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AMÉLIORATIONS QUI RESTENT A DÉSIRER

cales, les arts industriels, comme aussi la philosophie dont quelquefois elle a peut-être trop dédaigné les lumières. Toutefois, que servirait la science, eùt-ellc atteint le pl us haut degré de perfection et de certitude, si l’application lui manquait? Puisse donc l’amour des hommes lui apporter à-la-fois la vie et la fécondité ! Quel bel accord que celui de la charité et de la science ! Il sera une source de lumières, comme un principe de force. La charité a son génie, génie créateur, puissant pour concevoir, comme pour accomplir.

Des principales améliorations qui restent à désirer. — Conclusion de cet ouvrage.

Conservation, amélioration, tels sont les deux buts qui doivent être poursuivis à-la-fois dans toutes les institutions sociales; l’un est la condition de l’autre. Tels sont aussi ceux que doivent assidûment se proposer ceux qui s’intéressent à la grande institution de la bienfaisance publique. Le plus haut mérite de leurs travaux sera d’avoir su concilier ces deux choses.

Gardons-nous de répudier le riche héritage que nous a légué la piété de nos pères ! Recueillons avec respect et reconnaissance tant de beaux exemples, de traditions généreuses! Mais perfectionnons sans relâche ; il nous reste encore une vaste carrière à parcourir. La société d’ailleurs ne demeure pas immobile; il faut en suivre les mouvemens ; il faut satisfaire à de nouveaux besoins, profiter des ressources nouvelles.

Douze genres principaux d’améliorations, la plupart liés entre eux, sont invoqués par les amis du bien ; une partie a déjà commencé à se réaliser; ils résument l’ouvrage entier qu’on vient de lire :

1° Etablir une plus étroite alliance entre la bienfaisance publique et la charité privée ; de sorte que chacune d’elles s’exerçant dans la sphère qui lui est propre, elles se prêtent une assistance mutuelle, générale et continue;

2° Assigner, dans le système de la bienfaisance publique, le premier rang aux mesures qui étouffent la misère à sa naissance, qui la préviennent dans ses causes; donner surtout, par les établissemens d’éducation et de prévoyance, un développement plus complet à l’ensemble de ces préservatifs et de ces antidotes ;

5° Organiser, dans cette vue, un système de protection pour l’industrie, qui en garantissant la liberté du travail, lui offre les directions les plus utiles; qui maintienne la liberté des transactions, en secondant la juste rémunération des services ;

4° S’efforcer d’établir enfin une séparation certaine et absolue, entre la pauvreté factice et l’indigence réelle ;

3° Déterminer avec plus d’exactitude et de soin , par de bonnes classifications, la nature des besoins, leur degré, leur urgence;

6° Mettre davantage le pauvre à portée de s’aider lui-même, en lui enseignant à user des ressources et des forces qui lui restent ;

7° Mesurer mieux le secours aux nécessités; en prévenir l’excès, en corriger l’abus; mais savoir aussi le rendre complet, pour le rendre efficace; ne s’arrêter que lorsqu’il a pleinement réhabilité le malheureux, si son infortune n’est pas incurable; ne considérer le bienfait comme complet, que lorsqu’il est assez consolidé pour que les effets en soient durables ;

8° Chercher dans l’amélioration des mœurs populaires, le moyen le plus puissant de prévenir l’indigence, et dans l’amélioration des mœurs de l’indigent, celui de rendre le secours efficace ;

9° Fonder, entre la classe éclairée et celle à laquelle manquent les lumières, entre les riches et les pauvres , entre les gens de bien et ceux dont la moralité est imparfaite, les rapports d’une protection qui, sous mille formes, prenne le caractère d’un patronage bienveillant et volontaire ;

10° Seconder, dans les opérations, l’apostolat de la charité ; propager, avec les sentiments qui l’animent, les lumières qui doivent le guider; lui préparer une pépinière de sujets dévoués et capables, par un noviciat du ministère de la bienfaisance ;

11° Multiplier, consolider, étendre autant qu’il se peut, les liens divers qui unissent les gens de bien, pour les œuvres de la charité, en favorisant les associations locales, les communications, les correspondances , et la formation d’une confédération universelle;

12° Enfin, établir entre les divers genres et les diverses branches d’institutions, le concert le plus propre à y introduire, à y maintenir l’unité de vues et d’actions, à les coordonner entre elles , de telle sorte qu’elles concourent au même but, sans se contrarier dans leur marche; de telle sorte qu’unies par une

sainte confraternité, elles forment une seule et même œuvre, la grande œuvre de la bienfaisance publique.

Salut aux anciens et vénérables fondateurs de nos établissemens charitables! Salut à ces légions nombreuses de héros de la bienfaisance qui ont dévoué leur vie au service du malheur! Inconnus au monde, qu’ils trouvent du moins ici

[t] Au moment où ces dernières lignes sont livrées à l’impression, l’auteur apprend la mort de son vénérable ami, le baron de Voght, enlevé le 20 mars 1839 , à

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