‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 302 sur 450 · LIVRE III. Cil AP. I · texte numérisé non relu

LIVRE III. Cil AP. I

Sienne, l’hospice dellaScala pour les pèlerins, et lbnde la congrégation qui les assiste à son exemple. Au x° siècle, Benezech institue en France les religieux pontifes [i] de Saint-Jacques-du- Haut-Pas , pour ic service des pèlerins et des malades; bientôt, dans le mouvement d’une pieuse émulation , une foule de personnes des deux sexes renoncent au monde, pour aspirer h l’honneur de devenir les serviteurs des pauvres, et d’en partager les souffrances. Les xi°, xiieetxme siècles virent les ordres hospitaliers se répandre dans toute l’Europe [2].

En 1095, les religieux hospitaliers de Saint- Antoine se réunirent à Vienne, pour assister les malades atteints du fléau auquel le nom de ce saint est resté attaché. En 1120, à Albrac, dans le diocèse de Rhodcz, se forma un ordre hospitalier, composé d’élémens très-divers : des prêtres y présidaient ; des frères, sous leurdirection, servaictit l’hôpital et les pauvres; des chevaliers protégeaient les pèlerins ; des femmes et des filles soignaient les malheureux admis dans l’asile ; des serviteurs étaient attachés à la culture des terres. Trois congrégations des frères de la Croix, établies en Italie, en Bohême, dans les Pays-Bas, et suivant la règle de Saint-Augustin, prétendaient faire remonter leur origine à l'année 70 de notre ère; on les voit, en 1100, renouvelées sous Alexandre ni et Frédéric Barberousse, occuper en Italie seulement jusqu’à 208 monastères et hôpitaux, se répandre ensuite, en 1250, dans la Bohême et la Moravie. L’ordre des religieux de Roncevaux, en Navarre, revendiquait Charlemagne pour fondateur, mais paraît seulement dater de 1151 ; il se destinait au service des pèlerins et des pauvres, et il en recueillit à-la-fois jusqu’à 20 mille, à ce qu’on assure. Quelques années auparavant, en 1122, s’était déjà formé, en Espagne, l’ordre des religieux de Saint-Jean-de-Lortie, réuni plus tard aux Hiéronimites. En 1158, deux ordres hospitaliers, l’un d’hommes, l’autre de femmes, sont fondés à Abbeville; en 1171, celui de Saint- Gervais et de Saint-Protais se forme à Paris, sous la règle de Saint-Augustin, et comprend aussi des religieux et des religieuses. Vers la même époque, Guide, de Montpellier, dote le midi de la France du célèbre ordre du Saint- Esprit; cet ordre dessert, à-la-fois, les hospices, les hôpitaux ; tous ses membres étaient laïques;

une congrégation de sœurs lui étaient annexée. Guide est appelé à Rome, par Boniface vin ; ce pape lui confie la direction du nouveau et grand hôpital qu’il vient de créer dans la cité Léonine [3].

Dès le milieu de xic siècle, les religieuses de Sainte-Madeleine font revivre, à Jérusalem, les traditions de l’illustre Fabiola.

Au xme siècle, ces institutions se propagent encore. En 1209, une maison hospitalière est ouverte à Constance, par les religieux de l’ordre de Saint-Augustin. En 1212, les frères hospitaliers desservent l’hôpital de Burgos, et s’établissent près du couvent de Las Huclgas, de l’ordre deCiteaux. En 1221, les religieux hospitaliers de Saint-Jean de Coventry, en Angleterre, donnent leurs services près du couvent des Bénédictins. Des chanoinesses hospitalières servent les malades, dans la même ville. Les hospitaliers de Saint-Jean-Baptiste commencent, en 1241 , à s’établir à Dottingham; ceux de Saint-Léonard, à York, en se consacrant au même office, professent une pauvreté absolue. En France, l’ordre hospitalier de Beauvais, subdivisé en deux branches, l’une d’hommes, l’autre de femmes, et bientôt réduit à la seconde, observe la règle de Saint-Augustin ; les hospitaliers de la Charité sont fondés par Guy de Joinville. L’hôpital de Pontoise, à sa naissance, en 1259, est confié à des religieuses. Dès 1217, l’Hôtel-Dieu de Paris est desservi par les religieuses de Saint-Augustin, qu’il a le bonheur de conserver encore aujourd’hui. L’ordre religieux des chanoinesses de Sainte-Catherine, 'a Paris, en 1222, assure un asile, pendant trois jours, aux femmes qui arrivent dans la capitale. Des chanoinesses régulières embrassent le service des pauvres sur divers points du royaume et en Flandre. Dès le commencement du xme siècle, sainte Elisabeth, fille d’André ir, roi de Bohême, ayant pris l’habit du tiers-ordre régulier de Saint-François, institue à Marbourg cet ordre justement célèbre, qui, sous son patronage, s’est répandu en Allemagne et en France, soignant les malades dans les hôpitaux et à domicile, et qui parmi nous a pris le nom de Sœurs grises.

Ces congrégations se rangeaient sous la règle de Saint-Augustin ; mais, depuis la naissance du tiers-ordre de Saint-François, un certain nombre d’entre elles en adoptèrent le régime. L’au-

[1] Architectes-constructeurs de pont. — [2] Voy. l’abbé de Recalde, Abrégé historique des hôpitaux ; et Hubert,

Traité sur les établissemens publies pour les pauvres (en allemend), 1815. — [3] S. Spirite tn Sassia.

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