SECONDE PARTIS. LIVRE III. CBAP. III
exclusivement, des personnes même qni les exercent. Quel- . ques-unesde ces professions exigent que l'ouvrier soit habituellement exposé à l'humidité , ou obligé, de se mouiller, comme celles des blanchisseuses, des teinturiers, des pécheurs, des mariniers, etc. D'autres contraignent l'ouvrier à rester assis, immobile, et dans une posture gênante; comme celles des tisserands, des tailleurs, des cordonniers, des ouvriers en soie, des couturières et ouvrières en linge. D'antres demandent l'application constante, exclusive, d'un seul organe; le plus souvent c'est l'organe de l'œil qui se fatigue, comme chez les horlogers, les bijoutiers, les ouvrières en dentelles; quelquefois c'est l'organe de la voix, comme chez les crieurs publics, etc. Dans certaines professions, l'ouvrier doit rester constamment debout; il se lasse facilement, il est sujet aux ulcères; c'est la condition du scieur de long, dn charpentier, du maçon, du forgeron. Certaines autres supposent des efforts violens et répétés, qui donnent lieu à quelques accidens, qui usent prompteùtent les forces; c'est le sort des portefaix, terrassiers, etc. Enfin, il en est qui retiennent le travailleur en plein air, exposé aux brusques alternatives du froid et du chaud, et à toutes les intempéries de l'air; c'est le sort du cultivateur. L'hygiène trace ici quelques conseils simples que la plupart du temps l'ouvrier ignore, et qu'il serait utile de lui faire entendre. Mais, alors même qu'il serait instruit des soins qu'il devrait prendre, on aurait encore quelque peine à les obtenir de lui. On trouverait des obstacles dans la routine, dans les habitudes prises, et surtout dans l'insou<!iance. Il est difficile de trouver un ouvrier qui veuille le premier se soumettre aux précautions recommandées; il craindrait de se singulariser, de se rendre ridicule aux veux de ses camarades. Un antre craint l'assujétissement; un autre met une sorte de fierté à dédaigner des pratiques', qni lui semblent puériles. La plupart, aussi long -temps qu'ils se portent bien, ne consentent pas à écouter des avis de prévoyance pour l'avenir.
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Ici, reparaissent, sons un antre aspect, les considérations relatives au logement, aux alimens, à la boisson, aux vêtemens, à la chaassure, à la coiffure. Ces élémens essentiels du régime de la vie, sont soumît, pour la conservation de la santé, à certaines conditions qui varient suivant la nature de la profession exercée. Il faut nne nourriture plus substantielle à l'ouvrier quVcsf soumis à faire beaucoup d'exercice; des vêtemens micus. conditionnés, à celui qui agit en plein air; celui-ci a besoin de mieux, garantir sa tête, ou de tenir ses pieds plus chauds. Il est aussi des conditions à-peu-près générales pour tontes les personnes qui mènent une vie active et laborieuse. Malheureusement, les personnes placées dans une situation gênée, trouvent dans cette situation même, un obstacle pour suivre les conseils de l'hygiène. Il est facile de conseiller une nourriture choisie, des vêtemens chauds, un bon logement; mais il faut les moyens d'exécution, et on roule quelquefois ici dans une sorte de cercle vicieux. La pauvreté conduit l'ouvrier à s'excéder, se fatiguer, à subir les privations; les privations et les fatigues en épuisant ses forées, le conduisent à la misère . Il y a une vraie écononmponr le travailleur, à savoir dépenser ce qu'il faut pour conserver sa santé par un bon régime, autant que ses ressources le lui permettent. Mais l'économie domestique a aussi son rôle à remplir, en lui procurant les objets de consommation en meilleure qualité et a un prix plus modéré. Ainsi se combinent les deux branches qui composent, pour l'homme de travail, un bon régime de vie. L'une ménage ses finances, l'autre ses forces; elles s'aident mutuellement l'une l'autre. ,
Un bon manuel d'hygiène populaire mis a la portée de ta classe ouvrière serait pour elle un bienfait précieux (1), surtout si elle consentait à le lire et à en profiter. Les notions de
/l) On fort bon manuel a été composé dans ce but, par M. Saucerotte , ( ions le litre de Conseils sur la sanli, etc., et couronné par la Société pour l'instruction élémentaire, Paris, 1827. Nous lui avons emprunté ici autant qu'il noua a été possible, La Gardt-mUlade domtstiqut, 4e madame Celnart',