‹ De la Blennorragie Chronique De la ProstateChapitre 15 sur 24 · SES · texte numérisé non relu

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instillations leur mauvaise réputation. Nous avons procédé d’une façon toute différente, nous prenons une solution faible de nitrate, c’est-à-dire à 1 Moo cette solution nous sert à la première ou aux premières instillations, suivant les cas; puis nous augmentons et arrivons dans les séances suivantes à 1/50; cette proportion nous a toujours’ paru suffisante; une fois seulement nous avons employé la solution à 1/20 qui a déterminé chez notre malade des douleurs très fortes. Nous instillons à la fois, au lieu de quelques gouttes de caustique, 2 centimètres cubes, ce qui a l'avantage de cautériser l’urètre prostatique en entier ; le titre relativement faible des solutions que nous employons nous permet d’agir de la sorte sans déterminer de réactions bruyantes et sans provoquer de douleurs vives.

Tels sont les principaux points de la thérapeutique rationnelle de la blennorragie chronique de la prostate ; pour résumer et bien fixer les idées nous allons décrire une « séance de traitement » telle que nous la comprenons, avec ses différents temps qui consistent à :

1° Dilater le ou les rétrécissements, celui surtout qui siège au niveau de l’urètre membraneux, à l’aide de la bougie en gomme jusqu'au n° 18 ou 20 de la filière Charrière en prenant soin de ne pas provoquer d'hémorragie. |

2° Masser la prostate par le rectum pendant environ une durée de trois minutes.

3° Faire uriner le malade, pour balayer l’urètre prostatique et le débarrasser des sécrétions que le massage vient d'y accumuler. Cette façon de faire nous a tou-

jours paru suffisante et préférable à la méthode des

ot

grands lavagés au permanganate de potasse, qui sont difficiles à pratiquer et causent souvent des traumatismes inutiles.

4° Instiller dans l’urètre prostatique 1 ou 2 centimètres cubes d'une solution de nitrate d'argent, à 1/100 pour la première séance, à 1/50 pour les suivantes ; on fait ou non précéder cette instillation, suivant les cas, d’une anesthésie locale au chlorhydrate de cocaïne.

Nous faisons ainsi une séance de traitement tous les deux jours ; le nombre de ces séances est assez variable, souvent 3 ou 4 seulement, parfois 10 et même davantage, sans qu'il soit possible d’en donner toujours une raison bien exacte.

Les résultats que nous avons obtenus sont consignés dans nos observations ; nous ferons simplement remarquer qu'il ne faut pas s’attendre à obtenir toujours des résultats absolument positifs ; à côté de guérisons complètes, on n’a parfois que des améliorations ; quelquefois même, bien que plus rarement, on ne constate pas de modifications appréciables. En tous cas, ce traitement réclame, de la part du médecin et du malade, du temps et de la patience, qui pourraient paraître peu en rapport avec la bénignité apparente des symptômes ; mais, si on se rappelle les complications tant immédiates qu’éloignées que peut déterminer cette affection, on comprend qu'il est de toute nécessité de supprimer par tous les moyens possibles cette menace permanente que constitue pour la vie génitale la blennorragie chronique de la prostate.

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