IM SECOHDE PARTIE. LITRE III., OH A*. V
an commun bous la loi du silence, à divers ouvrages. Une école intérieure, dont ils suivent chaque jour les exercices, leur offre l'instruction élémentaire} uu aumônier, en leur enseignant la religion, s'efforce d'en faire pénétrer les sentiment ■ dans cesàmes qui, 16 plus souvent, y étaient restées jusqu'alan étrangères, Une discipline sévère règne, dans rétablissement.
L'administration a placé, dans le même édifice, In maifon destinée d'après les lois françaises à la correction paternelle, pour les adolescent garçons. Mais ceux-ci sont soumis à l'isolement absolu de jour et de nuit.
Une commission composée de magistrats et d'hpmnea vpués aux œuvres d'humanité, exerce la surveillance sur cet établissement, et assiste da ses avis l'autorité publique, sur le régime économique et moral. j(i)
Le pénitencier des jeunes détenus établi à Lyon, en 1SS3, dans le quartier Perrache, présente un caractèrequi lui est pïOpre.La direction intérieure est confiée aux fràrv*dfSiJoieph> congrégation récemment instituée pour le service des prisow,
Les jeunes détenus sont répartis en quatre classes, dont le titre annonce leur situation morale i celles ^épreuve, i'eiptronce, de récompeme et de pwiilion; chaque classa à «t moniteur* ou prévoie. I1b sont isolés pendant la nuit, M moyen de cellules fermées et garnies de barreaux. Tout ont un lit; le matelas n'est accordé qu'à la classe de réatnpenm Le régime alimentaire est sain et suffisant. Le travail «m obligatoire, sa durée est de onze heures, dont une et demis passée à l'école; chaque détenu a 1* choix de l'atelier qu'il veut suivra. Le tiers du produit du travail est placé dans une caisse d'épargnes, et le détenu n'en dispose qu'avec autorisation, pour sa famille ou pour lui-même. Le deuxième tiers est tenu en réserve pour sa sortie; le troisième est acquis à l'établissement. Le silence absolu est imposé à tous les eofans
<1) C« «étkmlku riMittt «nt dm. au Ml* «dure do M, 6*M Deleuen , conseiller d'état , préfet de police,
DE 14 MftECIIOH KORjUMB SIS HISQjtS. Uï
pendant le travail et les repas, et à ceux de là classe de punition même aux heures de récréation. Cette dernière classe vit entièrement séparée des trots autres. Un grand livre de comptabilité moral* est tenu d'après le relevé des notes hebdomadaires. Chaque détenu y a son compte, dispose par colonnes, qui permet d'apprécier à chaque iuaiant ta conduite depuis son entrée (1). Déjà depuis quatre années, les résultats reV pondent aux. vues des fondateurs, sauf quelques exoeptions affligeantes : la généralité se montre accessible à ta voix de la religion, docile aux règles du devoir; les bons sentiment, rentrent dans les Ames. On en voit un grand nombre de* mander l'autorisation d'envoyer à leurs familles une partie ou même la totalité de leur pécule, (8)
Puisse un semblable régime être appliqué aux maisons- d* correction paternelle qui, trop souvent, rendent a leurs iV milles les enfans plus pervers encore qu'ils n'y étaient entresl
Des exercices gymnastiques bien conçus paraissent d'un» a nécessité absolue dans les pénitenciers de jeunes détenus t \ Seuls ils peuvent les préserver efficacement d'un vice, iionteiu; aussi funeste à la santé des adoleseans qu'à leurs mœurs.
Quel respect, quelle admiration ne sont pas dus aux membres de ees congrégations religieuses qui s'enferment sous les verroux avec les prisonniers, partagent leur sort, vivent an milieu d'eux, et, pour les ramener au bien, triomphent dot plot jBBtce, des plus vives répugnances!
(1) La population du pénitencier a été jusqu'à présent d'environ 100 enfiius , dont 2/3 environ fournis par la ville de Lyon ; 1/3 par 18 atfrandlUSaeiij du midi, un peu plus de la moitié toat- condamnés pourvoi) le surplat
Sous W jrirc-tlirn<eurt 6 trcrw *• partapet la conduit* des ttawai, dt* ateliers, et le* div an services.
(2) Forcés de noua restreindre dani un sujet aussi étendu , noua ne pouvant citer ici qu'un petit nombre d'exemples dont nous avons é
Wt8 1RC0BDE l'ARTfa. LrvEE III. C1UP. V.
ARTICLE IV
' Des inititufions pour la r&abUitation det libérés.
