‹ De la bienfaisance publique; (volume 5)Chapitre 94 sur 132 · MAISONS DE REFUGE POUR LEH FEMMES · texte numérisé non relu

MAISONS DE REFUGE POUR LEH FEMMES

et les armer de précamions contre les. rechutes. Trop souvent des femmes coupables ne voient dans ces hospices, qu'an moyen facile pour elles de se couvrir d'un voile, et de se soulager, eu violant les devoirs de la maternité, du soin de leurs enfans: qu'elles y entendent des conseils graves et sévères ! Si elles n'ont été qu'égarées, qu'elles soient encouragées à réparer leurs torts; qu'elles soient soutenues dans leur repentir! L'expérience prouve qu'une grande parue d'entre elles, trompées par de fausses promesses de mariage, entrâtnées un moment par leur faiblesse, ne sont cependant point corrompues. La situation où elles se trouvent leur fait sentir vivement la faute qu'elles ont commise; elles en subissent les conséquences. Contraintes de se soustraire aux regards de leurs ramilles et des personnes qui les connaissent, elles ont souvent perdu l'emploi qui les faisait vivre; elles demeurent sans ressources; elles ne savent même où trouver un refuge. Cette cruelle situation devient pour elles un oonveau danger; le vice les attend, les sollicite, leur promet la subsistance par la dégradation ; le désespoir les livre à la débauche... Oh! que ne vole-l-on à leur secours pendant qu'il en est temps encore? que ne les sauve-t-on dans cet instant terrible, où leurs larmes coulent, ou elles invoquent ardemment une'main charitable qui les retienne au bord de

jonnea charitable», bienfaisantes, auxquelles se joint une faible subvention da

Les souscriptions, pour environ «,000 | . n ...

Et le produit du travail, pour 4,000 1 ' wu

Total... «,«00

La dépense , pour chaque Élève , est d'environ 300 tV. partm; le produit de leur travail i l'aiguille environ le quart. Si, comme il paraîtrait possible, on rendait ce travail plus fructueux , le nombre des Élèves s'accroîtrait dans -

418 SECOITOE !>ÀMTIfJ. LITBI lit. CHAP. T.

l'abîme?.. Que faîre? dira-t-on peut-être : leur ouvrir nue maison hospitalière, où elles seront admises après leurs couches, lorsqu'elles auront annonce" des dispositions favorables; là, les recueillir en sûreté, sous le voile du secret; éprouver, fortifier leurs bons sentimens; les occuper à des ouvrages utiles, les instruire pendant ce temps, travailler à tes réconcilier s'il est possible avec leurs parens, avec leurs maîtres, ou leur chercher un nouvel emploi à l'aide duquel elles puissent subsister, lorsqu'elles seront suffisamment affermies, et les placer,ensuite à l'aide des recommandations dont elles se seront montrées dignes. Une semblable maison hospitalière, placée comme une annexe près des maisons d'accouchement dans les grandes villes, serait peu coûteuse, rendrait à une vie honnête et utile, une foule de jeunes personnes qui malheureusement finissent presque toujours par se perdre. En les sauvant, on sauverait l'honneur et la paix de leurs familles; on sauverait les enfans qui leur doivent le jour; on sauverait plus d'une, victime qui, quelque jour, seront par elles entraînées à leur tour dans l'abîme. (1)

L'institution fondée par les dames religieuses de la congrégation de Saint-Michel, embrasse, parmi les bonnes œuvres auxquelles elle se consacre, un but analogue à celui du Bon Pasteur,- mais avec cette différence, qu'elle n'exerce point au-dehors de ministère actif, pour aller à la recherche des victimes, et les conduire dans l'asile de la réformation. Elle se borne donc à accueillir celles qui lot arrivent et qui lui sont confiées par les familles, par l'autorité, on qui s'y retirent volontairement. Elle admet des recluses de toutes coa-

(t) L'auteur du présent écrit , qui par la nature des fondions qu'il exerce dans l'administration des hospices de la capitale , a élé à portée de s'assurer que près d'un millier de jeunes personnes pourraient tire sauvées , chaque année, à Paris, parcemoyen, propose, eu ce moment, l'érection d'un éta- Slissement de ce genre ; il suppose qu'il suffirait d'y entretenir 100 lits ; la dépense pourrait s'élever à 40 mille h. par année.

