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ÉTABLISSEMENS D’ALIÉNÉS EN ANGLETERRE

même fait de ces questions, la matière de publications périodiques [1] . Les jurisconsultes, de leur côté, n’ont point manqué de discuter les questions qui se rapportent .à l’état civil des aliénés, et les publicistes celles qui ont pour but les devoirs de l’administration à leur égard [2].

La Belgique nous présente le traité de M. Gislain [3], de Gand, et les investigations laborieuses de M. Ducpétiaux [4]. La capitale de la Russie a vu éclore l’ouvrage de I\I. Lowenhain, enrichi des communications de l’un de nos médecins les plus célèbres par ses recherches et ses succès sur celte matière [5]. L’Italie possède les écrits de Chiarugi [6], de Flajani, du professeur Fantonelli de Ravie [7], du docteur Anderlini de Faenza [s], etc.; les États-Unis, ceux de Rarkman [9].

Rlusieurs auteurs ont prêté à cette étude le secours de l’expérience comparée; ils ont mis en parallèle les établissemens d’aliénés existant dans les différentes contrées; ils ont signalé, d’après le résultat de leurs observations et de leurs opinions personnelles, les perfectionnemens propres à chacun, ou les inconvéniens qui y subsistent encore. Au nombre de ces zélés explorateurs, nous nous bornerons à citer ici les voyages du docteur J. Frank [10], de M. Andrée [11], du Dr Otto [12] , qui ont vu le jour en Allemagne et qui ont embrassé, outre l’Allemagne ellemême, la France, la Suisse, l’Italie, la Grande- Bretagne, la Hollande ; ceux deM.Edwin Lée[i3], membre du collège royal de chirurgie à Londres, qui se sont étendus sur la France, l’Italie et l’Allemagne ; le précieux écrit de M. le docteur Ferrus, déjà cité, qui a mis en regard les hospices d’aliénés de la France et de l’Angleterre ; enlin le voyage en Italie du docteur Valentin de Nancy, qui a eu pour objet principal les asiles hospitaliers des étals que renferme

[1] Telle est celle de M. Nasse, à Leipzig, de 1819 à 1826; telle est encore celle de M. Frédéric, à Würzbourg depuis 1819, etc.

[2] Voyez entre autres : La science de la police, traité fort remarquable de M. le pi ofessseur Molli. Tubingue, 1832; tome l>*r, pages 205 etsuiv.

[3] Traité d’aliénation mentale et sur les hospices d’aliénés. Amsterdam, 1826.

[4] De l’état des aliénés en Belgique. Bruxelles, 1831.

[5] Considérations sur le traitement des aliénés et recherches sur l’aliénation. Saint-Pétersbourg, 1853, dédié à M. le docteur Esquirol.

cette péninsule [1 4] . Grâce aux travaux de tant d’amis de l’humanité, aux progrès de l’art médical, l’aliéné n’est plus considéré comme étranger à la société, perdu pour elle; il n’est qu'un malade plus malheureux ; il a droit à des soins dont le succès est proportionné à l'affection qui les inspirent, à la douceur dont ils sont empreints; son sort présent est adouci, en même temps que l’espérance lui est rendue.

De quelques établissemens où le sort des aliénés

a obtenu des améliorations remarquables .

Angleterre.

Le premier exemple des améliorations dans les établissemens d’aliénés, a été donné, comme nous l’avons vu, par les quakers. Tucke. qui a été le créateur de l’asile fondé par eux près d’York, en 1792 , qui l’a longtemps dirigé, en a fait connaître aussi le régime. Son esprit l’a vivifié, s’v est perpétué. La charité religieuse, une douce et patiente bienveillance, le respect pour l’humanité, alors même qu’elle est en quelque sorte voilée par la perte de ses plus beaux attributs, ont présidé à cette fondation et la gouvernent. Les chefs qui la dirigent voient surtout, dans les aliénés, des malheureux et des frères : compatir aux maux, les soulager, les adoucir, les calmer, voilà leur première pensée; et en s’attachant ainsi à consoler la victime, chose admirable ! ils ont réussi à guérir le malade. Tout dans cet asile respire la paix ; l’équité dicte les réglemcns et les applique; les

[6] Traité de la folie. Florence, 1793; en italien.

[7] Traité sur la folie. Milan, 1830.

[s] Des aliénations mentales traitées pendant dix ans à l’hospice de Faenza,- 1833.

[9] Direction des aliénés et recherches sur l’aliénation. Boston, 1817.

[10] A Vienne, 1804.

[11] A Leipzig, 1810.

[12] A Hambourg, 1825.

[13] A Londres, 1835. — [14] Roller a publié à la suite de son précieux traité une bibliographie des ouvrages sur les aliénés, jusqu’en 1831.

précautions se déguisent sous la forme des soins; les infirmiers sont des amis, plutôt que des gardiens; l’empire de la raison est employé encore sur des êtres qui semblent ne plus le connaître; dévoré par une agitation intérieure, l’aliéné ne trouve autour de lui que des invitations au repos ; rien ne le trouble, ne l’humilie, ne l’oflense ; il n’est pas dans une prison, mais dans une retraite. Alors même que sa guérison ne serait pas plus facile, quel avantage n’est-ce pas déjà pour lui, que d etre entouré d’égards et de goûter tout le bien-être que sa situation comporte ! On ne possède aucun relevé statistique qui traduise en chiffres les résultats obtenus par ce régime. Mais le témoignage unanime de l’Angleterre place cet établissement au premier rang, et ceux qui l’ont visité ont reconnu que nulle part la tenue générale n’est plus favorable au traitement des aliénés.

Bethléem est le plus ancien peut-être des hospices qui aient été affectés d’une manière spéciale à cette destination; il fut, dès 1555, consacré à la guérison des lunatiques de la ville de Londres. Rétabli, restauré, agrandi plus tard, en 1675 et en 1754, les formes extérieures en sont imposantes [î] ; au mérite de la propreté et des soins, il joint celui de quelques divisions utilement conçues.

On loue, dans Saint-Luke, la disposition et la tenue des loges, la propreté générale de la maison ; on remarque les galeries servant de promenoirs, les chauffoirs communs. La construction de l’hôpital de Guy, à Londres, est citée comme un modèle. Les logemens sont tous situés au rez-de-chaussée; ils forment un cercle, et du centre le regard les embrasse tous à-la-fois. Les lits sont en pente et doublés en plomb. Ce système de construction a été reproduit, en 1807, à Glascow; mais on a eu le tort de porter l’édifice à trois étages. Londres possède une maison spécialement réservée aux aliénés indigens incurables qui y sont entretenus aux frais de White- House. Le but en est digne d’approbation.

L’hospice des aliénés de Bedford, fondé en 181 2 par souscriptions, se fait remarquer par l’ordre général, la propreté qui y régnent, par le bon esprit qui préside au traitement, et par la douceur avec laquelle les malades sont gouvernés.

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