‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 271 sur 450 · LIVRE II. CH AP · texte numérisé non relu

LIVRE II. CH AP

chaque cas particulier , suivant les nécessités que ce cas requiert; que jamais un pauvre ne pourra obtenir de vivre plus confortablement sans industrie, sans économie, grâce à l’aumône, qu’un homme laborieux qui se suffit à lui-même ; que l’aumône ne doit point dispenser ceux qui doivent et peuvent soutenir l’indigent, devenir eux-mêmes à son aide ; que l’assistance doit être refusée aux intempérans, et accordée seulement à leur famille, quand elle est victime de leurs désordres [ i ] .

En se pénétrant de cet esprit, les sociétés bienveillantes de Boston assistent près de 1200 familles , dans cette cité , et souvent l’assistance est assez efficace pour n’avoir pas besoin d’être renouvelée [2].

C’est aux travaux du respectable docteur Joseph Tuckermann, que la ville de Boston rapporte principalement les améliorations introduites dans le régime des secours à domicile, par les sociétés charitables de celle ville , et la nouvelle direction qui en a fait un modèle si digne d’étude. Visiteur assidu des pauvres , visiteur de la classe d’indigensla plus dépravée et la plus délaissée tout ensemble , il a découvert , assisté des milliers de familles misérables, et dans une suite de rapports annuels, il a rendu compte de ses observations , des résultats de ses efforts. Il n’est rien de plus instructif pour ceux qui ont reçu l’honorable, mais difficile fonction de distributeurs des secours publics, que ces tableaux détaillés et fidèles exécutés par un homme de bien : on y contemple les misères déchirantes dont il a été témoin ; on y voit les obstacles contre lesquels il a dû lutter; on y observe le mode d’action qu’il a exercé ; on jouit de voiries fruits qu’il a recueillis; car, souvent, 'il a relevé, rendu à l’indépendance, à une vie honnête, des familles qui d’abord s’étaient offertes à ses regards accablées à-la-fois par l’avilissement et par la détresse. On s’associe à ses sympathies ; on applaudit à son zèle; on apprend de lui le secret des vraies causes de l’indigence, l’art de ranimer dans les âmes flétries, abattues, le foyer de l’existence morale; les moyens de ramener le bien-être , en relevant le caractère. O11 conçoit de nouvelles espérances sur la puissance de la charité, en même temps qu’on reconnaît les écueils dont elle doit se garantir, les pièges qui

[2] Voyez 1 e First annual Report of the association ton, etc., etc. Boston , 1835 , pages 27 et suivantes. of delegates from the bcnevolent societies of Bos- [2] Ibid., p. 4.

Page 1