‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 372 sur 450 · LIVRE III. CIIAP. V · texte numérisé non relu

LIVRE III. CIIAP. V

ces périls; l’exercice d’une profession lucrative leur est souvent interdit. Un intérêt de sûreté se joint donc à un motif de bienfaisance, pour leur accorder l’hospitalité : la maxime suivieen France est justifiée [i],

Lerégimequi convient aux épileptiques est en partie semblable à celui que demandent les aliénés. Comme ceux-ci , ils ont surtout besoin du travail manuel, de l’exercice, du grand air; comme ceux-ci, ils doivent être soumis à une surveillance constante, à une discipline régulière; peut-être même la surveillance est-elle, sous quelques rapports, plus difficile à leur égard. Même sans être aliénés, même lorsqu’ils n’éprouvent pas un accès de délire, ils peuvent se rendre dangereux et troublerl’ordre d’un établissement, par l’emportement auquel ils sont sujets. D’un autre côté, ils ne sauraient être soumis à une séquestration aussi absolue que les insensés; il

[1] M. le docteur Ferrus remarque aussi, avec raison, que cette maladie étant héréditaire, l’admission dans

leur est utile de jouir d’une assez grande liberté; ils y ont droit. Lorsque l’aliénation ne complique point leur infirmité, lorsque les accès ont une périodicité régulière, on peut, pendant les intervalles qui séparent ces accès, les laisser entièrement maîtres d’eux-mêmes. Ceux d’entre eux dont la raison n’est point altérée, ne sauraient être confondus avec des insensés, traités comme tels; leur malheur, qui les rend si dignes de pitié, les rend aussi dignes des plus grands égards. Qu’on agisse envers eux comme envers des êtres raisonnables! qu’ils soient traités avec douceur! que la seule sujétion qui leur sera imposée soit la régularité delà vie, et une constante protection ! que les consolations morales surtout leur soient prodiguées! ils y sont accessibles, ils en sentent le besoin. Les exercices religieux, les lectures, leur seront fort utiles et ne pourront jamais leur devenir funestes.

les hospices de ceux qui en sont atteints , en prévient la propagation.

DES RÈGLES GÉNÉRALES DE LÀ BIENFAISANCE PUBLIQUE, CONSIDÉRÉES DANS LEUR ENSEMBLE.

Une ère nouvelle commence pour la bienfaisance publique. Sa mission, après avoir été vivement contestée, n’en sera aujourd’hui que mieux comprise; en se légitimant, elle s’ennoblit et s’éclaire ; un but plus élevé s’oflrc à ses yeux, un autre esprit doit l’animer; une plus vaste carrière se déploie devant elle : la morale les lui révèle.

La société humaine n’est pas seulement instituée pour l’avantage des forts, pour la sécurité de la richesse; elle est surtout fondée en faveur des faibles ; appelée à procurer le bien-être de tous, elle doit surtout protéger le malheur. L’un des premiers devoirs du gouvernement qu’elle s’est donné pour organe , est donc de secourir les misères, et avant tout de les prévenir, de leur offrir aussi, avec une assistance matérielle, des remèdes, des préservatifs d’un ordre plus éminent, par l’amélioration des mœurs.

Bans l’état présent de la civilisation, cette grande œuvre ne peut être accomplie que par une institution dont le caractère et la puissance lui correspondent, par le patronage bienveillant de la classe supérieure sur la classe souffrante. Un tel patronage est à-la-fois le principe, l’expression , l’instrument de la bienfaisance publique, comme la morale en est l'àme. Il faut à ce patronage une organisation étendue, active, intelligente et régulière.

Les desseins de la providence signalent la création de ce patronage; la religion le conseille , les circonstances de notre siècle le sollicitent, l’intérêt de l’avenir le commande peut-être.

Ces hautes vérités ressortent, nous l’espé-

rons, des différons ordres de considérations que nous venons d’exposer : elles les résument.

Plus, en parcourant l’immense théâtre des misères humaines, on étudie leur nature, leurs causes, leurs besoins, leurs remèdes, et plus on est frappé de la nécessité d’une organisation générale qui coordonne en un plan systématique et conséquent avec lui-même, les prévisions et les mesures de la bienfaisance publique.

Sans doute il reste beaucoup encore à faire dans les détails: il reste désabusa détruire, des perfectionnemens à introduire. Mais, ce qui manque surtout aujourd’hui , ce ne sont pas les secours, c’est l’harmonie et la bonne direction dans leur emploi. La multiplicité, la variété des secours rendent encore ce concert plus indispensable. La confusion peut devenir, en cette matière, aussi funeste que l’insuffisance. Les mesures, ici, tendant aux mêmes fins, doivent se développer de concert; elles en acquerront plus de simplicité et d’énergie.

C’est ainsi qu’après avoir examiné successivement les divers objets de la bienfaisance publique, nous nous trouvons naturellement conduit à embrasser l’ensemble des règles qui y président; et cette dernière partie de notre travail devient la conséquence et la conclusion des autres.

Dr ces règles appartiennent à deux ordres différons. Les unes, par leur importance, leur

lation. Les autres plus variables, plus mobiles, sont placées dans la sphère de l’administration ; elles dérivent des premières et les complètent.

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