. Vos soins ont triomphé dans cette difficile entreprise de la information du détenu, celui qui était entré criminel sous les verrons, en sort homme de bien. L'œuvre est-elle accomplie? Hélas! il retombe presque toujours. Alors même qu'il persévère dans le retour au bien, il est repoussé par l'inexorable prévention que font peser sur lui ses antécédens; il ne peut obtenir l'estime, la confiance dont il était digne; le reste de sa carrière est perdu; les ressources lui manquent pour subsister, et peut-être il tentera quelque délit, pour trouver au moins un asile et du pain dans la prison. Quelle carrière encore pour le patronage des gens de bien ! Protecteurs du libéré, ils le soutiendront dans ses bonnes dispositions, ils le dirigeront de leurs conseils, l'appuieront de. leurs recommandations; ils dissiperont l'injuste préjugé qui lui ferme les carrières utiles; ils lui rendront un avenir.
Cette noble pensée qui s'est depuis quelques années présentée à des âmes généreuses, a inspiré la formation de sociétés destinées à y satisfaire. Quelquefois elles ont embrassé tout ensemble la visite des prisons et le patronage des libérés. Alors, elles ont d'autant mieux atteint leur bnt. En visitant le prisonnier, elles ont pu lui faire espérer un appui après l'accomplissement de sa peine, comme une récompense de son repentir; elles ont appris à connaître son caractère, les dangers qui sont le plus à craindre pour lut; en le suivant après sa libération, elles profitent de l'ascendant qu'elles ont pris sur, lui, de l'expérience qu'elles ont obtenue, et elles sont mieux placées pour garantir la sincérité de' sa réformation. Dans la prison, elles l'avaient réhabilité à ses propres yeux; libéré, elles le réhabilitent aux yeux du monde. D'une main elles l'ont retiré de l'abîme; de l'autre elles le conduisent [dans les voies
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INSTITUTIONS FOUR LA BBHABIUTaTiOlf DBS LIBÉRÉS. Ù49
de l'honnêteté. C'est le développement d'une même œuvre.
La société wuriembérgeoise appartient au premier genre de sociétés de patronage pour les libérés; elle s'occupe exclusivement de l'amélioration civile et morale des. condamnés qui ont accompli leur peine; une direction centrale siège a, Suittgard; des associations auxiliaires lui servent d'instrumens dans lés villes où sont situées les prisons; des associations de femmes la secondent aussi pour les soins relatifs aux prisonniers; une partie de ses membres lui prêtent leurs services personnels pour la surveillance, le placement des libérés, l'instruction, les influences religieuses; elle invoque surtout l'assistance des ecclésiastiques, des administrateurs, des instituteurs, des fabricans, des agriculteurs; elle .communique à l'administration publique les observations dont celle-ci peut tirer quelque avantage; elle en reçoit toutes les informations propres à éclairer sa marche (1). D'après ces indications, le comité central adresse aux associations auxiliaires, les libérés qui réclament leur appui, après avoir fourni à ceuxci les premiers services indispensables. Chaque association auxiliaire choisît pour les libérés .qui lui sont confiés, une situation analogue à leur capacité, à leurs dispositions, à leurs vœux; met en apprentissage les enfans et les adolescens; procure de l'emploi aux compagnons, aux gens de service, aux journaliers; fournit aux ouvriers, des outils, des matières premières, les environne tous de bons conseils.
Le second mode a été adopté dans le grand-duché de Bade. La même institution y exerce à-Ia-fois un double patronage sur les détenus et les libérés. Une société générale, qui embrasse tout le pays, a aussi son centre dans la capitale, pendant
(1} Voy. les statuts Je cette société autorisée par un reacrit royal, du 25 janvier 1831. '
Elle se composait en 1832, de 2423 membres. En une année 133 libérés avaient déjà reçui des soins, et sur ce nombre 69 y répondaient d'une manière satisfaisante par leur conduite.
WO BBCOKDI FABTIB. UTU III. OMAÏ. T.
qu'elle étend ses rameaux sur tous les points (1). Elle porte au détenu, pendant sa captivité, les secours qui peuventpréparer son amélioration civile et morale; elle offre à l'administration publique un concours qui est sagement accepté par celle-ci; elle propose à l'autorité les mesures utiles; elle inspire aux détenus le repentir, l'amour du travail, l'horreur du vice; elle leur fait donner l'instruction; elle les fait jouir des enseigoemens religieux; elle soigne leurs enfans pendant leur captivité, A leur sortie, elle donne à chacun pendant un certain temps, un surveillant qui est en même temps un protecteur et un guide. Des salles de travail sont ouvertes aux libérés qui ne peuvent avoir de métier en propre. Un compte annuel est rendu par chaque surveillant, de la conduite de son pupille. Des récompenses et des encouragemens sont décernés chaque année aux libérés qui s'en rendent dignes. De bons livres sont distribués à tous. Les femmes sont placées sous la direction spéciale d'associations de dames. (S)
Une société formée à Dusseldorf, en 1836, pour toutes le* provinces rhénanes de la monarchie prussienne, parait avoir servi de modèle à celle que nous venons de faire eonnal-
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La plupart des étais de l'Allemagne et des cantons de la Suisse, ont vu naître à l'envi des confédérations de gens de bien qui 6e sont distribué sous diverses formes, ce courageut et bienfaisant ministère. Les congrégation* de frères et dt
(1) Vov. In statut» de cotte société aiiloriwe par un retcrit du grand-duc, du 20 janvier 1831.
