III
338 SECONDE PASTIS. LÏYRK m. CHAI». MI.
se pourvoir d'instrumens et d'outils, on d'acquérir de l'instruction. Il y a une économie, pour l'ouvrier sédentaire, à se mettre dans ses meubles, lorsqu'il en a le' moyen. Ainsi encore, on épargne en achetant au moment opportun, en formant quelquefois de petits approvisionnement en saisissant l'occasion favorable. Il y a telle dépense qui en évité de plus considérables. Il peut y avoir avantage de payer pins cher, si les choses que l'on achète, sont, par leur qualité, d'un meilleur usage; il est des choses qui, quoique à un prix inférieur en apparence , coûtent cependant davantage , parce qu'elfes font moins de profit , comme on dit , et qn'il faut les renouveler plus souvent. *
Le but que doit se proposer l'ouvrier, est d'arriver graduel- . lement à se former un petit capital. Mais, dans tous les cas, il lui est indispensable de régler ses dépenses. Ce conseil renferme en quelque sorte toute l'essence d'un bon régime de vie, pour l'homme qui vit du travail de ses mains. Quelque pauvre qu'il soit, il faut qn'il sache compter, se former un plan et se rendre compte. Ce petit budget Fécla.irera sur la manière de se tirer d'affaire avee des ressources très limitées. Ici s'appliqueront les calculs de ta prévoyance; ils apprendront à réserver, pour la saison rigoureuse, une portion des salaires perçus pendant un temps plus favorable; à se mettre en mesure pour payer les termes de loyer, pour renouveler le linge, les vêtemens,le mobilier, les outils ; à faire des achat» plus en grand, lorsque, de la sorte, on achète à meilleur prix; à tenir de petites épargnes prêtes pour des accidens imprévus. Ce n'est pas assez de faire son compte pour l'année; il convient d'aviser aux circonstances qui peuvent arriver à des époques plus lointaines : un établissement à former, les couches d'une mère, l'éducation des enfans, la vieillesse enfin et ses infirmités. Ces calculs ne sont pas aussi faciles qu'on pourrait le croire; les élémens en sont nombreux, quoique les sommes soient simples. Ils demandent un certain degré d'instruction, et surtout la réflexion et l'expérience.
Jigitizedo, G00gle
Le logement en garni esf. malheureusement nécessaire a l'ouvrier qui ne fait dans les villes, qu'un séjour passager, comme le maçon, par exemple; il peut convenir aussi à l'ouvrier célibataire qui débute dans son métier. Mais îi a d'ailleurs de graves inconvéniens pour la santé et ja moralité des hommes de travail, et de plus graves encore pour les femmes. Quel spectacle hideux vient frapper les regards, lorsqu'on pénètre dans ces habitations ou les lits sont entassés dans dès salles basses et infectes! De sages réglemens de police préviendraient une partie de ces inconvéniens. Il serait digue aussi des institutions de patronage industriel, de provoquer l'érection d'hôtelleries construites et disposées pour loger convenablement dans les villes les ouvriers étrangers.
Les habitations des ouvriers qui sont dans leurs meubles, n'offrent pas1 souvent elles-mêmes un tableau satisfaisant, surtout dans les villes de France. Voye/, dans les villes dn nord, ces antres souterrains qui leur servent généralement d'asiles! Voyez à Lyou ces logemens étroits, bas, obscurs, où sqnt entassés lés métiers, les lits, les ouvriers, la famille, jusqu'aux septième et huitième étages! Sans doute la cherté des loyers contraint les habitàns peu aisés des grandes cités, à se contenter d'humbles réduits. Mais, 'en d'autres villes, l'homme de travail trouve cependant un asile où il peut respirer sans être condamné à une dépense qni excède ses ressources; en Allemagne, dans le nord de l'Europe, 11 est logé d'une manière plus convenable; la lumière du jour, les rayons du soleil arrivent jusqu'à lui; la propreté supplée à l'élégance. Une habitation décente, salubre, suffisamment commode est un des élémens du bien-être, pour l'homme civilisé; 11 est bien que l'homme de travail, au milieu de ses fatigues, goûte quelque sérénité d'esprit, et cette disposition dépend beaucoup de l'aspect que lui offre son habitation, et des impressions qu'il en reçoit.
