DES RESSOURCES. TAXES DES PAUVRES
les ressources, permet (l’assister une plus grande étendue d’infortunes; elle consolide le bienfait, elle garantit l’avenir.
Il n’est heureusement aucun sujet qui ait été aujourd’hui plu3 éclairé, surtout en France. Les principes d’une bonne gestion, la tenue des écritures, les règles de la comptabilité, l’exercice de la surveillance et du contrôle, ont été l’objet de savantes études , d’instructions développées. Mais les conditions d’une économie bien entendue sont-elles assez exactement appréciées? combien de préjugés encore accrédités reçoivent chaque jour le démenti de l’expérience! de là ces vues mesquines, qui se refusent à des dépenses productives, qui visent exclusivement au bas prix; à force d’ètre réduites, les dépenses deviennent stériles. C’est une vraie et sage économie, que de savoir former des approvisionnemens dans les quantités et aux époques convenables, éviter les déperditions, entretenir, réparer à propos, que de savoir même quelquefois exécuter de grandes choses.
L’expérience désavoue les avantages illimités qu’on attribuait au système des adjudications par voies d’enchères, qui souvent n’amène que des collusions, ou des fournitures vicieuses; elle désavoue ces préventions exagérées contre l’action administrative, qui font repousser d’une manière absolue le régime appelé paternel; elle montre en même temps que ce dernier régime, réclamé aussi d’une manière trop absolue par les administrations locales, exige de leur part des lumières, des soins, une activité rares, il faut en convenir, mais dont on pourrait citer d’admirables exemples. L’expérience et la raison démontrent que, si les traitemens et les salaires doivent être renfermés dans de justes limites, une juste rémunération est aussi la condition d’un bon service.
Une susceptibilité trop souvent née de l’amour-propre se blesse à tort par l’exercice d’une surveillance supérieure, par les vérifications. Les personnes sincèrement dévouées au bien, s’honorent de rendre compte. Cependant l’autorité supérieure doit savoir accorder à des personnes honorables la confiance dont elles sont dignes. Des formes trop compliquées embarrassent les gens de bien, servent facilement de voile aux infidélités qu’elles veulent prévenir, et finissent par rester inexécutables. On accumule d’énormes massesde papiers; on perd la lumière des faits ; on entrave le jeu de tous les ressorts. L’exagération des garanties est la perte de la plus
vraie garantie, celle qu’offre le concours zélé des gens de bien.
Des ressources ; taxes des pauvres.
Trois sources principales alimentent le fonds de la bienfaisance publique. Le produit des dotations, les dons privés, les subventions fournies par les caisses publiques.
La première a cet avantage qu’elle permet de concevoir et d’exécuter des plans durables. La seconde reçoit un prix éminent des vertus à l’exercice desquelles elle donne lieu. La troisième est nécessaire pour suppléer à l'insuffisance des deux autres, à l’incertitude de la seconde.
La conservation , le bon exemple des dotations, la fidélité aux conditions imposées par les fondateurs, exigent, dans ceux qui gèrent, la réunion d’une probité sévère, d’une capacité, d’une activité éprouvée. Une responsabilité déterminée doit être attachée à cette gestion; des garanties seront données ; l’autorité du gouvernement sera nécessaire pour les établir , les appliquer. 11 arrive quelquefois que les conditions prescrites par les fondateurs ne sont plus exécutables, ou qu’elles n’absorbent plus le produit des dotations; le gouvernement alors interviendra encore, pour donner au revenu restant libre, la destination la plus analogue à la pensée des fondateurs, et le plus utile en même temps. Quelquefois la dotation se trouve insuffisante; dans ce cas , les caisses publiques ne seront appelées à y suppléer, qu’autant que le mérite de l’institution commandera ce concours.
Il est bien que les établisscmens charitables aient toujours en réserve, au moins des ressources disponibles pour les circonstances imprévues.
Plût à Dieu que les dons privés pussent fournir un fonds suffisant aux secours publics! qu’ils pussent toujours être directs! ces secours seraient reçus avec plus de reconnaissance, entretiendraient mieux les rapports de bienveillance entre les classes que séparent les différences de fortune. Mais une foule de personnes , disposées à donner, ne peuvent, ne savent, ou ne veulent pas distribuer elles-mêmes. Qu’alors ces tributs de la générosité soient du moins versés , autant qu’il se peut, dans une caisse commune; ainsi , on évitera les doubles emplois; l’application aura