MAISONS SE BËfCGE POCB LES

dit ions. Les personnes riches y paient une pension proportionnée à leurs facultés; les femmes et les filles indigentes y obtiennent aussi l'admission gratuite, autant que les revenus de la maison le permettent. Du reste, les soins donnés à l'amélioration morale, sont inspirés par le même esprit, couronnes do même succès. La discrétion la plus sévère laisse dans le se* cret le nom des personnes qui y sont reçues, et leur facilita ainsi la conservation d'un bien non moins précieux que Texte* lence et souvent nécessaire à l'existence même: leur réputation dans le monde.

Elles se voient ainsi complètement réhabilitées j à leur 'sortie elles reprennent ou trouvent une situation. La maison d'ailleurs les conserve sous certaines conditions, et elles Jar» ment alors entre ettes une seconde communauté religieuto, qura ses règles propres, et qui est placée sous la tutelle bienveillante des dames de la congrégation.

Les dons versés par des souscriptions privées, servent aussi a faire jouir de ses bienfaits les personnes pauvres.

Lyon a aussi son Bon Patteur (i), et cette maison comprend quatre établissemens distincts (2) : le premier, pour tes filles repentantes qui s'y présentent volontairement ; le second, pour les filles égarées qui y sont envoyées par leurs familles; le troisième, pour celles qui y viennent solliciter Seulement Une protection contre le péril; le quatrième enfin, pour celle* qui, étant réformées, désirent passer leur vie entière dans II retraite; tons ensemble comprennent plus de deux «enta personnes. Hais Lyon possède en même temps une Institution nouvelle qui, sous le nom de Sainte-Pélagie, recueille les fille» de mauvaise vie qui ont été séquestrées par l'autorité publique, au moment où elles sont rendues à la liberté. La maison

(1) Tenue aussi par les dames de Saint-Thomas de YillebeUïB. ta vm> y contribue , pour environ 6000 fr. annuel 1cm cal.

(2) Indépendamment d'un pensionnat extérieur où sont élevées de )eoTM demoiselles , et qui n'a iucune communication avec cet 4 étabfisseniens,

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de Sainte-Pélagie est, à cet effet, située à côté de la maison de correction. 50 à 60 sujets passent, chaque année, de la seconde dans la première. Elles entrent volontairement dans ce refuge, étonnées d'abord d'un tel changement de vie. Leurs heures se distribuent entre la prière, l'instruction et le travail; le chant des cantiques accompagne le travail des mains fait en commun; son produîtcouvre la plus grande partie des dépenses (1). En quelques mois les recluses se transforment d'une manière insensible et progressive. Telle est la garantie qui résulte de cette épreuve, que la tache de leur existence antérieure est effacée aux yeux du public.

La plupart des grandes villes de France possèdent des refuges pour les filles repenties, conçues dans les mêmes principes, et les résultats qu'elles produisent en déterminent d'autres chaque jour à imiter cet exemple. (3)

A Londres, où la corruption des mœurs jmmole un grand, nombre de victimes, où l'on compte, diUûn, jusqu'à trente mille Allés publiques (3), la sollicitude des amis de l'humanité et de la vertu ne pouvait rester indifférente aux maux qni en résultent. Pour en chercher les remèdes, plusieurs sociétés se sont formées dans ce but. La première a fondé, en 1768, le refuge qui porte lé nom d'Hôpital Madeleine; elle y admet les femmes de mauvaise vie que le repentir y conduit; et depuis son origine, elle en a recueilli plus de cinq mille; elle n'en renvoie jamais aucune, à moins que celle-ci ne le désire, ou que sa mauvaise conduite n'y donne lieu. Plus de la moitié ootété réconciliées avec leurs familles, ou placées par la société, pourvues de moyens snffisans pour se procurer par elles-

m (1) Elles ioDt occupées à dévider la soie; travail, que l'industrie locale rend très productif.

(2) Comme Périgueux en ce moment. ,

{8} Bighmore ou ihe public charilîti, London, 1810

H. le baron de Morogues porte ce nombre k 70,000. J'ignore sur quel document il a fondé cette évaluation ; mai) elle a été jugée fort exagérée" Bighmore estime qu'en 1 8 au, il en meurt de 30 à 1 00 mille.

