‹ De la bienfaisance publique; (volume 5)Chapitre 73 sur 132 · AJHELIOSATIOII DE LA VIE PHYSIQUE · texte numérisé non relu

AJHELIOSATIOII DE LA VIE PHYSIQUE

suite sous le rapport hygiénique , enfin sous le rapport économique. Attachons-nous d'abord au point de vue général.

C'est en> vain que les amis de l'humanité désirent ardemment de .voir l'homme laborieux jouir d'une plus grande aisance, goûter une pins grande sécurité ; c'est en vain que l'administration publique médite et réalise les plus savantes combinaisons pour lui assurer ce bienfait, s'il ne sait s'aider lui-même, s'il n'apprend à se couduirivOn ne peut assez le répéter : la destinée de l'homme laborieux dépend surtout de lui-même. Ici, nous n'avons plus à lui offrir que des encouragemens et des conseils; mais, combien les uns et les antres lui sont nécessaires !

Le premier de ions les conseils, est celui qui a pour objet1 le choix d'un état. Il est peu de résolution aussi importante pour lui, aussi décisive pour sa vie entière, et cependant aussi difficile. Il doit en effet se décider pour la profession la mieux appropriée à ses forces physiques, à sa capacité intellectuelle , et même à ses dispositions et à ses goûts ; il faut aussi qn'il se rende compte des capitaux qu'elle exige et de ceux dont il peut disposer; il faut qu'il examine la concurrence' contre laquelle il aura à lutter , le besoin de travailleurs qui se fait sentir, les appuis sur lesquels il peut compter pour se placer et pour réussir. Or , où puisera-t-il tous les renseignemens dont il a besoin pour faire une comparaison judicieuse, et les lumières nécessaires pour bien calculer les probabilités de succès? Le plus souvent, ce choix est pour .lui l'effet du hasard. Il préfère naturellement la profession de son père , comme son père se plaît à trouver en lui un associé d'abord , un successeur ensuite. Il y a d'ailleurs dans un tel choix, plusieurs avantages : son apprentissage a commencé en quelque sorte avec le berceau; l'ap- . prenti est familier dès l'enfance avec le détail des pratiques de l'art; le fils évite des frais d'instruction et d'établissement. Mais il pent n'être pas propre à la profession que son père exerçait; cette profession peut être en décadence; enfin, tons

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les fils ne peuvent succéder au métier d'un même, père. Alors, on saisit à l'aveugle l'occasion qui se présente ; on suit ravis d'un parent, d'un ami ; souvent la détermination prise n'est qu'un caprice de jeune nomme.

Après avoir choisi un état, il est ordinairement convenable de s'y tenir) mais si l'ouvrier s'est trompé, s'il reconnaît son erreur, si les circonstances changent et deviennent moins favorables, une nraelle délibération doit être prise; de nouvelles difficultés vont se présenter j car l'ouvrier le pins laborieux n'est pas, à tout âge, en mesare d'embrasser une autre profession, quelle qu'elle soit, en abandonnant celle qu'il avai( exercée jusqu'alors.

Il est non que l'homme' de travail , en se lisant .sur le choix d'une profession déterminée, en «'appliquant autant qu'il esi en lui pour s'en rendre capable , en y persévérant autant que les circonstances le permettent, se mette cependant en masure de faire, au besoin, quelque autre ouvrage, surtout si la profession qu'il adopte est sujette a des intermittences. L'homme qui n'est propre qu'à une seule et unique chose, y réussira peut-être mieux; mais il y aura pour lui des temps forcés d'inaction. Quelquefois aussi on fait mieux., lorsqu'on sait comparer , et c'est un avantage surtout dans les, opérations qui demandent de l'intelligence. Il est reconnu que ce genre d'habileté est particulier h l'ouvrier français ; il passe facilement d'une chose jt l'autre ; mais il abuse trop souvent de cette facilité, elle nuit ches lui à la constance.

Le second conseil est relatif au choi* de la résidence. Lus gens de travail qui s'associent à leur père, et qui leur succèdent ensuite , se trouvent naturellement fixés à ses cotés- Mais ceux qui se placent ailleurs que sqns le toit paternel, eut à opter entre la ville ou la campagne , .quelquefois entre - plusieurs contrées , plusieurs villes, plusieurs quartiers de la même ville. Cette détermination dépend désavantages qu des inconvénient propres à chaque localité, des protections que rouvrier"p*ut y espérer, des rivalités qu'il peut y ren-;

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centrer, de la demande de travail qui peut l'y favoriser- Ces. circonstances varient aussi, et peuvent conseiller un dépiaceDieni. Le déplacement a par lui-même des inconvénient inévitables , entraîne des frais et des pertes, Comment un simple ouvrier pourrn-i-il s'éelairer suffisamment sur le parti qn'il doit prendre? quelles informations auru-t-il à sa disposition pour apprécier les facilités ou le» obstacles propres à chaque looalité? ,

La troisième détermination , en suivant l'ordre du temps , mais la première peut-être en rang , par l'importance , est eelle qui est relative au mariage , à l'époque favorable pour en contracter les liens, au choix d'une épouse f nous ne considérons encore ici , dans' celte grave détermination , que les intérêts parement matériels du travailleur. Il attendra qu'il ait amassé des épargnes suffisantes pour établir un ménage) qu'il ait obtenu une situation assez assurée et assez avantageuse pour entretenir une famille ; il choisira une compagne, bien portante, économe, laborieuse, qui lui apporte quelques ressources, d'utiles appuis, dont la profession puisse se concilier avec la sienne.

