CAISSE D’ÉPARGNES DE PARIS
ment , celle des nombreux intéressés qui lui confient leurs dépôts; ceux-ci n’ont pas à redouter la plus légère erreur dans les calculs qui les concernent , et GO, 000 comptes sont ainsi tenus avec la plus rigoureuse exactitude, sans confusion comme sans retard [1].
11 est impossible de se faire une juste idée du
service de cet établissement et du mécanisme
de ses opérations, si fou n’en a pas été témoin de ses propres yeux, un jour de versemens. 11 faut voir ces milliers de déposans se succédant l’un à l’autre, sans trouble et dans le plus profond silence ; les uns, ceux qui font un premier dépôt, présentant leur somme , signant sur le registre, recevant leurs bulletins en retour, pendant que, sur le livret qui leur est destiné, on inscrit le nom et la somme; d’autres apportant un nouveau dépôt, et remettant le livret qui est déjà en leur possession, pour y faire ajouter la somme qu’ils apportent; d’autres venant, leur bulletin 'a la main, retirer le livret qui leur a été préparé; d’autres venant annoncer qu’ils redemandent un remboursement; chacun d’eux, servi à son tour avec célérité, avec égards, et sans qu’il y ait aucune méprise, aucun oubli; les écritures commençant au même instant, par les bordereaux qui se dressent à mesure, par les énonciations portées aux livrets; toutes ces opérations exécutées en présence, avec le concours et sous la signature des administrateurs, et tout cela en un petit nombre d’heures.
Le concours des déposans à la caisse d’épargnes de Paris, et le montant des sommes déposées, ont otfert , depuis l’origine , le progrès suivant :
Années.
Nombre des
versemens. Sommes versées,
54,867 fr. 0 c.
A reporter.
[i] L’établissement de ce système est particulièrement dû à M. A. Prévost, agent général. On en peut voir le dé lail dans sa Notice déjà citée , p. 89.
Report. . .
TOTAUX
Deux circonstances expliquent la diminution qui s’est fait remarquer pendant le cours de l’année 1837 : l’une est l’embarras général qui s’est manifesté à celte époque dans les opérations du commerce et de l’industrie, par le contre-coup de la crise qu’ont éprouvée les États- Unis; l’autre une sorte de terreur panique, que des intérêts privés, des passions politiques, favorisées par la crédulité et l’ignorance, sont parvenus à exciter, à cette époque, dans le sein de la classe laborieuse. Cette terreur a été telle que pendant le mois de mars 1837,
La caisse d’épargnes de Paris a remboursé 5,455,000 fr. et pendant le mois d'avril 5,809,000
Total en deux mois. 11,264,000
Mais cette crise n’a été que passagère ; elle a servi d’épreuve à la solidité de l’établissement; elle en a confirmé le crédit. Les remboursemens demandés ont été effectués avec une telle exactitude et une telle célérité, que la confiance s’est bientôt rétablie [2].
Malgré ces circonstances contraires, le nombre des déposans s’est encore accru, en 1857, de 4080.
Déjà, pendant les six premiers mois de 1838, les versemens se sont élevés à 13,1 18,490 francs.
Depuis son origine, la caisse a délivré 263,301 livrets.
Elle en a remboursé 178,423.
Les livrets, en émission au 31 décembre 1837, étaient au nombre de 84,878.
La moyenne de chaque versement a été, en 1857, de 149 fr.;
Celle des remboursemens, de 493 fr.;
Celle du montant de chaque livret, de 397 fr.
Un relevé statistique a été dressé, au 50 juillet 1832, des professions diverses des déposans qui
[2] On peut voir les détails relatifs à cette crise , dans le rapport fait par M. Delessert à l’assemblée générale de mai 1837, sur les opérations de l'année 1838.
SECONDE PARTIE. LIVRE II. CHAP. IV
avaient alors des comptes ouverts à celte caisse.
