‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 433 sur 450 · LIVRE II. CHAI». H · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAI». H

lieu avec plus de discernement et d’équité; on opérera avec plus de simplicité, d’économie; on agira plus en grand. La collecte conserve à chacun la liberté, avec le mérite de la bonne action; le denier de la veuve s’y confond avec les libéralités de l’opulence. Favorisons donc les collectes; saisissons, comme en Allemagne, les rapides instans de la joie, pour faire un appel à la générosité. Que le message de la charité se présente sur les pas du riche, dans les occasions où, l’or à la main , il va stipuler ses intérêts , ou goûter le plaisir. Ne craignons pas de satisfaire la faiblesse de ceux qui désirent faire connaître leurs actes de munilicence. Honorons la mémoire des bienfaiteurs , pour féconder l’imitation de leurs exemples. Rendons surtout ceux qui peuvent donner, témoins et des besoins qui demandent, et de l’effet que les dons produisent.

Les subventions publiques seront fournies par les caisses de la commune, du canton, de la province, en raison du caractère plus ou moins général des établissemens , en raison de l’insuffisance plus ou moins grande des ressources locales. Le concours de ces trois ordres de fonds a de nombreux avantages; il exprime fidèlement les divers degrés delà confédération sociale.

Mais, nous ne saurions assez le répéter, à tous les degrés de l’échelle, évitons les taxes spéciales, quelle qu’en soit la forme, taxes des

servir les pauvres ! Doublement heureux s’il est pénétré de l’esprit d’une aussi belle mission ! C’est encore exercer la charité, que d’être l’organe de la bienfaisance publique ; car le prix du bienfait est doublé parla manière dont il estappliqué. Aimez le pauvre! vous saurez alors le bien servir. Mais aimez-le d’une affection éclairée

qui veut souvent la fermeté et toujours la prudence !

Cet ordre de fonctions doit être à nos yeux une véritable magistrature ; il demande une autorité réelle et légale, pour être vraiment salutaire. L administrateur des secours publics est juge; la police des pauvres lui appartient; il prononce sur 1 admission; il détermine la quotité du secours, il doit en réprimer l’abus; il punit, en réduisant ou retirant ce secours, les désordres qui en rendent indignes. Mais cette fonction est une magistrature paternelle. Son caractère se définit dans ce titre touchant qui lui a été donné dans quelques pays de l’Europe, où ceux qui en sont revêtus portent le titre de père des pauvres.

Elle est essentiellement gratuite ; n’est-elle pas abondamment rémunérée par le privilège de faire le bien? Elle est volontaire, et nous n’admettons pas qu’on l’impose comme une obligation. Ce serait la dénaturer, lui enlever son principe, sa moralité et son mérite : le dévoù-

pauvres ou autres. En principe, la spécialité des taxes est un mauvais système administratif. La bienfaisance publique est, comme tous les autres services publics, une chose d’utilité générale, qui doit être accomplie sur les fonds généraux ; le tribut est offert au nom de la société entière; elle est la véritable bienfaitrice. Toute taxe imposée nominalement sur la personne aisée, au profit du nécessiteux, est également nuisible à tous deux : elle dénature, elle empoisonne le bienfait. Ah ! gardez-vous de remplacer le don volontaire par un impôt obligé! Vous croyez punir l’égoïsme ; vous détruisez la bonté. Faites naître la charité; ne cherchez pas à l’imposer !

Des ministres de la bienfaisance publique.

Si-

Des fonctionnaires.

Heureux celui qui est appelé à l’honneur de

ment. Elle doit être environnée d’une juste considération.

II est cependant des opérations matérielles de détail et de pratique, qui seront mieux exécutées par des agens salariés, et qui d’ailleurs entraînent une responsabilité civile qu’on ne saurait, sans de graves inconvéniens, faire peser sur des fonctionnaires gratuits. Le choix de ces agens n’en exige pas moins un soin particulier ; ils doivent s’associer à l’esprit général d’un semblable service.

L’administration collective réunit ici de précieux avantages : ses délibérations, embrassant tant d’objets divers, s’éclairent par l’expérience de plusieurs ; l’exécution, en se partageant dans les détails, se rattache à une même direction dans l’ensemble; de la sorte aussi, les collaborateurs deviennent plus nombreux : puissionsnous les multiplier, et surtout voir se former des sujets dignes d’une telle mission !

Les fonctions doivent être temporaires, afin que le renouvellement y appelle un plus grand nombre de sujets, y entretienne une sorte de jeunesse continue; assez durables toutefois,

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