DURÉE DU SÉJOUR ET MORTALITÉ
scmcns hospitaliers, ce doux et bienveillant patronage de la bonté qui doit partout accompagner et protéger le malheureux [1] ; il sera éminemment utile au malade, même après la guérison.
Que son assistance toutefois soit dirigée dans un bon esprit, avec une sage discrétion; car un mysticisme exalté, un esprit intolérant, exclusif, peuvent troubler, agiter le malade, répandre même dans l’établissement des influences fâcheuses. En cherchant à favoriser le bienfait, prévenons le danger. Que les communications des malades avec des corporations extérieures, ou avec des personnes qui feraient de ces visites une fonction habituelle, ne puissent s’établir sans être préalablement autorisées; qu’elles ne soient autorisées qu’avec la certitude qu’elles ne pourront dégénérer en abus.
Du traitement externe.
Le traitement externe étend indéfiniment le bienfait des hôpitaux ; il l’étend à distance ; il en fait jouir une foule d’individus qui n’auraient pu participer au traitement interne ; il soulage les hôpitaux eux-mêmes ; il leur évite les sollicitations d’un certain nombre de malades, ou permet de n’y pas accéder lorsque l’admission n’est pas commandée par la situation des demandeurs. Il procure cette assistance à des hommes utiles, qui peuvent ainsi continuer l’exercice de leur profession, lorsque les incommodités dont ils sont atteints, quoique exigeant les secours de l’art, ne sont pas assez graves pour empêcher le travail. Par cette heureuse combinaison , les avantages des secours à domicile se réunissent aux bienfaits des établissernens hospitaliers. Les indigens soignés dans leurs familles participent à l’usage de tous les moyens curatifs qui sont réunis dans les hôpitaux, qui souvent y sont portés à un grand degré de perfection , que peut-être ils ne pourraient trouver nulle autre part.
Ce traitement, il est vrai, convient seulement aux individus qui peuvent se déplacer. Mais le nombre en est beaucoup plus considérable que
celui des malades qui ont besoin de garder le lit et de recevoir des soins continus. Offert dans le moment opportun, il prévient des maladies sérieuses. C’est principalement aux personnes atteintes des maladies de la peau, d’affections chroniques, à celles qui ont éprouvé des blessures peu graves, à celles dont la santé commence à s’altérer, que s’adresse le secours du traitement externe. Son application peut devenir en quelque sorte indéfinie.
Un ordre convenable sera établi pour que les bains et les autres parties du traitement soient administrés sans confusion , avec célérité , et de manière à faire perdre au pauvre le moins de temps qu’il sera possible. Aujourd’hui que les moyens de transport sont si perfectionnés et que leur usage est devenu si économique, il serait à désirer qu’un service commode et à bas prix, fut organisé pour transférer les pauvres aux hôpitaux où s’administre un traitement de ce genre , de manière à ménager les heures si précieuses pour eux, et à leur éviter des fatigues. Le traitement externe peut offrir encore l’avantage de continuer au convalescent sortant de l’hôpital, des directions et des soins qui lui seraient utiles, et par là de le congédier plus tôt, sans inconvéniens pour sa santé.
De la duree du séjour , et de la mortalité dans
les hôpitaux.
Valeur réelle de ces deux genres d’élémens.
La mortalité comparée des hôpitaux est ordinairement considérée comme un signe propre à faire apprécier le mérite des soins qui y sont donnés, et divers travaux ont été exécutés dans ce but. Mais, on ne saurait tirer de ces rapprochcmens, des inductions aussi certaines qu’on l’espère au premier abord, du moins en tant qu’elles s’appliqueraient au succès du traitement que les malades reçoivent. Le rapport des décès à la population ne représente pas à beaucoup près, dans les diverses maisons hospi-
[1] Plusieurs associations charitables de personnes ici celles qui sont instituées à Lyon pour faire la leclaiques se sont formées dans ce but; elles y joignent turc aux malades de l’Hôlel-Dieu , les raser, les peiaussi d’autres soins de bienveillance. 11 suffira de citer gner, etc., etc.