‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 167 sur 450 · ÉTAT ACTUEL DES DÉPÔTS DE MENDICITÉ · texte numérisé non relu

ÉTAT ACTUEL DES DÉPÔTS DE MENDICITÉ

bérés qui, faute de travail et de ressources , demandent à y trouver un refuge. Il reçoit ensuite les individus qui , après avoir subi une condamnation pour mendicité, sont tombés en état de récidive, et doivent, d’après la deuxièmedisposition de l’article 274 du Code pénal être séquestrés à l’expiration de leur peine. On y transfère meme quelquefois le trop-plein de quelques maisons de détention de Paris, notamment de Saint- Lazare.

Ce dépôt contient, terme moyen , environ 2 mille individus de tout Age et de tout sexe; pendant une suite de 10 années, de 1817 à 1827, sa population était composée, année moyenne, comme il suit : 12G0 hommes , donnant un total annuel de 159,125 journées, et 827 femmes, donnant 127,681 journées. Mais, sur ce nombre, 800 seulement travaillaient. Le nombre des journées de travail n’était, pour les hommes, que de 59,679; pour les femmes, de 52,778. Le produit du travail s’élevait , pour les hommes , à 16,044 francs; pour les femmes, à 14,658 francs. On est frappé de voir plus de femmes que d’hommes occupées au travail, et de trouver leur travail au moinsaussi productif. La journée de travail produit près de 27 centimes. La dépense de chaque individu s’élève à environ 77 centimes par jour. La mortalité est de 79 hommes et 61 femmes par an, environ sept sur cent.

Les mendians en étatde récidive, qui forment la deuxième classe, se composent essentiellement d’individus abjects, rebut de la population, que l’inconduite a réduits à la misère , qui ont embrassé la mendicité par choix, comme la profession leur offrant le plus de facilité pour satisfaire leurs penchans crapuleux, et qui sont généralement considérés comme incorrigibles.

De dépôt de mendicité de Villers-Cotlerets a été érigé en 1808 , conformément à la loi de cette époque; il était destiné à recueillir 1000 mendians, et dès les premiers mois de 1809, il en renfermait déjà 700. I)e 1816 à 1830, le même esprit de destruction qui avait poursuivi les établissemens de cette nature, sur toute la surface du royaume, menaça constamment celui de Villers-Cotlerets. Aujourd’hui , l’expérience en a pleinement confirmé l’utilité.

II renferme en ce moment 4 classes d’individus :

1° Les étrangers q u’y envoient constamment le duché de Parme, la province de Gênes et la Savoie; c’est-à-dire presque tous de malheureux enfans, instrumens et victimes de spéculation

entre les mains d’aventuriers étrangers comme eux; comme aussi une classe d’en fans provenant des départemensdu centre de la France, qui sont immolés à de semblables combinaisons , et sur lesquels nous offrirons, dans l’un des chapitres suivans, quelques détails jusqu’à ce jour ignorés.

2° Les mendians nomades, ou passagers, peu nombreux ,ct qui n’apparaissent guère qu’à l’époque de la récolte, lorsqu’ils n’ont pu trouver à s'employer comme journaliers moissonneurs, aux environs de la capitale.

3° Les mendians sédentaires, <le profession, lesquels à leurtourse partagentendeux classes : l’une comprend les vieillards, les infirmes, que la misère et l'incapacité de travailler conduisent à mendier sur la voie publique : l’autre, les êtres dépravés que le vice a jetés dans la misère, population immonde et dégénérée, qui croupit dans la mendicité comme dans la fange.

4° Les mendians sédentaires nécessiteux , lesquels se recrutent surtout parmi les ouvriersque la morte saison ou la stagnation de quelques professions industrielles , laissent dans l’inaction.

Une partie de la population du dépôt de Saint- Denis, prise surtout parmi les vieillards et les infirmes, est versée sur Villers-Cotterets.

La population de ce dernier dépôt varie actuellement de 700 à 800 personnes, dans les proportions ci-après:

Hommes 425

Femmes 325

Infirmes les 5/6es environ.

II entre chaque année de 200 à 250 personnes, sur ce nombre, 120 à 150 sont admises volontairement.

Fn 1857, les sorties se sont composées, comme il suit :

hommes.

Page 1