‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 330 sur 450 · TROISIÈME PARTIE. LIVRE III. CHAP. IL · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. LIVRE III. CHAP. IL

talières, des termes exactement comparables.

D’abord la mortalité, dans le même hôpital, avec les mêmes soins, variera dans une très-forte différence, suivant la nature des maladies qui y seront admises au traitement. Elle sera beaucoup plus élevée, par la nature même des choses, dans un hôpital exclusivement destiné aux maladies organiques, aux maladies aiguës et aux maladies chirurgicales ; beaucoup plus faible dans un hôpital réservé aux maladies de la peau, ou syphilitiques.

Lorsqu’un hôpital reçoit à-la-fois et indistinctement tous les genres de maladies, la mortalité totale s’y trouve combinée à-la-fois de ces dU vers élémens, et se modifie suivant la proportion de ces élémens.

Il est une seconde cause de différence plus difficile à constater et à déterminer, mais non moins réelle. Quelles quesoient d’ailleurs les conditions inhérentes 'a l’hôpital, la mortalité doit croître ou s’affaiblir suivant la période à laquelle la maladie est parvenue au moment où le malade est admis, et diverses circonstances peuvent, comme on sait, influer sur cette période. Ici, les malades sont amenés expirans; là, ils se présentent quoique n’étant atteints que d’une simple indisposition. Suivant que l’aspect de l’hôpital est plus ou moins propre à inspirer l’effroi, suivant que les mœurs populaires disposent à une répugnance plus ou moins vive pour le séjour de ces établissemens, les malades attendent plus ou moins, pour s’y faire conduire, que leur affection soit aggravée.

Le climat, les mœurs, le degré de misère, l’abondance et la bonne distribution des secours publics , contribuent aussi à rendre plus ou moins dangereuses les maladies qui régnent le plus généralement dans la classe des pauvres; ils influent par là indirectement sur la mortalité observée dans les hôpitaux.

Le nombre des décès ne fait pas connaître avec certitude celui des guérisons. Une partie des malades passent à l’état d’incurables ; d’autres quittent, pour d’autres causes, l’hôpital, sans être guéris.

Quoiqu’on ne puisse donc conclure d’une manière absolue et immédiate, de la mortalité comparée, au mérite des hôpitaux respectifs, il n’en est pas moins d’un très-grand intérêt de recueillir sur ce sujet des observations comparatives, surtout lorsqu’on peut y joindre le rapprochement des circonstances qui viennent d’être signalées. La comparaison de la mortalité rela-

tive dans les différens asiles hospitaliers, met sur la voie pour rechercher et pour découvrir à quel genre de causes on doit principalement attribuer, dans les uns, des décès plus nombreux ; dans les autres , des décès plus rares. Il est utile surtout de comparer la mortalité dans un même établissement, à différentes époques.

La durée moyenne du séjour suit ordinairement un rapport inverse à celui de la mortalité, et la chose s’explique d’elle-même.

Mais elle est modifiée aussi par deux ordres de causes : par la nature des maladies, par le régime de l’hôpital.

foutes choses égales d’ailleurs, une plus longue durée du séjour témoigne ou de l’imperfection du traitement médical, ou de la facilité des administrateurs à conserver le convalescent.

Nous répéterons ici, en terminant, ce que nous avons dit en commençant, et ce que nous ne cesserons de redire : les hôpitaux sont institués pour guérir les malades ; l’économie des dépenses n’est qu’un intérêt subordonné. Gardons le malade aussi longtemps que son séjour est indispensable pour achever d’assurer sa guérison ; ne dépassons pas cette limite. Perfectionnons les moyens de procurer au convalescent, après sa sortie, les soins qui peuvent encore lui être utiles. Un hôpital ne doit pas devenir un hospice.

Quelques exemples.

Il serait à désirer que , dans les diverses contrées de l’Europe, l’administration publique fit dresser des états comparatifs de la durée du séjour et de la mortalité des hôpitaux, en observant le même plan, de manière à offrir des élémens comparables. On y tiendrait compte de la situation des hôpitaux, de leur étendue, de leur destination spéciale; on y spécifierait le genre des maladies traitées, comme on le fait à Munich, à Philadelphie, etc.

En attendant, la science ne peut recueillir que des indications partielles et incomplètes.

Tenon, en 1788, avait obtenu les termes suivans de comparaison sur quelques-uns des principaux hôpitaux de l’Europe :

Londres. . Hôpital Saint-

Barthélemi. 1 décès sur 8 et ô/4 malades.

Edimbourg. Hôpit. Royal. 1

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