',% Celle société recoramaade particulièrement quatre ouvrages «lleniaMs qu'elle indique, comme offrant de bonnet lectures pour les prisonniers :
VVagnitz : Morale en cxtmpU, S vol. Halle, 1796.
Réflexions et prières pour les coupables. Zurich, 1823, 3* édition.
Becker : Petit livre de nécessité et de secours. Gotha, 1826, 2° édition.
Bons exemptes. Sluttgard, 5* édition, 3 vol.
(8) Cette société, qui M compose de près de 4000 membres , a été niioriiée par un rescrit du roi de Prusse, du 15 décembre 1827. Vov. ses Maints.)
INSTITUTIONS FOUS LA BISABILITATIOK DÏB LIBÉRÉS. Afit
soeurs de la mùérieorde qui existent eu plusieurs villes d'Italie, naissent au ministère de consolation qu'elles remplissent vis à vis des condamnes à mort, et aux institutions religieuses dont les détenus leur sont redevables, des soins qui embrassent la santé du prisonnier, le régime économique, la discipline du travail.
La France possède une institution qui lui est positivement propre et qui est presque ignorée; il en est peu qui aillent plus directement au bnt, qui demandent un dévoûment plni héroïque de la part de ses membres; il n'en est pas qui aspira moins à se faire un mérite de ce dévouaient t nous voulons parler des sœurs de Saint-Joseph, dont le chef-lien est à Lyon, mais qui sont déjà répandues dans plusieurs départemens du midi (1). Ces communautés religieuses, de création récente, qui desservent aussi les hospices, les providence», les écoles, tes secours à domicile, ont offert leurs services pour le régime intérieur des prisons; leurs offres ont été acceptées dans plusieurs maisons d'arrêts ou de justice, et dans plusieurs maisons centrales de détention. Là, de jeunes sœurs s'enferment et passent leur vie sous les verrous, s'associant volontairement à la captivité des coupables; leurs soins touchent le cœur des détenus, obtiennent la confiance, préparent le repentir; leurs entretiens, leur présence seule, agissent comme un enseignement continu, insensible, gradué, mais efficace; elles poursuivent ainsi leurs paisibles et laborieuses conquêtes sur le vice, et souvent remportent un triompha complet; le détenu, après l'accomplissement de sa peine, est encore assisté par la même association qui a voulu la partager , et qui l'aide à' trouver désormais un asile, un appui. Quels termes trouver pour exprimer l'admiration qu'un* telle vie inspire à ceux qui ont pu en être témoins!
(1) L'auteur de cet écril ■ eu dons fou occuioo de rendra fcpMMfS » ««"* institution: l'un* , à fa société royale des prisons en 1828 ; l'astre, à la saeieté de» étdUnemeiw charitables en 1880. (Voj. le bolMu do culte deraière «ociété, Tome l", n. 1, page 81.)
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05S SIGOlfBS PABTIB. LIVSK ni. CHAP. T.
Il s'est formé également à Lyon, un établissement unique jusqu'à ce jour, en son genre, majs digne d'être imité. C'est on asile où les femmes qui ont subi des peines criminelles, viennent achever de se réhabiliter, et obtenir, avec une réfonhe.bîen constatée dans leurs habitudes, les garanties qui leur permettent d'être réadmises' dans la société. Cet asile, sous le nom de solitude, a été institué par une réunion de personnes bienfaisantes; il est desservi aussi par les soeurs de St- Joseph qui y continuent leur ministère; il leur doit son succès; et ce succès ne laisse rien à désirer. Les libérées y entrent, y restent volontairement, y vivent en commun, s'exercent au travail, comme à la pratique des vertus (l).'Une congrégation de frères, analogue à celle des sœurs de St-Joseph, a été récemment formée dans la même ville; elle se dévoue également à l'amélioration des prisonniers, et déjà prend naissance près de la même ville, une maison de refuge et d'épreuve pour les libérés, destinée à compléter et à garantir leur réhabilitation. Une société d'hommes charitables fait les fonds de cette belle entreprise, et en seconde les opérations. Mais cette création présente des difficultés plus grande' encore.
Il est à désirer que des congrégations religieuses vouées au service des prisons et des maisons d'épreuve, se propagent; que l'administration publique s'aide de leur concours; mais il est à désirer aussi que des associations de personnes du monde, coopèrent à la grande œuvre, par un patronage bien- . veillant. La carrière est assez vaste pour que ces deux genres d'action poissent s'y exercer à-la-fois. Chacune aura sa part dé bonnes œuvres à accomplir. Il est bon aussi pour les libérés, de se sentir, au milieu de la société, protégés et surveillés par des personnes qui appartiennent aux conditions
(1) Voy. I« bulletin de la société des établisscincns charitables, loue l", n. 1 , page M-
La Solitude contient environ 50 recliues occupé» au Jevidagc de la soie : riUs Chaulent eu ira vaillant. *