DANS LA COMMUN
INTRODUCTION
« Nous disons tous que la commune doit être Timage de la famille », afRrmait le vicomte de Melun à la Chambre des représentants le 7 avril 1851. N'est-ce pas, en effet, la commune qui recueille, comme une grande famille, l'enfant abandonné à sa naissance, les orphelins laissés sans ressources, les malades privés de soins, les infirmes et les vieillards indigents? N est-ce pas à la maison commune que l'indigent valide va d abord demander le secours dont il a besoin?
Aussi est-ce au sein de Tassociation communale qu'a été graduellement organisée notre assistance publique. « Si deux » exceptions, celle des enfants trouvés et celle des aliénés, » semblent déroger à la règle, en réalité elles sont moins » graves qu'il ne semble au premier abord, puisque les com- » munes contribuent à la dépense dans une large mesure. » C'est plutôt le service qui est enlevé à l'administration com- » munale; la charge financière lui reste » (*).
De la cité à la paroisse, de la paroisse à la commune, des
(*) Pleury-Ravarin, De l'assistance communale en France, p. 391. de Lasseoce 1
niagae à la récente déclaration du Conistance publique (*), le principe de Tasest transmis et confirmé. Il n'a jamais rmé que dans cette déclaration approuans la séance du 19 mars 1898 :
que est cVessence commimale. C'est par ivent être désignés les bénéficiaires de le seule elle est en situation de les con-
upation exclusive de lassistance comis cherché des exemples dans Thistoire paroisses du moyen âge, des communes
de ïassistance hospitalière sous Louis ces contre la mendicité caractérisent îssion au xvii' siècle, que des philanthropes et des éconodevait naturellement rechercher les ndissant du paupérisme, discuter les ce, chercher des remèdes à la misère ésultat de ce travail dans les esprits a :'. législative de r Assemblée constituante
le ces souvenirs historiques et avant lotre législation actuelle sur Tassistance paru naturel d'examiner les principes publique et de Tassistance en général, législation actuelle, nous avons d*abord LS et les lois protectrices de V enfance ; c qui nous paraissait logique, l'assis-
tance des malades, celle des infirmes incurables, des vieillards indigents, et, en dernier lieu, celle des indigents valides.
Nous avons ensuite cherché dans une courte étude des institutions et de la législation d assistance k l'étranger et particulièrement aux Etats-Unis, en Angleterre et en Allemagne des contrastes et des rapprochements avec notre législation française.
En nous résumant davantage sur les institutions et les lois d'assistance qui ont déjà été l'objet d'autres études, nous nous sommes étendu plus longuement sur les lois d'assistance récentes, comme celle sur l'assistance médicale gratuite, et sur les parties de notre travail auxquelles des documents trouvés à la Bibliothèque nationale, des statistiques qui n'ont pas encore été publiées et qu'on a bien voulu nous communiquer, des ouvrages en langue anglaise encore peu connus en F'rance ont, nous l'espérons, donné plus d'intérêt.
Le premier secours donné par la première main charitable a dû suggérer, en même temps, l'idée qu'il était moins pénible et qu'il pouvait être plus profitable de tendre la main que de travailler. L'abus est aussitôt né du bienfait et, dès les temps les plus reculés, tous les législateurs qui ont voulu secourir la misère ont dû combattre la mendicité. « Secourir » la pauvreté sans encourager la paresse, subvenir aux » besoins de l'indigence et savoir ne pas céder l'oreille aux » sollicitations de la mendicité, c'est un problème ardu et » dont la solution est pour embarrasser ». Cette préoccupation de tous les esprits bienfaisants, si bien définie par M. Maxime du Camp, a inspiré, de tous temps, des mesures répressives et des essais d'assistance par le travail qu'il est intéressant de trouver dans les législations anciennes, dans l'histoire de notre pays, dans celle des pays voisins.
Aux époques où le législateur a voulu secourir efficacement
it diminuer la misère, il s'est efforcé en même asquer les faux pauvres et de contraindre les travail. Nous verrons Je souverain le plus célèirité chrétienne, édicter en France les premièe répression sévère contre les mendiants, et lollande citée comme un modèle pour ses insitables par les publicistes du xvni* siècle ('), ié ce barbare système de la pompe que labbé eau appelait en 1765 « une méthode excel-
enfermera le personnage qu'il s'agit d'accouivail dans un réduit que les canaux inondent ï le noyer s'il ne tourne pas sans cesse la mani- )ompe ».
examiné, dans la partie historique de ce tra- ; les tentatives de répression parallèlement aux titutions d'assistance qu'elles avaient pour but le rendre plus efficaces, en retenant pour le re de notre travail l'étude de notre régime ac- 'é pression de la mendicité et nous avons, en iqué les heureux eflets qu'on peut espérer de r le travail et de Vorganisation méthodique de î chaque commune ou dans chaque syndicat de
s'inspirant, pour l'assistance publique comme ce privée, de cette belle formule charitable du H : « L'homme bienfaisant n'est pas celui qui s, mais celui qui donne le mieux ».
nliiHy année 1725, p. 17.
en sur les besoins, les droits el les devoirs des vrais pauvres.
iris, 1765, p. 127. Bibl. nat., Invenl. R, 38933.
PREMIER!'] PARTII!