‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 270 sur 450 · SECOURS A DOMICILE AUX ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

SECOURS A DOMICILE AUX ÉTATS-UNIS

nues, et l’on va jusqu’à trouver que ce mode d’assistance est plus économique [1] .

On se plaint aux États-Unis, comme en Angleterre, de l’accroissement progressif des subventions assignées pour les secours publics. Dans l’état de Massachussets, pour continuer le même exemple, la subvention du trésor public, pour la classe des pauvres mise à sa charge, qui ne s’élevait, en 1794, qu’à 13,785 dollars, montait, savoir :

Sommes d’hiver. d’été. Total.

En 1810 à. . 18,396 9,704 28,100 dollars.

En 1820 à. . 47,327 25,335 72,662 [2]

Aussi, les différons états de l’Union se sont-ils, depuis quelques années, occupés à l’envi d’améliorer leurs systèmes de secours publics.

A Boston, sur une population de 61,400 habitans:

La taxe des pauvres, pour les pauvres domiciliés, s’élevait en 1833 à 23,000 doll.

L 'allowance du trésor, pour les pauvres

de l’état, à 14,628

Et la dépense totale des secours publics, à. 44,402 Le nombre des pauvres de la ville (ou domiciliés) était de.. 2,493

Celui des pauvres de l’état (ou étrangers)

de 3,880

La dépense faite pour assister la première classe , était de 24,566i[3]

En 1837, sur une population totale de 423,000 habitans, que contenait le môme état (dans 14 comtés et 303 villes), on comptait, savoir :

Pauvres assistés dans les maisons de secours. 1,018

Assistés au dehors 1,499

Assistés par contrats ( ou abonnemens) aux enchères 4,467 [4]

Et] la dépense annuelle était établie comme il suit :

[1] Reportof the commissionners, p. 23 etsuiv.

[2] Ibid., ibid., p. 32.

[3] Voyez les tableaux annexés au Rapport précité.

[4] Sur le nombre total des indigens assistés, on distinguait :

Hommes 2,716

Femmes 2,864

Blancs 3,199

Hommes de couleur 319

Personn. sachant lire et écrire. 2,831

Pour les pauvres dans la maison de secours 100,312 doll. 30 cents.

Pour ceux assistés au dehors. . 50,033 16

L’abonnement pour les pauvres placés par contrats, variait de 60 cent, par semaine à 1 dollar 66 cent. : moyenne, 1 dollar [5].

Les secours publics sont administrés, à New- York, par une commission de surintendans qui veillent sur les familles indigentes, qui présentent au gouvernement l’état de leurs besoins , lui demandent les fonds nécessaires, lui rendent compte de l’emploi. On voit qu’en 1834, le nombre des pauvres assistés dans 33 comtés dépendant de cet état, a été d’environ 33,400 sur lesquels 5700 environ étaient étrangers, et que, dans la même année, il a dépensé pour eux 304,913 dollars.

A baltimore, les secours distribués à la classe des pauvres d’état, s’élèvent annuellement à environ 19,000 dollars. L’assistance s’élève jusqu’à 40 dollars pour une famille. On évaluait, en 1834, cette classe d’indigens, tant dans la ville que dans les comtés, à 5400 individus, dont 1/5 de gens de couleur [6].

Les indigens trouvent, aux Etats-Unis, un appui naturel dans la congrégation religieuse et locale à laquelle ils appartiennent. Il en est quelques-unes où le zèle de la charité, où l’esprit de la confraternité mutuelle, se conservent avec tant d’ardeur et de fidélité, qu’elles ne laissent tomber aucun de leurs membres indigens à la charge du public. Dans leur nombre se signale celle des quakers; on ne voit aucun d’eux figurer sur le rôle des pauvres. Certaines associations, dans l’esprit d’une généreuse tolérance, viennent au secours des malheureux qui 11e ressortissent d’aucune église déterminée, et ne font partie d’aucune communauté. Les souscriptions, d’ailleurs, se forment avec empressement, dès qu’elles sont provoquées pour un objet de bienfaisance.

Illettrés

Mariés

Célibataires. . .

Ayant une famille.

Sans famille. . .

Tempérans. . . .

Intempérans. . .

[5] Voyez les tableaux annexés au Rapport de 1837, publié à Boston. — [s] Voy.M.Ramon de la Sagra, Cinq mois aux États-l nit, p. 66. et 439.

Dans cette foule d’associations charitables, qui se répandent sur toute la surface des États- Unis, il en est une qui se présente comme un modèle, et dont les opérations semblent avoir parfaitement satislail aux vraies conditions d’un bon régime de secours à domicile. C’est celle qui s’est formée, en 1854, à Boston, sous le titre de réunion des délégués des sociétés bienveillantes de cette ville. Elle sert de centre à 22 sociétés qui visitent les indigens, et leur distribuent des secours ; elle en dirige les travaux, en reçoit les comptes-rendus; elle entretient entre elles un utile concert.

Le but qu’elle s’est proposé est de prévenir les abus de l’aumône, d’y remédier, et de soulager les pauvres par les moyens les plus efficaces.

Elle a compris qu'une ère nouvelle commence aujourd’hui pour les œuvres delà philanthropie chrétienne ; qu’à la bienfaisance purement économique et matérielle devait succéder une charité plus relevée, mieux entendue, celle qui fonde , sur la moralisation du pauvre , l’amélioration de sa destinée. Les sociétés bienveillantes s’occupaient jusqu’alors de soulager les nécessités physiquesdes indigens, par des distributions diverses ; elle les a appelées à un ordre de fonctions qui ennoblit ce service en y joignant des bienfaits inappréciables, en travaillant à réformer, à améliorer le caractère des indigens. Elle s’est animée du même esprit qui a fait naître récemment, en Angleterre, les sociétés des visiteurs des pauvres. Elle a reconnu, proclamé cette grande et féconde vérité, que u les meil- »« leures ressources pour relever la condition de «c l’indigent, sont en lui-même ; que souvent il « a plus besoin de découvrir et d’employer ces « ressources propres, que de recevoir des au- « mènes. Elle a voulu qu’il ne put plus y avoir *c dans une famille, d’infortune évitable. Elle «t a donc posé en principe , que les agens des soit ciétés charitables doivent, autant qu’il leur «test possible, se garantir des abus, dans les «t charités qu’ils dispensent; réprimer ces abus «t quand ils les découvrent; mettre obstacle à la «t mendicité sous toutes les formes, et spéciale- «t ment à celle dont les enfans sont les instruit mens. » Elle a établi comme règle essentielle, que les secours ne seraient délivrés qu’à la demeure du pauvre , après un examen attentif de

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