En Angleterre, les artisans d'nne bonne conduite évitent
3A0 SECONDE PARTIE. LIVRB III. CHAF. III.
généralement de se loger dans, l'intérieur des villes où les loyers sont à un prix très élevé, où les habitations sont étroites, malsaines ; ils s'établissent dans nn cottage placé hors des faubourgs, à portée de la grande route, et auquel est joint nn petit jardinet. Chaque jour, quand la saison le permet , l'ouvrier donne quelques instans à la culture de ses plantes, elle forme son délassement. Un rez-de-chaussée compose seul ordinairement ces cottage!; quelquefois cependant, une chambre est prise dans les combles quand la famille est nombreuse. Derrière la' maison, et sous un toit en appeuti, sont établies de petites dépendances, comme cellier, bûcher, etc., etc.
On cite, en Belgique, les habitations que feu M. Dégorges avait fait construire pour ses ouvriers à Horney. M. Biolley, à Venins, abandonnant l'ancien système de bâtimens à quatre ou cinq étages, a fait tracer une nouvelle rue , bordée, de maisons n'ayant qu'un étage et une mansarde, avec un petit jardin. L'habitation renferme quatre pièces : elle suffit pour L'ouvrier et sa famille. Elle coûte environ 2000 fr. de premier établissement, et rapporte un loyer de 100 à 1S0 fr,, qui s'acquitte par une retenue hebdomadaire sur le salaire de l'ouvrier. Cet estimable fabricant a, de la sorte,' évité les inconvéniens attachés à une nombreuse agglomération d'ouvriers sous le même toit.
On cite également, en France, les logemens construits pour les ouvriers dans le grand établissement d'Indret (Loire-Inférieure), qui offrent une analogie sensible avec les cottages anglais. On doit signaler aussi les maisonnettes dont se compose le hameau élevé à Auchy-les-Moines, près Hesdin , par M. Grivel, propriétaire de la belle filature qui y est établie, et qui présente une analogie non moins frappante avec les constructions exécutées à Vervins par M- Biolley.
Nous applaudissons aux créations du génie de l'architecture, lorsque dans la construction des monumens publics, des édifices, des palais, des villa, il déploie la splendeur et la ma-:
gniûcence. Mais il serait digne aussi de lui de s'intéresser à la situation de tant de milliers de familles, qui vivent à la sueur de leur front, et de résoudre le problème du mode de construction qui leur offrirait, au moindre prix de location, l'habitation la mieux appropriée à leurs convenances. S'il était résoin, il se présenterait des entrepreneurs qui exécuteraient d'après ce modèle; car ils y trouveraient leur propre avantage.
Des primes ont été offertes aux architectes, dans plusieurs villes d'Angleterre et d'Ecosse , pour obtenir les meilleurs plans de cottages, et pour des projets d'habitations économiques saines, bien distribuées. Une commission a été nommée, en 1838, par le conseil central de salubrité publique à Bruxelles, pour vérifier l'état des habitations de la classe ouvrière dans cette grande ville, et pour proposer les moyens de l'améliorer; elle en trace, dans son rapport, le tableau le pins affligeant. L'extérieur, l'intérieur, les distributions, les ailées, les escaliers, tous les détails offrent la même misère, la même saleté, la même incommodité, la même insalubrité. a. L'emplacement occupé par chaque famille est généralece ment beaucoup trop resserré, pour que chacun de ses mem- « bres jouisse de la portion d'air nécessaire a la conservation a de la santé. Aussi leur apparence est-elle généralement « chétive et souffreteuse; les enfans pâles et décharnés portent « des traces visibles de souffrances privées ; le nombre des « rachiliques et des scrofuleux^est considérable; et la mor- . « taliié est telle chez les enfans et les vieillards, qu'elle dé- « passe encore les moyennes les plus défavorables. » A des masures humides, obscures, mal aérées, la commission a proposé de substituer des bàtimens communs, vastes, bien éclairés, bien ventilés, situés dans les faubourgs. Ils seraient ■ partagés en un certain nombre de logemens, aussi indépendans que possible, pour des ménages de quatre ou cinq personnes. Ils auraient des locaux communs pour cuisine, buanderie, infirmerie, bains, chauffoir et même salle d'asile, une
362 sscoDDB l'Aime, mvke m. chaf. m.
