‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 223 sur 450 · ÉMIGRATIONS DE L’EMPIRE BRITANNIQUE · texte numérisé non relu

ÉMIGRATIONS DE L’EMPIRE BRITANNIQUE

(Jèrent donc l’émigration comme une sorte de palliatif aux inconvéniens de régime, et l’un des palliatifs les plus innocens. « Aussi, ajoutent « ces commissaires, l’enquête a fourni de nom- <c breux exemples d’émigrations exécutées aux «t frais des paroisses, et qui ont donné des résul- « tats satisfaisans. La somme qu’elles ont em- « ployée à cette dépense a été inférieure à celle «c qui était consommée pour assister les mêmes «(pauvres, avant leur transplantation.» Les commissaires royaux, n’espérant pas que la réformation du régime des secours produisît immédiatement ses effets. ou n’en attendant du moins que des résultats progressifs, ont pensé que, pendant l’intervalle qui s’écoulera, l’émigration facilitera l’application des remèdes [1].

Les émigrés d’ailleurs, et ce sont encore les commissaires royaux qui nous l’apprennent, reviennent souvent aux lieux qu’ils avaient quittés, et retombent de nouveau à la charge de la paroisse. En vain a-t-on proposé de leur faire perdre alors le droit du domicile ;

[1] « Ce n’est pas, disent-ils, que l’émigration elle- « même ne rencontre des difficultés considérables. Les « mêmes causes qui engendrent chez un valide la ré- « pugnance pour le travail qu’il eût pu trouver dans « son pays, lui inspirent un éloignement non moins « prononcé contre les privations auxquelles l’émigra- « lion le soumettrait. Les sujets dont il serait le plus « utile de se débarrasser, sont précisément ceux qui « sont le moins disposés à émigrer. Comment décider à « se transplanter dans des régions lointaines ceux qui « en retour de leur fainéantise obtiennent des secours

celle mesure, fut-elle juste, serait illusoire [2],

Le nouveau bill, passé le 14 août 1854, s’est borné à autoriser l’emploi d’une portion de la taxe des pauvres, pour les frais de l’émigration, dans les paroisses où les contribuables prendraient une délibération à cet effet; mais, sans permettre d’y affecter au-delà de la moitié du montant de la taxe. Le trésor de l’échiquier en fait l’avance au besoin [3].

Le premier compte qui a été rendu de l’exécution de cette loi, montre combien a été restreint l’usage qui a été fait par les paroisses, de la faculté qu’elle avait ouverte. Dix-neuf paroisses seulement s’en sont prévalues. Elles l’ont appliquée à 520 émigrans, et y ont employé une somme totale de 2473 livres sterling. La plus grande partie de ces émigrans se sont dirigés sur le haut Canada. Il est digne de remarque qu’aucune des paroisses dans lesquelles a été réalisé le nouveau système de secours n’a eu besoin de recourir à l’émigration, pour se soulager de la charge de ses pauvres [4].

« supérieurs aux salaires légitimes? L’émigration en- « lève les bons sujets et laisse les mauvais (voyez le « Rapport déjà cité,p. 351 à 553). « Cette dernière observation, fournie par une expérience aussi remarquable, mérite l’attention la plus sérieuse.

« L’émigration, concluent-ils, ne serait donc qu’un « remède insuffisant et transitoire. »

[2] lbid.,ibid., p.357.

[3] Suivant un statut de Georges ni, 57, chap. 34.

[4] First annual report of the poor law commissionners, 1835, p. 41.

Page 1