L ASSISTANCE DANS LA CITÉ ANTIQUE
Strabon nous apprend que la ville de Rhodes avait une organisation complète pour l'assistance des pauvres : on leur distribuait du pain et du travail (*). Dans Athènes et dans d'autres villes grecques, les magistrats distribuaient du blé et de Thuile aux citoyens indigents. L'assistance médicale y était organisée comme un véritable service municipal : des médecins publics offraient leurs soins aux indigents dans une officine (tï^Tpeiov) où ils donnaient leurs consultations gratuites, opéraient les malades pauvres et distribuaient les médicaments nécessaires. Les villes avaient un impôt particulier, riatricon, destiné à faire face aux dépenses de ce service médical gratuit ('). Cette officine médicale se trouvait après Galien ('), dans presque toutes les cités et c'est grâce à elle que le médecin public, « Tancôtre très reconnaissablc de notre médecin de l'assistance publique » (*), pouvait s'acquitter de ses devoirs professionnels vis-à-vis des pauvres.
(V, Slrabon, XIV, 2, 5.
(*) Passages du traité d'Hippocrale de VOfflcine^ commentés par le D«" Dechambre {Revue Archéologique^ janv. 1881).
^'; Galieni Opéra, XVHI, I, 8, édil. Kuhn.
(*) Dr Vercombre, La Médecine publique dans l'antiquité grecque [Revue Archéol.f!ieid80}.
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stributions de blé aux citoyens politique plus que par la bienfaiosée par Caius Gracebus, aceorîcevoir du blé à moitié prix. Elle et les distributions de blé, plunnces, ne furent régulièrement loi Terentia et Capia (an 679 de Jcvinrent gratuites en 689 après lé par Caton qui voulait « faire ini de la République, ce que la oir des particuliers » (*). C'était e légale par des secours publics ^it de faire graver son nom sur recevraient à Rome le blé grae titre de citoyen, qu'on le tint gauchissement, et d'avoir atteint fallait en outre avoir à Rome vait en effet que la plebs urbana ns (^) ».
ires » il n'y avait pas à Rome de n môme de la gens, les liens qui s les clients pauvres, assuraient *s. La sportiile consistait dans la i restes de leurs repas que les pour leurs clients les plus pauses distributions exceptionnelles lia, menues pièces de monnaie,
muses, liv. l»"*, chap. H, p. 52.
s les Romains. Mém. de rAcadémie des 1ns-
linislration de Vannone. De ^organisation
étaient distribuées par poignées les jours de réjouii de fête.
Mais quand « Tannone » municipale fut substituée ralités du patron, le nonil)re des indigents angni rapidement. « Les distributions de blé se changère » en distributions de pains de deux livres par joi » tarda guère à y ajouter des distributions supplé » de vin, d'huile et de viande... les largesses en a] » rent ensuite, puis les spectacles et les jeux » (').
L'administration de l'annone prit d'année en a importance plus grande. L'ensend)le des dépenses pour Tentretien de la plèbe romaine s'éleva :
pendant l'année 75 av. J.-G. à environ lO,OrKJ,<)<JO de seslei en 62 .. « 30,<:kJ(),000 »
en 56 » » 40,ua),00()
en 46 • « .» 76,800,00(J
c'est-à-dire à la somme de 13,500,000 marks soit 1 875,000 fr. (^).
A l'exemple de Rome, les cités provinciales av administration de Tannone et au budget de chacp trouvait inscrite une somme spécialement perçue dépenses frumentaires. L'empereur Trajan recomniî cités provinciales de ménager leurs finances poui leurs pauvres. Cette recommandation se transforma ordre (^) : « Afin d'assurer des ressources à l'insti mentaire, les jurisconsultes établirent que l'excédanl nus municipaux serait employé, entre autres usages des aliments aux pauvres et à l'instruction des enfa
(') A. Villard, Histoire du prolétariat ancien et moderne, l""* pa p. 102.
(•) Mommsen et Marquardt, op. cit., p. Ii7. (')Marcianus,D., XXX,117.
,♦) Duruy, Histoire romaine, VII, p. 429.
tion d'assistance très curieuse est celle des insentaires en faveur des enfants, qui nous ont ar les lahulx alimentarixe. Ces institutions detiger au mariage et favoriser laug inenta tion de
romaine (*) ; elles assuraient aux enfants des des secours perpétués par Tingénieuse combie, par exemple, par la tabula alimentaria de la
de Velleia, table de cuivre gravée en Tan 104 Ml 1747 par des paysans italiens aux environs
près de Plaisance. D'après \(t principium de la ia, Trajan avançait un capital de 1,044,000 ses- •0 fr.) devant produire, au taux très modique '/O, un revenu annuel de 52,200 sesterces stiné à perpétuité à nourrir 281 enfants pauoire de Velleia (*). Ce prêt était fait à 51 prolux qui devaient en payer l'intérêt aux magis- Lux ; il était garanti par des hypiothèques d'une périeure à celle du prêt. A Taide des sommes , l'on donnait tous les mois, à un nombre dé- [•çons et de filles de la commune, du blé ou de clleia chaque enfant mâle touchait 16 sesterces, te 12 sesterces; dans d'autres endroits, le garçon »sterces, la fille 12sesterces ». Ces secours étaient l'arçons jusqu'à 18 ans, aux filles jusqu'à 14 ans nt à un plus grand nombre de garçons que de a, par exemple, 246 enfants mâles et 35 filles inés par l'institution de Trajan (').
