COLONIES-HOSPICES EN HOLLANDE
affranchissement et qu’il s’en rende digne. Chaque année un cinquième de ces colons obtient, en effet, sa libération par sa bonne conduite, et quelquefois on les voit demander alors comme une faveur de séjourner encore de leur propre gré, dans l’établissement qui les a rendus à une meilleure vie.
Le minimum du séjour forcé du mendiant au dépôt est d’une année; dans tous les cas, il ne peut quitter l’établissement avant d’avoir amassé un pécule d’au moins 25 florins. Après un an de séjour, il peut être admis aux colonies libres, s’il donne de suffisantes garanties de sa moralité et de son aptitude au travail.
Les mendians vicieux qui, loin de profiler du bienfait qui leur était offert dans les deux premières combinaisons, se sont rendus coupables de fautes graves, ont troublé l’ordre, sont soumis à un régime plus sévère, pour la nourriture et le coucher, comme à une surveillance plus rigoureuse; ils travaillent sans salaire. Ils subissent leur peine, jusqu’à ce qu’ils aient donné des gages de leur retour à une bonne conduite. Si, au contraire, ils se montrent encore plus récalcitrans, ils sont condamnés, pour quelques jours, à la réclusion solitaire. Toutefois les mendians envoyés au dépôt de punition y sont traités avec équité et douceur.
Les mendians qui ne sont pas propres aux travaux de l'agriculture, sont occupés à divers ouvrages de fabrique, à des métiers pour l’usage de la colonie, et le régime auquel ils sont soumis rentre ainsi à-peu-près dans celui des dépôts de mendicité ordinaires.
D’autres sont employés à l’extraction, à la préparation de la tourbe, seul combustible consommé dans les colonies; aux fours à chaux, à la fabrication des briques [i].
[1] Les descriptions, les plans publiés par les auteurs déjà cités, et reproduits par MM. iluerne de Pommeuse et de Villeneuve, font connaître dans le plus grand détail les édifices, les distributions, l’ameublement , la situation des lieux et toutes les conditions matérielles de ces établissemens. On remarque spécialement l’emploi ingénieux de hamacs, pour coucher les mendians. Nous ne reproduirons point ici les intéressantes descriptions données par ces deux auteurs; nous renvoyons à leurs ouvrages, pour les détails d’organisation et d’exploitation qu’ils ont observés avec tant de soin, dans les colonies agricoles de la Hollande.
[2] A l’époque du 1« janvier 1829 les colonies de la Hollande, fondées à Veen-Huyssen, dans le Zuiderzée,
Colonies-hospices.
Étendant toujours le plan de ses opérations, la société de bienfaisance conçut l’idée d’y comprendre aussi les enfans qui étaient jusqu’alors recueillis dans les hospices. 4000 orphelins, enfans trouvés ou abandonnés , étaient entassés dans l’hospice d’Amsterdam, et n’y recevaient qu’une éducation imparfaite, du moins sous le rapport des soins physiques et du noviciat industriel; on leur ouvrit les colonies qui devinrent ainsi une école rurale, et où les utiles exemples de Fellenberg furent reproduits par l’un de ses élèves. Les enfans sont reçus à l’âge de six ans, et y séjournent jusqu’à dix-huit.
On pose en principe «que le travail desadoles- « cens, pendant les dernières années de leursé- « jour, remboursera les premières avances faites « pour les enfans, au commencement. » Ils sont placés sous la direction de vétérans ou d’indigens pris dans les autres divisions des colonies, et choisis parmi ceux qui méritent le plus de confiance. Les travaux les plus durs sont exécutés par des travailleurs adultes et capables. Les enfans retrouvent ainsi, en partie du moins, ces relations de famille dont ils étaient privés; ils obtiennent des guides.
Des ménages d’ouvriers, des ménages de vétérans ont été également admis à jouir de cette hospitalité, et les hospices agricoles, ouverts pour ces derniers, ont été entretenus aux frais du gouvernement [2].
Quelques craintes ont été manifestées sur l’avenir de ces belles institutions ; on s’est demandé si leurs premiers succès pourraient se soutenir; s’il y aurait un terme aux sacrifices qu’elles
possédaient déjà plusieurs hospices agricoles pour les enfans, pour les ménages d’ouvriers et de vétérans , et leur population se composait comme il suit :
1er Établiss. 2c Etablis® 3e Établiss. Total.
1° Orphelins, enfans trouvés et aban-
donnés
2° Ménages d’ouvriers.
3° Ménages de vété-
Néant.
rans
Néant.
Totaux.
L’institut agricole de Wateren, école spéciale de perfectionnement, liée à une ferme expérimentale, contenait en ouirc une soixantaine d’enfans.