grande cour, la pompe on fontaine. Elle a calculé qu'un loyer de S i'r. 60 cent, par semaine indemniserait largement le propriétaire (1) ; ce serait , comme on voit , une demi- association en communauté.
L'habitant des campagnes repose-t-U du moins dans de meilleurs gttes? Dans une grande portion de la France, les chaumières ressemblent souvent encore à des buttes de sauvages. Cependant; un ami de l'humanité, un agronome distingué (3), a pris soin de tracer les plans d'habitations qui rempliraient toutes les conditions désirables, qui réuniraient à la solidité, a la salubrité plusieurs avantages pour le service des exploitations rurales. Il y a toujours une économie dans ce qui est bien fait, et dans ce qui dure.
La difficulté consiste ici en ce que les batiniens ne peuvent être à volonté renversés et reconstruits sur un autre plan; Biais, du moins, l'amélioration pourrait-elle s'introduire graduellement, à mesure qu'on est contraint de démolir, à mesure qu'on construit à neuf. Chaque année, depuis que l'Europe jouit des bienfaits de la pais., des milliers de maisons s'érigent, des bourgs, des villes même s'élèvent en divers pays, ou voient leur enceinte s'étendre.
Quel «st celui des autres élémens de l'existence matérielle de l'homme de travail, qui ne pût être considérablement amélioré, non-seulement sans augmentation de dépenses, mais avec une économie certaine? quelle n'est pas en France du moins, l'imperfection des appareils de chauffage, et des •moyens d'éclairage par exemple! Le comte deRampford, le premier, a porté sur la préparation des alimens du pauvre, les lumières déjà science ; cependant ses conseils sont presqne demeurés jusqu'à ce jour dans le domaine de ht théorie; ils n'ont point pénétré sous le toit de l'ouvrier et du laboureur.
(1) Yoyet le Rapport de la commission précitée, rédigé par M. Ducpétiaiw, et publié à Bruielles, en 18S8.
(ÎJM.Morelde Vindé, pair de Frany*.
La question de l'emploi de la gélatine n'est point encore définitivement résolue. Le comte de Bumpford avait également fait exécuter le modèle d'un lit qui n'occasîonait aucun encombrement, qui était solide, chaud, très propre, et d'une extrême simplicité. A peine a-t-il été connu. Il y aurait quelques recherches à faire sur le choix des vêtemens pour l'ouvrier, suivant les climats et les professions, sur la coiffure qui lui convient le mieux. Il est exposé à être fréquemment trompé sur la qualité des objets de consommation qu'il achète.
Dans plusieurs viUes et bourgs de l'Angleterre et de L'Allemagne, des personnes généreuses ont eu l'idée d'établir des cuisines banales on les ouvriers trouvent des alimens préparés avec soin, an prix le plus modique; comme aussi des boutiques assorties d'étoffes et d'autres articles à leur usage choisis avec discernement, pour lui éviter la peine de la recherche et le danger de L'erreur. L'économie du temps est ainsi jointe pour lui à celle de la dépense.