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MA1S0SS DK KEPUG8 POUK LES FKMMKS. UH

mêmes leur subsistance. Cet établissement ne pouvant suffire à toutes les demandes, un deuxième refuge a été érigé en 1807, sous la protection du roi, et sert d'annexé au précédent (1). On y admet de préférence les plus jeunes, et leur âge ne dépasse guère -21 ans. On s'informe des circonstances de leur vie intérieure; elles sont quelque temps soumises à l'épreuve, dans un quartier séparé; elles prennent l'engagement d'observer les réglemens de la maison, et on leur eu donne lecture une fois le mois. Elles sont classées d'après leur capacité pour le travail. Des dames zélées les visitent, procurent des secours aux indigentes, du travail à toutes; leur font faire de bonnes lectures, les guident, les encouragent; les placent ensuite au-denors, quand elles ont accompli dans la mai-

. son le temps de séjour qui ordinairement est de deux années. Une part des produits du travail (le 1/6* au plus) est mise en réserve pour leur être donnée à leur sortie. Si pendant l'année suivante elles observent nue bonne conduite, elles reçoi-

• vent une récompense d'une livre sterling, mesure judicieuse qui permet de continuer à les surveiller et a les soutenir dans le bien.

Cet établissement reçoit chaque année environ 80 élèves, et malheureusement ce n'est pas le tiers de celles qui sollicitent à y entrer : le nombre de celles qui en sont ren voyées pour mauvaise conduite, roule entre dix ou douze seulement, par année. Plus de ht moitié est pleinement réhabilitée. La mortalité est presque insensible^ on compte à peine un décès par an. La dépense s'élève par année a 2500 ou 3000 livres sterling : c'est plus deOOOfr. par élève.

Une autre société (2) ouvre un refuge aux prostituées que les magistrats font saisir dans les rues, lorsque ceux-ci préfèrent les soumettre à une simple expiation, au lieu de les coudam-

(l) LondenfeiaaU pwiteniiary ea 180?.

' (S) Guardiar sociely for tlie préservation of ike publie moral-, l'ondée e 1S12.

4Î3 SECONDE rAHTIB. LIVU III. CHAP. V.

lier à un emprisonnement. Elle a été fondée en 1816, sous la protection duduodeSussex. Elle donne l'instruction, fuit apprendre un métier à chacune d'elles, En treize ans, elle a reçu •aviron' mille sujets; elle en a réconcilié avec leurs familles, en a placé plus de 30. i. 0 environ ont été chassées, ou se sont retirées. La mortalité n'est guère que d'une au plus sur cent. La dépense est calculée à raison de S shillings par tête •t par semaine (environ 10 fr.); mais il en faut déduire environ le tiers (3 bu. 6 d.) pour le produit du travail.

Indépendamment des associations qui, comme celles dont on vient de rappeler les services, se dévouent à la régénération des Ailes dépravées, d'autres viennent au secours de celles qui ont été un moment égarées. La société fondée ea"ï738 par le capitaine Goram, et qui dirige à Londres l'hospice des •nfans trouvés, s'occupe aussi de l'amélioration de leurs mares, Lorsque celles-ci sont dans l'indigence, annoncent l'intention de réparer leur faute, et le désir de mener une vie honnête, la société, en consentant à faire élever leurs enfans, les soutient par ses encouragemens, par ses conseils, (l)

On a témoigné quelquefois la crainte qu'en offrant ainsi un refuge ans personnes du sexe qui se sont laissé entraîner a des écarts, on ne favorise indirectement leurs erreurs, en leur donnant le moyen de se soustraire aux fâcheuses conséquences qui en sont la punition naturelle. Mais, lorsqu'on pénètre dans l'intérieur de ces refuges, lorsqu'on voit quel est 1* genre de vie auquel se soumettent les élèves qui les ha-

(1) Si nom n'avions ereint de nous éloigner de notre sujet , nous aurions aimé I lignai» un grand nombre d'autre» établissemeni fondai dans le marna —prit, en Allemagne et en Italie.

Qu'il nous soit permis d'indiquer seulement ici la fondation de la Madeleine à Hambourg, qui admet près de 80 femmes par au , et en rend presque les 7/8* à la société; a ISaples, la iViin/iiafa; à Breseia, les Convertit:; à Turin, l' Opéra pi* èelrifugio, al le Ritirodttk Sapôlliae, etc., elc.

