‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 202 sur 450 · TROISIEME PARTIE. LIVRE I. CHAP. V · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE. LIVRE I. CHAP. V

à la bêche. En 1819 , on y comptait, sur un développement de 3 lieues, 416 petites fermes de colons, partagées en 3 divisions, occupées par 2198 colons; environ 1200 bonniers de terre y étaient mis en culture. Bientôt après, encouragée par ces succès, la société étendit ses opérations. Trois établissemens nouveaux furent, par ses soins, ouverts à Veen-Huysen, sur une étendue de 1330 hectares. Ils renfermaient :

1° Des institutions pour les orphelins, des enfans trouvés et abandonnés, contenant ensemble 2307 enfans ;

2° Des institutions pour des ménages d’ouvriers : 382 individus ;

3° Des institutions pour les mendians : 803 individus ;

4° De grandes fermes où étaient occupées 88 personnes.

Près de là fut organisée , sur le modèle d’Hofwyl , l’école rurale de Watezen attachée à une ferme modèle et expérimentale.

Tous les colons, cependant, ne répondirent point aux espérances que la société en avait conçues, nesurent pas profiter des ressources qu’elle leur avait offertes; on eut à lutter contre les habitudes de paresse, contre les dispositions au désordre, contre l’inhabileté, contre le mécontentement même et l’ingratitude. 11 se rencontra des êtres dégradés , abrutis , qui ne purent être ramenés à une vie utile, par les salutaires influences du régime sous lequel ils étaient placés. II fallut leur retirer une indépendance dont ils ne savaient pas user, et les soumettre au travail forcé.

Colonies forcées.

C’est ainsi qu’on se trouva conduit à instituer le second ordre de colonies. Il fut établi à Ommerchans, en 1821. On y réunit les mendians qui peuplaient les dépôts de mendicité formés sous le gouvernement impérial; près de 1000 mendians y furent ainsi réunis à une centaine de colons retenus par mesure de punition [îj.

La colonie forcée a été placée sous un autre régime. Le travail y est obligé; les colons ne sont admis qu’au titre de simples journaliers;

[î] En 1829., cette colonie renfermait :

Mendians. . . . 961 j . ,

> 1 otal, . 1,048 colons.

Colons en punition. 87)

ils travaillent en commun et à la tâche, sous la direction de préposés, choisis en général parmi d’anciens militaires. La discipline, la tenue, sont réglées d’après le système militaire. Une caserne est située auprès de rétablissement. Les mendians sont logés dans des salles communes et couchés dans des hamacs suspendus qu’on enlève pendant le jour.

Les mendians des deux sexes sont constamment séparés. Ils sont, pour le travail, divisés en trois classes, suivant leurs forces et leur aptitude ; les hommes sont employés à la culture; les temmes et les enfans s’occupent aux champs des opérations les moins fatigantes, ou dans l’intérieur aux ouvrages domestiques, à la fabrication des étoffes et des vêtemens.

Le mendiant appelé à devenir colon, est soumis d’abord, pendant quinze jours, à une épreuve qui est en même temps une sorte d’apprentissage; pendant ce temps, il est nourri gratuitement; ensuite un compte lui est ouvert pour le produit de son travail; il a son livret qui présente, chaque semaine, le relevé comparatif, indiquant d’une part la somme qu’il a gagnée, et de l’autre, les livraisons qui lui ont été faites en vivres, vêtemens, ustensiles aratoires, ainsi que la retenue qu’il subit pour contribuer aux frais généraux de l’établissement. Les paiemens lui sont faits en une monnaie de convention, en plomb.

La monnaie de convention est reçue , comme comptant, dans les boutiques de vente autorisées au milieu de la colonie. Des magasins établis sur les lieux renferment tous ies articles de consommation et les fournissent au prix du tarif.

Le principe sur lequel est fondée cette colonie, est que <t le colon est tenu, non-seulement « au travail, mais à une espèce et à une quanti tité de travail déterminées. » Ainsi, non-seulement l’inaction, mais la nonchalance sont réprimées et punies; en même temps l’activité et l’énergie sont récompensées.

L’ouvrage est payé à la tâche. La tâche obligée est telle que le colon doit obtenir un gain supérieur à sa dépense ; il peut à volonté accroître ensuite ce gain en redoublant d’efforts.

Tout est combiné pour réformer les mœurs par la régularité et l’occupation , et pour conduire d’un travail obligé, à un travail volontaire. Un mélange de liberté et de contrainte unit l’encouragement à la répression. Lorsque la réforme est obtenue, le mendiant est rendu à une entière indépendance; on fait en sorte qu’il aspire à cet

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