Il y a toujours un avantage manifeste à organiser un service commun, en le mettant sous la direction de personnes capables : il se fait à meilleur marché, parce qu'on opère en grand; l'opération est mieux conduite. C'est ainsi que, dans les campagnes, on établit un four, un pressoir banal. Les services quelquefois pourraient être organisés par un concert spontané entre les ouvriers eux-inémés; quelquefois ils s'établiraient par entreprises. Les distributions de bouillons inlrow duiies à Paris par la Compagnie hollandaise, fournissent des alimens dont l'usage n'est pas dédaigné par les personnes aisées, et dont le prix cependant est si modéré, que l'administration des secours publics n'a pas trouvé de moyen plus économique pour nourrir les indigens. Cet exemple suffit pour faire apercevoir tout ce qu'on pourrait attendre d'un semblable genre d'établissenièns, en les garantissant par une sage surveillance. L'artde l'architecture, en concevant le plan d'édifices destinés à l'habitation de la classe ouvrière, pdur-
344 SECONDE P-UiTIK. LIVRE III. CHU' III.
mil y faire entrer des dispositions favorables à la communauté de certains services. (1)
(1) M. le baron deMorogues a évalué , comme il suit, la dépense nécessaire , dans les grandes villes de France , à une famille d'ouvriers, composée du chef, de sa femme et de trois entons , ou de deux enfuis et d'un vieillard.
Pain, un demi-kil, par personne, pour 6 personnes,
pendant 365 jours: 912 lui. à 32 cent, et 1/2 frt, 290 40 t.
Viande, œufs, fromage, tégumesou assaisonnemens, tel compris, à 60 cent, par jour, pour 6 individus. . .. 182 50
Boissons fèrmenlées à 26 cent, par jour, pour la famille , 91 as
Total " fr. 670 16 c.
2* Logement.
Habitation fr. 60 ]
S'en et lumière 40 I
Imposilionï directes 10 J fr, , 140
Renouvellement et entretien I
du mobilier 30 J
3° Vittmau.
Habits et litige, pour le chef,
à raison de. fr. 60
Four la femme 30
Pour 3 enfans , . 00
Dépenses imprévues, ustensiles,
tabac, ele 19 B3
Total fr. 860 O
Le même auteur modifie, comme il suit , ces évaluations , pour une famille d'ouvriers de la campagne , composée de la même manière :
1° Nourriture.
Pain de ménage, à raison de 580 grammes par télé, et Jiar
jour, au prix de 28 c. par kil fr. 303 52 c.
Laitage, légumes, viande, assaisonnemens , sel compris, à
25 c. par jour 91 26
{") De la misère des «arien , etc. Paris . i83î , page si ,
3,t,zedb,ÇoogIe.
HYGIÉHE POITLAIBE. 3Ù5
ARTICLE UI
De t'Itygiènt populaire.
Les vérités les plus manifestes, les plus triviales sont souvent celles dont les conséquences pratiques sont le plus négligées. Qui ne sail, qui ne dit que la santé est le plus pré-
Boïuons fermentera, à raison de 10 cent, par jour, pour tout la ménage..... SB 60
.Total fr. 4SI 37 c.
a" Logtment.
Maiœn à petit jardin fr. 40 ]
Impôts directs
Entretien du mobilier. •
fr. 70
3" Véttmau.
Habit* et linge pour le chef fr. 35 1
— pour la femme 20 [ fr, 100
— pour 3 enfant 46 J
4* Dépense* imprévues.
Ustensiles, tabac, etc 18 75
Total fr, 010(*)
Voici les prix auxquels l'administration des hospices de Paria, par des ter' vices en grand, te procure le* objet* nécessaires pour les convalescens , en bonne qualité :
Faindelkil fr. 30 à 35 c
Via de cril, le litre. 80
Viande cuite, le 1/2 kil. 50
Bouillon, le 1/2 litre 1Q
JV. B. Cas deux derniers articles sont fournis par la Compagnie bollaii-
Pautalon de molleton ; fr. 3 36 c.
■ d'hommes , 3 75
1 de femme*..,,.. , , 3 cq
(*) Ibid., page 61.
3tV6 SECONDS FAB.TIS. LIVHB III. CHAP. III.
cieux trésor pour l'homme qui vit du travail de ses mains, qu'elle double ses forces; que la maladie interrompt ses occupations, devient pour lui une cause de ruine; que les infirmités prolongées, qu'une vieillesse anticipée, le plongent dans
Layettes pour en fans - 14
Demi-layettes à quatre couches... 9
Camisole de laine .......,..■■■■., 4
Couverture, laine et colon 7 50
p™ d« "»ji™ i" i taST:
' Les évaluation» de M. le baron de Morognes paraissent incomplètes. On n'y voit figurer ni les frais d'éducation des enfans, ni ceux qu'entraînent les cou— ches de la femme, les aceidens ou les maladies don) peuvent être atteints les membres de la Emilie, ni le blanchissage qui, pour les ouvriers en ville , est une dépense assez notable.