Des refuges de ce genre sont ouverts dans les principales villes d'Italie.

SOCIÉTÉS DE TEHPÉHANCE. Ù2S

citent, on ne saurait s'associer à une crainte de ce genre. En supposant même qu'une d'entre elles trompât la bienfaisance des fondateurs, ou se trompât elle-même sur La force de ses résolutions, l'inconvénient attaché à un petit nombre de méprises ou de mécomptes qnî prolongeraient quelques désordres, mais ne multiplieraient pas les coupables, égalerait-il les avantages qui .naissent de la réhabilitation d'un grand nombre d'autres?

On a craint aussi que le zèle de la réformation, dans son ardeur, ne dépassât quelquefois les bornes de la prudence; on a ru en effet des personnes animées des intentions les plus jouables, chercher à prévenir les désordres de mœurs, jus- L que dans les réunions et dans les plaisirs qui en favorisent la naissance. Cette rigidité n'a pas atteint son but, et elle a eu ses inoonvéuiens. L'expérience au reste y a bientôt fait renoncer. -

S'il était possible de remonter à la première origine des dé -. «ordres de mœurs, ce serait souvent à la légèreté ou à la dépravation des hommes, qu'il faudrait apporter des remèdes; ce serait souvent aux riches qu'il faudrait reprocher la séduction des filles pauvres : mais ces remèdes appartiennent à un ordre de choses qui est étranger à l'objet de nos recherches.

De» loc'Utét dé tempérance.

Ce que les institutions de refuge se sont proposé d'atteindre pour remédier au désordre des mœurs, les aociétés de tempérance ont touIu l'obtenir en combattant l'ivrognerie et les vices qui en sont la suite. Les Etats-Unis ont vu naître ces institutions qui se sont ensuite répandues en Angleterre, en Suède, en Allemagne, c'est-à-dire dans les contrées de l'Eu-

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rope où, à raison du climat, l'usage des liqueurs spiriiueuses étant plus rechercbç, l'abus en est plus à craindre.

Ces sociétés reposent sur une sorte d'alliance volontaire, sur des engagement mutuels pris parleurs membres, nonseulement de renoncera tout abus des boissons spiriiueuses; mais à tout usage de ces liqueurs, quelque modéré qu'il puisse être. On n'excepte que lé seul cas de maladie, et encore fautil qu'alors les boissons soient prescrites au malade, comme remède, par un médecin.

Les fondateurs ont pensé qu'il était impossible de fixer ici une limite, et que l'abstinence absolue était la seule garantie qu'on pût obtenir contre l'ivrognerie. Les associés s'interdisent en outre de coopérer, à aucune branche d'industrie qui ait pour objet la fabrication, le transport, l'entrepôt, le débit des liqueurs enivrantes, et tout ce qui pourrait eu quelque manière -favoriser leur usage. (!)■'..

.Les sociétaires mettent aussi en commun le montant d'une souscription pécuniaire. Les sociétés emploient tous les moyens qui peuvent être à leur disposition, la correspondance, les publications, les relations individuelles de leurs membres pour obtenir, par la persuasion, le renoncement à -l'habitude des boissons enivrantes. Elles s'adressent eux ministres . des cultes, aux. médecins, aux instituteurs, à toutes les personnes qui jouissent de quelque pouvoir dans l'opinion, pour qu'ils secondent ces efforts par leurs prédications, leurs con-

(I] L'article S de la constitution américaine de tempérance, porte : ■ Tout membre souscrira l'engagement ci-après : Je m'engage à une entière

• abstinence de tout mage des liqueurs spiriiueuses, à moins qu'il ne me soit « prescrit en cas de maladie par un médecin sobre,

a Tous ceux , disent les statuts de plusieurs de ces sociétés , qui sont dix-

■ posés à procurer leurs propres biens ou celui de leurs semblables, doivent

• vouloir : 1° s'abstenir de l'usage des liqueurs spiriiueuses, d'en fournir,

■ d'en fabriquer, d'en faire aucun trafic ;

« 2° N'aider et n'encourager en rien la continuation de cet utags denruc-

vGoogIe

SOCIÉTÉS DE TBUPEftUTCB. /l2S

seils. Les recommandations s'adressent aux paréos, aux tuteurs, aux. enfans, aux apprentis, aux domestiques, aux personnes de tout sexe et de tout àgë. On recueille, on publie les faits les plus propres à convaincre des funestes effets de l'intempérance; on rappelle les préceptes de l'Evangile. (I)

