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DES ORDRES RELIGIEUX HOSPITALIERS

monte au xme siècle [1] ; celle de l’hôpital extérieur de la même ville , au xive siècle [2].

Pendant que le christianisme inspirait et consacrait ces institutions , les Arabes musulmans en imitaient l’exemple, et les faisaient servir à la clinique médicale. Dès le vine siècle, ils avaient, à Cordoue, un magnifique hôpital pour les malades. Les plus célèbres médecins s’y formèrent.

En 1070, Lanfranc porte en Angleterre l’institution des asiles charitables ; il ouvre l’hôpital de Cantorbéry; en 1102, est fondé l’hôpital de Saint-Barthélemy, à Londres; en 1215, l’hôpital Saint-Thomas, dans la même capitale.

Les fléaux qui affligèrent notre Europe , dans le cours du xie et du xne siècle , sollicitèrent vivement le z-èlc de la charité chrétienne , et cette circonstance contribua puissamment à seconder le mouvement général qui déterminait ces créations. Deux maladies jusqu’alors inconnues étendirent au loin leurs ravages , l’une fut connue sous le nom de feu Saint-Antoine [3] ; l’autre était la lèpre , que les croisés rapportaient du Levant. L’apparition de ces deux maladies, l’intensité avec laquelle elles se manifestèrent, excitèrent un effroi qu’accrut encore le caractère contagieux de la seconde. On abandonnait, on fuyait les malheureuxqui en étaient frappés. Emue à ce spectacle, la charité enfanta des prodiges. Les léproseries , les maladreries s’élevèrent de toutes parts. Suivant Mathieu Paris, leur nombre dépassa 19 mille dans toute la chrétienté, et 2 mille, seulement en France. Nous voyons Louis vm léguer par son testament 20 mille livres à 200 Hôtels-Dieu , et 10 mille livres à 2 mille léproseries. Nous voyons saint Louis agrandir l’Hôtel-Dieu de Paris, fonder des hôpitaux à Pontoise, Vcrneuil , Compiègne . etc. On aime à se rappeler que ce bon

Cependant les chroniques ne sont pas entièrement d’accord sur ce point.

[1] Voyez l'histoire de cet hôpital /publiée à berne, 1825, p . G6 à 71.

[2] Voy. l’histoire de cet hospice , sous le titre de : Bas Siechenhaus, Berne, 1828.

[3] Parce que les malades qui en étaient atteints, avaient recours à l’intercession de ce saint.

[4] Voy. la Chronique du sire de Joinville.

[5] Histoire de la ville de Toulouse , liv. 3, p. 380.

[6] Qu’il suffise d’en citer un seul exemple : En 1531, une disette affligea la ville de Lyon, les pays voisins, et réduisit à la plus extrême misère des milliers d’hahitans. Huit mille personnes de tout âge et de tout sexe.

prince voulut panser de ses propres mains le premier blessé qui fut admis dans l’hôpital de Compiègne [4]. La ville de Toulouse possédait, à elle seule , jusqu’à 29 hôpitaux dont Raynal a conservé les noms [5]. Sous Alexandre m , en 1179 , le concile de Latran régla que les lépreux auraient leur hôpital à part. Les pestes qui désolèrent l’Europe , à diverses époques, dans les siècles suivans, déterminèrent de nouvelles créations, pour satisfaire aux nécessités croissantes. Le comte Albert, qui avait fait avec l’êvèquc d’Halberstadt le voyage de la Palestine, fonda, entre autres, des léproseries dans le nord de l’Allemagne, àKœnigsbcrg, et à Francfort sur l’Oder.

L’affranchissement des communes et le développement des cités qui en fut la suite, dans les diverses parties de l’Europe, concoururent encore à donner un nouvel essor aux établissemens charitables au sein des villes. Les villes tinrent à honneur d’ériger, d’agrandir, de décorer ces monumens de leur piété. Les citoyens les dotèrent à l’envi ; les magistrats considérèrent leur direction comme l’une des plus nobles dignités de l’administration municipale. L’institution des bourgeoisies, empreinte d’un caractère de garantie mutuelle, conduisit à fonder des maisons de retraite pour les bourgeois frappés par l’adversité ou atteints par la vieillesse. Les villes ouvrirent même souvent aux étrangers leurs asiles publics , et y exercèrent une généreuse hospitalité [6].

Des ordres religieux hospitaliers.

Dès le ixc siècle, une saillie sœur, érige à

chassées de leurs demeures, pressées par la faim, arrivèrent à Lyon, par le Rhône et la Saône, implorant la pitié et poussant des cris lamentables. Toutes furent accueillies avec bonté, réparties dans les maisons, où l’on s’empressait de les recevoir ; on les nourrit , on les conserva jusqu’à la moisson, quoique la ville fût remplie de malheureux appartenant à la classe de ses propres indigens. Ces infortunés repartirent en bénissant la générosité de leurs hôtes, et c'est alors que la ville de Lyon conçut la pensée d'agrandir le système de ses établissemens hospitaliers , pour qu’ils pussent offrir désormais un asile à tous les genres de misères. Voyez Abrégé historique des hôpitaux , par l’abbé de Recalde, p. 48.

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