, Il est î remarquer d'ailleurs que ces évaluations se modifient d'une manière , très sensible suivant les localités.
Le calcul de la dépense, pouf une famille d'ouvriers, a été lait avec exac- . titude, pour quelques provinces de L'Allemagne. Ainsi, dans la ville de Brunswick, on évaluait, en 1803, comme il suit, l'entretien d'une famille, composée du père, de la mère, et de Sentàns; l'un d'une aimée, l'autre de Sa 12.
TtaliTS. liru. p. In
Nourriture, par semaine » 5 0 36/82
Peu, moyenne » 4 7 27/32
Lumière, id , » 1 1 fi/S
Besoins personnels de l'homme.....,,... » 7 fi 1/8
Id. de la Cemme '.'. . » 7 fi 1/8
. Id, de l'aîné des enfans. ... » s 67/8
Id. du plus jeune » 3 '8 4/4
1 «PI Etpar an,'.... 73 2-1 ou fr, 288 80 c.
Eu Saxe, Piuto» (**) évalua, en 1820, l'entretien annuel d'un palefrenier pour la nourriture seulement, à 4Sthalers, et 6 gros (187 fr. 10 cent.) dan*
(•) rTacbrichteo , das armenweaeu der stadt Braunschweig betreffend (à Brwuvridi, i8o3), rapporté par Sctimijlt, dam ses recherchas sur la population , ae: , page ueÛ.
(**) Versucb einér anleitnng sur abschtoming der grund-stiicke. Leipzig, iSao,paga ;,i5.
HYGIÈNE POPVUIU; 347
la misère? Et cependant, combien de précautions propres à - sa santé sont laissées dans l'oubli! Disons plus ; d de causes propres à la compromettra sont, favorisées comme à plaisir, par l'incurie de l'administration publique ou par la sienne propre 7
Les causes générales d'insalubrité qui affectent certaines régions, certains quartiers des villes, agissent ordinairement d'une manière plus sensible sur la classe peu aisée; elle est moins défendue contre leur influence; elle ne peut aussi facilement se soustraire aux épidémies; elle habite de préférence les quartiers les plus malsains; elle se nourrit des alimens les. plus grossiers. Les mesures de police qui tendent à procurer le renouvellement de l'air, l'écoulement des eaux stagnantes, à éloigner les foyers d'infection, à prévenir ou arrêter les épidémies par de prompts secours, à maintenir l'abondance dans les marchés, à en fermer l'accès- aux alimens dont l'usage est dangereux; toutes les mesures de police sanitaire, en un mot, sont donc mieux qu'un secours pour la classe ouvrière; elles sont pour elle une protection nécessaire. Mais, il est des mesures de ce genre auxquelles elle est encore plus directement intéressée. Tels sont les établissemens formés par l'administration publique, pour assister avec célérité et intel-
laquelle somme la viande figura pour 4 thalers (14 fr, 80 c), et les 1» fermenlées pottr 1 th. 10 gr. S pf. (4 fr. 96 c).
Schmidt , estime que, dans la mémo contrée, la dépense annuelle d'il) nilte de tiueiandi formée de 5 ncrwnnei s'élève à ;
Blé
Pomme de terre
Logement
Bois el lumière
Contribulions de tout genre. .