Les ministres du culte ne restent point indifférent à cet ap- . pel- On voit pins de cinq cents ministres presbytériens se réunir dans les Etats-Unis, pour déclarer que «le trafic des lift queurs spiritueuses , comme leur usage, sont des actes a d'immoralité : qu'une semblable immoralité est incompatia ble avec la profession de la religion chrétienne; que ceux «t qui sont capables d'en comprendre la nature et les effets, « ne sont pas dignes d'être admis comme membres d'une t église chrétienne. » (2)

Les plus éloquentes exhortations sont reproduites, sous toutes les formes' r chaque société publie le résultat de ses travaux; ou y établit que ce poison liquide, comme on l'appelle, n'est pas une boisson nécessaire, ni même utile; qu'elle est également funeste au corps et à l'ànie; qu'on ne peut en user sans mal faire; qu'elle affaiblit encore ou détruit la raison, énerve les motifs qui portent au bien, fortifie les penchana coupables, précipite d'une manière prématurée dans le tombeau, et coqdamne aussi à un malheur éternel ceux qui en usent ou qui la fournissent aux autres (3). Les facultés de médecine, les conseils de salubrité ont prononcé à leur tour, des arrêts semblables, dans l'intérêt de l'hygiène (A). On a même sollicité de la législation, la suppression des licences

(1) Voy. entre autres, la constitution déjà citée de la Société américaine de tempérance {Fifthtmd sixih report); mai 1832, 1833, Boston.

(2) Fifih report oftht amtriçan tempérance Society, page 222.

(3) Ib., ii.t page 1.

(4)"Voy. entre antres la déclaration par laquelle le conseil de santé de Washington , a proposé de prohiber le trafic des liqueurs spiritoeusee , etc. ib., ib., page 46.

iH SECONDS PiQTIE. LIVRE III. CHAP. V.

délivrées pour le débit et la distillation de ces liqueurs. Eu quelques comtés, ce vœu a été rempli. (1)

Des doutes se sont élevés sur l'efficacité des tentatives aiueï dirigées, ou du moins sur l'étendue réelle de leurs succès. Qa s'est demandé si les membres que les sociétés de tempérance réussissent à s'affilier, ne sont pas généralement ceux queleur propre sagesse retenait dans les bornes de la sobriété; et ai elles font beaucoup de conquêtes parmi ceux qui ont déjà subi le joug des funestes habitudes de l'intempérance. Quelques observateurs ont cru remarquer que, dans le nord et l'est de l'Europe, les sociétés de tempérance ont plutôt Enregistré les personnes sobres, qu'elles n'en ont accru le nombre. Il est constant toutefois que, dans l'Amérique du nord, où l'ivrognerie provenant des liqueurs distillées, s'était propagée d'une manière, extraordinaire, de vrais et considérables succès ont été obtenus. Nous lisons dans les rapports publiée par ces associations, le récit des progrès qui sont dus à leurs efforts. Dès 1832, la société américaine évaluait à la moitié d'un million, le nombre des victimes qui avaient été ainsi sauvées du tombeau où les eût ensevelies l'ivrognerie; à 1,600,000, lo nombre da ceux dont on avait obtenu de s'abstenir un! de l'usage des liqueurs spiritueuses, que de toute industrie qui concourt à les fournir aux. autres. Elle déclara comme un fait attesté par «a correspondance, que plus de 1900 distilleries avaient. ainsi été supprimées; que AO00 marchand» avaient renoncé an trafic de ce poison liquide (2); pendaai la cours de l'année, on évaluait le progrès obtenu a une suppression de 500 nouvelles distilleries, et de 1000 établissemens de trafic. Dans 700 navires, on ne faisait plus usage des boissons enivrantes, et £000 Ivrognes, à ce qu'on assortit,

(1 , Les comtés de Pi jmouth , Frisiol et Banwtable. Histoire des todMt i* tenpiranct, parie a. Baird, Paris. 11)36, jwjs 1»4. (ajÂ, H; p»ge 1 81.

