‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 335 sur 450 · DE QUELQUES HOPITAUX SPÉCIAUX · texte numérisé non relu

DE QUELQUES HOPITAUX SPÉCIAUX

ARTICLE PREMIER

Des hôpitaux pour les enfans malades.

Les enfans malades, d’un âge au-dessous de six ans, ne sont pas admis dans la plupart des hôpitaux de France.

Cette exclusion paraît barbare au premier coup-d’œil; elle a cependant ses motifs, et l’intérêt de l’enfant lui-même ne leur est pas étranger. L’atmosphère de l’hôpital exerce sur les organes délicats de l’enfant en bas âge , une impression beaucoup plus sensible et plus fâcheuse que sur les adultes; sa maladie s’aggrave parles influences de l’air qu’il respire. L’enfant audessous de six ans, atteint d’une maladie sérieuse, a besoin d’un genre de soins qu’on est peu habitué à donner dans les hôpitaux ordinaires ; une expérience toute spéciale est nécessaire aux personnes qui l’entourent, pour le comprendre, pour suppléer à son impuissance, pour juger son état, pour lui administrer les secours dont il a besoin. Le traitement des maladies des enfans (orme lui-même comme une branche à part dans l’art médical, demande des études, des observations qui lui sont propres.

D’un autre côté , un enfant au-dessous de six ans est rarement seul , livré à lui-même ; il est dans sa famille; il a des parens qui prennent soin de lui. Car, s’il était délaissé, il eut été, même en santé, recueilli dans quelque établissement public. Lorsqu’il vient à tomber malade, il ne se trouve point dans les conditions qui rendent l’entrée dans les hôpitaux si souvent

nécessaire aux adultes.

Quels soins d’ailleurs pourraient remplacer ceux d’une mère pour un enfant en bas âge? qui saurait mieux le comprendre? qui pourrait avec une plus tendre sollicitude veiller sur lui , pourvoir aux moindres détails? La mère n’estelle pas la lumière du médecin , et souvent le meilleur médecin elle-même?

L’hôpital n’est donc pas un séjour convenable pour un enfant malade en bas âge. Il est toutefois des circonstances extraordinaires qui peuvent commander une exception : la mère sera absente ou malade elle-même, ou incapable de soigner son enfant ; la maladie de l’enfant sera contagieuse; elle aura un caractère problématique, singulier, qui demandera un traitement spécial sous les yeux des hommes de l’art les plus habiles; les parens seront réduits à une extrême détresse, logés à l’étroit, chargés d’autres petits enfans, et hors d’état de fournir au malade un lit à part et les premières nécessités, en linge, alimens, etc. Dans de telles circonstances, il sera moins funeste encore pour l’infortuné, de le recevoir dans l’hôpital, que de l’en repousser. Mais une telle situation ne peut se reproduire que rarement; l’admission ne doit être accordée que si les conditions en ont été suffisamment vérifiées et constatées. Une salle distincte , d’un très-petit nombre de lits, suffira pour satisfaire , dans un cas semblable , au vœu de l’humanité; mais une salle séparée sera toujours convenable.

La création d’un hôpital spécial d’enfans ne sera donc opportune que pour les très-grandes villes. Encore , lorsque cet hôpital aura été reconnu utile, devra-t-on s’y montrer fort sévère pour admettre les enfans en bas âge.

En général, le traitement externe des hôpitaux suffit pour ces petits malades; lorsqu’il suffit , il est préférable.

Des hôpitaux pour les affections chroniques.

Les personnes atteintes d’affections chroniques ne sont point reçues généralement dans les hôpitaux ordinaires de malades.

Le refus de les admettre est fondé sur de

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