Colle pour la toile
Entretien du métier
Viande pour les jours de fête . ,
348 sscomB pautie. lithe m. cbap. m,
ligence, les individus atteints par quelque accident, noyés, asphixiés, gelés, blessés par une chute, par un coup, par lin animal. Telles sont les institutions qui ont pour but, non-seulement de former des sujets capables dans tontes les branches de l'art de guérir, mais de les disséminer de manière à ce qu'ils soient en tous lieux suffisamment à portée de ceux qui ont besoin de leur ministère, et d'écarter les charlatans , plus funestes à la santé publique, que toutes les contagions. L'art du charlatanisme exerce malheureusement encore un perfide empire dans nos campagnes et même dans nos cités; il sait réunir tous les prestiges de la séduction; il a , les plus puissans auxiliaires, les préjugés et les erreurs de l'imagination; il parvient ainsi à ruiner à-la-fois et la santé et la bourse de ses victimes. Ne parviendra-t-on jamais à. éclairer ceux qu'il abuse ? L'autorité publique n'est-elle donc pas assez forte ou assez vigilante, pour mettre un terme a ses ravages ?
On a formé des conseils de salubrité dans quelques grandes villes; les services qu'ils rendent font connaître tous ceux qu'on pourrait attendre de cette institution, si elle recevait une organisation plus étendue; si dans chaque partie des villes,, dans chaque canton rural, on établissait des inspecteurs de salubrité, chargés d'observer, de signaler les circonstances qbi menaceraient la santé publique, et d'y porter les plus prompts secours. Les médecins cantonnaux des états romains, et de la plupart des états de l'Allemagne, remplissent une partie de cette mission; c'est un premier élément du système; il pourrait être facilement complété.
Dans quelques pays, et notamment en France, on a introduit de sages règlement pour éloigner des centres d'habitation, les manufactures ou fabriques insalubres; c'est fort bien pour les habitans des villes; mais ces manufactures ne peuvent marcher sans ouvriers. Occupons-nous donc aussi de ces ouvriers qui respirent do. près, et d'une manière continue, ces exhalaisons malfaisantes. Que la science enseigne les moyens
HTGIEHE POPULAIRE. 349
d'en paralyser les effets; que les fabricans s'imposent le devoir d'appliquer les moyens indiqués; qu'au besoin l'autorité publique intervienne pour les y contraindre. Les fabriques dans lesquelles la santé des ouvriers est plus gravement compromise sont celles où ils respirent des gaz funestes (1), un air chargé soit de poussière, soit de particules nuisibles (2); celles qui mettent en œuvre des métaux ou des particules métalliques (3); celles où l'ouvrier se trouve en contact avec des matières putrïfiées (k); celles qui l'exposent à un feu trop ardent (5). Grâces soient rendues aux sciences chimiques qui, depuis quelques années, ont avec une si louable émulation et avec un succès si remarquable, proposé des appareils et des préservatifs efficaces contre une portion de ces dangers (6>. Peut-on assez déplorer que les ouvriers eux-mêmes soient souvent les premiers à repousser des améliorations aussi salutaires, comme nous en avons eu trop souvent de exemples sous les yeux, qu'ils s'obstinent par une sorte de bravoure mal entendue, à sacrifier inutilement leur santé et quelquefois leur vie elle-même?
Il est, contre d'autres inconvéniens des professions industrielles , d'autres préservatifs dont l'emploi dépend presque
(1) Les eardenrs de laine, tondeur» de drap, dateurs de coton, chapeliers, distillateur! , brasseurs , parfumeurs , fabricans d'acides et autre* préparations chimique! , -etc.
(3) Tailleurs de pierre, carriers, plâtriers, maçons, fabricans de céru-
(3} Peintre», doreur», mineurs, plombier», etc.
(4) Les tanneurs, con-ojcurs, boyaudiers, équarrisseurs, vidangeurs , etc. (B) Terrien, boulangers, etc.
(6) Les maladies des ouvriers, les moyens de les prévenir et leur traitement ont été pour plusieurs médecins l'objet d'études spéciales. Dans leur nombre on cite Remaniai , le docteur Pâtissier, Adelmann, Alois Maier, le comte deBerthold, etc., etc.
La société d'encouragement , pour l'industrie nationale, existant à Paris, t'est plus d'une fois honorée aux. yeux des amis de l'humanité, en provoquant, signalant, récompensant de semblables découvertes.