Ces trois déterminations composent les conditions principales et fondamentales desquelles dépend presque toujours la destinée entière de l'homme qui vit du travail de ses mains,

Elles ne sont pas moins essentielles , sans doute , pour les filles, que pour les garçons ; mais les motifs qui y président diffèrent relativement aux deux sexes. L'option offerte aux filles pour le choix d'un état, est beaucoup plus restreinte. Leur séjour est naturellement fixé au sein de leur famille i elles y trouvent de précieux avantages, celui de la sécurité surtout. SI elles se placent au-dehors , ce n'est plus tant le ohorx de la contrée qui importe pour elle, que le choix de la famille où elles se placent, et près de laquelle elles doivent trouver une protection, en même temps que des moyens d'existence : choix délicat et d'autant plus difficile pour elles, qu'elles se trouvent plus éloignées de leurs paréos! Enfin ,

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l'hymen exerce sur la destinée des femmes, une influence beaucoup plus étendue que sur celle des nommes. Elles ont besoin, en le contractant, d'une prudence plu» grande encore, et cependant elles ont, par elles-mêmes , moins de moyens pour se guider. Quelle sera leur situation, si elles ne trouvent pas dans leurs parens eux-mêmes, les guides dont elles ont tant besoin? ,

Il est encore deux conditions essentielles au bien-être de l'ouvrier. La première embrasse sa vie entière : c'est l'économie du temps. Chaque heure, nous dirions presque chaque minute, a une valeur pour l'homme laborieux. lia diligence ne consiste pas dans la précipitation , mais dans le soin de mettre tous les' momens à profit. Outre le temps perdu par la lenteur et la négligence , il est un temps qui se perd par l'effet de l'agitation elle-même; il en est un qui se perd par les allées et venues inutiles, par le défaut d'ordre, de suite et de persévérance.

Le bon emploi du temps- consiste encore dans l'art de distribuer les occupations , dans le mode de succession' que l'an sait établir entre elles. Il est telle occupation qui s'accomplit beaucoup mieux avant ou après une autre; il est tel ouvrage qui, par la variété seule, repose du précédent ; la récréation n'est souvent qu'un changement dans le mode d'activité.

Il est généralement reconnu que l'ouvrier anglais fait beaucoup plus d'ouvrage, dans un temps donné, que l'ouvrier français, parce qu'il a plus d'application et de patience, et c'est l'une des principales causes pour lesquelles le salaire du premier est plus élevé. L'ouvrier allemand travaille plus que l'ouvrier français , moins que l'ouvrier anglais. Dans les grandes fabriques de France , on est contraint d'employer un plus grand nombre de contre-maîtres, parce que les ouvriers, facilement distraits ou dissipés, ont besoin d'être soumis ï une plus active surveillance. (1)

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La seconde condition consiste dans l'art de conserver, de ménager, art plus nécessaire sans doute à ceux qui possèdent le moins , et cependant trop négligé par eux. Il se compose d'une foule de petits soins continus, bien entendus : mettre chaque cbose à sa place, réparer les objets dès qu'ils se dénaturent, les entretenir dans une extrême propreté, ne consommer qu'en cas de besoin et dans la mesure précise du besoin , employer tout ce qui 'peut être utile. Les femmes y sont surtout éminemment propres ; c'est beaucoup d'obtenir des hommes qu'ils ne les contrarient pas dans cette œuvre.

De Véconomie domestique, appliquée à la classe taborieuse.

Un non manuel d'économie domestique populaire serait l'un des présens les plus précieux qui pût être fait à la classe laborieuse (1). L'homme de travail, lorsqu'il vit au jour le jour, sans plan, sans règle, sans calcul, se prépare presque infailliblement la détresse. Ne s'occuper que du présent, est le moyen de perdre l'avenir.

L'économie, pour le simple ouvrier, comme pour tout autre, consiste sans doute a ne pas dépenser au-delà de ses ressources, à ne pas dépenser sans nécessité; mais elle consiste aussi à savoir dépenser à propos. Il y a des dépenses productives, comme, par exemple, celle qui a pour objet de

aux tables du supplementary report of the factoij comminioners. Voy. aussi tes déclarations de MM. Graiidin, Jourdain Ribouleau, Lefèrre Dnnouflé,' et autres fabricant , dans l'enquête dirigée par le ministère du commerce , à Paris, en 1834.

(1} Ce don lui a été fait par plusieurs écrits de madame Celnart : le Manuel d'économie politique, celui des habitant des campagnes, \

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