sociétés si TBMtâBjuin. UT

avaient renoncé à M désordre (1). D'après un «levé (a), la quantité des boissons iptrilueuses introduites dans las Etats-Unis aurait sensiblement diminué depuis 1830 i la moyenne de cette introduction qui, pendant le cours de» 40 années précédentes, avait été d'environ 6,150,000 gallons par an, s'était réduite, pour les trois dernières, à environ î,880,QOO malgré l'augmentation rapide et progressive de la' population du pays. Et, comme d'après le calcul de ces société*, les a/4 des indigens sont redevables à l'ivrognerie de leur misera, olies espèrent avoir ainsi préservé en grande partie du fléau du paupérisme. Déjà en 1813, on comptait dans les Etats- Unis pins de six mille sociétés de tempérance réunissant plus d'un million de membres. (3)

En 18Î4, se forma à Philadelphie, l'union générale, sous le titre A'Vnion do tempérance de* Etato-Uniê, composée d'officiers dé la société américaine et de celles des autres états; elle se proposa d'établir et d'entretenir nue constante harmonie dans les opérations de toutes ces sociétés en leur servant de centre. La compagnie d'assurance de Boston et celles de New-York, abaissèrent de cinq -peur cent leurs primes, en faveur des batimehs .qui n'embarqueraient point de liqueurs fortes. Les directeurs des chemins de fer, les action- naires des bateaux à vapeur, le» entrepreneurs de voitures publiques, ont pris, en divers lieux, rengagement de n'employer aucun buveur faisant usage de ces boissons. En 1835, on estimait qu'aux Etats-Unis, deux millions de personnes avaient cessé tout usage des boissons fortes) que plus de SOon sociétés de tempérance, comprenant pins de 1,500,000 socfé-

(1) Sixth report, etc., mai 1SS3, page 90.

( 2) Tuy. h tablera Annexé.

(3) • H est remittii que les 3/4 du paupérisme de notre paya, ]« 4/8 des '- crimes, la 1/2 des morts subites et des aliénations et 1/4 de tous les décès • depuis 21 ans , ont été causés par les liqueurs aptritueluM (Plfth Hport, Me. Appendii A. pag. 8 et 44-)

3,9,t,zado,Got>gIe .

&38 SECONDE PA.KTIK. MYSfl III. CHÀP. T.

taires, avaient été fondées; que 4000 distilleries avaient .cessé de fabriquer ces boissons; 8000 marchands de les vendre; , que 1200 navires sortaient annuellement des ports des Etats-' Unis, sans en embarquer; que plus de 12,000 ivrognes avaient renoncé à l'usage de toute liqueur enivrante. (1)

L'apparition du choléra est venu offrir aussi une éclatante confirmation aux maxjmes qui prescrivent, la tempérance, et aux recommandations des sociétés qui s'en sont rendues les organes.

La société formée dans la capitale de la Grande-Bretagne, d'abord sous le titre de société de tempérance de Londres, a bientôt pris celui de société" britannique et étrangère de tempérance; elle s'est formée sur le modèle de celles des Etats- Unis , et a cherché à suivre ses traces avec une active émulation. En 1835, on portait le nombre des sociétés de tempérance à oA3; celui de leurs membres, à 87,471 ; et en 1836, on assurait que ces nombres avalent doublé. Une société maritime de tempérance comptait parmi ses vice-présidens, onze amiraux de la marine royale et plusieurs membres du parlement. Bientôt l'Ecosse, l'Irlande, l'Ile de Jersey ellemême, ont vu naître de semblables institutions ; et les détails recueillis dans les lies Britanniques, sur les ravages de l'ivrognerie, n'ont ité que trop propres à exciter et à justifier leur zèle (3). Ces sociétés se sont étendues successivement en Danemark, en Suède, en Russie, en Allemagne, dans les colonies anglaises, au Canada, dans la Nouvelle-Hollande , en Egypte même. Un ami du bien a essayé d'en former une en France, à Amiens, il y a quelques années. Cependant ces essais ont eu pende succès en Suède et en France. ,

(1) Histoire des sociétés de tempérance, par le K. Baird, page 341.

(2) Pendant quatre tem aines seulement te nombre de personnes ivres arrêtées dans les rues de Londres, par la police, s'est élevé à 4070, et on ■ trouvé sur elles en totalité (liv. 637 sterl.J {h, 15,675). Londan Monùxg Crenide , 33 janvier 1 832. . -

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