‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 265 sur 450 · TROISIÈME PARTIE. LIVRE II. C1IAP. I · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. LIVRE II. C1IAP. I

près de 22 millions de rations de soupe; en quelques années, cette distribution a été portée à 2 millions et même à 4,342,000 [î] ; chaque portion est vendue aux indigens pour 5 centimes seulement; mais elle coûte à la société de 8 à 12. Huit fourneaux ouverts dans les divers quartiers de la capitale offrent ainsi aux indigens, pendant l’hiver, une nourriture substantielle, au prix le plus modique.

Depuis 1805 jusqu’à 1838, il a été traité dans les six dispensaires de la société philanthropique, près de 81,183 malades, sur lesquels 55,051 ont été guéris, 2609 ont succombé, et 13,129 sont sortis pour diverses causes. La moyenne des décès par rapport aux malades traités, a été pendant ces 37 ans d’un sur 34, et par rapport à ceux qui ont été guéris d’un sur 21 et 1/2. La moyenne de la dépense, pour chaque malade a été de 16 fr. 28 centimes ; le maximum de 20 et 25 fr. pendant les 2 premières années, et le minimum de 12 francs 50 centimes. Il y a ordinairement en traitement 500 malades environ, la durée moyenne des maladies est d’un mois et 20 jours. Dans le nombre des malades traités, les femmes sont aux hommes à-peu-près comme 6 'a 5.

Sur 100 malades, on en trouve à-peu-près :

Au-dessous de 20 ans 17 à 18

De 20 à 30 12 à 13

Au-dessus de 60 9 à 100

Et relativement aux professions :

Ouvriers 62 à 66

Domestiques 9 à 10

Employés 2 à 3

Marchands 4 à 5

Artistes, instituteurs. . 2 à 3

Sans profession. . . . 16 à 28 [2]

La société a procuré aussi en 53 ans le bien-

[t] En 1817, 1812, 1811.

Voyez les Rapports de la Société philanthropique de Paris, assemblée générale du 20 juin 1838.

[2] Chaque souscripteur peut à l’aide de sa carte faire traiter un malade pendant toute l’année. Mais dans le fait chaque carte ne sert, terme moyen , qu’à 3 malades par an; c’est-à dire elle représente 5 mois de traitement. Le souscripteur verse 30 fr., la dépense de 3 malades représente près de 50 fr. — [3] Voyez les Rapports annuellement publiés par la Société philanthropique.

[4] » C’est à celles qui savent se dévouer et supporter

fait de la vaccination gratuite à 520 enfans [3j.

Depuis 1830, il s’est formé, dans plusieurs arrondissemens de la capitale, des associations de charité analogues à celles qui existent en Angleterre et en Suisse. Elles reçoivent des dons de toutes les personnes bienfaisantes; elles sont instituées et dirigées par des dames. Ces associations ne se bornent pas à un simple soulagement partiel et momentané du pauvre; elles vont plus loin. Leur but est de sauver pleinement le pauvre, de le réhabiliter par une sorte d’adoption. La sollicitude des directrices n’est satisfaite que lorsqu’elles ont rendu à une existence indépendante, les malheureux qu’elles ont pris sous leur protection. Elles ont compris que l’amélioration morale du pauvre est une condition essentielle pour atteindre le but qu’elles se proposent; elles ne négligent donc rien pour inspirer des sentimens religieux, pour ramener à la vertu , pour soustraire au danger de la corruption. Elles ont pensé avec raison, qu’il appartenait surtout à leur sexe d’exercer une mission semblable [4]. Ces associations, pour opérer la guérison complète des familles qu’elles adoptent, ont dû en limiter le nombre; elles ont dû restreindre la sphère de leur action pour la rendre plus efficace.

Sous le nom de Société des amis despauvres , une réunion de jeunes gens s’est formée vers la même époque. Active et ingénieuse dans ses soins, elle visite les malheureux, surveille leurs intérêts, leur rend tous les genres de services. Elle leur procure un logement plus sain ; elle fait pour eux les frais d’un étalage; elle leur cherche de l’ouvrage ; elle leur en fournit et fait confectionner par les uns les vêtemens qu’elle destine aux autres; elle fait les démarches qui peuvent leur être utiles; elle a pour principe de ne donner que lorsqu'elle ne peut faire gagner.

Récemment instituée aussi , la société de miséricorde se dévoue à rechercher la misère qui

« les plus mauvais procédés sans se lasser d’aimer, « qu’il appartient, ont-elles dit, de persuader aux classes « inférieures de se soumettre à une vie rude, remplie de « privations et de douleurs, sans pour cela cesser d’es- « pérer et de croire à la providence. «

Leurs efforts ont été couronnés de succès.

« On n’imagine pas, disent-elles, quel degré d’in- « fluence peut obtenir sur le pauvre la raison éclairée « et charitable qui a pu obtenir sa confiance. »

Voyez le compte-rendu de l’association de charité du 1er arrondissement pour la 3e année.

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