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CONCOURS DES SOCIÉTÉS CHARITABLES A PARIS

Le rapport des indigens, à la population totale, s’est, réduit :

Depuis 1852 de 1 sur 11,165

Et depuis 1855, où il était de 1 sur 12,510 A 1 sur 15,572

C’est-à-dire d’un tiers sur la première époque, et d’un quart sur la seconde. Mais la première était celle du choléra.

Ce résultat qui, sous plusieurs rapports, est d’une extrême importance, su dirait pour rassurer contre les alarmes que conçoivent quelques esprits, sur un prétendu accroissement du paupérisme [i].

Le nombre des malades traités à domicile, par les soins des bureaux de bienfaisance, s’élève annuellement à plus de 25 mille. La dépense des médicamens monte, terme moyen, pour chaque malade, à 2 fr. 80 cent.; et les autres frais accessoires, à plus de 4 fr. Il serait à désirer que des rapports comparatifs fissent connaître, annuellement, le nombre des malades, le genre, la durée, l’issue des maladies.

Chaque administrateur est le juge de la graduation des secours ; il doit l’être. La quotité, il faut l’avouer, est rarement dans un juste rapport avec l’échelle des besoins. Il est difficile de proportionner une assistance aussi modique, à toutes les différences de la situation des indigens; il est plus difficile encore de la proportionner à la moralité de leur conduite. Les indigens, d’ailleurs, exigent en quelque sorte, dans les distributions, une égalité matérielle qu’ils appellent du nom de justice. Les inconvéniens de ce défaut de graduation retombent principalement sur les plus misérables qui , de la sorte, n’obtiennent pas une part assez abondante dans les secours; aucun ne reçoit une assistance complète et par conséquent réellement efficace. Mais, il est juste de dire que les administrateurs, les commissaires, les dames de charité qui se dévouent avec un zèle si actif et si méri-

[1] Voyez au tome ier de cet ouvrage, liv. i, chap. 4, Eétat numérique de la population indigente de Paris, de 1829 à 1832.

Le recensement de 1838 a été opéré pendant que ce volume s’imprimait, et vient seulement d’être connu depuis quelques jours.

[2] C’est avec un vif regret que nous nous voyons empêché, par les limites imposées à cet ouvrage, de donner sur un service aussi important des détails plus étendus.

toirc à ces pénibles fonctions, ajoutent à tous les services qu’ils rendent aux indigens, un abondant supplément de secours soit de leur propre bourse, soit de celle de leurs amis [2 .

Fidèles aux traditions de leurs prédécesseurs, les curés de Paris ont continué, dans leurs paroisses respectives , des distributions dont les abondantes aumônes qu’on leur confie fournissent les fonds , distributions auxquelles les sœurs de charité prêtent aussi leur ministère. C’est un service analogue et parallèle à celui des bureaux de bienfaisance; ces distributions s’accomplissent en partie dans les maisons de secours formées par les bureaux de bienfaisance. Des dames charitables concourent a ce service, avec le zèle d’un dévoùment éclairé par 1 expérience. Du reste il n’existe aucun concert, aucune communication entre cette assistance et celle des bureaux de bienfaisance. Ainsi le même indigent peut être assisté à-la-fois par toutes les deux, sans qu’on en soit instruit ni dans 1 une, ni dans l’autre direction. On ignore également la nature et la quotité des secours qui sont reçus de chaque main. Aucun compte n’est publié des distributions faites ainsi dans les paroisses; on n’en connaît donc point l’importance précise; mais on peut présumer qu’elle égale, qu’elle surpasse peut-être celle des secours distribués par l’administration civile.

Concours des sociétés charitables, dans la capitale.

A la tête des établissemens charitables de la capitale, siège cette société philanthropique dont on ne peut assez louer les travaux. Elle paie un double tribut à la grande œuvre des secours à domicile, d’une part, par ses soupes économiques; de l’autre, par ses dispensaires.

Depuis le commencement de ce siècle, en 57 ans, la société philanthropique a distribué

ISous indiquerons du moins des sources précieuses : les Instructions publiées par l’administration des hospices ; le Manuel des dames de charité . rédigé d’après ses ordres; deux articles du Bulletin de la Société des établissemens charitables, 1. 1, p. 191,399. 405; et surtout un Rapport du plus haut intérêt présenté à cette Société par M. Vée . l’un de ses membres, en 1837, et dont elle a ordonné la publication.

Nous nous référons d’ailleurs aux développemens donnés dans le Visiteur du pauvre.

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