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DES ATELIERS DE TRAVAIL LIBRE, POUR LES INDIGENS

Au lieu de procurer aux indigensde l’ouvrage qu’ils exécutent à domicile, on peut les réunir dans des ateliers communs, ouverts et entretenus par la bienfaisance publique.

Nous supposons pour le moment que l’admission cà ces ateliers soit entièrement libre. Nous traiterons dans le chapitre suivant de ceux qui sont établis par voie de contrainte.

Les ateliers peuvent être ou fixes et permanens, ou mobiles et passagers. Dans le premier cas, on les désigne généralement sous le nom de maisons de travail; dans le second, ils conservent plus particulièrement celui d’ateliers de charité.

Les maisons de travail se contentent ordinairement de réunir les pauvres pendant le jour. Lorsqu’ils y sont logés et nourris, elles deviennent de véritables hospices. Considérons-les d’abord sous le premier aspect, et n’examinons en ce moment que les conditions et les résultats d’un travail sédentaire fait en commun par les indigens, dans un établissement public.

ARTICLE PREMIER

Aperçus historiques.

Maisons de travail, en Allemagne.

Les lois de l’Allemagne qui mettent généralement l’assistance des pauvres au nombre des charges municipales, pour les communes respectives, ont naturellement conduit à instituer des maisons de travail, soit pour soulager plus efficacement l’indigence, soit pour alléger le fardeau des dépenses qui pèsent sur les caisses publiques. Mais on a vu aussi, dans ces établis-

semens, une institution utile à l’ordre public et à la moralité des pauvres. Aussi se sont-ils multipliés , non-seulement dans les villes, mais dans les campagnes. On fait quelquefois confectionner dans ces ateliers, et par régie, des produits que l’administration emploie dans divers services publics. D’autres fois on contracte avec des entrepreneurs qui se chargent de toute l’opération industrielle à leur propre compte.

Dans quelques-uns, le travail libre est réuni au travail forcé, mais en formant deux classes distinctes pour les indigens occupés à l’un ou à l’autre.

Tel est généralement le système des établissemens érigés en Prusse.

La maison de travail de Berlin fut érigée en 1742, par Frédéric n ; elle était essentiellement destinée à former un dépôt de mendicité; mais, en 1798, elle reçut un nouveau caractère et une nouvelle extension. Aujourd’hui elle renferme environ 5 ou 600 personnes réparties en quatre classes :

La première comprend les infirmes et estropiés envoyés par la police, et que leurs habitudes vicieuses ne permettent pas de recevoir à l’hôpital ;

La deuxième, les familles sans asiles et les mendians envoyés aussi par la police;

La troisième, les indigens valides qui vienent y chercher librement de l’occupation;

La quatrième, les personnes condamnées pour vol ou autres délits, à une détention de peu de durée, et qui sont incapables de travail.

La troisième classe est la moins nombreuse;

La seconde et la troisième ensemble forment la moitié de la population de l’établissement.

Le but principal qu’on s’y propose est l’amélioration des indigens, par l’instruction et le travail; le secours n’est qu’un but secondaire. Aussi la maison renferme-t-elle une école. Les exercices religieux, les soins d’un pasteur con-

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