‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 214 sur 450 · LIVRE 1. CIIAP. V · texte numérisé non relu

LIVRE 1. CIIAP. V

Le ne sont point là, sans doute, des difficultés insurmontables ; mais il est indispensable de les prévoir, de les combattre. Il est facile de se créer de séduisantes images du spectacle qu’offrirait une population arrachée a la misère, au vagabondage, à l’oisiveté, formant une société heureuse et toute nouvelle, créant sur un sol jusqu’alors stérile, des villages prospères, des moissons abondantes. Mais, plus une telle merveille est digne d’envie, plus il importe de s’assurer des moyens d’exécution, dans l’intérêt des infortunés auxquels on promet un meilleur sort, et dans celui des bienfaiteurs dont on sollicite les fonds.

Nous n’oserions garantir le succès des essais qui auraient pour but de réunir les indigens dans les colonies libres. Mais un certain nombre de colonies forcées peuvent être utilement tentées , comme autant de dépôts de mendicité, ou plutôt comme annexes de ces dépôts, et par conséquent dans les hypothèses et sous les conditions qui ont été reconnues opportunes pour ces établissemens. Les travaux agricoles peuvent entrer en effet, comme les métiers de fabrication, dans le système des moyens adoptés pour occuper les mendians détenus ; la réunion de ces divers genres d’emploi dans un même établissement, aurait même des avantages sensibles. Chaque mendiant serait appliqué à l’espèce d’ouvrage pour lequel il serait reconnu le plus propre, et qui serait le mieux en rapport avec ses anciennes habitudes.

Ils nous paraîtrait donc plus utile, plus facile, moins hasardé, d’appuyer ce qu’on appelle une colonie agricole , sur un dépôt de mendicité bien conçu, que sur une entreprise de défrichement. En d’autres termes , il ne s’agirait que de donner une plus grande étendue et une forme plus variée aux dépôts de mendicité. On tâcherait de se procurer une certaine étendue de terrains, à la portée des dépôts déjà existans, pour fournir de l’ouvrage aux mendians valides capables de rendre des services utiles dans ce genre d’exploitation ; on imiterait en cela ce qui se pratique avec succès près des hospices d’aliénés. On choisirait , pour ériger des dépôts nouveaux , une situation dans des localités favorables pour une opération semblable. Les métiers du dedans occuperaient les femmes , les vieillards, les infirmes , les mendians anciennement livrés à quelque profession industrielle; ils occuperaient aussi, pendant l’hiver, les mendians cultivateurs. Ce ne serait pas sans doute une imitation

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