‹ De la bienfaisance publique; (volume 5)Chapitre 98 sur 132 · I-fSTITTJTIOBS POUE LA BiBABIUTATIOK DES IIBÉRÉS. /|5S · texte numérisé non relu

I-fSTITTJTIOBS POUE LA BiBABIUTATIOK DES IIBÉRÉS. /|5S

supérieures et. aux professions civiles.. Pour opérer celte grande résurrection qui rendra le criminel à la vertu et à la société, il est utile de le mettre en commerce avec des gens de bien, dont la présence, les exemples, les discours, deviennent pour lui un enseignement, une révélation,- une espérance.

L'cloignenien t que le public éprouve pour les condamnés rendus à la liberté, n'est que trop justifié, dans l'état présent des choses , par . la crainte de ne retrouver en eux que des scélérats que le séjour des prisons aura achevé de pervertir. Aussi long-temps qu'on ne pourra dissiper ce doute, on ne peut espérer de replacer le libéré dans la société. Les sociétés de patronage doivent donc s'attacher d'abord à constater l'effet. que la captivité a produit sur le détenu. Lorsqu'elles n'auront pas acquis une certitude entière de s) cou version, elles feront bien de le soumettre, à sa sortie, à un régime, d'épreuve pins ou moins prolongé., en. L'entourant ' d'une protection et d'une surveillance assidues. Ont-elles enfin obtenu une conviction complète de son retour au bien? c'est à elles de lui donner les premiers témoignages d'estime et de confiance. Puissent quelques-uns de leurs membres se dévouer pour offrir l'exemple, pour vaincre le préjugé! qu'ils aient le courage d'employer, ne fut-ce que momentanément, quelques-uns de ces êtres repentans! ils n'auront pas à le regretter. Lorsque le repentir est sincère, l'homme qui a commis une faute est d'autant plus pénétré de ses devoirs, qu'il a eu le malheur d'y manquer, et qu'il est pressé du besoin de réparer ses torts. >

Dans ces belles conceptions inspirées par le désir de réha- ' biliter les libérés, un intérêt tout particulier a du se diriger sur les jeunes gens qui, ayant subi déjà une condamnation au début de la vie, y entrent sous d'aussi fâcheux auspices. L'avenir des jeuues détenus a excité, dès 1823, à Strasbourg, (la sollicitude d'une réunion d'amis dur bien; cette société cherche à obtenir l'amélioration morale de ces appren-

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tis du crime, « en suivant la conduite des jeunes détenus dès « leur entrée en prison; en distribuant des prix d'encoura- « gement à ceux dont les mœurs auront mérité le plus d'é- « loges; en plaçant à leur mise en liberté, d'une manière con- « venante aux progrès de leur moralité, ceux qui auront ré- « pondu à ses soins, ou en fournissant les moyens d'apprenk dre un métier,' à ceux qui n'auront pas encore à leur sortie « les connaissances ou les forces nécessaires pour gagner * leur vie. » Elle se concerte à cet effet avec la commission administrative des maisons de détention, et en prend l'agrément pour toutes les mesures relatives au régime intérieur àt ces établissement Çl)

Aspirant au même but, la société qui s'est formée à Paris, en 1833, pour te patronage des jeunes libérés, s'est créé des moyens d'exécution qui lui sont propres; elle a organisé son patronage d'une manière judicieuse; elle a appelé le concours de jeunes philantropes qui lui apportent le zèle le plus actif et le plus pur; elle poursuit sa tache avec sagesse et régularité. Des réunions analogues se forment dans plusieurs départemens du royaume., ...

La même réunion d'amis du bien qui a institué à Lyon le pénitencier des jeunes détenus dont nous avons parlé il y a un instant, a bientôt complété sa belle œuvre par un patronage pour les jeunes libérés, dirigé dans le même esprit. Sur Au libérés sortis en 1836 et 1837, près de 30 vivaient honnêtement dans le sein de leurs familles, ou sous lé patronage de la société; 3 avaient commis des récidives; 5 avaient disparu.

Si, jusqu'à ce jour, on n'a pas obtenu pour la information des jeunes libérés, tous le succès qu'on desirait, et que leur âge faisait espérer, ne serait-ce pas parce qu'on les a trop sou- '

(l)Voy. le» aru 1,2 M3 des réglenwai de la société. Dès l'ouverture, elle compta 103 membres; pendant le cours des dix première! années , 72 avaient reçu ses soins , et 56 étaient déjà réhabilité».

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vent replacés dans les mêmes lieux, dans les mêmes situations qu'ils occupaient quand ils se sout rendus coupables? Ils y retrouveront les mêmes périls, les séducteurs qui peutêtre les .ont entraînés. En les déplaçant, on les disposera mieux à mener une vie nouvelle. Le séjour des villes leur est presque toujours funeste; les tentations y sont trop multipliées pour des êtres trop faibles encore; A la campagne, ils recevraient d'autres impressions, ils respireraient un air plus pur, ils perdraient plus facilement les habitudes de la ruse et du mensonge. La même situation ne convient pas dn reste à tous les jeunes libérés. On doit avoir égard à leur degré de méchanceté, de dépravation; à leurs habitudes dominantes; comme à la sincérité de leur repentir.

Un magistrat dont le zèle pour le bien est infatigable, M. Démet* , vient d'étendre aux jeunes filles libérées et aux prévenus acquittés, le bienfait du patronage, par la formation de deux sociétés spéciales, La première se dévouera à la réhabilitation des filles qui auront subi une condamnation; la seconde s'efforcera de dédommager l'innocent, des nombreux préjudices que lui a fait éprouver une détention non méritée, quelquefois d'une longue durée, presque toujours ruineuse, et souvent dangereuse pour la moralité.

Signalons, en terminant, une observation fournie par l'expérience à ceux qui s'occupent des jeunes détenus. Ils remarquent que la plupart de ces jeunes criminels ont été privés de bonne heure de leurs rapports de famille, par la mort de leurs parens ou par d'autres circonstances, et surtout qu'ils ont été sevrés des influences de la tendresse maternelle. »

Au reste, tous les efforts tentés pour la réfonnation des condamnés, soit pendant leur captivité, soit après leur libération, exigent avant tout le concours d'une puissance supérieure à l'homme, dont l'intervention est d'autant plus nécessaire que l'œuvre est plus difficile; c'est la puissance éminemment moralisatrice. Nous allons y recourir, et compléter par là le sujet que nous venons d'ébaucher.

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SEGOKDK PAAT1K. LITU III. CMAP. VI.

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