‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 27 sur 450 · BASES DES COTISATIONS ET SECOURS · texte numérisé non relu

BASES DES COTISATIONS ET SECOURS

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La société philanthropique de Paris a offert aux sociétés de prévoyance qui se formeraient sous ses auspices, des bases qu’elle a calculées d’après la loi de mortalité de Duvillard , publiée dans l’Annuaire du bureau des longitudes. Ces tables ne distinguent point les deux sexes. Elles comprennent des souscripteurs de l’âge de 22 à celui de 60 ans, et supposent une cotisation d’un franc par mois, une société formée de 100 personnes; elles promettent, à l’àge de 60 ans, une pension de 218 fr.

Mais la loi de mortalité de Duvillard est encore plus défavorable à la durée de la vie humaine, que celle de Northampton en Angleterre ; elle est calculée sur l’universalité de la population en France; il est reconnu que depuis l’époque à laquelle ses élémens ont été empruntés, la mortalité s’est sensiblementaffaiblicen France. Les tables proposées par la société philanthropique établissent donc un rapport beaucoup trop faible et les cotisations qu’elles indiquent seraient trop insuffisantes pour les secours qu’elles font espérer. Il est à regretter aussi, qu’on n’ait fait commencer ces tables qu’à 22 ans, et qu’on ait donné ouverture aux secours dès l’âge de 60.

M. Quetelet, aux travaux duquel nous sommes redevables de tant de recherches précieuses sur les applications des calculs mathématiques aux sciences sociales, a publié dernièrement, pour la Belgique, une table de mortalité où il adonné le premier exemple de distinguer non-seulement les deux sexes, mais les villes et les campagnes.

On voit, d’après celte table, que, sur 1000 naissances de garçons, il y aurait à l’âge de 18 ans, dans les villes , 1513,1 jeunes gens, et 333,7 dans les campagnes; et à l’age de 63 ans, 183,9 vieillards vivant encore dans les villes, 227,7 dans les campagnes; que, sur 1000 naissances de filles, il y aurait, à 18 ans 360,0 filles dans les villes, et 360,8 dans les campagnes; à l’âge de 63 ans, 239,7 femmes vivant encore dans les villes, et 231.0 seulement dans les campagnes.

Il résulte de là que, d’après cette table, sur 1000 individus de l’âge de 18 ans, et pouvant contribuer aux sociétés de prévoyance, il en survivrait à l’âge de 63 ans pour participer à la pension,

[1] Voyez l’ouvrage de M. Quetelet intitulé, Sur l'homme et le développement de ses facultés, ou Essai de physique sociale. Paris, 1835, 2 vol. in-8°, tome 1er, page 181.

[2] Essai sur les probabilités de la vie humaine.

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