient d'être occupés;' on s'appliquerait à les diriger pour trouver ensuite d'autres emplois; on leur conserverait un petit fonds de réserve, pour l'époque où ils quitteraient l'atelier; on veillerait à ce qu'ils en usassent avec prudence, avec économie. Enfin, on organiserait les ateliers, de manière à ce que les ouvriers pussent continuer à s'y instruire et à devenir de jour en jour plus habiles.
Cesouvriers seraient donc en quelque sorte enrégimentés. De leur côté, les soldats, en temps de paix, pourraient rece- ■oir aussi quelque éducation industrielle. Déjà les anciens en oit donné l'exemple, et quelques états modernes ont essayé dt faire exécuter par les mains de l'armée, divers ouvrages
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publics. Ici, l'organisation qne noUs proposons s'établirait d'elle-même, et le soldai rentrerait dans ses foyer*, avec l'avantagé d'avoir conservé l'habitude du travail, de s'en être relidti plus capable, el d'avoir acquis un petit pécule qui lui serait précieux pour Rétablir.
£ri France, les anciennes créations de Louis XIV et de Cblbert, la célèbre ordonnance de 1681, maintenue, avec quelques modifications par les lois des 7 janvier 1791 et 3 brumaire an i», OHt introduit avec succès une organisation semblables telle qaenotlS proposons) nôn-seulementpourlèa marins, fnâïs pour les ouvriers propres au service des ports. Là fie «vantureese des marins,- l'élolguement où ils vivent de ledrS familles, les dangers auxquels ils s'exposent, l'insouciance même qui Souvent se combine avec leur courage, les tentations qui les attendent sur terre, bhx jours dé repos, sollicitaient en le tir faveur une protection toute spéciale. La caisse des Invalides de la marine offre cet appui, leur ménage des ressources, leur crée un modeste patrimoine. La vie du marin s'écoule dans des circonstances, tout exceptionnelles; i! est soumis a un régime spécial que ne comporte pas l'existence d'un ouvrier occupé à un métier sédentaire. Cependant la législation française a, sous quelques rapports, assimilé AU marin, l'ouvrier employé dans les ports, soit à la const'ruc- . tlon OU a l'équipement des Aâvires, soit à divers autres services publics. Elle fait enregistrer ces ouvriersi elle leur assure des avantages déterminés; elle règle leur apprentissage, leur avancement; cite teUr donne une organisation; elle pourvoit' ' aux intérêts de leurs épouses et de leurs enfans (1).' L'application de ces mesures est confiée à des syndicats qui exercent à-la-fois et une autorité disciplinaire, et un patronage
(1) Voy. la lui du 3 janvier 1781, ar(, 2, etc. — La première loi il brumaire in iv, secl. v, art. 44, 46, 46, et truisme loi spéciale, sou meurt! ddle, eottetrnanl les Maîtres entretenus de tottte profission, et les ttmi employés ttla, travaux des ports et arsenaux de la marine.
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tulélaire sur les professions maritimes. Ce régime serait susceptible de quelques perfectionne mens, et ses bases pourraient élre appliquées aux professions dont l'exercice se rattache aux différons services publics. (1)
ARTICLE VIL Des institution] dt patronage industriel.
Un dernier ordre d'institutions est nécessaire pour compléter, coordonner le système d'organisation qui vient d'être proposé dans les articles précédons; il en deviendrait le centre, il pourrait suppléer aux moyens qui ont.été indiqués ; sans doute , il en ferait concevoir , accomplir d'autres, et de meilleurs, peut-être..
Ces institutions consisteraient dans des conseils ou comi- Y tés de patronage industriel , quelle que fut la dénomination V qu'on jugerait à propos de leur donner, et qui seraient formés,dans chaque département, ou même dans un arrondisment, un canton, ou dans une ville, 'lorsque cet arrondissement, ce canton ou cette ville serait le foyer d'une industrie considérable.
Déjà, en France du moins, le besoin d'institutions semblables s'est fait sentir, depuis la destruction des corporations d'arts et métiers. C'est en partie dans cet esprit que notre législation a fondé les chambres consultatives des arts et manufactures (2) et les conseils de prud'hommes (3). Les chambres consultatives ont essentiellement pour objet de
(1} H. Henri Kickclot, vient d'imposer avec talent, et dans un tiou esprit, UDe idée semblable, dans le journal tdes Dëbati des 22 septembre et 17 octobre 1888.
(2J Loi du 22 germinal an xi , et arrêt «insulaire du 10 thermidor de (a iiéaie année.
(1) Loi OU 16 «ar) 1806) décrets de) lt juin 180', et 30 féitier 1610.