riches imitaient l'exemple des empereurs : la
larquardl, Les instituUons alimentaires, chap. IH, p. 179 à 189. larqtiardl, De Vorganisation financière chez les Romains. Les aireSyVh. IH, p. 184.
De Tabulis alimentariis.
correspondance de Pline le Jeune indique que, voulant assurer l'entretien de 150 enfants pauvres de Côme, sa ville natale, il avait mancipé à un agent de fisc municipal un fonds d'une valeur très supérieure à 500,000 sesterces pour se le faire céder de nouveau par un contrat de louage perpétuel par lequel il s'engageait à payer à la ville, lui et ses successeurs, un revenu annuel de 30,000 sesterces (*).
Quant aux soins médicaux, il est permis de croire qu'ils étaient assures aux pauvres des cités romaines dans les mêmes conditions que dans les cités grecques. 11 y avait à Rome, pour chacune des quatorze régions, un médecin des pauvres dont le nom archialrus indique qu'il avait des coufrères qu'il dirigeait ('). On a retrouvé des inscriptions indiquant les honoraires que certains médecins recevaient de Tadministration municipale de plusieurs villes d'Italie (^), et il semble bien que ces inscriptions rappellent un usage général. A Rome, Auguste avait dispensé de tous munera les médecins urbains ; Vespasien et Adrien étendirent ce privilège aux provinces. Mais la véritable organisation médicale des communes ne date que d'Antonin le Pieux qui l'appliqua d'abord à la province d'Asie. Toute villç devait avoir des médecins officiels, cinq dans les petites, sept-duns les moyennes, dix dans les grandes, nonmiés et révoqués à volonté par l'administration et exempts de toutes charges (*).
La plus ancienne loi répressive de la mendicité qui nous ait été transmise, est une loi d'Amasis, l'un des Pharaons d'Egypte, qui déclarait infâme tout fainéant (*) et qui autori-
0) Pline, EpisL, liv. VU, épist. 18.
(»)CodeThéod., XHI, 3. 8.
(»)C. I, L. V, 37et5277.
(*) Dig., XXVIII, I, 6, § 2. — J, Marquardt, La vie privée des Romains, II, p. 442.
\') Diodore, liv. I, sect. 2.
er aux travaux publics. Solon (*) reproduisit qui passa dans la législation des villes greccon condamnait à mort dans sa république availlait pas, autorisant ses concitoyens h le magistrats (^). A Rome, l'assistance légale ne oduire son pernicieux eliet. Le nombre des ait augmenté dans des proportions tellement e, sous son premier consulat (694), César on [)lus de 100,000 sur le territoire de Stella et lie. Sous sa dictature, il restait encore 320,000 lit le blé de la ville : il en fît transporter 80,000 îs d'outre-mer et par une révision sévère des ne réduisit le nombre des inscrits à 150,000. devait pas être dépassé et de nouvelles insvaient être accordées qu'en remplacement des itées par un recensement annuel (*). Auguste ne nouvelle révision des liste de l'annone sur it obligé de maintenir 200,000 pauvres. €e 'être maintenu : sous Trajan, en elTet, on se lir les places laissées vacantes par le décès des sous Septime Sévère, leur nombre est encore
ople, dans Tenipire d'Orient, les distributions res amenèrent une invasion de vagabonds de en diminuer le nombre, Justinien ordonna que valides, reconnus esclaves, fussent ramenés à les hommes libres devaient être reconduits
?s secours publics en us ige chez les anciens. Paris, 1813, p. 79.
)nis.
sare, CXLI.
cit. De Vndminislrafion de Vannone, p. 149.
aux provinces et aux villes d'où ils étaient sorti quels on ne pouvait assig-ner un autre domicil de Conslantinople, devaient être employés aux blics ('). Les empereurs Valentinien et Théod saient la mendicité aux liommes valides sous des res : s'ils étaient esclaves, ils devenaient la propi qu'ils avaient indûment sollicité; s'ils étaient li étaient livrés à titre de colons pour la culture c Gonstantinople, comme en Egypte, le travail ob raissait le mode do répression le plus efficace co dicité.
C; Imper. Justin., Nov. conslil., LXXX, cap. 4 el 5.