Sur 20,742 dëposans,
7,511 appartenaient à la classe des ouvriers ;
5,258 à celle des domestiques ;
4,423 n’avaient déclaré aucune profession ;
1,411 appartenaient à la classe commerçante ;
1,088 à celle des employés ;
643 à des professions savantes ;
533 étaient militaires ;
80 magistrats ou hommes de loi ;
15 ecclésiastiques ou membres de congrégations religieuses.
La plupart des individus sans profession désignée, parmi les adultes, doivent être comptés au nombre des ouvriers, et presque tous ceux qui sont comptés dans les professions commerciales, sont des commis de magasin ou des demoiselles de boutique; on peut donc évaluer que plus de la moitié des déposans appartiennent aux professions industrielles, et un plus du i/4, à la domesticité.
Parmi les ouvriers déposans figuraient en
première ligne,
Savoir :
1° Ouvriers pour l’habillement. . . . 1,663
2° Ouvriers en bâti mens 848
3° Agens industriels 800
4° Lingerie, modes, nouveautés. toilette. 666
5° Orfèvrerie , bijouterie 600
6° Voiture 426
7° Papeterie, imprimerie, librairie. . . 424
Adultes. Mineurs. Total.
Hommes. . . . 9,186 1,397 10,583
Femmes. . . . 8,778 1,381 10,159
On voit que le nombre des femmes est presque égal à celui des hommes; cependant, en général, les travaux qui les occupent sont bien moins lucratifs; de plus, dans l'état de mariage c’est ordinairement l’homme, chef de la famille qui gère, dispose. Il semble donc résulter de cette observation, que les femmes sont, du moins à Paris, beaucoup plus économes, ont beaucoup plus d’ordre que les hommes.
On voit aussi, par le grand nombre de dépôts faits pour les mineurs, combien le sentiment de la paternité porte à l’esprit d’ordre et d’économie [2].
En 1857, on trouve que, sur 8456 nouveaux livrets,
5417 appartenaient à la classe ouvrière ;
2185 à des domestiques;
560 à des employés et commis ;
215 à des militaires ;
2081 à des professions diverses ;
2 à des sociétés de secours mutuels.
Les succursales établies dans les deux arrondissemens de Paris, qui sont plus spécialement habités par la classe ouvrière, sont celles qui, en 1857, ont reçu les sommes les plus fortes :
Celle du 8e arrondissement. . 1,979,000 francs.
Celle du 6e id. 1,876,000
8° Métaux , fer , acier
9° Comestibles et liquides
10° Blanchisseuses
llo Meubles, tapisseries
12° Tabletterie
13° Agriculture , jardiniers ou maraichers
Les mineurs figuraient dans ce nombre, savoir :
Apprentis, pour . .
1 d’ouvriers
Enfans
de domestiques. . . .
d’employés et de commis, de militaires. . . . .
830 livrets-
En comparant ce tableau à celui des indigens de la capitale, on remarque que les professions qui comptent le plus d’indigens sont aussi celles qui donnent le moins de déposans; telles sont celles des cordonniers, des boulangers, des journaliers, des chiffonniers [i].
Le nombre des déposans, créanciers de la caisse, se répartissait entre les deux sexes, à la même époque, de la manière suivante :
Professions diverses 423
Ces proportions se maintiennent à-peu-près constantes. Cependant, depuis que le maximum des dépôts a été élevé à 500 fr. par versement, on voit croître le nombre des employés, on voit se présenter une classe de rentiers et de propriétaires dont le plus grand nombre verse le maximum, et qui forment le i/i5e environ du nombre total des déposans.
[i] Voyez ci-devant lre partie , liv. lei, chap. 4 ; arti- pour un l/e des déposans , en 1827 et 1828 que pour t/s .
cle 6, § 2. [2] Les ouvriers se sont d’abord présentés Parmi les mineurs déposans, il en est 233 qui exer-
en très-petit nombre; en 1826, ils ne figuraient que cent déjà des professions industrielles.