LIVRE 111. CHAP. V
A Strafford, on a eu l’heureuse idée d’employer les malades aux travaux des jardins et d’une ferme. Des bains sont placés à tous les étages.
La maison de Wakefield, érigée en 1818 est constiuile sur le système de la forme rayonnante. Les aliénés y sont occupes a des travaux intérieurs et au service de l’établissement luimême. Ils y préparent le pain, le beurre, le fromage, la bière; les convalescens fabriquent les étoffes destinées à les vêtir. Les salles et les dortoirs sont surveillés à l’aide d’escaliers latéraux, percés de croisées. La vapeur distribue l’eau, opère le blanchissage et la cuisson des alimens; la maison est chauffée par un calorifère, éclairée par le gaz.
lous les aliénés valides sont occupés, dans la maison de Richmond à Dublin, au jardinage, à la filature, à des métiers de tisserand, et les femmes aux ouvrages de l’aiguille et aux emplois domestiques ; les hardes et les effets des malades sont entretenus par eux-mêmes.
Le bill sorti, en 1854, du parlement d’Angleterre, en soumettant les établissemens privés à une autorisation préalable , à une surveillance assidue, a prescrit qu’une maison soit érigée dans chaque comté, pour les aliénés indigens.
Quelques obstacles ont retardé encore, dans la Grande-Bretagne, le développement des améliorations qu’invoque le sort des aliénés. Les précautions de sûreté prévalent trop souvent sur l’intérêt de la guérison; l’incurabilité est, dans les réglemens, trop généralement supposée après un délai déterminé ; les classifications sont trop négligées; le service des bains est trop restreint, trop parcimonieux ; les aliénés indigens sont réunis avec les pensionnaires, mais sous un régime différent, humiliant et pénible pour les premiers; enfin, presque partout, les édifices ont trop peu d’étendue, ne se prêtent pas aux divisions désirables; rarement ils sont environnés de jardins, et plus rarement encore placés à la portée de la campagne [2],
On estime qu’en Angleterre , la dépense moyenne d’un lit d’aliéné est de 29 livres sterling et 7 shillings: mais dans cette somme, ne sont compris ni le linge ni les habillemens, que les hospices ne fournissent pas.
[î] il est bâti sur les modèles du château des Tuil- terre, les judicieuses observations de M. le docteur leries. Ferrus ( Des aliénés. Paris, 1831; pagres GO et sui-
fs] Voyez sur les établissemens d’aliénés en Angle- vantes).